Indicateur C6. Entre quelles catégories de services et de ressources le budget de l’éducation se répartit-il ?

Le budget de l’éducation se répartit en dépenses de fonctionnement et dépenses en capital. Les dépenses de fonctionnement sont celles liées à la rémunération des personnels et aux biens et services indispensables chaque année au fonctionnement des écoles et universités, tandis que les dépenses en capital sont celles liées à l’acquisition ou à l’entretien d’actifs à amortir pendant plus d’un an (voir la section « Définitions »). Les différences de répartition entre dépenses de fonctionnement et dépenses en capital montrent dans quelle mesure les pays ont investi dans la construction de nouvelles infrastructures – en réaction à l’augmentation des taux de scolarisation, par exemple – ou dans la restauration des infrastructures existantes – du fait de l’obsolescence ou du vieillissement des bâtiments ou de la nécessité de les adapter pour répondre à de nouveaux besoins pédagogiques, sociétaux ou sécuritaires. Contrairement aux dépenses de fonctionnement, les dépenses en capital peuvent varier fortement au fil du temps et être très élevées les années où les investissements sont consentis et être modérées les autres années.

Vu l’importance des ressources humaines mobilisées par l’enseignement, les dépenses de fonctionnement absorbent la part la plus élevée du budget total de l’éducation dans les pays membres et partenaires de l’OCDE. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses de fonctionnement représentent en moyenne 91 % du budget total de l’éducation tous niveaux d’enseignement confondus (de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire), le reste allant aux dépenses en capital selon les chiffres de 2018. La part globale des dépenses de fonctionnement ne varie pas de plus 3 points de pourcentage en moyenne entre les niveaux d’enseignement, mais varie davantage entre les pays. La part des dépenses de fonctionnement dans le budget de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire varie entre 83 % en Lettonie et 98 % en Argentine (voir le Tableau C6.1) dans les pays membres et partenaires de l’OCDE. Par niveau d’enseignement, elle varie entre 83 % en Lettonie et 99 % en Italie dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire et entre 56 % en Grèce et 99 % au Argentine dans l’enseignement tertiaire (voir le Tableau C6.1). Les différences de dépenses de fonctionnement sont plus marquées entre les niveaux d’enseignement si ce sont les dépenses unitaires qui sont analysées. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses unitaires frôlent en moyenne les 11 000 USD et sont plus élevées dans l’enseignement tertiaire (16 400 USD) que dans l’enseignement non tertiaire (9 600 USD) selon les chiffres de 2018. Tous niveaux d’enseignement confondus, les dépenses unitaires de fonctionnement varient sensiblement entre les pays membres et partenaires de l’OCDE : elles sont de l’ordre de 3 400 USD seulement en Argentine, mais de 23 000 USD au Luxembourg (voir le Tableau C6.1).

Les dépenses en capital représentent en moyenne 9 % du budget total de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire dans les pays de l’OCDE, mais en représentent au moins 12 % en Australie, en Corée, en Estonie, en Grèce, en Lettonie, en Norvège et en Turquie (voir le Tableau C6.1). La part des dépenses en capital est plus élevée dans l’enseignement tertiaire (11 %) que dans l’enseignement non tertiaire (8 %). La Grèce est de loin le pays qui investit le plus dans les infrastructures dans l’enseignement tertiaire : la part des dépenses en capital a atteint 44 % du budget total à ce niveau d’enseignement en 2018. Dans l’enseignement non tertiaire, c’est de tous les pays dont les données sont disponibles la Lettonie qui consacre aux dépenses en capital la part la plus élevée, 17 %, du budget de l’éducation (voir le Tableau C6.1). La tendance est comparable si les dépenses en capital sont analysées par élève ou étudiant. Les dépenses en capital sont presque deux fois plus élevées par étudiant dans l’enseignement tertiaire (1 600 USD) que par élève dans l’enseignement non tertiaire (900 USD). Les dépenses unitaires en capital s’élèvent en moyenne à un peu plus de 1 000 USD de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire dans les pays de l’OCDE. En 2018, ce sont l’Australie, la Corée, les États-Unis, le Luxembourg et la Norvège qui ont investi le plus dans les actifs de longue durée (plus de 1 500 USD par élève ou étudiant) et l’Argentine, la Colombie, l’Italie et la Lituanie qui y ont investi le moins (moins de 500 USD) parmi les pays membres et partenaires de l’OCDE de l’OCDE (voir le Tableau C6.1).

Dans l’éducation, les dépenses de fonctionnement se répartissent entre trois grandes catégories fonctionnelles : 1) la rémunération du personnel enseignant ; 2) la rémunération du personnel non enseignant ; et 3) les autres dépenses de fonctionnement (par exemple, l’achat de matériel pédagogique et de fournitures scolaires, l’entretien des locaux, la cantine et la location d’infrastructures scolaires). L’évolution, au fil du temps et entre les niveaux d’enseignement, des taux de scolarisation, de la rémunération des personnels de l’éducation et des différents coûts d’entretien des infrastructures scolaires peut influer sur le budget de chaque poste, tant en valeur absolue qu’en valeur relative.

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1. La catégorie « Primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire » inclut des programmes de l’enseignement préprimaire.

2. L'enseignement tertiaire inclut l'enseignement post-secondaire non tertiaire.

Les pays sont classés par ordre décroissant de la part de la rémunération de tous les personnels.

Source : OCDE/ISU/Eurostat (2021), tableau C6.2. Consulter la section « Source » pour tout complément d’information et l’annexe 3 pour les remarques (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterC.pdf).

La rémunération du personnel enseignant et non enseignant absorbe la plus grande partie du budget de fonctionnement de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire (74 % en moyenne dans les pays de l’OCDE, selon les chiffres de 2018). Cette part est stable en moyenne au fil du temps, mais elle varie sensiblement entre les pays et entre les niveaux d’enseignement (voir le Tableau C6.2 et le Graphique C6.2). Dans les pays de l’OCDE, la part de la rémunération des personnels dans le budget total de fonctionnement est en moyenne plus élevée dans l’enseignement non tertiaire (77 %) que dans l’enseignement tertiaire (68 %), ce qui s’explique par le fait que les infrastructures et les équipements sont plus coûteux dans l’enseignement tertiaire. De tous les pays membres et partenaires de l’OCDE, c’est en Argentine, en Belgique, au Danemark, en France, en Grèce, en Islande et en Pologne que la rémunération des personnels représente le pourcentage le plus élevé des dépenses de fonctionnement (au moins 75 %) dans l’enseignement tertiaire. Dans l’enseignement non tertiaire, la Belgique, la Colombie et la Grèce consacrent au moins 85 % du budget du fonctionnement à la rémunération des personnels, ce qui signifie que ces pays en consacrent une part moins élevée aux services, par exemple aux services d’appui (dont l’entretien des locaux), aux services auxiliaires (dont la cantine) et à la location d’infrastructures scolaires (voir le Tableau C6.2 et le Graphique C6.2).

Si la rémunération du personnel enseignant et non enseignant est rapportée à l’effectif scolarisé, ce poste de dépenses est plus élevé dans l’enseignement tertiaire que dans l’enseignement non tertiaire. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses relatives à la rémunération des personnels sont en moyenne de l’ordre de 8 100 USD par équivalent temps plein de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire, mais elles sont plus élevées dans l’enseignement tertiaire (10 600 USD) que dans l’enseignement non tertiaire (7 400 USD) selon les chiffres de 2018. Ces montants varient toutefois sensiblement entre les pays membres et partenaires de l’OCDE et les niveaux d’enseignement. Dans l’enseignement primaire, secondaire et post-secondaire non tertiaire, les dépenses au titre de la rémunération des personnels sont inférieures à 3 000 USD par élève en Argentine, au Chili, en Colombie, et en Turquie, mais supérieures à 10 000 USD par élève en Autriche, en Belgique, aux États-Unis, en Islande, au Luxembourg et en Norvège. Dans l’enseignement tertiaire, les dépenses au titre de la rémunération des personnels passent la barre des 15 000 USD par étudiant en Belgique, aux États-Unis, au Luxembourg, au Royaume-Uni et en Suède (voir le Tableau C6.2).

Dans les pays dont les données sont disponibles, la rémunération du personnel enseignant représente une plus grande part des dépenses de fonctionnement que celle du personnel non enseignant, en particulier dans l’enseignement non tertiaire (voir le Tableau C6.2 et le Graphique C6.2). La différence de pourcentage entre les deux catégories de personnel s’explique vraisemblablement par la mesure dans laquelle les chefs d’établissement, les conseillers d’orientation, les chauffeurs de cars scolaires, les infirmiers scolaires, les concierges et le personnel d’entretien sont inclus dans la catégorie du « personnel non enseignant ». Dans l’enseignement tertiaire, la rémunération du personnel de R-D peut également expliquer en partie la différence de pourcentage de dépenses entre la rémunération du personnel enseignant et celle du personnel non enseignant selon les pays et les niveaux d’enseignement (voir l’indicateur C1).

La variation du pourcentage du budget de fonctionnement affecté aux postes autres que la rémunération des personnels (les équipements, les services et les frais de location, par exemple) donne un aperçu des différences dans la structure des coûts entre les pays. Le coût des infrastructures et des équipements est généralement plus élevé dans l’enseignement tertiaire qu’aux autres niveaux d’enseignement. En outre, dans certains pays, les établissements sont plus susceptibles de prendre des bâtiments en location dans l’enseignement tertiaire, ce qui peut absorber une part substantielle du budget de fonctionnement. Le Chili et l’Italie consacrent le pourcentage le plus élevé du budget total aux autres postes de dépenses dans l’enseignement tertiaire (48 %) et le Chili y consacre le pourcentage le plus élevé dans l’enseignement non tertiaire (75 %) (voir le Tableau C6.2 et le Graphique C6.2).

Dans les pays de l’OCDE, le budget se répartit dans l’ensemble de façon similaire entre dépenses de fonctionnement et dépenses en capital dans les établissements publics et privés. Des différences marquées s’observent toutefois entre les pays. La part des dépenses de fonctionnement est au moins 10 points de pourcentage plus élevée dans les établissements publics que dans les établissements privés en Colombie et au Portugal dans l’enseignement non tertiaire et en Australie dans l’enseignement tertiaire (voir le Tableau C6.3). De même, dans l’enseignement non tertiaire, les dépenses en capital représentent plus de 15 % du budget total dans les établissements publics en Corée et en Lettonie et dans les établissements privés en Lettonie et en Pologne. C’est en Italie que la part des dépenses en capital est la moins élevée (1 %) dans les établissements publics. Dans l’enseignement tertiaire, la part des dépenses en capital est la plus élevée, supérieure à 15 %, dans les établissements publics en Estonie, en Grèce, en Hongrie, en Lettonie, en République tchèque et en Turquie et dans les établissements privés en Australie, en Hongrie, en Lettonie et en Turquie (voir le Tableau C6.3).

Des différences légèrement plus marquées s’observent si les dépenses en capital sont analysées par élève ou étudiant : ces dépenses, de l’ordre de 1 000 USD en moyenne dans les pays de l’OCDE selon les chiffres de 2018 (voir le Graphique C6.3), sont un peu plus élevées dans les établissements publics que dans les établissements privés, en moyenne. Dans les pays de l’OCDE, les dépenses en capital par élève des établissements publics sont deux fois plus élevées dans l’enseignement tertiaire (1 600 USD) que dans l’enseignement non tertiaire (900 USD). Celles des établissements privés sont nettement plus élevées aussi dans l’enseignement tertiaire (1 500 USD) que dans l’enseignement non tertiaire (700 USD). Dans l’enseignement non tertiaire, c’est au Luxembourg que les dépenses en capital sont les plus élevées par élève dans les établissements privés (2 200 USD) ; elles sont toutefois plus élevées dans les établissements publics que dans les établissements privés dans 60 % des pays. Dans l’enseignement tertiaire, les dépenses en capital par étudiant sont les plus élevées dans les établissements privés en Australie (6 900 USD), mais sont plus élevées dans les établissements publics dans deux tiers environ des pays. Le Luxembourg est le seul pays où les dépenses en capital sont les plus élevées par élève/étudiant dans les établissements publics à la fois dans l’enseignement tertiaire et dans l’enseignement non tertiaire. Les dépenses en capital par élève/étudiant sont les moins élevées de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire dans les établissements publics (moins de 400 USD) au Brésil, en Colombie, au Costa Rica, en Italie, au Mexique, au Portugal, en République slovaque et au Royaume-Uni.

La répartition du budget de fonctionnement entre les différents postes de dépenses varie aussi entre les établissements publics et privés. Dans les pays de l’OCDE, la rémunération des personnels représente une part plus élevée du budget de fonctionnement dans les établissements publics : elle atteint 78 %, contre 71 % dans les établissements privés, dans l’enseignement non tertiaire et 68 %, contre 64 % dans les établissements privés, dans l’enseignement tertiaire. Les établissements privés sont plus susceptibles de sous-traiter des services, de louer des bâtiments scolaires et autres infrastructures (contrairement aux établissements publics, dont les sites sont des biens publics) et de payer leurs fournitures plus cher puisqu’ils ne peuvent pas faire autant d’économies d’échelle que dans le secteur public. Dans un certain nombre de pays toutefois, la part de la rémunération des personnels dans le budget de fonctionnement est plus élevée dans les établissements privés : les différences sont supérieures à 5 points de pourcentage au Chili, en Norvège, aux Pays-Bas et en République tchèque dans l’enseignement non tertiaire et en Corée, en Finlande, en Israël, au Japon, aux Pays-Bas et en République slovaque dans l’enseignement tertiaire (voir le Tableau C6.3).

Dans l’enseignement non tertiaire, le budget de la rémunération des enseignants est dans l’ensemble plus élevé par élève dans les établissements publics que dans les établissements privés dans les pays dont les données sont disponibles : il s’élève à près de 6 100 USD en moyenne dans les pays de l’OCDE. Les différences les plus marquées (supérieures à 3 000 USD) s’observent au Canada, en Italie et au Luxembourg. En Estonie et au Royaume-Uni par contre, les dépenses unitaires au titre de la rémunération des personnels sont plus élevées dans les établissements privés et sont même supérieures de plus de 1 000 USD à celles enregistrées dans les établissements publics. Dans l’enseignement tertiaire, les dépenses unitaires au titre de la rémunération des personnels varient le plus (de plus de 4 000 USD) entre les établissements publics et les établissements privés en Australie, en Autriche et en Finlande parmi les pays dont les données sont disponibles. Aux États-Unis, en France, en Lettonie et en République slovaque, les dépenses unitaires au titre de la rémunération des personnels sont plus élevées dans les établissements privés que dans les établissements publics (voir le Tableau C6.3).

Le débat sur les avantages et les inconvénients des réseaux public et privé d’enseignement se poursuit de longue date et se concentre sur deux grandes thèses, celle qui, d’une part, assimile l’éducation à un bien public (voir par exemple Reid et Australian Council of Deans of Education (2003[1]), et celle qui défend les environnements pédagogiques novateurs et performants proposés par les établissements privés, d’autre part (Alderman, Orazem et Paterno, 2001[2]), qui peut toutefois conduire à la ségrégation sociale (Courtioux et Maury, 2020[3]).

Les taux de scolarisation dans les établissements privés s’expliquent par de nombreux facteurs, dont les revenus des ménages (Curi et Aquino Menezes-Filho, 2007[4] ; Murnane et al., 2018[5]). Ils sont aussi associés à la richesse des ménages par comparaison avec ceux des établissements publics, même après contrôle de la qualité de l’enseignement, du milieu familial et du niveau de formation des parents (Sandy et Duncan, 1996[6]). Le choix d’investir en priorité dans le réseau public ou privé d’enseignement a donc un impact important sur l’équité et l’inclusivité.

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1. L'enseignement primaire inclut des programmes de l’enseignement préprimaire.

2. Année de référence : 2019.

Les pays sont classés par ordre décroissant des dépenses de fonctionnement et des dépenses en capital par élève/étudiant en équivalents temps plein dans les établissements d'enseignement publics.

Source : OCDE/ISU/Eurostat (2021), Base de données de Regards sur l'éducation, http://stats.oecd.org/. Consulter la section « Source » pour tout complément d’information et l’annexe 3 pour les remarques (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterC.pdf).

Dans les pays de l’OCDE, 80 % au moins du budget de la rémunération des personnels et de la R-D et des dépenses en capital sont affectés aux établissements publics de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire (voir le tableau C6.4 en ligne). Ce pourcentage est plus élevé dans l’enseignement non tertiaire que dans l’enseignement tertiaire, où plus d’un quart du budget de la rémunération des personnels et des dépenses en capital est affecté aux établissements privés.

Dans l’enseignement tertiaire, le pourcentage du budget de la rémunération des personnels affecté aux établissements privés est supérieur à la moyenne de l’OCDE en Belgique, au Chili, en Colombie, en Corée, aux États-Unis, en Finlande, en Israël, au Japon, en Lettonie et au Royaume-Uni ; il est le moins élevé au Danemark, en Estonie et en Slovénie (voir le tableau C6.4 en ligne et le Graphique C6.1). La part des établissements privés dans les dépenses en capital est supérieure à 50 % en Colombie, en Corée, en Israël, au Japon, en Lettonie et au Royaume-Uni dans l’enseignement tertiaire et au Chili, en Colombie, au Portugal et au Royaume-Uni dans l’enseignement non tertiaire (voir le tableau C6.4 en ligne). ). Il faut remarquer toutefois que la répartition des ressources entre les établissements publics et privés est fortement influencée par le nombre d’élèves inscrits dans les deux types d’établissements.

Au niveau tertiaire, le budget de la R-D est celui dont le pourcentage affecté aux établissements publics est le plus élevé (80 %) de toutes les catégories de dépenses. Plus de la moitié du budget de la R-D est toutefois affecté aux établissements privés en Belgique, en Chili, en Corée, en Lettonie et au Royaume-Uni (voir le tableau C6.4 en ligne et le Graphique C6.1). Dans l’enseignement tertiaire, les dépenses de R-D sont plus de deux fois plus élevées par étudiant dans les établissements publics (6 000 USD) que dans les établissements privés (2 500 USD). Les dépenses unitaires de R-D sont supérieures à 10 000 USD dans les établissements publics en Finlande, au Luxembourg, en Norvège, en Suède et en Suisse, mais supérieures à 9 000 USD dans les établissements privés au Danemark et en Suède (voir le Tableau C6.3).

La part du budget allouée à une catégorie spécifique de dépenses est révélatrice de la priorité de ce poste de dépenses par rapport à d’autres postes, mais ne permet pas de savoir si elle est suffisante pour répondre aux besoins de ceux qui apprennent et de ceux qui enseignent. La part des dépenses de fonctionnement et celle des dépenses en capital ne varient guère dans l’ensemble au fil du temps en pourcentage du budget total – les dépenses de fonctionnement en représentent de l’ordre de 90 % –, mais varient davantage en pourcentage des dépenses unitaires entre les pays et au fil du temps. Cette variation résulte de l’évolution du budget de l’éducation et de l’effectif scolarisé.

Entre 2012 et 2018, les dépenses unitaires de fonctionnement de l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire ont augmenté d’un peu plus de 1 % en moyenne par an dans les établissements publics dans les pays de l’OCDE. Elles ont le plus progressé (de plus de 4 %) en Hongrie, en Islande, en République slovaque et en Turquie, en particulier en raison de hausses conséquentes des rémunérations des enseignants en Islande et en République slovaque. À l’inverse, les dépenses unitaires de fonctionnement ont diminué, principalement du fait de la réduction de celles liées à la rémunération des personnels, en Finlande, en Grèce, au Mexique et en Slovénie. De l’enseignement primaire à l’enseignement tertiaire, les dépenses unitaires de fonctionnement sont dans l’ensemble restées stables, en moyenne, dans les établissements privés entre 2012 et 2018 dans les pays dont les données sont disponibles ; elles ont toutefois augmenté d’au moins 3 % par an en Hongrie, en Islande et en République slovaque, et diminué de plus de 6 % en Turquie (voir le tableau C6.5 en ligne).

Dans les établissements publics, les dépenses unitaires au titre de la rémunération des enseignants ont légèrement progressé entre 2012 et 2018 dans la plupart des pays dont les données sont disponibles, dans une plus grande mesure dans l’enseignement tertiaire qu’aux niveaux d’enseignement inférieurs, en moyenne. Dans l’enseignement tertiaire, ces dépenses ont le plus augmenté en Islande, en République slovaque et en République tchèque (de 7 % à 11 % par an en moyenne) et le plus diminué au Luxembourg et au Mexique (de plus de 4 % par an). Dans l’enseignement non tertiaire, elles ont le plus augmenté (de 3 % ou plus par an) en Colombie, en Islande, au Portugal, en République slovaque et en Suisse, et le plus diminué (de 5 %) en Argentine, en Finlande et au Mexique (voir le tableau C6.5 en ligne).

Dans l’enseignement tertiaire, le taux de croissance annuel des dépenses unitaires de R-D enregistré entre 2012 et 2018 dans les établissements publics (moins de 1 %) varie fortement entre les pays. Ces dépenses ont augmenté de plus de 5 % par an en moyenne au Brésil, en Finlande, au Luxembourg et en Pologne. La Finlande et le Luxembourg sont, avec l’Allemagne, le Danemark, la Grèce, la Norvège et la Suède, les pays de l’OCDE où les dépenses de R-D sont les plus élevées en pourcentage du budget total de l’enseignement tertiaire (voir l’indicateur C1). Les dépenses de R-D ont augmenté alors que pendant la même période, le budget total de l’enseignement tertiaire a augmenté au Luxembourg, mais a diminué en Finlande. Les dépenses unitaires de R-D ont en revanche diminué de plus de 1 % dans les établissements publics au Chili, en France, en Lituanie, au Mexique, au Portugal et en Turquie ; c’est au Mexique et au Portugal qu’elles ont le plus diminué. Cette tendance à la baisse s’explique en partie par le fait que l’accroissement de l’effectif d’étudiants n’est pas allé de pair avec une augmentation proportionnelle du budget de la R-D dans ces pays, sauf en Lituanie et au Portugal, où l’effectif des établissements publics a diminué durant la période de référence, mais à un rythme moins soutenu que le budget de R-D (voir le tableau C6.5 en ligne).

La comparaison de l’évolution des dépenses unitaires de R-D entre les établissements publics et les établissements privés dans les pays dont les données sont disponibles ne révèle pas de tendance nette. Elles ont augmenté dans les deux types d’établissements en Belgique et en Finlande, mais davantage dans les établissements publics, et aux États-Unis et en République tchèque, mais davantage dans les établissements privés ; et elles ont augmenté dans les établissements publics, mais diminué dans les établissements privés en Allemagne, en Hongrie, en Slovénie et en Suède. Les dépenses de R-D ont diminué dans les deux types d’établissements, mais dans une plus grande mesure dans les établissements privés en Espagne, en Italie, en Lituanie et en Turquie et dans les établissements publics au Chili. Au Portugal, les dépenses de R-D a diminué dans les établissements publics mais augmenté dans les établissements privés (voir le tableau C6.5 en ligne).

Les dépenses en capital sont celles liées aux actifs dont la durée de vie est supérieure à un an, dont celles relatives à la construction de locaux, à leur rénovation et aux grosses réparations et à l’acquisition de nouveaux équipements ou au remplacement des équipements existants. Les dépenses en capital rapportées ici représentent la valeur du capital acquis ou créé au cours de l’année considérée – soit la valeur du capital constitué –, que ces dépenses aient été financées par des recettes courantes ou au moyen d’emprunts. Ni les dépenses de fonctionnement, ni les dépenses en capital ne tiennent compte des dépenses afférentes au service de la dette.

Les dépenses de fonctionnement sont celles liées à la rémunération des personnels et aux biens et aux services utilisés pendant l’année en cours qui doivent être effectuées de manière récurrente pour fournir les services d’éducation et autres, notamment les services d’appui et les services auxiliaires (la cantine, par exemple), la location de bâtiments scolaires et autres, etc. Ces services sont fournis par des prestataires extérieurs, contrairement aux services fournis par les autorités responsables de l’éducation ou par les établissements et leur propre personnel.

La recherche-développement porte sur les recherches menées par les universités et autres établissements d’enseignement tertiaire, qu’elles soient financées par des fonds institutionnels ou par des bourses ou des contrats proposés par des entités publiques ou privées.

La rémunération des personnels (des personnels enseignant et non enseignant, voir ci-dessous) comprend 1) les salaires (les salaires bruts des personnels de l’éducation, avant impôts, hors cotisations de retraite, d’assurance maladie, de sécurité sociale et autres et primes, etc.) ; 2) les cotisations de retraite (budget dépensé ou imputé par les employeurs ou tiers pour financer les pensions de retraite des personnels de l’éducation) ; et 3) les avantages sociaux (assurance maladie ou invalidité, allocations de chômage, primes de naissance et frais de garde d’enfants et autres formes de protection sociale). Le « personnel enseignant » désigne uniquement le personnel qui participe directement à l’instruction. Le personnel non enseignant désigne le personnel ayant des fonctions pédagogiques et administratives et des fonctions d’appui et de soutien (les chefs d’établissement, de département et autre, les conseillers, les psychologues et infirmiers scolaires, les bibliothécaires et le personnel technique). Dans l’enseignement tertiaire, le personnel académique inclut le personnel dont la mission principale relève de l’enseignement ou de la recherche. En sont exclus les enseignants en formation, les auxiliaires d’éducation et les paraprofessionnels.

Le taux annuel moyen de croissance est calculé sur la base du taux composé de progression géométrique qui permet de déduire un taux constant au cours de la période à l’étude. Une progression géométrique est une suite de termes, dont tous les termes, sauf le premier, sont obtenus par multiplication du terme qui les précède par un facteur constant différent de zéro appelé raison. Si l’évolution est linéaire, le taux composé de progression géométrique correspond au pourcentage constant d’évolution de la valeur entre plusieurs années.

Les dépenses unitaires d’un niveau d’enseignement donné sont calculées comme suit : les dépenses totales de ce niveau sont divisées par l’effectif de ce niveau converti en équivalents temps plein. Ne sont pris en compte que les établissements et les formations dont les données sur les effectifs et les dépenses sont disponibles. Les dépenses exprimées en devise nationale sont divisées par l’indice de parité de pouvoir d’achat (PPA) pour le produit intérieur brut pour obtenir leur équivalent en dollars des États-Unis (USD). La conversion basée sur l’indice PPA est préférée à celle basée sur le taux de change du marché, car celui-ci subit l’influence de nombreux facteurs (taux d’intérêt, politiques commerciales, prévisions de croissance économique, etc.) sans grand rapport avec le pouvoir d’achat relatif du moment dans les différents pays de l’OCDE (voir l’annexe 2 pour davantage de précisions).

Le classement des pays de l’OCDE en fonction des dépenses unitaires annuelles d’éducation est influencé par les différences de définition des notions de scolarisation à « temps plein » et à « temps partiel » et d’« équivalent temps plein » entre les pays. Certains pays de l’OCDE comptabilisent tous les inscrits dans l’enseignement tertiaire comme des étudiants à temps plein, alors que d’autres mesurent l’intensité de leur scolarisation d’après les crédits qu’ils ont obtenus à l’issue de modules spécifiques de cours pendant une période de référence donnée. Les pays de l’OCDE qui peuvent évaluer avec précision le taux de scolarisation à temps partiel affichent des dépenses apparemment plus élevées en équivalents temps plein que ceux qui ne peuvent établir de distinction entre les diverses modalités de scolarisation.

Voir le Guide de l’OCDE pour l’établissement de statistiques internationalement comparables dans le domaine de l’éducation 2018 (OCDE, 2019[7]) pour de plus amples informations. Voir les notes spécifiques aux pays à l’annexe 3 (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterC.pdf).

Les données se rapportent à l’année budgétaire 2018 (sauf mention contraire) et proviennent de la collecte de données statistiques sur l’éducation de l’UNESCO, de l’OCDE et d’Eurostat (UOE) réalisée en 2020 par l’OCDE (pour plus de précisions, voir l’annexe 3, https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterC.pdf). Les données de l’Afrique du Sud, de l’Arabie saoudite, de l’Argentine, de l’Inde, de l’Indonésie et de la République populaire de Chine proviennent de l’Institut de statistique de l’UNESCO (ISU).

Les dépenses de 2012 à 2018 ont été mises à jour sur la base d’une enquête menée en 2020 et 2021 et ont été ajustées en fonction des méthodes et des définitions appliquées lors du dernier exercice UOE de collecte de données en date.

References

[2] Alderman, H., P. Orazem et E. Paterno (2001), « School quality, school cost, and the public/private school choices of low-income households in Pakistan », The Journal of Human Resources, vol. 36/2, pp. 304-326, https://doi.org/10.2307/3069661.

[3] Courtioux, P. et T. Maury (2020), « Private and public schools: A spatial analysis of social segregation in France », Urban Studies, vol. 57/4, pp. 865-882, https://doi.org/10.1177/0042098019859508.

[4] Curi, A. et N. Aquino Menezes-Filho (2007), « Os determinantes dos gastos com educação no Brasil », Pesquisa e Planejamento Econômico, vol. 40/1, http://repositorio.ipea.gov.br/handle/11058/5102.

[5] Murnane, R. et al. (2018), « Who goes to private school? », Education Next, vol. 2, p. 21, https://www.educationnext.org/who-goes-private-school-long-term-enrollment-trends-family-income/.

[8] Murnane, R. et al. (2018), Who Goes to Private School? - Education Next, https://www.educationnext.org/who-goes-private-school-long-term-enrollment-trends-family-income/ (consulté le 14 mai 2021).

[7] OCDE (2019), Guide de l’OCDE pour l’établissement de statistiques internationalement comparables dans le domaine de l’éducation 2018 : Concepts, normes, définitions et classifications, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264305380-fr.

[1] Reid, A. et Australian Council of Deans of Education (2003), Public Education as an Education Commons, discussion paper, Australian Council of Deans of Education, Bundoora, Victoria, https://www.acde.edu.au/?wpdmact=process&did=MjEuaG90bGluaw==.

[6] Sandy, J. et K. Duncan (1996), « Does private education increase earnings? », Eastern Economic Journal, vol. 22/3, pp. 303-312, https://www.jstor.org/stable/pdf/40325720.pdf.

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