19. Mexique

En 2018-20, l’estimation du soutien aux producteurs du Mexique a représenté en moyenne 10 % des recettes agricoles brutes, soit environ la moitié de la moyenne des pays de l’OCDE. Le soutien des prix du marché (SPM) au moyen d’une régulation des prix et de mesures aux frontières a représenté environ 50 % des transferts totaux aux producteurs. Le sucre et la volaille ont bénéficié du SPM le plus élevé, avec une part de 44 % du SPM total. Si la libéralisation des échanges et la réforme de la politique agricole intérieure qui ont eu lieu dans les années 1990 ont entraîné une réduction considérable des formes de soutien faussant le plus la production et des échanges, le SPM a regagné du terrain après 2016.

Les autres formes de soutien importantes sont les subventions à la consommation d’électricité, les paiements directs au titre de la superficie et les aides au boisement et à l’agroforesterie.

Les dépenses au titre des services d’intérêt général (ESSG) ont représenté 1 % de la valeur ajoutée de l’agriculture et 8 % de l’estimation du soutien total à l’agriculture (EST), des parts inférieures à la moyenne des pays de l’OCDE. Ces dépenses sont principalement consacrées aux instituts techniques agricoles et aux établissements d’enseignement agricole professionnels (50 %), de même qu’aux activités d’inspection et de contrôle (20 %).

Le soutien total à l’agriculture au Mexique a représenté 0.6 % du PIB en 2018-20, un chiffre similaire à la moyenne des pays de l’OCDE. Les contribuables financent 65 % de ces transferts, les 35 % restants provenant des consommateurs.

En juin 2020, le gouvernement mexicain a publié le Programme sectoriel pour l’agriculture et le développement rural 2019-2024 (Programa Sectorial de Agricultura y Desarrollo Rural), qui guide la mise en œuvre du Plan national de développement durant la période indiquée. Le Programme sectoriel poursuit trois objectifs principaux : 1) améliorer la productivité agricole pour parvenir à l’autosuffisance alimentaire, 2) réduire le taux de pauvreté dans les zones rurales et 3) augmenter les revenus des petits producteurs agricoles.

Le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (Secretaría de Agricultura y Desarrollo Rural – SADER) du Mexique a ciblé les bénéficiaires des paiements au titre de la superficie (Producción para el Bienestar) afin de concentrer ses efforts sur les producteurs exploitant moins de 20 hectares et ceux installés dans les communautés autochtones marginalisées des États du sud-est du pays. Le programme de prix minimums garantis inclut désormais les exploitations de taille moyenne cultivant 5 à 50 hectares de maïs.

Le Programme d’appui à la commercialisation (Programa de Apoyos a la Comercialización) de l’Organisme de services de commercialisation et de développement des marchés agricoles (Agencia de Servicios a la Comercialización y Desarrollo de Mercados Agropecuarios – ASERCA), qui fournissait un soutien pour l’achat d’instruments financiers liés à la volatilité des prix et aux systèmes d’agriculture sous contrat, a été démantelé. Le soutien aux instruments financiers (couverture des prix, assurances et agriculture sous contrat) a été interrompu. Plusieurs programmes appuyant la production animale et le développement rural ont également été supprimés.

Le SADER et le ministère de l’Environnement et des Ressources naturelles (Secretaría del Medio Ambiente y Recursos Naturales – SEMARNAT) élaborent actuellement la stratégie nationale de protection et d’utilisation durable des pollinisateurs (Estrategia Nacional para la Conservación y Uso Sustentable de los Polinizadores – ENCUSP) afin d’encourager la protection des pollinisateurs et de valoriser les services écosystémiques qu’ils fournissent.

Mesures prises en réponse à la pandémie de COVID-19 :

  • Le programme Semer la vie (Sembrando Vida), qui distribue des subventions, des plantes et des intrants pour les projets agroforestiers aux producteurs dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, a été étendu à 200 000 bénéficiaires supplémentaires.

  • Le SADER a collaboré avec les acteurs des chaînes de production pour s’assurer que l’approvisionnement, de même que les stocks et la distribution de produits alimentaires, ne sont pas perturbés. Une attention particulière a été portée aux chaînes clés telles que les céréales, l’horticulture, la volaille, la viande bovine, les pêches et l’aquaculture. Les services de transformation numérique ont été renforcés afin d’accélérer les importations de produits alimentaires. Désormais, jusqu’à 60 % des processus administratifs d’importation sont réalisés à distance par le Centre de documentation et de jugement (Centro de Documentación y Dictaminación – CDD) du Service national de santé, qualité et sécurité agroalimentaires (Servicio Nacional de Sanidad, Inocuidad y Calidad Agroalimentaria – SENASICA).

  • Le gouvernement a recommandé de renforcer les systèmes d’inspection de l’hygiène dans les unités de production alimentaire et encourage les consommateurs à respecter les mesures d’hygiène lorsqu’ils manipulent et préparent des produits alimentaires.

  • Tout au long des années 1990 et 2000, le Mexique est parvenu à réduire la part des formes de soutien susceptibles de créer le plus de distorsions, dont le soutien des prix du marché et les paiements au titre de la production et de l’utilisation d’intrants variables sans contraintes. Néanmoins, ces formes de soutien regagnent du terrain depuis 2016 et ont représenté 62 % du soutien total aux producteurs et 6 % des recettes agricoles brutes en 2018-20. Elles maintiennent les agriculteurs dans des activités non compétitives, qui nuisent à l’environnement, brident l’innovation, ralentissent l’évolution structurelle et intergénérationnelle et affaiblissent la résilience. Le Mexique devrait envisager d’abandonner progressivement la réglementation des prix de la canne à sucre et les paiements au titre de la consommation d’électricité, et poursuivre ses efforts de réorientation des paiements vers des dispositifs ciblant les personnes dans le besoin.

  • Le pays a progressé dans la redéfinition de ses régimes de paiement afin qu’ils se concentrent sur les personnes dans le besoin et sur la prestation de biens publics. Les modifications apportées aux paiements au titre de la superficie (Producción para el Bienestar) axés sur les producteurs exploitant moins de 20 hectares et ceux installés dans les communautés autochtones marginalisées dans les États du sud-est vont dans le sens d’un meilleur ciblage. Le programme Semer la vie a été mis en œuvre en 2019 afin d’appuyer les projets agroforestiers menés par les petits exploitants (avec 2.5 hectares de terres disponibles) installés dans des municipalités pauvres.

  • Malgré ces efforts, il est nécessaire d’améliorer les programmes actuels pour s’assurer qu’ils atteignent les objectifs fixés. Les critères d’admissibilité du programme Semer la vie doivent être revus afin de ne pas inciter les agriculteurs à déboiser leur parcelle pour que leur candidature au programme soit prise en compte.

  • La majorité des programmes stratégiques lancés par le gouvernement actuel en 2019 (prêts en nature aux éleveurs, prix minimums garantis pour les petits producteurs et transferts pour l’utilisation d’engrais) vise les agriculteurs pauvres. Ces programmes peuvent se transformer en mesures coûteuses et inefficaces pour aider les petits exploitants pauvres, et avoir des effets néfastes sur l’environnement. Par exemple, la distribution d’engrais sans prise en compte des besoins des sols peut menacer la qualité de l’eau et de l’air si les quantités épandues sont supérieures à celles nécessaires.

  • La transition vers des dispositifs qui encouragent l’agrobiodiversité grâce à l’utilisation des ressources génétiques végétales locales (l’un des principaux services écosystémiques fournis par les petits agriculteurs dans les régions pauvres) pourrait s’avérer plus rentable pour aider les agriculteurs pauvres et améliorer la résilience des systèmes agricoles et la diversité génétique des plantes. Plus généralement, des paiements subordonnés à la mise en œuvre de pratiques agricoles durables pourraient réduire l’impact du secteur sur l’environnement.

  • Les investissements dans les services d’intérêt général, principalement dirigés vers les infrastructures, restent faibles, avec une part de 1.4 % de la valeur ajoutée de l’agriculture. Ces investissements sont essentiels pour améliorer les résultats du secteur et créer un environnement propice. Le secteur bénéficierait en particulier d’investissements dans les systèmes d’information sur les prix et les conditions météorologiques, le transfert des connaissances agricoles et la recherche-développement. Il pourrait également s’avérer utile d’appuyer les associations de producteurs, la promotion des ventes et l’accès des petits exploitants pauvres aux marchés pour surmonter les obstacles liés à l’échelle.

  • Si la part du secteur agricole dans les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Mexique a diminué depuis 2000, elle reste élevée par rapport à celle des autres pays de l’OCDE. L’objectif de réduction des émissions de GES d’origine agricole de 8 % par rapport à un scénario de maintien du statu quo en 2030 (l’objectif de réduction global étant de 22 %) peut aider à améliorer les performances environnementales du secteur et contribuer aux efforts d’atténuation mondiaux. Cependant, le soutien et les fonds consacrés aux principales stratégies visant cet objectif, comme l’utilisation accrue de biodigesteurs dans les exploitations d’élevage ainsi que la préservation et la remise en état des pâturages, ont été réduits depuis 2018.

Mentions légales et droits

Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région. Des extraits de publications sont susceptibles de faire l'objet d'avertissements supplémentaires, qui sont inclus dans la version complète de la publication, disponible sous le lien fourni à cet effet.

© OCDE 2021

L’utilisation de ce contenu, qu’il soit numérique ou imprimé, est régie par les conditions d’utilisation suivantes : http://www.oecd.org/fr/conditionsdutilisation.