Le Canada compte parmi les nations spatiales les plus anciennes au monde. Le lancement de son premier satellite, Alouette 1, en 1962, a fait du Canada le troisième pays à concevoir et à construire avec succès un satellite. Celui-ci est resté opérationnel bien au-delà de la durée de vie prévue, contribuant pendant une décennie à la recherche sur l’ionosphère. Depuis, le Canada s’est forgé une solide réputation dans le domaine des vols spatiaux habités. Dix Canadiens ont participé à des missions spatiales, et le pays a vu l’un de ses ressortissants devenir le premier non-Américain à prendre part à un survol de la Lune dans le cadre de la mission Artemis II, en avril 2026.
Panorama de l’économie spatiale 2026
Canada
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Indicator |
Canada |
Moyenne OCDE |
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Premier satellite mis en orbite |
Alouette 1(1962) |
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Nombre de satellites en orbite au 23 juin 2026 (part des satellites appartenant à des acteurs privés) |
60 (73%) |
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Nombre de satellites lancés depuis 2019 (juin 2026) |
69 |
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Nombre de bases de lancement spatial |
1 (en développement) |
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Effectifs du secteur spatial |
14 622 ETP (2024) |
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Revenus commerciaux liés aux activités spatiales |
CAD 5 billion (2024) |
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Budget spatial civil institutionnel en proportion du produit intérieur brut |
0.043% |
0.065% |
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Budget spatial civil institutionnel par habitant |
23.3 |
33.6 |
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Publications scientifiques sur l’espace pour 100 000 habitants |
1.9 |
2.1 |
Le Canada est étroitement intégré aux activités internationales d’exploration spatiale. Il entretient également de longue date un accord de coopération unique avec l’Agence spatiale européenne (ESA), qui permet aux entreprises et aux chercheurs canadiens de participer à certains programmes et appels d’offres de l’ESA. Les atouts technologiques du Canada comprennent la robotique, l’observation de la Terre, les communications par satellite et les services en aval. Le pays dispose notamment de capacités de premier plan dans le domaine du radar à synthèse d’ouverture, grâce au programme RADARSAT, ainsi que dans celui des communications commerciales par satellite. Ces capacités contribuent également à des priorités nationales plus larges, telles que la surveillance de l’Arctique, la gestion des situations d’urgence et la connectivité dans les régions isolées.
En juin 2026, le Canada se classait au 11e rang mondial pour le nombre de satellites détenus et au 10e rang pour le nombre de satellites lancés depuis 2019, ce qui témoigne en grande partie du dynamisme de l’activité commerciale dans le secteur.
En 2025, le budget spatial civil institutionnel du Canada s’élevait à 973,8 millions USD (1 361 millions CAD), soit 0,043 % du produit intérieur brut du pays. Ce montant ne tient pas compte de l’ensemble des financements liés à l’espace. Il représente néanmoins une forte augmentation par rapport à la période 2015-2024, principalement attribuable à l’accroissement des investissements dans les programmes de l’Agence spatiale européenne et dans les activités d’exploration spatiale (Graphique 1). En 2026, le Canada a adopté la Loi canadienne sur les lancements spatiaux, qui établit un cadre réglementaire pour les activités de lancement spatial et de rentrée atmosphérique. Plusieurs entreprises spatiales canadiennes développent actuellement des capacités nationales de lancement, tandis que des ports spatiaux commerciaux sont en cours d’aménagement à Terre-Neuve-et-Labrador et en Nouvelle-Écosse.
Le gouvernement du Canada soutient le développement de cette capacité spatiale souveraine à double usage au moyen de divers programmes et mécanismes de financement. Le budget spatial civil canadien bénéficie également de l’intérêt croissant du secteur de la défense pour les capacités à double usage. En 2026, le gouvernement a publié la Stratégie industrielle de défense du Canada, qui définit plusieurs capacités souveraines essentielles dans le domaine spatial. Celles-ci comprennent le renseignement, la surveillance et la reconnaissance depuis l’espace, la connaissance de la situation dans le domaine spatial, les communications par satellite et les lancements spatiaux. Des investissements stratégiques ont déjà été engagés dans ces domaines, principalement dans le secteur des lancements. Le gouvernement a notamment annoncé un accord de 200 millions CAD sur dix ans pour la location d’une aire de lancement spatial dédiée, ainsi qu’un concours doté de 105 millions CAD visant à lancer des charges utiles canadiennes depuis le territoire canadien.
Évolution du budget public civil consacré aux activités spatiales au Canada
Copier le lien de Évolution du budget public civil consacré aux activités spatiales au CanadaEn millions de CAD et d’USD constants, année de référence 2015
Source : Analyse de l’OCDE basée sur des sources institutionnelles.
Remarque : Dans le panneau B, les valeurs totalisent 100 %, le budget restant (4,1 %) étant affecté aux services généraux de l’organisation (corporate services).
Le Canada représentait environ 2 % des demandes mondiales de brevets liés au spatial sur la période 2020-2023 (Graphique 2), soit une proportion comparable à celle observée en 2010-2013. La grande majorité de ces demandes ont été déposées par des entreprises privées. Le Canada affiche un avantage technologique révélé (ATR) positif, ce qui signifie que sa part dans les dépôts de brevets liés au spatial est supérieure à sa part dans l’ensemble des activités de brevetage. Cette spécialisation relative s’est renforcée depuis la période 2010-2013.
L’industrie spatiale canadienne couvre l’ensemble de la chaîne de valeur, de la fabrication à la fourniture de services satellitaires. En 2024, le secteur a généré 3,6 milliards USD (5 milliards CAD) de revenus, un montant en baisse par rapport aux années précédentes en raison du recul continu de la radiodiffusion par satellite, un phénomène mondial qui ne concerne pas uniquement le Canada. Toutefois, les revenus hors radiodiffusion ont atteint un niveau record de 3,6 milliards CAD en 2024, la fabrication de systèmes spatiaux représentant une part croissante des revenus totaux.
Plusieurs autres indicateurs témoignent de la croissance de l’économie spatiale canadienne. La même année, le secteur a contribué à hauteur de 3,8 milliards CAD au PIB du Canada, soit une augmentation de 15,4 % en termes réels par rapport à 2019. En 2024, le secteur spatial employait également directement plus de 14 600 équivalents temps plein, ce qui représente une hausse de 24 % depuis 2019.
Canada: Brevets spatiaux
Copier le lien de Canada: Brevets spatiauxFamilles de brevets IP5, par date de priorité et localisation du déposant, avec une méthode de comptage fractionné.
Note: Les familles de brevets IP5 correspondent à des familles de brevets déposées auprès d’au moins deux offices de propriété intellectuelle dans le monde, dont au moins l’un des cinq plus grands offices de propriété intellectuelle (IP5), à savoir : l’Office européen des brevets (OEB), l’Office japonais des brevets (JPO), l’Office coréen de la propriété intellectuelle (KIPO), l’Administration nationale chinoise de la propriété intellectuelle (CNIPA) et l’Office des brevets et des marques des États-Unis (USPTO). Les brevets liés aux technologies spatiales ont été identifiés par l’OEB à l’aide de la base de données EPO-PATSTAT 2025b (https://www.epo.org/patstat).
Source : OCDE (2026[1]), STI Micro-data Lab : Base de données sur la propriété intellectuelle, http://oe.cd/ipstats, Juin 2026.
En matière de production scientifique et d’excellence dans le domaine spatial, la littérature scientifique canadienne relative à l’espace, mesurée en comptage fractionnaire, a progressé depuis 2009, tout comme la part des publications cosignées à l’échelle internationale (Graphique 3). En ce qui concerne les citations, couramment utilisées comme indicateur indirect de l’excellence scientifique, 13,1 % des publications spatiales canadiennes figuraient parmi les 10 % des articles les plus cités en 2024. Ce résultat est supérieur à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 12 %. Le score de citation normalisé du Canada, qui permet de comparer les pratiques de citation au sein de disciplines scientifiques spécifiques, est supérieur à la moyenne mondiale dans les catégories suivantes de la classification ASJC (All Science Journal Classification) : « Sciences de la Terre et planétaires », « Physique et astronomie » et « Ingénierie ».
Canada : Production scientifique dans le domaine spatial et indicateurs d’excellence en 2024
Copier le lien de Canada : Production scientifique dans le domaine spatial et indicateurs d’excellence en 2024Comptage fractionné
Note: Perimeter of documents based on filtered journal titles and All Science Journal Classification codes in the Scopus database.
Source: OECD calculations based on Scopus Custom Data, Elsevier, Version 1.2026, https://www.elsevier.com/products/scopus, April 2026.
D’après les données du Système de notification des pays créanciers du Comité d’aide au développement de l’OCDE, le Canada a engagé quelque 11,5 millions de dollars des États-Unis à prix constants au titre de l’aide publique au développement liée au spatial sur la période 2010-2023 (Graphique 4). Les engagements reposant sur l’utilisation de technologies et de données satellitaires ciblaient les secteurs suivants : « Autres multisecteurs » (prévention des épidémies de zoonoses et réduction des risques de catastrophe), protection générale de l’environnement et agriculture.
Canada : Aide au développement liée au spatial
Copier le lien de Canada : Aide au développement liée au spatialEn millions de dollars américains constants (année de base = 2023)
Source : Calculs fondés sur les données de l’OCDE (2025[2])), “Creditor Reporting System (CRS)", OECD.stat (database), https://stats.oecd.org/Index.aspx?DataSetCode=CRS1.
References
[4] Canadian Space Agency (2026), 2025 State of the Canadian Space Sector, https://www.asc-csa.gc.ca/eng/publications/2025-state-canadian-space-sector.asp.
[3] McDowell, J. (2026), Jonathan’s Space Report, https://www.planet4589.org/index.html (accessed on 23 June 2026).
[1] OECD (2026), STI Micro-data Lab: Intellectual Property Database, http://oe.cd/ipstats (accessed on June 2026).
[2] OECD (2025), Creditor Reporting System (CRS), database, https://data-explorer.oecd.rg.