Le vieillissement démographique et la persistance de pénuries de main-d’œuvre rendent de plus en plus importante une adoption plus large des technologies numériques. Pour surmonter les obstacles tels que l’interopérabilité limitée et la fragmentation entre les régions et les établissements hospitaliers, la Nouvelle-Zélande pourrait renforcer ses cadres de gouvernance et de réglementation, développer l’investissement dans les infrastructures numériques et veiller à une conception plus inclusive des dispositifs numériques, pour améliorer l’efficience et la résilience.
Les technologies numériques et faisant appel à l’IA offrent une occasion rare d’améliorer l’accès, la qualité et la productivité des services dans l’ensemble du système de santé de la Nouvelle-Zélande (Graphique 2). Dans le domaine de la santé, les progrès de la technologie ont souvent entraîné une hausse des coûts des processus, par exemple du fait d’une augmentation du volume des services rendus par patient. L’adoption du numérique, en revanche, a le potentiel d’améliorer l’efficience des processus. Les premiers projets-pilotes de documentation clinique assistée par IA laissent entrevoir une réduction du temps consacré aux tâches administratives, avec la possibilité de soins plus efficaces. Cependant, malgré des atouts réels comme l’Index national de santé et des données robustes sur les médicaments, les progrès sont limités par la fragmentation des systèmes, des réglementations dépassées, des infrastructures limitées, des écarts de compétences au sein des effectifs et des incertitudes quant aux politiques mises en œuvre.
Le nouveau Plan d’investissement numérique dans la santé sur dix ans lancé par le gouvernement définit des priorités à long terme plus claires. Pour en concrétiser le potentiel, il faudra veiller à en assurer une mise en œuvre continue grâce à des mécanismes comme le Centre pour la modernisation numérique de la santé, à des dispositifs de gouvernance plus clairs et à une actualisation de la réglementation, le tout assorti de trajectoires explicites concernant les systèmes d’IA clinique à haut risque et l’amélioration de la surveillance.
Les écarts en matière d’infrastructure numérique entre les régions, les établissements hospitaliers et les prestataires, ajoutés à la courte durée des cycles de financement et à la fragmentation des marchés, continuent de freiner l’adoption et le développement des solutions numériques et fondées sur l’IA. Un développement des infrastructures interopérables par l’adoption de dispositions applicables en matière de normes techniques et la mise en place de parcours de certification des fournisseurs permettrait d’améliorer la continuité des soins et la résilience systémique.
Le déficit de compétences de la main-d’œuvre et l’adoption inégale des technologies demeurent des défis de taille. Les compétences dans les domaines du numérique, des données et de l’IA diffèrent fortement d’un groupe de personnel de santé à l’autre. Intégrer les compétences ayant trait au numérique, aux données et à l’IA dans l’enseignement clinique et la formation professionnelle continue, tout en associant plus étroitement les cliniciens à la définition des stratégies, favoriseraient une adoption plus sûre et plus cohérence des outils et technologies concernés. Il sera important de veiller à l’équité dès la conception, notamment en prenant des mesures ciblées en faveur de l’accessibilité financière et en proposant des services culturellement adaptés aux Maoris, aux populations du Pacifique et aux communautés rurales, de façon à ce que les avantages de la santé numérique soient largement partagés.