Roumanie

Place du tourisme dans l’économie

La Roumanie a enregistré 10.2 millions d’arrivées internationales en 2016, soit une progression de 9.6 % par rapport à 2015. Parmi ces visiteurs internationaux, 2.5 millions ont séjourné plus de 24 heures dans des hébergements commerciaux (10.6 % de plus qu’en 2015). L’Allemagne, l’Italie, la France et le Royaume-Uni ont été les principaux marchés émetteurs en 2016, représentant au total 32.4 % des visiteurs internationaux avec nuitée(s). Plus de 47 millions de voyages ont été effectués à l’intérieur du pays en 2016, dont 15 millions avec nuitée(s) (soit -7.3 %), qui ont généré près de 20 millions de nuits à l’hôtel ou dans un établissement similaire (soit +8.2 %). En dépit d’une baisse de près de 3.9 % en 2016 qui les a ramenées à 14.5 milliards RON, les recettes du tourisme interne témoignent d’une forte croissance ces dernières années, ayant presque doublé par rapport à 2010, où elles s’élevaient alors à 6.9 milliards RON.

En 2014, la contribution directe du tourisme au PIB a été de 12.5 milliards RON (en progression de 7.6 % par rapport à 2013), soit 2 % du PIB.

Gouvernance et financement du tourisme

Le ministère du Tourisme et de la Culture (le « ministère ») assure diverses fonctions, notamment en ce qui concerne :

  • les politiques et stratégies de promotion et de commercialisation du tourisme visant le marché interne et international, dont la promotion de l’image de marque nationale ;

  • les politiques et stratégies de développement des destinations et produits, dont les programmes d’investissement et la collaboration avec des organismes publics et privés ;

  • les politiques et stratégies visant à améliorer la compétitivité des destinations en promouvant les atouts naturels et culturels et en collaborant avec les entreprises pour améliorer la qualité des services ;

  • les procédures d’agrément et de contrôle des activités du secteur du tourisme ;

  • l’évaluation et la sélection des candidatures aux programmes européens.

Le secteur privé est organisé en plusieurs associations au niveau national, par secteurs thématiques (tourisme rural, tourisme thermal, tourisme d’affaires, écotourisme) ou par professions (voyagistes et agences de voyage, hôtels, chambres d’hôtes, guides touristiques, cuisiniers et pâtissiers). De plus, il existe une Fédération des employeurs du secteur touristique.

Un Comité interministériel du tourisme a été établi pour favoriser l’intégration et le développement durable du tourisme en faisant la part belle à la protection de l’environnement, aux mesures économiques et à la préservation du patrimoine naturel et culturel.

Le Conseil consultatif du tourisme fédère les représentants nationaux des secteurs public et privé et des ONG pour examiner certains aspects de la politique du tourisme.

Des départements consacrés au tourisme peuvent être mis en place au sein des collectivités locales sans pour autant être sous l’égide du ministère ou d’autres organes centraux : la relation est alors plutôt fondée sur la coopération. Toutefois, le ministère est responsable des mesures législatives et réglementaires portant sur le tourisme et devant être mises en œuvre au niveau local.

Les associations de tourisme actives au niveau de la région, du comté ou de la commune rassemblent les secteurs public et privé et les ONG.

Le ministère du Tourisme dispose d’un budget de 80 millions RON, dont 25 millions sont affectés aux investissements dans les infrastructures touristiques.

Roumanie : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le ministère du Tourisme, 2018.

Politiques et programmes liés au tourisme

Le tourisme est confronté à de nombreux défis en Roumanie, notamment la nécessité de développer les infrastructures touristiques et d’améliorer la promotion, le manque de ressources financières, l’absence de vision collective et l’attitude passive des professionnels du voyage. De nombreux problèmes sont structurels, notamment le besoin de créer un cadre juridique relatif aux activités touristiques, les fréquentes modifications de la politique fiscale, la collaboration inadéquate des parties prenantes et le manque de responsables professionnels capables de gérer efficacement les destinations touristiques.

Le principal document d’orientation pour le secteur est le Plan directeur national de développement du tourisme 2007-26, conçu en collaboration avec l’Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies. Il est renforcé par les stratégies sectorielles, notamment la Stratégie nationale pour l’écotourisme (élaborée en 2009) et la Stratégie nationale pour le tourisme thermal (élaborée en 2009), et par le Plan stratégique et opérationnel de commercialisation 2011-15.

L’orientation stratégique vise un développement durable du tourisme et un modèle à plus forte valeur ajoutée alimenté par le savoir, l’innovation, l’amélioration des conditions de vie et l’harmonie avec la nature environnante. Les objectifs stratégiques à court et à moyen terme sont les suivants :

  • adopter la loi sur le tourisme en 2017 ;

  • adopter le plan directeur pour les investissements touristiques ;

  • appliquer la loi sur les chèques vacances pour les salariés du service public ;

  • développer une stratégie intégrée du tourisme afin de s’adapter aux tendances mondiales dans le secteur du tourisme ;

  • fournir des ressources humaines qualifiées qui conduiront à une amélioration de la qualité des services touristiques et de la compétitivité du tourisme roumain ;

  • adopter la loi sur les organisations de gestion de destinations ;

  • améliorer la position de la Roumanie en tant que destination touristique au sein des marchés européens ;

  • séduire de nouveaux segments et marchés en respectant les principes de durabilité et d’éthique dans le tourisme.

Le développement d’un tourisme plus durable a progressé, notamment dans le domaine de l’écotourisme, avec des activités telles que la Stratégie nationale pour l’écotourisme, la reconnaissance des destinations écotouristiques établie en fonction de critères spécifiques, la certification de 50 écoproduits (16 autres étant en cours de certification) et le développement d’itinéraires et de chemins de randonnée. Des programmes de formation pour les professionnels du tourisme ont également été mis en place.

La Roumanie a été un partenaire particulièrement actif dans le domaine des programmes de coopération internationale, comme le montrent les activités suivantes :

  • coordination avec le ministère du Tourisme bulgare pour promouvoir la culture, lu tourisme et les contacts interpersonnels au sein de la Stratégie de l’UE pour la région du Danube ;

  • collaboration entre les ministères du Tourisme et de la Culture au sein de l’Accord partiel élargi sur les Itinéraires culturels établi par le Conseil de l’ Europe ;

  • collaboration avec le ministère de l’Environnement dans le cadre de la Convention des Carpates, visant à encourager la coopération pour la protection et le développement durable des Carpates, afin d’améliorer la qualité de vie et de préserver les valeurs naturelles et culturelles.

Une initiative particulièrement importante pour 2017 est l’adoption de la loi sur la préparation et la mise en place d’un organisme de gestion des destinations, qui est une structure à trois niveaux (national, régional et local). Cette loi créera un partenariat entre les secteurs public et privé et les ONG, qu’elle sensibilisera à leur rôle de promotion des destinations touristiques en général (encadré 1.3).

Profil statistique

Tableau 1. Roumanie : Tourisme interne, récepteur et émetteur

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933717811

Tableau 2. Roumanie : Entreprises et emploi dans le tourisme

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933717830

Tableau 3. Roumanie : Consommation du tourisme interne
Millions RON

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933717849