Depuis plus de 15 ans, le Groupe de travail de l’OCDE sur la corruption dans les transactions internationales exhorte régulièrement l’Argentine à intensifier ses efforts pour lutter contre la corruption et la corruption transnationale. Au cours de cette période, le Groupe de travail a recommandé à l’Argentine de modifier sa législation afin de rendre les entreprises responsables en cas de corruption et d’étendre sa compétence aux ressortissants argentins qui commettent des actes de corruption transnationale à l’étranger. Il a également exhorté le pays à rendre ses mesures de mise en œuvre plus efficaces, notamment en renforçant l’indépendance du pouvoir judiciaire et du ministère public, et en éliminant les retards dans les procédures pénales.
Les 26 et 27 avril 2016, une mission de haut niveau du Groupe de travail s’est rendue à Buenos Aires pour discuter de ces questions urgentes avec de hauts responsables argentins du ministère de la Justice et des Droits de l’homme, du Bureau de lutte contre la corruption, du ministère des Affaires étrangères et du Culte, du pouvoir judiciaire fédéral, ainsi qu’avec des représentants du Congrès argentin.
« L’Argentine dispose aujourd’hui d’une bonne occasion de mettre en œuvre des réformes fondamentales et de grande envergure pour renforcer sa lutte contre la corruption et la corruption transnationale », déclare Drago Kos, président du Groupe de travail sur la corruption. « L’ensemble des réformes législatives et le plan Justicia 2020 annoncés par le gouvernement du président Macri ont le potentiel de répondre aux recommandations du Groupe de travail, en suspens depuis plus d’une décennie. En collaborant et en adoptant rapidement ces réformes, le gouvernement et le Congrès argentins peuvent démontrer tant à leurs citoyens qu’aux investisseurs étrangers que ce pays dispose de la volonté politique nécessaire pour éradiquer la corruption. »
Le Groupe de travail sur la corruption – composé des 34 pays membres de l’OCDE ainsi que de l’Argentine, du Brésil, de la Bulgarie, de la Colombie, de la Lettonie, de la Russie et de l’Afrique du Sud – constitue la Conférence des Parties à la Convention de l’OCDE sur la lutte contre la corruption. Le rapport d’évaluation de phase 3 du Groupe de travail consacré à l’Argentine exprimait de graves préoccupations quant à l’engagement de ce pays dans la lutte contre la corruption transnationale et au peu de progrès réalisés depuis les évaluations précédentes. Le Groupe de travail a donc décidé d’envoyer une mission de haut niveau en Argentine afin de rencontrer des ministres et des hauts fonctionnaires, et de renforcer le dialogue avec les autorités argentines afin qu’elles prennent les mesures nécessaires pour mettre en œuvre la Convention. Le Groupe de travail mènera également une évaluation complémentaire de phase 3bis concernant l’Argentine d’ici mars 2017, qui comprendra une visite sur place à Buenos Aires en octobre 2016.