3. Logement

Le logement doit offrir à chacun de ses occupants un espace suffisant pour préserver leur intimité et leur santé, mais aussi, traditionnellement, un espace pour étudier, passer du temps avec sa famille ou recevoir des proches (OCDE, 2011[1]). En 2017, 11.6 % des ménages de la zone OCDE vivaient dans des logements surpeuplés en moyenne (Graphique 3.2 3.2), sur la base d’une définition qui tient compte des besoins des différents membres qui composent le ménage (voir Encadré 3.1). Le taux de surpopulation est supérieur à 30 % au Mexique, en Lettonie et en Pologne, tandis qu’il n’atteint que 2 %, ou moins, en Irlande ou au Japon. Entre 2010 et 2017, le taux de surpopulation a diminué d’un point de pourcentage ou plus dans près d’un tiers des pays de l'OCDE, et de 2.6 points en moyenne dans l’ensemble de la zone OCDE. C’est en Slovénie (-19.8 points), en Lituanie (-19.1 points) et en Lettonie (-14.2 points) qu’il a le plus reculé. À titre de comparaison, le taux de surpopulation a augmenté d’un point de pourcentage ou plus en Italie (3.4 points), au Royaume-Uni (2.6 points), aux Pays-Bas (2.2 points) et en Autriche (2.0 points).

Plus la proportion du revenu disponible consacrée au logement est importante, plus la capacité de consommation et d’épargne des ménages à l’appui d’autres aspects du bien-être diminue. En 2018, les ménages de 34 pays de l’OCDE disposaient, en moyenne, de 79.2 % de leur revenu après déduction du coût de leur logement (Graphique 3.3). Cette proportion est inférieure à 76 % en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en République tchèque, mais supérieure à 82 % en Corée, en Estonie et en Hongrie. Depuis 2010, la moyenne de l’OCDE est restée relativement stable, ce qui masque toutefois des tendances divergentes d’un pays à l’autre. Ainsi, l’accessibilité financière du logement a diminué au Portugal (-2.7 points de pourcentage) et en Finlande (-2.3 points), mais elle a augmenté en Hongrie (+3.8 points de pourcentage) et en République slovaque (+2.3 points).

Les ménages à bas revenus sont particulièrement vulnérables lorsqu’une forte proportion de leur revenu est consacrée au coût de leur logement, étant donné que cela limite les dépenses qu'ils peuvent allouer à d’autres biens de première nécessité, comme la nourriture, la santé et l’éducation. L’indicateur de la surcharge du coût du logement présenté ci-après s’attache à la proportion de ménages situés dans les 40 % les plus bas de l’échelle de distribution des revenus qui consacrent plus de 40 % de leur revenu disponible à leur logement (loyer ou remboursement de crédit immobilier). En 2017, le coût du logement était trop élevé pour 18.2 % des ménages les plus pauvres dans le pays de l’OCDE moyen (Graphique 3.4). C’est en Grèce, au Chili, en Espagne et au Luxembourg que le taux de surcharge du coût du logement est le plus élevé (à plus de 29 %), tandis qu’il est le plus bas en Corée, en Lettonie, en République slovaque et en Suisse (à moins de 9 %). Entre 2010 et 2017, le taux de surcharge du coût du logement moyen dans la zone OCDE est resté relativement stable. Toutefois, les variations enregistrées diffèrent d'un pays à l’autre : le Chili (+17.0 points de pourcentage), la Hongrie (+15.3 points), le Luxembourg (+12.7 points) et la Grèce (+10.5 points) sont les pays où le taux de surcharge du coût du logement a le plus fortement augmenté, alors que c’est en Lituanie, au Royaume-Uni et en Irlande qu’il a le plus diminué (de plus de 5 points).

L’absence d’équipements sanitaires de base, comme des WC intérieurs, constitue un signe évident de qualité médiocre du logement et pose un risque élevé pour la santé (Eurofound, 2016[3]). Dans la mesure où la majorité (95.6 %) des ménages des pays de l’OCDE disposent de WC intérieurs réservés à leur seul usage (OCDE, 2019[4]), l’indicateur ci-après met l’accent sur les ménages les plus pauvres – c’est-à-dire sur ceux dont le revenu est inférieur à 50 % du revenu disponible équivalent médian des ménages dans leur pays. En 2017, moins de 3 % des ménages pauvres vivaient dans des logements dépourvus d’équipements sanitaires de base dans environ deux tiers des pays de l’OCDE (Graphique 3.5). Toutefois, au Mexique, en Lituanie et en Lettonie, plus de 25 % des ménages pauvres résident dans des logements dépourvus de WC intérieurs. À titre de comparaison, la quasi-totalité des ménages modestes en Allemagne, aux États-Unis, en Islande, en Norvège, en Suède, en Suisse et au Royaume-Uni disposaient de ces équipements dans leur logement.

Entre 2010 et 2017, l’accès des ménages pauvres aux équipements sanitaires de base s’est amélioré dans la plupart des pays de l’OCDE. Ainsi, la proportion moyenne de ménages modestes qui vivent dans des logements dépourvus de WC intérieurs est passée de 8.8 % en 2010 à 6.8 % en 2017 dans la zone OCDE. C’est en Estonie que les progrès les plus importants ont été enregistrés (-12.5 points de pourcentage), suivie de la Lettonie (-11.4 points), de la Hongrie (-11.3 points) et de la Corée (-8.0 points). À l’inverse, au Mexique et en Belgique, la proportion de ménages modestes vivant dans des logements dépourvus de WC intérieurs réservés à leur seul usage a augmenté d’au moins 1.5 point de pourcentage.

Vivre dans un logement doté d’un accès internet favorise les liens sociaux, permet d’accéder aux possibilités d’emploi et aux biens et services publics et privés, et favorise le développement du capital humain parmi les membres du ménage. En 2018, dans 29 pays de l’OCDE, plus de 80 % des ménages en moyenne avaient accès aux services internet à haut débit (Graphique 3.6). Au total, la fourchette est comprise entre moins de 60 % des ménages au Mexique et plus de 95 % en Corée, aux Pays-Bas et en Islande. Entre 2010 et 2018, l’accès à l’internet a fortement augmenté dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE : ainsi, la moyenne de l’OCDE a progressé de plus de 20 points de pourcentage, passant de 63.1 % en 2010 à 85.2 % en 2018. C’est en Turquie (+49 points de pourcentage) et en Grèce (+35 points) que l’augmentation a été la plus forte. À titre de comparaison, la Corée et la Suède se situaient à un niveau relativement élevé en 2010 et n’ont donc enregistré qu’une progression modeste (+2.6 et +7.3 points, respectivement).

Plusieurs des indicateurs analysés dans ce chapitre, comme la surcharge du coût du logement ou la proportion de ménages pauvres privés d’accès aux équipements sanitaires de base, sont des indicateurs de privation. Puisqu’ils sont élaborés au niveau des ménages, il est difficile de calculer les variations des taux de privation entre les groupes de population (par exemple entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les seniors, ou entre les personnes de niveaux d’études différents). Cependant, lorsque le niveau de précision des données au plan géographique est suffisant, il est possible d’évaluer les disparités régionales en matière de conditions de logement.

Dans la plupart des pays de l’OCDE, on constate d’importantes variations dans l’accès à l’internet haut débit entre les zones urbaines et les zones rurales (Graphique 3.7). En Grèce, au Portugal, en République slovaque, en Espagne, en Lituanie, en Hongrie et en Irlande, l’écart entre les grandes zones urbaines et les zones rurales en matière d’accès à l’internet haut débit est supérieur à 11 points de pourcentage. C’est en Islande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni que l’on observe les écarts les plus restreints (moins de 1 point de pourcentage). Le constat est le même lorsque l’on compare les petites zones urbaines et les zones rurales – même si les écarts sont souvent moins marqués que pour les grandes zones urbaines.

Références

[3] Eurofound (2016), « Inadequate housing in Europe: Costs and consequences », http://dx.doi.org/10.2806/810142.

[2] Eurostat (2019), Statistics Explained: Taux de surpeuplement, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Glossary:Overcrowding_rate/fr (consulté le 23 December 2019).

[5] Eurostat (2019), Taux de surcharge des coûts du logement, Statistics Explained, https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Glossary:Housing_cost_overburden_rate/fr (consulté le 23 December 2019).

[4] OCDE (2019), Indicateur du vivre mieux, http://www.oecdbetterlifeindex.org/fr/topics/logement/.

[1] OCDE (2011), Comment va la vie ? : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264121195-fr.

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