Belgique

Place du tourisme dans l’économie

En Belgique, le tourisme est de la compétence exclusive de chacune des trois régions belges – la Flandre, la Wallonie et Bruxelles. La présente section ainsi que l’annexe statistique dressent un tableau national du tourisme dans le pays, puis sont suivies d’une présentation des initiatives de gouvernance et des actions conduites par les autorités régionales flamandes et wallonnes.

En 2016, la Belgique a reçu 5.6 millions de touristes internationaux qui ont séjourné dans des hôtels ou établissements assimilés, pour un total de 10.2 millions de nuitées. Sur ce chiffre, 49.2 % (2.7 millions) ont visité la Flandre, 37.8 % (2.1 millions) la ville de Bruxelles et 13 % (720 000) la Wallonie. Les premiers marchés émetteurs de la Belgique sont les Pays-Bas, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, représentant en tout 57 % des arrivées.

Les visiteurs internes séjournant plus de 24 heures en Belgique ont atteint un total de 4.3 millions en 2016, dont 59.9 % se sont rendus en Flandre, 25.5 % en Wallonie et 14.7 % à Bruxelles. En tout, 7 millions de nuits ont été passées dans des hôtels ou établissements assimilés, la Flandre représentant une fois encore environ 60 % du total.

Les séjours avec nuitée(s) ayant la Belgique pour origine ont augmenté de 26.2 % en 2016 pour atteindre 15.8 millions, répartis ainsi : 58.7 % en Flandre, 26.8 % en Wallonie et 14.6 % à Bruxelles.

En 2016, les recettes des voyages internationaux se sont élevées à 10.7 millions EUR, soit 2.6 % des exportations totales pour la Belgique.

FLANDRE

Gouvernance et financement du tourisme

En Flandre, le tourisme relève du ministre des Travaux publics, de la Mobilité, du Vlaamse Rand, du Tourisme et de la Protection animale.

Le service du tourisme du ministère flamand des Affaires étrangères est responsable de la politique du tourisme et des relations touristiques internationales.

Les objectifs et fonctions de VisitFlanders sont les suivants :

  • investir dans le développement durable et dans la promotion de la Flandre et de Bruxelles en tant que destination touristique de premier choix ;

  • réaliser des investissements spécifiques et apporter son appui pour rendre l’offre touristique de la Flandre plus attractive ;

  • promouvoir la Flandre en tant que destination touristique pour attirer davantage de visiteurs ;

  • veiller à ce que tout le monde puisse bénéficier et profiter de vacances, y compris les personnes présentant des handicaps ou aux moyens limités, en associant accessibilité et qualité ;

  • encourager le professionnalisme dans le secteur touristique afin de garantir à tous les visiteurs une offre et une expérience de qualité ;

  • identifier les prestataires de services d’hébergement touristique.

Les provinces et autorités locales investissent dans la promotion interne de la Flandre.

Un étroite coopération entre VisitFlanders et les principaux acteurs du secteur privé (Horeca Vlaanderen, Brussels Airport, Recread, CiB, Logeren Vlaanderen, la société nationale des chemins de fer NMBS) est assurée via le comité consultatif de VisitFlanders et est inscrite dans le Pacte pour le tourisme à l’horizon 2020, auquel adhèrent les acteurs publics et privés du tourisme les plus importants de Flandre.

En 2017, le budget global de VisitFlanders s’est élevé à 68.1 millions EUR.

Belgique, Flandre : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le ministère flamand des Affaires étrangères, 2018.

Politiques et programmes liés au tourisme

La politique du tourisme en Flandre a trois priorités générales :

  • Améliorer l’attractivité de la destination Flandre et assurer sa promotion. Pour ce faire, l’objectif est de mettre l’accent sur les caractéristiques distinctives de la Flandre, notamment sur des trésors tels les Maîtres flamands et la gastronomie locale. Les destinations, dont la région de Bruxelles, bénéficient d’investissements consacrés à la promotion, aux événements, aux infrastructures et à l’accessibilité.

  • Soutenir les entreprises et favoriser un secteur du tourisme dynamique. Les priorités consistent notamment à mettre en place une politique harmonisée en matière de qualité, favoriser la compétitivité dans le secteur de l’hébergement et mettre en œuvre un plan d’action pour le secteur hôtelier et la restauration ; à développer des produits tels le cyclisme et les réseaux piétonniers ; et à assurer un soutien financier de l’État. Depuis 2013, une attention particulière est portée au tourisme en tant que principal moteur de la croissance économique pour la province du Limbourg, les pouvoirs publics apportant leur soutien à des projets touristiques tels que la valorisation du patrimoine minier.

  • Faire en sorte que tous les Flamands puissent avoir accès au tourisme. Pour ce faire, des travaux doivent être menés dans trois domaines : faire de la Flandre une destination réputée pour son patrimoine adapté aux familles ; développer davantage le Steunpunt Vakantieparticipatie (Centre de participation aux vacances) en tant que ressource centrale pour les personnes ayant des contraintes budgétaires et des besoins de prise en charge ; et proposer tout un éventail d’hébergements de grande qualité pour différents types de groupes défavorisés.

Les mesures spécifiques conçues pour faire face aux défis auxquels est confronté le tourisme en Flandre sont notamment :

  • le développement et la promotion de thèmes dans le cadre de la marque Flandre, comme la gastronomie, les Maîtres flamands et la commémoration de la Première guerre mondiale ;

  • la refonte de la loi sur le tourisme pour tous ;

  • l’application d’une nouvelle loi sur l’hébergement touristique, avec le label de qualité Hotelstars Union ;

  • la création et la mise en place d’Event Flanders ;

  • l’investissement permanent dans les travaux de recherche avec une actualisation du compte satellite du tourisme pour la Flandre ;

  • la poursuite de la mise en œuvre du projet KOALA, qui soutient des entreprises de tourisme qui mènent des projets sur des problématiques climatiques et énergétiques ;

  • le développement des qualifications professionnelles en étroite collaboration avec des acteurs publics et privés de la filière touristique et le ministère flamand de l’Éducation.

WALLONIE

Gouvernance et financement du tourisme

En Wallonie, le tourisme relève du ministre de l’Agriculture, de la Nature, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et du délégué à la Grande Région.

Le ministère wallon du Tourisme est composé du Commissariat général au Tourisme (CGT) et de Wallonie-Belgique Tourisme (WBT).

Le CGT est responsable de la politique wallonne du tourisme et des relations touristiques internationales, et notamment :

  • gère les demandes de certification et de label (hébergement et attractions touristiques, informations touristiques et guides), et encourage le professionnalisme dans le secteur touristique afin de garantir à tous les visiteurs une offre et une expérience de qualité ;

  • fournit des dotations destinées à rendre l’offre touristique wallonne plus attractive ;

  • assure le suivi et les analyses statistiques ;

  • gère les infrastructures touristiques publiques en Wallonie.

Depuis la sixième Réforme de l’État, qui est entrée en vigueur en 2017 et a introduit la régionalisation du tourisme, les activités de promotion ont été placées sous le contrôle exclusif de Wallonie-Belgique Tourisme (WBT).

Le CGT et WBT travaillent en étroite collaboration avec des organisations professionnelles du secteur – Gîtes de Wallonie, Accueil Champêtre en Wallonie, Walcamp (terrains de camping), Vilvac (villages de vacances), Auberges de Jeunesse, Attractions et Tourisme, Musées et Société en Wallonie, et Horeca Wallonie – pour développer des politiques du tourisme créatives et innovantes afin de répondre aux besoins des acteurs du secteur.

Le Centre d’ingénierie touristique de Wallonie (CITW) est une structure économique et touristique associant des municipalités wallonnes actives dans le secteur. En lien avec le CGT et avec le soutien du Fonds européen de développement régional, il organise et met en œuvre des politiques d’ingénierie touristique qui mutualisent les responsabilités et coordonnent les actions au niveau territorial de la Wallonie, tout en supervisant les études effectuées par des consultants spécialisés.

Immowal a récemment créé une société anonyme dont l’unique actionnaire est le CGT. Elle a été constituée pour soutenir l’activité économique et la compétitivité de l’industrie touristique wallonne. Elle est chargée de développer deux ou trois nouvelles stations touristiques en Wallonie en convertissant des propriétés de l’État ou, si nécessaire, en achetant les sites nécessaires dans des lieux stratégiques ; elle a également pour mission de restructurer le portefeuille immobilier du CGT pour libérer des ressources ou dégager des recettes supplémentaires pour de nouveaux projets touristiques. Immowal collabore activement avec le CITW.

Le budget du CGT pour 2017 s’élève à environ 63 millions EUR, hors financement des projets cofinancés par l’UE.

Belgique, Wallonie : Organigramme des organismes de tourisme
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Source : OCDE, d’après le Commissariat général au Tourisme de Wallonie, 2018.

Politiques et programmes liés au tourisme

La Déclaration de politique régionale 2014-19 recommande de mettre l’accent sur deux objectifs en matière de tourisme :

  • Créer une destination touristique exceptionnelle. Il s’agit de miser sur les principaux atouts de la région : sites naturels, patrimoine, gastronomie et événements et commémorations majeurs. Les priorités consistent à revoir la stratégie touristique, à mettre au point des offres commerciales pour des marchés spécifiques et à améliorer la qualité de l’accueil, des services et des produits. Il s’agit également de veiller à l’accessibilité des principaux sites touristiques en termes d’horaires d’ouverture, de langues parlées, d’accès pour les personnes à mobilité réduite et pour les usagers des transports publics, etc.

  • Optimiser les capacités et les ressources mises à la disposition du tourisme. Les priorités sont notamment les suivantes : impliquer les associations professionnelles dans la mise en œuvre de la politique touristique ; améliorer la formation du personnel du secteur touristique ; améliorer les outils financiers ; adopter une politique de développement régional plus cohérente ; créer deux ou trois nouvelles stations touristiques en recourant à des partenariats public-privé afin de développer et d’améliorer le patrimoine détenu par les pouvoirs publics ; mettre au point des outils statistiques très performants ; simplifier les normes pour les établissements touristiques, en les réorientant vers la qualité, l’accessibilité et la sécurité ; simplifier l’organisation institutionnelle du tourisme ; restructurer et rationaliser Wallonie-Belgique Tourisme (par le biais de la sixième Réforme de l’État qui confère aux régions davantage de responsabilités en matière de tourisme).

Pour obtenir une mesure objective et exhaustive de l’impact économique du tourisme en Wallonie et éclairer la prise de décision, le CGT travaille avec d’autres acteurs à l’amélioration et à l’actualisation des données socioéconomiques disponibles et au développement de nouveaux instruments tels que l’analyse sectorielle des hébergements et des attractions destinées aux visiteurs et des enquêtes auprès des clients. L’hébergement, en particulier le secteur hôtelier, fait l’objet d’une attention particulière, puisqu’il représente la principale source de revenu du tourisme.

Fin 2016, les autorités wallonnes ont approuvé le premier contrat d’administration du CGT, qui définit les changements à apporter à la coordination du CGT, ainsi que quatre objectifs stratégiques à mettre en œuvre à compter de 2017 : i)  développer un secteur du tourisme professionnel durable, innovant et de grande qualité, et concrétiser ainsi la valeur ajoutée du CGT en tant que plateforme de prédilection pour les prestataires de services ; ii) tenir compte de la nature transversale du tourisme dans la gestion des partenariats et des réseaux ; iii) améliorer la coordination et la gouvernance du CGT ; et iv) déployer une politique de gestion des ressources humaines moderne et adaptée.

Le Code wallon du tourisme (CWT), qui remonte à 2009, structure et réglemente les activités touristiques de la région (organisations, attractions et toutes les formes d’hébergement). Il est devenu nécessaire d’actualiser la législation pour tenir compte des nouvelles évolutions et attentes de la part tant des professionnels du tourisme que des touristes eux-mêmes. Le processus de révision, qui a donné lieu à la consultation d’acteurs du secteur, avait les objectifs suivants :

  • identifier, restructurer et clarifier les rôles des différents acteurs du secteur du tourisme ;

  • allouer des ressources financières suffisantes aux expériences touristiques de grande qualité afin de promouvoir et de favoriser des centres de création d’emplois ;

  • faire face à l’émergence de plateformes collaboratives.

Le Code du tourisme révisé est entré en vigueur en 2017. Il réorganise les centres d’information touristique que sont les Maisons du Tourisme afin de mettre en place un service touristique grand public cohérent tout en générant des économies d’échelle. Les ressources destinées à la communication et à la promotion seront concentrées sur un nombre moindre de Maisons du Tourisme (28 au lieu de 42).

Profil statistique

Tableau 1. Belgique : Tourisme interne, récepteur et émetteur

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Source : Statistiques de l’OCDE sur le tourisme (base de données).

 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933715379

Tableau 2. Belgique : Entreprises et emploi dans le tourisme

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 StatLink http://dx.doi.org/10.1787/888933715398