Italie

Place du tourisme dans l’économie

Dans la logique de la tendance mondiale, les données de 2016 indiquent une augmentation régulière et encourageante du tourisme en Italie, le nombre de visiteurs internationaux et la durée moyenne des séjours ne cessant pas de croître. Les arrivées internationales se sont élevées à 84.9 millions au total, dont 32.6 millions correspondaient à des séjours avec nuitée(s), qui se sont traduits par 160.4 millions de nuitées passées dans des hôtels et établissements assimilés. Les séjours avec nuitée(s) de touristes internationaux ont augmenté de 9.4 % entre 2011 et 2016. Les quatre premiers marchés émetteurs (comprenant les visiteurs passant la nuit et les visiteurs de la journée) étaient la Suisse, l’Allemagne, la France et l’Autriche. Plus de 60 % des visiteurs internationaux se rendent dans quatre régions : la Vénétie, la Lombardie, la Toscane et le Latium.

Les recettes des voyages internationaux ont augmenté à un rythme plus rapide (3.3 %) que les exportations italiennes en général (3 %), passant de 35.6 milliards EUR en 2015 à 36.7 milliards EUR en 2016, ce qui confirme le rôle de premier plan du tourisme dans l’économie italienne. Les recettes des voyages ont représenté 6.3 % de l’ensemble des exportations.

Les dépenses du tourisme émetteur italien sont passées de 22 milliards EUR en 2015 à 22.3 milliards EUR en 2016. La balance des paiements du tourisme reste par conséquent positive et supérieure de 6.2 % à celle de 2015.

En 2016, les touristes internes ont été à l’origine de 54.7 millions de séjours avec nuitée(s) (une progression de 16.2 % par rapport à 2015), avec 135.6 millions de nuitées passées dans des établissements d’hébergement commerciaux (+1.7 % par rapport à 2015).

La contribution du tourisme à l’économie italienne est importante, représentant globalement 11.8 % du PIB national et 12.8 % de l’emploi total en 2015.

Gouvernance et financement du tourisme

Le cadre législatif du tourisme en Italie comprend le ministère des Biens et Activités culturels et du Tourisme (le « ministère »), la Conférence permanente pour les relations entre l’État, les régions et les provinces autonomes de Trente et Bolzano, et la Conférence conjointe des régions et des municipalités.

Si la Direction générale du tourisme du ministère définit le programme d’action stratégique, la Constitution italienne délègue plusieurs activités de premier plan aux régions, dont la régulation des entreprises touristiques, le développement d’activités de commercialisation stratégiques et la gestion des Fonds structurels européens. Les provinces et les municipalités peuvent également édicter des réglementations locales pour le secteur du tourisme.

La Direction générale du tourisme, au-delà de sa tâche principale qui est d’élaborer et de lancer des politiques nationales du tourisme en coordination avec les régions et les provinces autonomes, supervise l’Agence nationale du tourisme italienne (ENIT) et le Club Alpino Italiano. Elle gère également toutes les activités touristiques qui ne relèvent pas de la compétence des régions. Elle fournit une assistance et des incitations pour développer la demande touristique, délivre des certificats et des autorisations aux professionnels étrangers, gère les relations avec les organisations internationales et participe à l’élaboration et à l’adoption de la législation de l’Union européenne.

Le rôle de l’ENIT est de commercialiser et de promouvoir l’Italie en tant que destination touristique. Depuis une loi de 2015, cet ex-organisme public a le statut d’entité économique publique. Son conseil d’administration comprend deux membres nommés par le ministère. L’ENIT peut également conclure des accords avec les régions et les provinces autonomes, les autorités locales et d’autres organismes publics.

Italie : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le ministère du Patrimoine et des Activités culturels et du Tourisme, 2018.

Le tourisme bénéficie du soutien du Programme pour la culture et l’innovation 2014-20 financé par les Fonds structurels européens. Une large part de l’enveloppe budgétaire totale de 490 millions EUR est affectée au développement de 60 lieux culturels dans cinq régions méridionales : Campanie, Pouilles, Basilicate, Calabre et Sicile.

Le Fonds d’investissement pour le tourisme géré par les pouvoirs publics, lancé en 2014 et administré par la banque nationale d’investissement, Cassa Depositi e Prestiti, a vu son plafond de crédits passer à 250 millions EUR, dont 100 millions avaient déjà été investis en 2016. Le fonds assure le lien entre les actifs publics qui ont besoin d’être aménagés et le marché immobilier privé.

Politiques et programmes liés au tourisme

Les pouvoirs publics sont en train de revoir leur programme pour le secteur du tourisme, afin de le placer au cœur des politiques nationales. Pendant l’année 2016, le secteur national du tourisme et tous ses acteurs publics et privés se sont réunis pour élaborer un nouveau plan stratégique national pour le tourisme (Piano Strategico del Turismo – PST) pour la période 2017-22. Le plan associe tous les opérateurs du tourisme en Italie dans le cadre d’une approche cohérente et coordonnée, offrant un cadre clair pour améliorer la prise de décision dans le secteur. Il s’appuie sur des éléments moteurs essentiels tels que l’innovation technologique et organisationnelle, le développement des compétences et les services de qualité. Ces éléments sont combinés à une stratégie viable et de longue durée portant sur le patrimoine environnemental et culturel de l’Italie.

L’idée du plan est de redonner à l’Italie un rôle prépondérant sur le marché du tourisme et de stimuler sa contribution au développement économique, social et durable dans ses territoires locaux. Il se concentre sur quatre grands thèmes, à savoir le territoire et le patrimoine, la compétitivité et l’emploi, la nécessité de donner une place centrale au touriste, et l’intégration et l’interopérabilité, avec comme fils conducteurs les principes stratégiques de durabilité, d’innovation et d’accessibilité (encadré 1.5).

Le ministère a signé des protocoles conjoints avec les autorités suivantes :

  • le ministère du Développement économique et l’AGID (organisme gouvernemental pour le développement du numérique) en vue de la création de nouveaux services numériques pour le tourisme, notamment des réseaux wifi et à large bande à l’échelle nationale ;

  • le ministère des Infrastructures et des Transports, avec un Plan spécial pour la mobilité touristique.

Nouvel engagement en faveur de la mobilité touristique en Italie

Le Plan spécial pour la mobilité touristique a été signé entre le ministère des Biens et Activités Culturels et du Tourisme et le ministère des Infrastructures et des Transports. Il offre un cadre très utile pour l’engagement et la collaboration en faveur de l’amélioration de la mobilité touristique en définissant des objectifs communs avec les acteurs du secteur et les principales parties prenantes. Un budget de 372 millions EUR est mis à disposition sur la période 2016-24, dont 90 millions à investir dans des réseaux de « mobilité douce » (pistes cyclables, services ferroviaires touristiques, etc.) et 60 millions pour les voies (Cammini) tels que la Via Francigena et la Via Appia.

2016 a été l’année des voies italiennes (I Cammini d’Italia), l’objectif étant de mettre en valeur les itinéraires culturels. Des actions ont eu lieu toute l’année, notamment la création d’un répertoire des voies et un site internet (www.camminiditalia.it).

Un système de crédit d’impôt pour le secteur du tourisme (le décret « Art Bonus »), qui a été approuvé en 2014, a été nouvellement doté de 460 millions EUR jusqu’en 2020, et doit servir principalement à la rénovation et à la modernisation des établissements touristiques.

La collaboration renouée entre les secteurs public et privé dans le tourisme comprend un nouveau système de soutien de 12.7 millions EUR pour les entreprises s’adressant tout particulièrement aux réseaux et start-ups.

Dans le cadre des activités de promotion, une grande attention a été portée à l’élargissement de l’offre nationale, en s’écartant des grands sites (villes culturelles telles que Rome, Florence, Venise et Milan) pour mettre en avant la diversité et la pluralité des paysages et des destinations. Parmi les actions menées, la première cartographie des villages italiens (I Borghi più belli d’Italia) a été mise au point.

Enfin, un nouveau système de classification des hôtels mettant particulièrement l’accent sur la durabilité et l’accessibilité est en passe d’être approuvé.

Profil statistique

Tableau 1. Italie : Tourisme interne, récepteur et émetteur

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716139

Tableau 2. Italie : Entreprises et emploi dans le tourisme

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716158

Tableau 3. Italie : Consommation du tourisme intérieur
Millions EUR

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716177