1887

Lutter contre la consommation nocive d'alcool

Politiques économiques et de santé publique

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Les boissons alcoolisées, et leur consommation nocive, sont depuis toujours un trait commun des sociétés humaines. L’alcool est l’une des premières causes de morbidité et de mortalité prématurée dans le monde. Il est en effet à l’origine d’un décès sur 17, et d’une proportion importante de handicaps, surtout chez les hommes. Dans les pays de l’OCDE, la consommation d’alcool est près de deux fois supérieure à la moyenne mondiale. Son coût social est estimé à plus de 1 % du PIB dans les pays à revenu élevé et intermédiaire. Quand elle n’est pas liée à une dépendance, la consommation d’alcool est un choix individuel, déterminé par des normes sociales et associé de fortes connotations culturelles. Cela se traduit par des schémas uniques de disparités sociales face à la consommation d’alcool, les plus aisés étant dans certains cas plus enclins à boire dangereusement, et par une polarisation des problèmes de consommation excessive aux deux extrémités du spectre social. Certaines habitudes de consommation d’alcool ont un impact social, ce qui justifie amplement sur le plan économique le fait que les pouvoirs publics cherchent à influencer les comportements en prenant des mesures axées sur la réduction des préjudices, y compris ceux subis par les personnes autres que les consommateurs. Certaines stratégies sont plus efficaces et judicieuses que d’autres, selon qu’elles parviennent à faire évoluer les normes sociales et à cibler les groupes les plus vulnérables. La présente publication examine dans le détail les tendances et les disparités sociales liées à la consommation d’alcool. Elle présente en outre une vaste analyse des effets sanitaires, sociaux et économiques des principales politiques de lutte contre les méfaits de l’alcool dans trois pays de l’OCDE (Allemagne, Canada et République tchèque), et dégage des messages pertinents pour l’action des pouvoirs publics dans un plus grand nombre de pays.

 

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Avant-propos

En 1726, dans un texte en faveur des distillateurs, A Brief Case of the Distillers, Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, écrivait : « Les distilleries, par la place qu’elles occupent aujourd’hui, sont l’une des activités les plus notables, et les plus intéressantes pour le public, qui soient menées en Angleterre. » Defoe voulait défendre les producteurs anglais d’alcool qui étaient alors confrontés à la concurrence de produits hollandais, en particulier avec le nouveau produit à la mode, « l’eau de Genièvre », qu’on appellerait bientôt « gin ». Les distillateurs anglais ont eu gain de cause et, très vite, le gin était partout, hommes et femmes buvant même ensemble en public pour la première fois. Les autorités ont vite regretté leur décision (de même que Defoe) et, pendant les vingt-cinq années qui ont suivi, le Parlement britannique a adopté non moins de cinq lois pour essayer de mettre un terme à ce qu’on appelait alors « la folie du gin » (Abel, 2001). La folie du gin est retombée dans les années 1750, encore qu’elle ait retrouvé une certaine vigueur au siècle suivant avec les « palais du gin » victoriens.

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