Islande

Place du tourisme dans l’économie

L’Islande connaît une explosion du tourisme, avec des arrivées qui augmentent de 24.4 % en moyenne par an depuis 2010 et dépassent de loin les prévisions. Le pays a reçu 1.8 million de touristes internationaux (séjournant plus de 24 heures) en 2016, ce qui représente une progression de 39 % par rapport à 2015. Le nombre de touristes internationaux pour 2017 est estimé à 2.3 millions.

Le tourisme a joué un rôle majeur dans la reprise et la croissance économiques de l’Islande de ces dernières années, avec à la clé un excédent sans précédent du commerce extérieur et la création de nouvelles entreprises et de nouveaux emplois. Il s’agit aujourd’hui du premier secteur exportateur, avec 462 milliards ISK (soit 39 %) des recettes totales en devises en 2016, c’est-à-dire davantage que l’addition de la pêche et de l’aluminium. Cette même année, le nombre total de personnes employées dans les activités liées au tourisme s’élevait à 25 000, soit 14 % de la population active islandaise, et la contribution directe du tourisme au PIB était de 8.4 %.

Les trois premiers marchés émetteurs en volume sont les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne, avec une croissance particulièrement forte en ce qui concerne les deux premiers pays et, très récemment, la Chine. La diversification des marchés émetteurs a contribué à réduire la saisonnalité. Le marché interne de quelque 340 000 habitants est relativement stable, avec un million de séjours avec nuitée(s) de touristes internes en 2016.

Gouvernance et financement du tourisme

Le ministère de l’Industrie et de l’Innovation assume la responsabilité du tourisme. L’Office du tourisme d’Islande gère les questions sectorielles pour le compte du ministère, notamment :

  • la délivrance de licences, l’enregistrement des entreprises et le suivi des modalités d’exploitation ;

  • le développement et les questions d’organisation en rapport avec le tourisme, dont la mise en œuvre d’une stratégie précise dans ce domaine ;

  • le développement régional et local, en concentrant les efforts sur l’élaboration de plans de gestion des destinations ;

  • la responsabilité de la gestion du dispositif officiel relatif à la qualité et à l’environnement du tourisme islandais (VAKINN), du Fonds de protection des sites touristiques et de la collecte d’informations concernant le nombre de touristes, leurs attentes et le bilan qu’ils font de leur séjour en Islande.

La commercialisation et la promotion du tourisme incombe à Promote Iceland, une agence qui relève du ministère des Affaires étrangères. Il s’agit d’un partenariat public-privé dont les objectifs sont de promouvoir l’Islande en tant que destination touristique, de contribuer à la promotion de la culture islandaise à l’étranger et de présenter l’Islande comme un pays offrant des possibilités intéressantes pour l’investissement direct étranger. Visit Iceland fait partie de Promote Iceland et est le bureau officiel de commercialisation des destinations pour l’Islande, qui a pour mission de faire venir les visiteurs dans le pays.

Le Conseil du tourisme islandais est nommé par le ministre du Tourisme, de l’Industrie et de l’Innovation et conseille ce dernier sur les questions ayant trait au tourisme. Le Conseil rend des avis sur les modifications législatives et réglementaires intéressant le tourisme et sur d’autres questions qui lui sont soumises par le ministre ou dont il juge utile de se saisir dans l’intérêt de la filière. Il se compose de représentants du ministère, de l’Association islandaise des voyagistes, de l’Association islandaise des collectivités locales, de l’Association islandaise du tourisme et de Promote Iceland.

Un Groupe d’experts sur le tourisme a été spécifiquement créé en 2015, et chargé de la mise en œuvre de la Feuille de route pour le tourisme en Islande. Ce Groupe est constitué de membres de différents ministères (responsables du tourisme, des finances, de l’environnement, des ressources naturelles, des transports et des collectivités locales) et de représentants du secteur et des autorités locales. Il dispose d’un mandat temporaire limité à 2020.

Les municipalités sont chargées des questions de planification et de nombreuses attractions touristiques. Des associations régionales de municipalités gèrent des agences de développement avec l’aide de l’Institut de développement régional islandais, et ont mis en place différents projets de développement du tourisme. Sept bureaux de commercialisation régionaux œuvrent à la promotion du tourisme dans les régions. Ils travaillent en étroite collaboration tant avec Promote Iceland qu’avec l’Office du tourisme islandais, qui leur apporte un soutien financier pour leurs travaux.

Islande : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le ministère de l’Industrie et de l’Innovation, 2018.

En 2017, le budget public global alloué au tourisme s’est élevé à 1.7 milliard ISK. La principale source de financement est le budget général. Outre ce dernier, 60 % de la taxe sur l’hébergement alimente directement le Fonds de protection des sites touristiques. Le budget général alloué au tourisme est divisé entre trois organismes et fonds principaux. En 2017, il était réparti comme suit : 373.8 millions ISK pour l’Office du tourisme islandais, 576 millions ISK pour le Fonds de protection des sites touristiques, tandis qu’un budget de 761.4 millions ISK a été affecté aux services touristiques (dont 390 millions ISK pour la commercialisation et la promotion).

Politiques et programmes liés au tourisme

L’enjeu central de l’Islande consiste à maximiser les retombées positives du tourisme sur la population tout en protégeant les actifs qui fondent le tourisme. La croissance soutenue et rapide du tourisme dans le pays exerce une pression accrue sur la nature, les infrastructures et la société. La planification touristique, les investissements infrastructurels (routes, installations sanitaires, équipement des sites, logement, information des touristes, etc.) et la gestion des flux de visiteurs dans les sites naturels les plus populaires font partie des grandes priorités. Un problème plus récent est l’appréciation du taux de change, qui pourrait nuire à la compétitivité-prix de l’Islande en tant que destination et, partant, à la demande touristique et aux habitudes des voyageurs. Le rôle du tourisme dans le changement climatique est encore un autre problème.

La Feuille de route pour le tourisme 2015-20 de l’Islande met l’accent sur sept grands sujets : coordination de la gestion du tourisme, satisfaction des visiteurs, fiabilité et comparabilité des données, conservation de la nature, amélioration des compétences et de la qualité, accroissement de la rentabilité et meilleure répartition des touristes sur le territoire national.

Les actions définies dans la Feuille de route en sont à un stade relativement avancé, plusieurs mesures ayant été mises en œuvre spécifiquement pour améliorer la gestion et la répartition du tourisme (encadré 1.6), notamment : la promotion des vols internationaux directs à destination d’aéroports situés ailleurs qu’à Reykjavik ; l’élaboration de plans de gestion des destinations pour chaque région ; des réformes du Fonds de protection des sites touristiques (encadré 3.8) et un nouveau Plan national d’infrastructures pour améliorer l’efficacité du développement des infrastructures dans les sites touristiques majeurs ; et l’accroissement des financements afin d’inciter les voyageurs à adopter des comportements prudents et responsables au moyen de campagnes de commercialisation et d’information.

Plans de gestion des destinations en Islande

Les autorités islandaises savent qu’il faut gérer les destinations et planifier le futur développement durable du tourisme. En 2015, l’Office du tourisme islandais, aux côtés du Groupe d’experts sur le tourisme, a lancé l’élaboration de Plans de gestion des destinations. Cette vision globale prend en compte la planification et la coordination du développement et la gestion des flux touristiques dans chaque région, et renforce les cadres de soutien du tourisme local.

Les Plans de gestion des destinations sont des déclarations d’orientations conjointes visant à stimuler la croissance et le développement de territoires sur une période donnée, à définir les rôles des parties prenantes et à préciser les actions dont chaque acteur est responsable, ainsi que les ressources dont chacun a besoin pour assumer ses responsabilités.

Le projet de Plans de gestion des destinations divise l’Islande en sept régions différentes. Les bureaux de commercialisation régionaux se chargent de l’élaboration des plans dans chaque région, l’Office du tourisme islandais supervisant le projet. Le résultat final sera un plan intégrant une stratégie commune à l’ensemble des parties prenantes pour le développement du tourisme dans la région, ainsi qu’un plan d’action sur trois ans sur la manière de concrétiser cette stratégie en fixant des priorités. Chaque projet du plan d’action comporte des étapes précises et un plan budgétaire précisant clairement les responsabilités et contributions de l’ensemble des parties prenantes. Les premiers Plans de gestion des destinations seront prêts au printemps 2018 et seront révisés tous les trois ans.

Supports de coordination de toutes les strates de la planification publique, les Plans de gestion des destinations seront des cadres importants tant pour les plans régionaux tels que les plans généraux d’occupation des sols des communes que pour d’autres plans nationaux comme le Plan de transport national, le Plan de développement régional et le Plan national d’infrastructures pour la protection de la nature et des sites de valeur culturelle et historique.

Parmi les autres évolutions récentes et actuelles de l’action publique figurent notamment un financement accru de la recherche, la mise en place et le développement permanent d’un programme de formation au tourisme pour améliorer les compétences, une nouvelle législation sur la location d’appartements entre particuliers pour favoriser l’instauration de conditions équitables sur le marché des locations de courte durée, et l’augmentation de la taxe sur l’hébergement. Des actions spécifiques au tourisme visant à favoriser la réduction des émissions de carbone et à faire en sorte que l’Islande respecte ses obligations au titre de l’Accord de Paris sont également en cours d’élaboration.

Les travaux préparatoires d’une nouvelle stratégie touristique officielle pour l’Islande pour la période 2020-25 ont débuté ; ils s’appuient sur l’actuelle Feuille de route et sur le modèle de coordination du Groupe d’experts sur le tourisme.

Profil statistique

Tableau 1. Islande : Tourisme interne, récepteur et émetteur

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933715968

Tableau 2. Islande : Entreprises et emploi dans le tourisme

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933715987

Tableau 3. Islande : Consommation du tourisme intérieur
Millions ISK

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933716006