Répartition des médecins par âge, sexe et catégorie

En 2019, plus d’un tiers des médecins étaient âgés de plus de 55 ans dans les pays de l’OCDE, contre un sur cinq en 2000 (Graphique 8.5). La proportion de médecins de plus de 55 ans a augmenté dans tous les pays entre 2000 et 2019, même si elle s’est stabilisée dans certains pays avec l’arrivée de nombreux jeunes médecins ces dernières années et le départ progressif à la retraite des praticiens de la génération des baby-boomers.

Certains pays ont enregistré un vieillissement rapide de leur personnel médical au cours des deux dernières décennies. L’Italie, où la proportion de médecins âgés de 55 ans ou plus est passée d’environ 20 % en 2000 à 56 % en 2019, est l’exemple le plus frappant. Pas moins de 20 % des médecins italiens étaient âgés de 65 ans et plus en 2019. En France, on a également observé une augmentation rapide de la proportion des médecins âgés de plus de 55 ans depuis 2000, et, en 2019, 14 % des médecins (un sur sept) étaient âgés de 65 ans ou plus. D’autres pays comme Israël, la Lettonie, la Hongrie, la Belgique et l’Espagne ont eux aussi enregistré un vieillissement rapide de leur personnel médical (Graphique 8.5).

Le vieillissement du personnel médical est préoccupant, car on peut s’attendre à ce que les médecins âgés de 55 ans et plus prennent leur retraite dans les dix ans à venir. Une planification rigoureuse s’impose de sorte que les nouveaux médecins soient suffisamment nombreux pour les remplacer, étant donné qu’il faut environ dix ans pour former de nouveaux médecins. Dans le même temps, il importe de tenir compte de l’évolution des modalités de départ à la retraite des médecins et de prendre acte du fait que nombre d’entre eux peuvent continuer d’exercer au-delà de 65 ans, à temps plein ou à temps partiel, si les conditions de travail sont adéquates et si les systèmes de retraite ne les dissuadent pas de le faire (OCDE, 2016[8]).

La proportion de femmes dans la profession de médecin s’est accrue dans tous les pays de l’OCDE au cours des 20 dernières années, et les femmes médecins sont en moyenne plus jeunes que leurs confrères masculins. En 2019, elles représentaient près de la moitié des médecins des pays de l’OCDE. Cette proportion allait d’environ trois quarts en Lettonie et en Estonie à moins d’un quart au Japon et en Corée (Graphique 8.6). La proportion de femmes dans la profession de médecin a connu une hausse particulièrement rapide depuis 2000 aux Pays-Bas, en Espagne, au Danemark et en Norvège, où les femmes représentaient plus de la moitié des médecins en 2019. Cette augmentation s’explique par l’accroissement du nombre de jeunes femmes inscrites en études de médecine, ainsi que par le départ progressif à la retraite de générations plus âgées, et généralement plus masculines, de médecins. Les femmes ont tendance à exercer davantage en médecine générale et dans certaines spécialités comme la pédiatrie, et moins dans les spécialités chirurgicales.

En 2019, les médecins généralistes (médecins de famille) représentaient en moyenne moins d’un quart (23 %) des médecins dans les pays de l’OCDE, allant d’environ la moitié au Portugal, au Canada et au Chili, à seulement 6 % en Grèce et en Corée (Graphique 8.7). La comparaison entre les effectifs de généralistes d’un pays à l’autre est toutefois difficile compte tenu de la variation des modalités de catégorisation des médecins. Aux États-Unis et en Israël par exemple, les docteurs en médecine interne générale remplissent souvent des fonctions similaires à celles des médecins généralistes dans d’autres pays, et pourtant ils sont considérés comme des spécialistes. Les pédiatres généralistes qui dispensent des soins généraux aux enfants sont également considérés comme des spécialistes dans tous les pays, et ne sont donc pas considérés comme des généralistes. Dans de nombreux pays, les médecins généralistes jouent un rôle essentiel en garantissant un accès satisfaisant aux services de santé, prenant en charge les maladies chroniques, et évitant des hospitalisations (voir l’indicateur « Admissions hospitalières évitables » au chapitre 6).

Pour parer aux craintes d’une pénurie de médecins généralistes, bon nombre de pays ont décidé d’augmenter le quota de places dans cette formation. Par exemple, en France, près de 40 % des nouvelles places en troisième cycle depuis 2017 concernent la médecine générale – une proportion nettement plus élevée que dans presque tous les autres pays de l’OCDE. Au Canada, le nombre des internes ayant achevé leur formation en médecine générale en 2019 était presque égal à celui des internes dans toutes les spécialités médicales et chirurgicales confondues. Toutefois, de nombreux pays peinent toujours à attirer un nombre suffisant de diplômés en médecine pour occuper toutes les places de formation disponibles en médecine générale, en raison du prestige et de la rémunération perçus comme moindres (voir l’indicateur « Rémunération des médecins »).

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