Plus de 760 000 élèves de 91 pays et économies du monde entier, représentant en tout environ 33 millions de jeunes de 15 ans, ont participé, en 2025, à l’évaluation PISA en sciences, en mathématiques et en lecture. Sont arrivées en tête de classement dans ces trois domaines les collectivités chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang, ainsi que Singapour. L’Estonie, la Corée, le Japon, Macao (Chine), le Taipei chinois et le Royaume-Uni figuraient également sur la liste des 10 meilleurs systèmes éducatifs. La performance globale des pays de l’OCDE se détériore : les résultats moyens en sciences, en lecture et en mathématiques sont, en effet, les plus faibles jamais observés. Quelques progrès n’en doivent pas moins être relevés ; ainsi, parmi les pays de l’OCDE, le Costa Rica, la République slovaque, la Türkiye et le Royaume-Uni ont amélioré leurs résultats en sciences par rapport à 2022. Les résultats en lecture ont connu une baisse particulièrement marquée sur trois ans, notamment en ce qui concerne les compétences les plus utiles à l’ère de l’IA, comme savoir évaluer l’information, faire des liens entre différentes sources et poser un regard critique sur ses lectures. Les cas de « lecture hâtive » – où les élèves lisent rapidement, mais de manière imprécise – ont pratiquement doublé en proportion par rapport à 2018, pour atteindre 9 %.
Introduction
Chiffres clés
46 %
des élèves des pays de l’OCDE utilisent chaque semaine au moins des agents conversationnels d’IA pour faciliter leur apprentissage
28 %
des élèves des pays de l’OCDE considèrent que leurs camarades sont distraits, de manière systématique ou quasi systématique, par l’utilisation d’appareils numérique en cours de sciences
76 %
des élèves des pays de l’OCDE éprouvent un sentiment d’appartenance vis-à-vis de leur établissement scolaire
Les résultats continuent de se détériorer et sont même en forte baisse en lecture
Les résultats du PISA brossent un tableau très contrasté de la performance des systèmes éducatifs, avec un niveau scolaire qui, pour l’essentiel, stagne voire continue de se dégrader dans de nombreux pays. En sciences, domaine phare du PISA 2025, les résultats moyens ont légèrement diminué dans les pays de l’OCDE entre 2015 et 2025, alors qu’ils sont restés stables, dans l’ensemble, dans les autres pays et économies. En mathématiques, les scores moyens ont reculé de 22 points par rapport à 2015 dans les pays de l’OCDE et étaient également en baisse ailleurs. C’est en lecture que les résultats se sont détériorés le plus fortement sur la même période : de 28 points dans les pays de l’OCDE et de 16 points dans les autres pays et économies.
Le lien entre utilisation de l’IA et résultats des élèves est complexe
L’utilisation de l’IA entretient avec les résultats des élèves un rapport complexe, qui varie en fonction des modalités et de la finalité de cette utilisation. Il ressort des données du PISA que les élèves qui utilisent l’IA pour les besoins de travaux scolaires précis, comme résumer un texte, rédiger ou mener des travaux de recherche, obtiennent en sciences des résultats plus faibles que les autres élèves. Dans ces cas de figure, en effet, ceux qui n’utilisent pas l’IA les devancent en moyenne d’une vingtaine de points – soit l’équivalent d’environ une année de scolarité. En revanche, les élèves qui font appel à l’IA de façon hebdomadaire à des fins plus générales obtiennent des résultats comparables à ceux qui n’y ont pas recours. Ceux qui utilisent l’IA de manière régulière à de telles fins et qui ont la possibilité, en classe, d’apprendre à mieux maîtriser cet outil tendent à être légèrement avantagés en sciences. Toutefois, cette possibilité est offerte surtout aux élèves issus de milieux favorisés, au risque de creuser un fossé en matière d’IA.
Le sentiment d’appartenance des élèves à l’école s’améliore
La mesure dans laquelle les élèves se sentent inclus, acceptés et en lien avec leurs camarades a une incidence sur les apprentissages. D’après ce qui ressort du PISA, le sentiment d’appartenance des élèves à l’école s’est amélioré depuis 2022. Dans 39 systèmes éducatifs, la proportion d’élèves qui déclarent se sentir à leur place dans leur établissement scolaire est en hausse.
Dans les pays de l’OCDE, cette proportion est de 76 % en moyenne. Elle atteint 90 % en Espagne ; le Japon arrive en deuxième position. À l’autre extrémité du spectre, 64 % ou moins des élèves se sentent bien dans leur établissement au Danemark, en Pologne, en Italie et en Lituanie. Le sentiment d’appartenance est sensiblement moins développé chez les filles que chez les garçons, de même que chez les élèves issus de milieux défavorisés par rapport à leurs camarades plus avantagés sur le plan socioéconomique.
De nombreux élèves sont dotés de solides compétences en résolution de problèmes dans un contexte computationnel
Le PISA 2025 a vu l’introduction d’une nouvelle évaluation consacrée aux compétences des jeunes de 15 ans en résolution de problèmes dans un contexte computationnel, qui permet de jauger leur capacité à utiliser des outils de modélisation et de programmation, à réaliser des expériences et à concevoir, produire et développer des produits numériques. Même s’il n’existe pas à proprement parler de seuil minimum de compétence dans cette échelle, le niveau 3 correspond au niveau auquel les jeunes commencent à montrer des connaissances et des compétences suffisamment solides pour progresser rapidement. Les deux tiers environ des élèves des pays de l’OCDE atteignent au moins le niveau 3, et un quart environ atteint les deux niveaux de compétence les plus élevés (niveaux 5 et 6). Les élèves de Macao (Chine), de Singapour et des provinces ou municipalités chinoises de Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang ont obtenu les scores moyens les plus élevés (avec 572, 563 et 560 points, respectivement). Le score moyen des pays de l’OCDE s’élève à 500 points.
Plus de la moitié des élèves sont sans doute vulnérables à la mésinformation et à la désinformation
Les élèves évoluent dans des environnements où les informations issues de sources non fiables abondent et sont souvent difficiles à distinguer des éléments factuels dignes de confiance. Dans ces circonstances, une simple adhésion des élèves au principe de vérification des faits ne saurait suffire. Il leur faut aussi savoir quand et comment soupeser les éléments factuels, remettre en question les affirmations qui semblent intuitives et apprécier la fiabilité de différents types d’information. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, moins de la moitié des élèves (46 %) déclarent à la fois vérifier la crédibilité des sources d’information et accorder davantage de crédit aux données scientifiques qu’au bon sens. À l’inverse, 37 % des élèves indiquent vérifier les sources, mais se fier à leur bon sens, tandis qu’ils sont 11 % à ajouter foi aux données scientifiques sans pour autant vérifier les sources. En outre, 5 % des élèves disent ne pas vérifier les sources ni faire primer les données scientifiques. Autrement dit, une bonne part des jeunes de 15 ans est sans doute vulnérable à la mésinformation et à la désinformation.
Conclusion
Préparer les jeunes à s’épanouir et diriger dans un monde qui change rapidement exige davantage qu’un solide bagage scolaire. L’apprentissage tout au long de la vie, le perfectionnement des compétences et leur actualisation prenant une importance grandissante, les élèves ont besoin de motivation, de capacité d’agir et de stratégies d’apprentissage qui les rendent capables de prendre en main leur formation tout au long de leur existence. Il ressort du PISA 2025 que non seulement ces dimensions de l’investissement personnel ont une incidence positive sur les résultats des élèves, mais encore qu’elles se renforcent mutuellement. Leur interaction transparaît également à travers certaines tendances récentes : dans bien des systèmes éducatifs, le recul du niveau scolaire a coïncidé avec un moindre investissement des élèves. Le rapport met davantage en lumière le fait que les élèves ont plus de chances de réussir lorsqu’ils éprouvent un sentiment d’appartenance, perçoivent l’intérêt des études et peuvent s’instruire dans des environnements sûrs, propices et pourvus de moyens adéquats. La qualité du lien entre les familles et le corps enseignant a elle aussi une influence déterminante à la fois sur l’investissement des élèves et sur leurs résultats. Pris ensemble, ces différents constats soulignent la nécessité, pour les systèmes éducatifs, d’appréhender l’apprentissage selon une démarche globale, valorisant à la fois la compétence et l’investissement et garantissant à tous les élèves l’accompagnement, les chances et les ressources dont ils ont besoin pour déployer leur plein potentiel à l’école et au-delà.
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