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Accroître les chances de chacun

Pour une politique sociale active au bénéfice de tous

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La politique sociale est souvent dénigrée au motif qu’elle est un fardeau pour la société. On lui reproche également de saper l’esprit d’entreprise, de décourager le travail et l’épargne et de favoriser la dépendance à l’égard de l’État. Une politique sociale mal conçue peut effectivement avoir des effets négatifs, mais une politique sociale mal conçue n’est pas une fatalité. Nous disposons depuis quelques années d’un ensemble de plus en plus riche d’observations qui nous montre quels sont les programmes efficaces pour améliorer les conditions sociales et ceux qui ne le sont pas. Lorsqu’elle est bien conçue, la protection sociale n’est pas un lourd héritage du passé, mais un atout vital à l’appui du développement social. La protection sociale jouera d'ailleurs inévitablement un rôle croissant à l’avenir, étant donné que le progrès technologique, l’apprentissage tout au long de la vie et la mondialisation décuplent non seulement les opportunités offertes aux individus qui sont bien dotés en qualifications et en ressources, mais aussi les difficultés de ceux qui sont moins bien lotis. Toutefois, pour que la protection sociale tienne toutes ses promesses, il faut qu’elle anticipe les événements, afin de pouvoir relever les défis qui se dessinent en ce XXIe siècle, plutôt que de rechercher des solutions aux problèmes du passé. Il faut qu’elle soit consciente des nouveaux besoins des individus et des familles, ainsi que des nouvelles entraves à leur fonctionnement. Les programmes efficaces doivent bénéficier de nouveaux moyens pour atteindre leurs objectifs, démultiplier les initiatives d’une myriade d’acteurs et associer les bénéficiaires à tous les stades de leur conception et de leur réalisation.

Dans l’analyse des réponses possibles à ces défis, cet ouvrage met en avant la notion de politiques sociales actives. Cette notion souligne l’importance de réorienter les priorités des programmes sociaux. Il s’agit moins d’assurer les individus contre un certain nombre d’aléas bien définis que d’investir dans leurs capacités et de leur permettre d’utiliser au mieux leur potentiel à tous les stades de l’existence. Pour cela, il faudra élargir les rôles joués par les individus, les employeurs et les syndicats, ainsi que par les prestataires de services sociaux à but lucratif et bénévoles dans le cadre d’un système de protection sociale plus ambitieux.

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Répondre à l'évolution des risques auxquels sont confrontées les personnes âgées

Jusque dans les années 70 encore, les mots « retraité » et « pauvreté » étaient inextricablement liés. Ce n’est plus vrai aujourd’hui : au cours des dernières décennies, les personnes âgées ont connu des améliorations sensibles de leur bien-être économique. Dans tous les pays de l’OCDE, elles vivent également plus longtemps et en meilleure santé. Mais, dans un contexte de vieillissement rapide de la population, ces améliorations grèvent lourdement les budgets publics, faisant peser une menace sur la viabilité financière des dispositifs grâce auxquels elles ont pu avoir lieu. Par ailleurs, la politique sociale a donné de moins bons résultats en ce qui concerne d’autres problèmes auxquels doivent faire face les personnes âgées : la difficulté de conserver un emploi, le risque de souffrir d’invalidité et d’isolement au cours de la vieillesse et les taux de pauvreté préoccupants de certains groupes de personnes âgées, en particulier celles qui n’ont pas de droits à une pension ou qui ont connu des interruptions de carrière. Ces nouveaux risques auxquels sont confrontées les personnes âgées, ainsi que la menace qui pèse sur la viabilité financière des dispositifs dont elles relèvent, appellent une réorientation de l’action des pouvoirs publics. Des politiques actives s’efforcent de remédier aux obstacles qui empêchent les personnes âgées de continuer à participer à la vie économique et sociale, en vue d’améliorer leur bienêtre et de mieux exploiter leurs capacités dans le cadre d’activités servant à la fois les intérêts de la collectivité et les leurs. Élever les taux d’activité des personnes âgées est important non seulement pour des raisons liées au marché du travail et pour consolider les bases des systèmes de retraite, mais aussi pour éviter que, dans les pays où la valeur des retraites publiques a été récemment réduite, des taux de remplacement plus faibles ne se traduisent par une augmentation de la pauvreté des personnes âgées. Il importe par ailleurs de veiller à ce que la charge de l’aide aux personnes âgées souffrant d’invalidité ne repose pas de façon excessive sur les femmes. Un grand nombre d’entre elles étant entrées sur le marché du travail, elles risquent de ne plus être disponibles pour assurer l’aide et les soins dont ont besoin un nombre croissant de personnes âgées dépendantes. Il convient donc de mettre en perspective le système de prise en charge professionnelle de ces personnes ainsi que les rapports entre ce type de prise en charge et celle qui est assurée par des non-professionnels, de redistribuer les coûts et de prendre des mesures pour alléger la tâche des aidants familiaux. Les priorités en matière de réforme sont les suivantes :

● Abaisser les coûts des pensions tout en diversifiant les ressources des retraités.

● Favoriser l’allongement de la vie active.

● Assurer davantage de services de qualité au nombre croissant de personnes âgées

dépendantes.

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