Fédération de Russie: la crise sociale

La Fédération de Russie est confrontée à d'importants problèmes économiques et sociaux. En 1998, le revenu national avait presque reculé de moitié par rapport à 1990. L’espérance de vie des hommes est aujourd’hui de 61 ans, contre 65 ans il y a dix ans. Le taux de suicides et d’automutilations est trois fois supérieur à ce qu’il est en moyenne dans la zone de l’OCDE et le taux de mortalité maternelle cinq fois supérieur à la moyenne OCDE. Les maladies infectieuses ont progressé mais le volume réel des dépenses publiques de santé a régressé de près d’un tiers. Les dépenses consacrées à de nombreux autres dispositifs sociaux ont chuté, même si on les considère par rapport à un PIB en baisse, ce qui n’empêche pas qu’une bonne partie des sommes dépensées pour lutter contre le grave problème de la pauvreté le soit en pure perte. Plus d’un quart de la population russe est frappé par la pauvreté au regard même des critères officiels. Le salaire moyen a pratiquemment diminué de moitié par rapport à son niveau réel du début des années 90 et les retards de paiement des salaires et des pensions ont posé de sérieux problèmes il n’y a pas si longtemps. Quant à l’économie informelle, elle s’est considérablement développée. Que peut-on faire pour résoudre cette crise ? Cet ouvrage présente une analyse détaillée de la crise sociale que connaît la Fédération de Russie et propose des pistes pour la mise en oeuvre de réformes qui stimuleraient les principaux rouages économiques, notamment la productivité, tout en garantissant l’application de politiques sociales et de politiques de l’emploi plus à même d’aider les plus démunis. Ce livre formule également des propositions de réformes de fond propres à améliorer le fonctionnement du marché du travail, à garantir l’offre d’un ensemble de services de soins de santé indispensables, à atténuer les disparités régionales et à résoudre la crise humaine que traversent les plus pauvres.

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