Lituanie

La croissance économique devrait se hisser à 2.8 % en 2018, dans la mesure où l’investissement bénéficiera de la faiblesse des taux d’intérêt réels et d’un redressement progressif des marchés d’exportation. La croissance de la consommation se maintiendra après une série de relèvements du salaire minimum. Les tensions inflationnistes s’accentueront à mesure que les salaires augmenteront en réaction à une nouvelle baisse du taux de chômage.

Le vieillissement rapide de la population impose de donner la priorité à des réformes du système de retraite et à des mesures en faveur de l’activité. L’âge de départ à la retraite devrait en particulier être lié à l’espérance de vie et il faudrait accentuer l’effort sur les soins de santé primaires. Ces mesures devraient notamment cibler les travailleurs à faible revenu, compte tenu des fortes inégalités et de la grande pauvreté qui règnent dans le pays.

La politique budgétaire devrait être globalement neutre, ce qui semble judicieux au regard des tensions sur les ressources, même si le pays dispose d’une marge de manœuvre budgétaire, la dette publique brute avoisinant 40 % du PIB. De nouvelles dépenses propres à relever la croissance de la production potentielle devraient donc être engagées. Renforcer les programmes actifs du marché du travail et instaurer des incitations à inscrire les enfants dans des structures d’éducation pré-primaire doperait la productivité et se traduirait par une croissance mieux partagée.

La demande intérieure et les exportations ont nourri la croissance

La consommation privée a augmenté sensiblement au premier semestre de 2016, ce qui s’explique par une forte croissance des revenus et par de solides gains d’emplois. Le secteur exportateur s’est remis de la récession en Russie et des contre-sanctions en 2015. En revanche, l’investissement a reculé au premier semestre de 2016 sous l’effet de la diminution des décaissements de fonds structurels de l’UE. La vigueur de la demande de main-d’œuvre émanant du secteur privé, conjuguée à un repli de la population active, a provoqué une baisse du taux de chômage et une accentuation des tensions sur les salaires.

Lituanie
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Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 100

 http://dx.doi.org/10.1787/888933440061

Les dépenses publiques devraient viser en priorité un accroissement de l’offre

L’orientation de la politique budgétaire devrait être globalement neutre en 2017 et 2018. La dette publique brute en pourcentage du PIB est faible par rapport aux autres pays de l’UE et les besoins en dépenses sont non négligeables. Toutefois, compte tenu des niveaux assez élevés d’utilisation des capacités, les mesures ultérieures devraient être essentiellement axées sur la dynamisation de l’offre au sein de l’économie.

Demande, production et prix
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 http://dx.doi.org/10.1787/888933441604

Les fortes inégalités de revenu peuvent être atténuées grâce à un renforcement des programmes actifs du marché du travail qui visent à faire en sorte que les travailleurs au chômage correspondent mieux aux emplois offerts. Les perspectives d’emplois pourront aussi être éclaircies si l’on met en place des mesures destinées à relever le taux de pré-scolarisation et à améliorer le système éducatif en attirant et en formant des enseignants de grande valeur. Les initiatives qui encouragent l’adoption de modes de vie sains et le développement des soins de santé primaires, notamment dans les zones rurales, amélioreront aussi le bien-être et stimuleront l’offre de main-d’œuvre. Il est tout à fait possible d’investir dans des infrastructures publiques, y compris en modernisant les réseaux de transport ferroviaire et les voies navigables intérieures.

L’orientation accommodante de la politique monétaire de la zone euro soutiendra l’investissement public et privé durant la période de prévision. Dans le même temps, les entreprises disposent d’abondantes réserves liquides et elles sont plus confiantes depuis la fin de 2015. L’investissement continuera aussi à bénéficier des réformes propices à la concurrence conduites ces dix dernières années. La demande de consommation sera portée par une série de revalorisations du salaire minimum légal, dont la plus récente est entrée en vigueur à la mi-2016.

La croissance du PIB devrait s’accélérer

La croissance économique se raffermira en 2017 et 2018. Les hausses de salaires s’accompagnant d’un recul du taux d’épargne lié au vieillissement seront bénéfiques à la consommation privée. La diminution de la population endiguera cependant toute nouvelle progression de la consommation globale. Les exportations se redresseront au gré de l’activité sur les principaux marchés d’exportation. Le rebond des échanges commerciaux et une augmentation des décaissements de fonds de l’UE devraient contribuer à amplifier la croissance de l’investissement. Les tensions sur les ressources s’intensifieront peu à peu durant la période de prévision, ce qui entraînera une remontée de l’inflation.

La demande de consommation subira peut-être le contrecoup des restrictions à l’immigration de ressortissants de l’UE au Royaume-Uni dans le contexte du Brexit. Des sanctions réciproques plus lourdes entre l’UE et la Russie pourraient fragiliser la confiance et l’activité d’investissement des entreprises. En revanche, une reprise plus marquée dans la zone euro pourrait entraîner une accélération de la croissance, d’autant plus si des investissements d’infrastructure de nature à faciliter les relations entre la Lituanie et ses principaux marchés d’exportation accompagnaient ce processus.