7. Capital organisationnel

Emploi et investissement dans le capital organisationnel, 2011-12
En pourcentage de la valeur ajoutée totale
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Source : Calculs de l’OCDE, d’après la Base de données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) ; OCDE, Base de données pour l’analyse structurelle (STAN), www.oecd.org/sti/stan-fr et d’autres sources nationales, juin 2015. Voir notes de chapitre.

 http://dx.doi.org/10.1787/888933311801

Le capital organisationnel (CO) est la combinaison de connaissances, de procédés et de systèmes dont les entreprises dépendent pour organiser leurs activités. Cet actif stratégique propre à l’entreprise présente une corrélation positive avec un large éventail d’indicateurs de performance et de productivité, ainsi qu’avec les performances opérationnelles et boursières à long terme et la rémunération des cadres de direction. Il constitue à ce titre un levier d’efficience et d’efficacité de la production, et un moteur de compétitivité.

L’investissement dans le capital organisationnel et la part correspondante dans la population active varient sensiblement entre les économies et en leur sein, selon les caractéristiques structurelles et les particularités des entreprises. Les facteurs structurels intègrent la composition sectorielle des économies et l’importance relative de la production manufacturière et des services, l’hétérogénéité des entreprises qui composent les différents secteurs, et leur degré de participation dans les chaînes de valeur mondiales. Les particularités des entreprises comprennent la dotation en compétences de la main-d’œuvre et l’organisation des tâches liées au CO (centralisées ou exécutées plus largement par différents profils professionnels).

Selon les estimations macroéconomiques, l’investissement en CO s’élève en moyenne à 2.2 % de la valeur ajoutée totale. À de rares exceptions près (notamment au Japon et aux États-Unis), les professions non managériales (de supervision et d’administration de système, par exemple) captent environ 60 % de l’investissement total en CO. Les emplois liés au capital organisationnel s’échelonnent entre 9 % au Danemark et 26 % au Royaume-Uni. Dans la plupart des économies, la part de l’investissement en CO dans la valeur ajoutée est plus importante dans les services que dans le secteur manufacturier. Ce constat est également valable pour l’investissement des PME – les petites entreprises manufacturières investissent en effet beaucoup moins dans le CO que les petites entreprises de services. Inversement, à quelques exceptions près (par exemple aux États-Unis), les grandes entreprises manufacturières sont davantage enclines à investir dans le CO que les grands prestataires de services. Tel est le cas en Allemagne et au Japon, où la différence s’élève à environ 1 point de la valeur ajoutée. L’examen de l’investissement propre à chaque secteur fait apparaître des disparités notables, à la fois entre les secteurs et en leur sein. Si les valeurs médianes s’échelonnent entre 0.5 % et environ 4 % dans le secteur des entreprises, le décile supérieur des investisseurs affiche des valeurs trois à plus de trente fois supérieures à celles du décile inférieur au sein d’un même secteur.

Définitions

Le capital organisationnel se définit comme le capital humain des entreprises (leurs employés), chargé d’exécuter des ensembles de tâches influant sur leur fonctionnement à moyen et long terme : définition des objectifs et des stratégies ; organisation, planification et hiérarchisation du travail ; constitution des équipes, affectation des tâches aux collaborateurs et formation de ces derniers ; supervision et coordination des activités ; et communication entre les groupes et en leur sein, afin de fournir des orientations. Les managers sont les collaborateurs qui occupent des emplois correspondant au code CITP-08 à un chiffre 1; les non-managers relèvent de toutes les autres catégories professionnelles (par exemple les superviseurs).

Investissement en capital organisationnel, par secteur et taille d’entreprise, 2011-12
En pourcentage de la valeur ajoutée dans le secteur concerné
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Source : Calculs de l’OCDE, d’après la Base de données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) ; OCDE, Base de données pour l’analyse structurelle (STAN), www.oecd.org/sti/stan-fr et d’autres sources nationales, juin 2015. Voir notes de chapitre.

 http://dx.doi.org/10.1787/888933311816

Investissement en capital organisationnel, par secteur, 2011-12
En pourcentage de la valeur ajoutée et fourchette de dispersion dans les différents pays
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Source : Calculs de l’OCDE, d’après la Base de données du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) ; OCDE, Base de données pour l’analyse structurelle (STAN), www.oecd.org/sti/stan-fr et d’autres sources nationales, juin 2015. Davantage de données via StatLink. Voir notes de chapitre.

 http://dx.doi.org/10.1787/888933311822

Mesurabilité

Cet indicateur expérimental part du principe que les managers ne sont pas les seuls à contribuer à la formation de capital organisationnel. La méthodologie utilisée identifie les collaborateurs exerçant des professions liées au CO en examinant le contenu des tâches qu’ils exécutent et utilise une approche en trois étapes pour estimer l’investissement en CO.

Les données tirées du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PIAAC) de l’OCDE servent à déterminer les tâches correspondant aux activités liées au CO, puis à classer les professions selon la fréquence d’exécution de ces tâches. Le nombre d’employés contribuant à la formation de CO et l’investissement en la matière sont estimés à partir des chiffres d’emploi et de rémunération propres aux professions, tirés des statistiques officielles telles que les enquêtes sur la population active et les comptes nationaux. On considère que l’investissement en CO correspond à 20 % du temps (et donc de la rémunération) des travailleurs appartenant aux catégories professionnelles jugées à forte intensité de CO. La précision des estimations peut varier selon la disponibilité de données d’emploi et de rémunération détaillées propres aux professions et aux secteurs (pour plus d’informations, voir Le Mouel et Squicciarini, 2015).