Dépenses des administrations publiques par fonction (COFOG)

La ventilation des dépenses des administrations publiques par fonction et son évolution au fil du temps font ressortir les principales priorités et les principaux défis des administrations publiques.

En 2013, les administrations publiques des pays de l’OCDE ont affecté la part la plus importante de leurs dépenses totales à la protection sociale. En moyenne, près du tiers (32.4 %) des dépenses publiques lui étaient consacrées. Cette part est particulièrement élevée dans les pays nordiques, au Luxembourg, en France, en Allemagne, au Japon, en Autriche et en Italie, avec plus de 40 % des dépenses publiques totales. En France, les dépenses consacrées à la protection sociale sont consacrées pour plus de la moitié (55 %) aux retraites, à hauteur de 12 % aux prestations de maladie/invalidité, à hauteur de 10 % aux allocations familiales et à hauteur de 8 % aux allocations de chômage. Bien que ces pourcentages varient (la part consacrée aux allocations de chômage, en particulier), de nombreux pays de l’OCDE présentent une ventilation similaire des dépenses de protection sociale.

Les dépenses consacrées à la santé, aux services généraux des administrations publiques (y compris pour le service de la dette) et à l’enseignement constituaient également une part importante des dépenses publiques, puisque chacun de ces secteurs représentait, en moyenne, plus de 10 % des dépenses publiques en 2013. Les dépenses consacrées aux affaires économiques étaient elles aussi importantes (9.5 %) et variaient dans une fourchette allant de plus de 25 % en Grèce à moins de 7 % au Danemark, en Israël, au Portugal et au Royaume-Uni.

En 2013, les administrations publiques de la zone OCDE ont consacré des parts moins importantes de leurs dépenses à la défense (5.5 %), à l’ordre et à la sécurité publics (4.4 %), au logement et aux équipements collectifs (1.5 %), aux loisirs, à la culture et au culte (1.5 %) et à la protection de l’environnement (1.2 %), même s’il pouvait y avoir des différences assez fortes selon les pays. Ainsi, les dépenses consacrées à la défense avoisinaient ou dépassaient 10 % en Israël (14.4 %) et aux États-Unis (9.8 %), alors qu’elles étaient proches de ou inférieures à 1 % en Hongrie, en Irlande, en Islande et au Luxembourg.

Entre 2007 et 2013, les dépenses publiques totales consacrées à la protection sociale et à la santé ont augmenté. Par rapport à la période qui avait précédé la crise financière, les administrations publiques ont dépensé relativement plus pour la protection sociale, en particulier dans les pays où le chômage a connu une forte hausse (Espagne, Irlande, Portugal et Italie). Au cours de la même période, les dépenses de santé ont, en moyenne, augmenté dans les pays de l’OCDE (+0.8 p.p.) ; cette hausse s’explique, dans une certaine mesure, par le poids croissant des dépenses publiques de santé aux Pays-Bas (+1.9 p.p.) et aux États-Unis (+1.5 p.p.). Si la part des dépenses consacrées à la santé et à la protection sociale a nettement baissé dans certains pays (Grèce et Slovénie) sur cette période, c’est essentiellement en raison de l’accroissement considérable des dépenses affectées aux affaires économiques (> 14 p.p. pour les deux pays) pour soutenir la croissance économique et pour réduire le taux de chômage de certains groupes de population.

Dans l’ensemble, au sein des pays membres de l’OCDE, l’augmentation de la part des dépenses consacrées à la protection sociale et à la santé au cours de cette période a été compensée par une contraction de la part des dépenses consacrées à tous les autres secteurs, et en particulier à l’enseignement (-0.8 p.p.), aux services généraux des administrations publiques (-0.6 p.p.) et à la défense (-0.5 p.p.). En 2013, sur les 29 pays membres de l’OCDE pour lesquels on dispose de données, 17 avaient réduit la part des dépenses consacrées à l’enseignement par rapport à 2007. Le mouvement était particulièrement marqué en Slovénie (-3.2 p.p.) et en Islande (-2.3 p.p.). S’agissant des services généraux des administrations publiques, la baisse la plus forte au cours de la période a été enregistrée en Grèce (-7.8 p.p.). Elle s’explique essentiellement par la réduction des dépenses annuelles consacrées au service de la dette, en conséquence de la renégociation et de la restructuration de la dette publique grecque.

Méthodologie et définitions

Les données relatives aux dépenses publiques sont tirées de la base de données des Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux et de la base de données d’Eurostat sur les statistiques relatives aux finances publiques, qui sont établies conformément au Système de comptabilité nationale (SCN) ; ce dernier constitue un ensemble de concepts, de définitions, de nomenclatures et de règles approuvés au plan international en matière de comptabilité nationale. Le cadre du SCN a été révisé, et la majeure partie des pays de l’OCDE ont mis en œuvre en tout ou partie la méthodologie actualisée du SCN 2008 (voir l’annexe A pour un complément d’information). Les données sur les dépenses sont ventilées selon la Classification des fonctions des administrations publiques (CFAP ou COFOG), qui classe les dépenses publiques selon dix fonctions : services généraux des administrations publiques ; défense ; ordre et sécurité publics ; affaires économiques ; protection de l’environnement ; logement et équipements collectifs ; santé ; loisirs, culture et culte ; enseignement ; et protection sociale. On trouvera à l’annexe C des précisions sur la nature des dépenses comprises dans chaque catégorie.

Une ventilation détaillée des dépenses publiques pour certaines fonctions prioritaires de la CFAP de niveau 2 est présentée au graphique 2.33 (services généraux des administrations publiques), au graphique 2.34 (ordre et sécurité publics), au graphique 2.35 (affaires économiques), au graphique 2.36 (santé), au graphique 2.37 (enseignement) et au graphique 2.38 (protection sociale). Ces graphiques sont consultables en ligne (http://dx.doi.org/10.1787/888933248370 ; http://dx.doi.org/10.1787/888933248384 ; http://dx.doi.org/10.1787/888933248399 ; http://dx.doi.org/10.1787/888933248407 ; http://dx.doi.org/10.1787/888933248412 ; et http://dx.doi.org/10.1787/888933248422).

Notes relatives aux tableaux

On ne dispose pas de données pour le Canada, le Chili, le Mexique, la Nouvelle-Zélande et la Turquie. Les données relatives à l’Islande portent sur 2012 et non 2013. Pour 2013, les données fournies pour l’Espagne à la rubrique « Affaires économiques » intègrent les aides financières d’un montant de 4 897 millions EUR accordées aux banques.

Informations sur les données concernant Israël : http://dx.doi.org/10.1787/888932315602.

Tableau 2.31. Ventilation des dépenses des administrations publiques par fonction (2013)

Services généraux des administrations publiques

Défense

Ordre et sécurité publics

Affaires économiques

Protection de l’environnement

Logement et équipements collectifs

Santé

Loisirs, culture et culte

Enseignement

Protection sociale

Allemagne

14.3

2.4

3.5

 7.5

1.3

0.9

15.8

1.9

 9.7

42.6

Australie

12.9

3.9

4.7

11.1

2.9

1.7

18.8

2.0

14.4

27.7

Autriche

14.2

1.2

2.6

11.1

1.0

0.7

15.6

1.9

 9.8

41.9

Belgique

15.5

1.7

3.4

12.2

1.8

0.6

14.6

2.4

11.8

36.1

Corée

17.1

7.8

4.0

16.8

2.4

3.0

12.1

2.2

16.3

18.4

Danemark

13.6

2.3

1.8

 6.3

0.7

0.5

15.3

3.2

12.3

43.9

Espagne

15.5

2.1

4.5

10.0

1.9

1.0

13.6

2.6

 9.1

39.7

Estonie

10.3

4.7

4.9

12.5

1.7

1.4

13.0

5.4

15.4

30.7

États-Unis

14.3

9.8

5.6

 9.2

0.0

1.5

22.3

0.7

16.0

20.7

Finlande

14.4

2.6

2.4

 8.2

0.4

0.7

14.5

2.5

11.2

43.1

France

11.9

3.1

2.9

 8.7

1.8

2.4

14.2

2.6

 9.6

42.9

Grèce

16.3

3.6

3.1

25.5

1.4

0.5

 8.6

1.1

 7.6

32.4

Hongrie

20.9

1.0

4.2

13.7

1.8

1.6

10.4

3.7

 9.5

33.3

Irlande

16.5

1.0

3.9

 7.5

1.6

1.6

17.4

1.8

10.2

38.6

Islande

19.2

0.0

3.1

10.4

1.3

2.4

16.3

6.9

16.9

23.6

Israël

13.5

14.4

3.9

 6.8

1.5

1.1

12.2

3.7

16.3

26.6

Italie

17.5

2.3

3.8

 8.2

1.8

1.4

14.1

1.4

 8.0

41.3

Japon

10.6

2.1

3.1

10.3

2.8

1.8

17.5

0.9

 8.5

42.4

Luxembourg

11.5

0.8

2.3

 9.5

2.6

1.6

11.9

2.6

12.7

44.4

Norvège

 9.7

3.1

2.3

10.6

1.9

1.6

17.0

3.1

11.1

39.7

Pays-Bas

11.0

2.5

4.2

 8.2

3.2

1.1

17.7

3.4

11.8

36.7

Pologne

13.5

3.9

5.3

 9.6

1.8

1.7

10.9

2.5

12.5

38.3

Portugal

17.9

2.1

4.4

 6.7

0.8

1.4

13.3

2.0

13.5

37.8

République slovaque

13.4

3.1

8.0

 7.9

2.2

1.7

18.3

3.1

12.2

30.1

République tchèque

11.1

1.8

4.2

14.3

2.5

2.0

17.4

2.7

12.3

31.7

Royaume-Uni

12.5

5.0

4.8

 6.8

1.8

1.5

16.7

1.7

12.0

37.2

Slovénie

11.3

1.6

3.6

24.2

1.2

1.2

11.6

3.0

10.9

31.4

Suède

14.6

2.8

2.6

 8.1

0.6

1.4

13.1

2.0

12.4

42.3

Suisse

11.7

3.0

4.9

12.3

2.2

0.6

 6.5

2.5

17.8

38.6

MP OCDE

13.8

5.5

4.4

 9.5

1.2

1.5

17.7

1.5

12.5

32.4

MNP OCDE

14.0

3.3

3.9

10.8

1.7

1.4

14.5

2.6

12.1

35.7

Lettonie

13.2

2.4

5.2

13.0

1.8

3.3

10.0

4.2

15.7

31.2

Source : Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux (base de données), statistiques d’Eurostat relatives aux finances publiques (base de données). Pour l’Australie, les données sont tirées des statistiques relatives aux finances publiques fournies par le Bureau australien des statistiques.

 http://dx.doi.org/10.1787/888933348206

Tableau 2.32. Évolution de la ventilation des dépenses des administrations publiques par fonction (entre 2007 et 2013)

Services généraux des administrations publiques

Défense

Ordre et sécurité publics

Affaires économiques

Protection de l’environnement

Logement et équipements collectifs

Santé

Loisirs, culture et culte

Enseignement

Protection sociale

Allemagne

0.1

0.2

0.0

0.2

0.1

-1.0

1.0

0.0

0.6

-1.3

Australie

2.3

-0.4

-0.4

-0.9

0.7

-0.6

-0.1

-0.4

0.1

-0.2

Autriche

-1.2

-0.3

-0.1

-0.9

0.1

-0.1

0.3

-0.3

0.2

2.2

Belgique

-2.6

-0.4

0.0

0.9

0.6

-0.2

0.6

-0.1

0.2

1.2

Corée

-0.5

-0.1

-0.1

-3.4

-0.6

-0.7

1.6

-0.1

0.7

3.3

Danemark

0.1

-0.5

0.0

0.4

-0.3

-0.2

-0.2

-0.2

0.3

0.7

Espagne

2.9

-0.4

-0.3

-3.3

-0.7

-1.3

-1.0

-1.5

-1.2

6.7

Estonie

0.5

1.0

-1.3

-0.7

-0.8

-0.4

0.3

-0.6

-1.8

3.8

États-Unis

-0.9

-0.9

-0.3

-0.6

0.0

-0.3

1.5

-0.1

-1.1

2.6

Finlande

0.2

-0.3

-0.2

-1.1

-0.2

0.0

0.3

0.3

-1.2

2.2

France

-1.8

-0.2

0.1

0.5

0.1

0.2

-0.1

0.1

-0.5

1.5

Grèce

-7.8

-2.3

-0.1

15.9

-0.3

0.0

-4.2

-0.2

0.3

-1.3

Hongrie

1.8

-1.6

0.2

0.7

0.6

-0.4

0.4

0.8

-1.5

-1.1

Irlande

6.8

-0.2

-0.5

-3.8

-1.2

-4.0

-1.3

-0.3

-2.1

6.4

Islande

6.0

-0.1

-0.4

-3.4

-0.2

1.3

-2.4

-2.0

-2.3

3.4

Israël

-3.7

-2.2

0.3

0.7

0.2

-0.3

0.7

0.5

2.2

1.6

Italie

-0.8

-0.1

-0.1

-0.7

0.1

0.0

-0.2

-0.4

-1.6

3.9

Japon

-1.7

-0.2

-0.4

0.6

-0.5

-0.4

1.0

-0.1

-0.9

2.5

Luxembourg

-0.5

0.2

0.0

-1.5

0.1

0.1

-0.2

-0.7

0.6

1.9

Norvège

-4.5

-0.7

0.2

1.5

0.5

0.2

0.2

0.2

-0.6

3.0

Pays-Bas

-1.9

-0.5

-0.1

-1.7

-0.4

0.2

1.9

-0.1

-0.2

3.0

Pologne

0.8

-0.6

0.1

-1.2

0.3

-0.9

0.5

-0.1

-0.8

1.7

Portugal

2.6

-0.6

0.5

-2.9

-0.5

-0.4

-2.5

-0.3

-0.9

5.0

République slovaque

2.2

-1.9

1.2

-4.1

0.5

-0.4

0.5

1.0

0.4

0.6

République tchèque

0.4

-0.9

-0.6

-1.7

0.1

-0.4

1.0

-0.2

0.6

1.9

Royaume-Uni

1.8

-0.2

-0.9

-0.3

-0.3

-1.0

0.9

-0.5

-1.8

2.4

Slovénie

-1.8

-1.6

-0.4

14.8

-0.5

-0.2

-2.3

0.1

-3.2

-4.9

Suède

-0.8

-0.3

0.0

0.3

-0.1

0.0

0.3

0.0

-0.3

1.0

Suisse

-1.1

0.0

0.1

-0.6

0.6

-0.1

0.4

0.1

0.4

0.2

MP OCDE

-0.6

-0.5

-0.2

-0.3

-0.1

-0.4

0.8

-0.2

-0.8

2.3

MNP OCDE

-0.1

-0.6

-0.1

0.1

-0.1

-0.4

0.0

-0.2

-0.5

1.9

Lettonie

1.7

-1.7

-2.1

-1.0

-0.8

-0.3

-2.0

-0.8

-0.8

7.8

Source : Statistiques de l’OCDE sur les comptes nationaux (base de données), statistiques d’Eurostat relatives aux finances publiques (base de données). Pour l’Australie, les données sont tirées des statistiques relatives aux finances publiques fournies par le Bureau australien des statistiques.

 http://dx.doi.org/10.1787/888933348210