Luxembourg

Place du tourisme dans l’économie

En 2016, on estime que le tourisme a contribué directement à hauteur de 1.7 % au PIB du Luxembourg, et de 5.1 % si l’on inclut également les impacts indirects. Il est à l’origine de 6 000 emplois et de 18 500 emplois au total (directs et indirects) (WTTC).

Le nombre de séjours avec nuitée(s) augmente de façon régulière dans le Grand-Duché du Luxembourg depuis 2010. 2016 a été une année record pour le tourisme avec 3 millions de séjours de ce type, soit une hausse de 59 % depuis 2010.

Les quatre principaux marchés touristiques du Luxembourg sont les pays limitrophes et les Pays-Bas, qui ont représenté plus de 62 % des séjours avec nuitée(s) en 2016, et qui comprennent les Pays-Bas (25.6 %) déjà cités, la Belgique (17.3 %), l’Allemagne (11.2 %) et la France (8.3 %). D’autres marchés émetteurs, comme les États-Unis, la Chine et le Japon, enregistrent une croissance continue. Le tourisme interne représente régulièrement environ 10 % de l’ensemble des séjours avec nuitée(s).

Gouvernance et financement du tourisme

Depuis 2013, le tourisme est placé sous l’autorité de la Direction générale du tourisme (DGT), au sein du ministère de l’Économie (« le ministère »). Outre sa mission de régulation du tourisme, la DGT coordonne les travaux de Luxembourg for Tourism (LFT), l’organisme national responsable du développement et de la promotion du tourisme, ainsi que les offices du tourisme régionaux qui coordonnent les services locaux et développent l’offre touristique régionale. LFT définit et met en œuvre la stratégie de commercialisation nationale visant à améliorer l’image et la réputation internationales du pays en tant que destination touristique, et assure également la promotion du Luxembourg en tant que destination pour le tourisme d’affaires.

La Direction générale du tourisme apporte également son appui au secteur de l’hébergement, aux associations et aux administrations locales qui assurent la promotion du tourisme. Le but principal est de développer tant la qualité du tourisme que la qualité de vie. Le ministère est représenté au sein des organes décisionnaires de Luxembourg for Tourism et dans les offices du tourisme régionaux. De plus, des réunions régulières sont organisées pour assurer la coordination et une collaboration effective entre les différents acteurs. La DGT est également chargée d’attribuer les labels touristiques : classification des hôtels et campings, qualité de service, EcoLabel, EureWelcome, bed+bike, etc.

Un budget de 45 millions EUR a été alloué au plan quinquennal pour le tourisme, qui couvre la période 2013-17. Le budget annuel approuvé pour la Direction générale du tourisme du ministère de l’Économie a été régulièrement relevé depuis 2014, passant de 14.1 millions EUR en 2015 à 14.6 millions EUR en 2016, dont 3.7 millions EUR de subventions pour Luxembourg for Tourism et 1.8 million pour les acteurs régionaux du secteur.

Luxembourg : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le ministère de l’Économie, 2018.

Politiques et programmes liés au tourisme

Le tourisme au Luxembourg doit relever un certain nombre de défis :

  • Qualité de l’offre : cette petite destination qui n’est pas très connue des touristes a besoin d’une offre et de services de qualité croissante pour se démarquer de la concurrence.

  • Structures touristiques : aux niveaux national, régional et local, les structures touristiques doivent être professionnalisées pour pouvoir faire face aux défis actuels et futurs du secteur.

  • Développement du numérique : le secteur du tourisme va devoir s’adapter aux évolutions rapides dans ce domaine.

  • Accessibilité : l’offre touristique doit se développer pour pouvoir devenir accessible à tous.

  • Statistiques : la mise à disposition de données fiables en temps opportun est indispensable pour suivre les tendances dans le tourisme et s’adapter en conséquence.

  • Nouveaux marchés de croissance : il est essentiel d’adapter l’offre pour attirer les touristes en provenance de ces marchés.

  • Innovation : il convient de développer et de soutenir des produits touristiques innovants.

  • Transparence : il faut veiller à la transparence de l’offre touristique, en particulier dans le secteur hôtelier.

Ces dernières années, les autorités luxembourgeoises ont mis sur pied une nouvelle stratégie de moyen à long terme pour le secteur du tourisme, en étroite collaboration avec des organismes nationaux et régionaux, et sur la base d’une approche participative. La stratégie sera rendue publique prochainement.

Un projet de loi visant à permettre à l’État de subventionner la mise en œuvre d’un dixième plan quinquennal destiné à stimuler les infrastructures touristiques (2018-2022) a été présenté. Le but de ce plan est de soutenir les professionnels du tourisme dans leurs efforts pour développer le secteur au Luxembourg, et d’étoffer l’offre touristique du pays. Il s’agira notamment des projets touristiques dont des municipalités, associations, organismes sans but lucratif et investisseurs privés, ainsi que les propriétaires ou exploitants de différents types d’hébergements touristiques, sont à l’origine. Le nouveau plan quinquennal continuera également de subventionner les investissements dans des programmes de certification de la qualité de service.

Pour encourager le développement d’une offre de grande qualité et garantir le plus de transparence possible, les pouvoirs publics ont lancé en 2017 un nouveau système de classement des hôtels. Déjà utilisé dans de nombreux pays européens sous l’égide du HOTREC, Hotelstars Union offre une classification hôtelière harmonisée sur la base de critères communs à toute l’Europe. Le fait d’y appartenir offre une transparence et une sécurité accrues aux clients, améliorant la réputation et la qualité des hôtels dans les pays membres. Le ministère est en train de mettre en œuvre cette classification en étroite collaboration avec HORESCA, la fédération hôtelière. Une nouvelle classification pour les campings sera déployée à l’automne 2017.

Les vacances centrées sur la randonnée sont une niche touristique majeure, et la priorité donnée à la qualité des infrastructures pour ce segment du marché au cours des 10 dernières années a débouché sur l’octroi à deux de ses plus importants sentiers du très convoité label européen Leading Quality Trails – Best of Europe.

D’après l’analyse de l’offre actuelle et la comparaison avec les meilleures offres européennes, le Luxembourg a les bases pour concurrencer les pays les plus performants sur le plan du tourisme de randonnée d’ici 2020. Compte tenu des attentes qui s’expriment de plus en plus sur ce marché concurrentiel en croissance, il sera essentiel d’investir dans tout le pays dans une signalisation claire et efficace, dans des supports numériques et dans des infrastructures de qualité dédiées à la randonnée. Le nouveau concept englobe non seulement le réseau de sentiers, mais aussi les services d’hébergement et de restauration locaux, les attractions touristiques et les curiosités culturelles, ainsi que toutes les formes de mobilité.

La priorité a également été donnée spécifiquement au développement et à la promotion du marché de l’événementiel d’affaires (MICE) au Luxembourg, où le Cluster MICE Luxembourg a été créé par le ministère de l’Économie en 2015. De plus, les pouvoirs publics travaillent avec les acteurs du secteur à la mise en œuvre de différents projets de développement, notamment sur un calendrier des événements MICE, des lignes directrices sur la qualité à l’attention des entreprises, et un projet Green Meetings conçu pour promouvoir des événements écologiques (encadré 1.11).

Profil statistique

Tableau 1. Luxembourg : Tourisme interne, récepteur et émetteur

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716348

Tableau 2. Luxembourg : Entreprises et emploi dans le tourisme

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716367