Indicateur D3. Quel est le niveau de salaire des enseignants et des chefs d’établissement ?

Le salaire statutaire des enseignants varie en fonction d’un certain nombre de facteurs, dont le niveau d’enseignement, les qualifications, l’ancienneté ou le stade de leur carrière.

Le salaire des enseignants est présenté à trois niveaux de qualification : les niveaux minimum, le plus courant et maximum. Il peut être nettement plus élevé au niveau maximum qu’au niveau minimum de qualification. Très rares sont toutefois les enseignants au niveau minimum ou maximum de qualification dans certains pays. Le niveau de qualification est identique chez la plupart des enseignants dans de nombreux pays. C’est la raison pour laquelle les analyses présentées ci-dessous sur le salaire statutaire se concentrent sur les enseignants ayant le niveau de qualification le plus courant.

Le salaire des enseignants varie fortement entre les pays. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, leur salaire au niveau de qualification le plus courant après 15 ans d’ancienneté (qui est assimilé à leur salaire en milieu de carrière) est inférieur à 20 000 USD en Hongrie et en République slovaque, mais supérieur à 70 000 USD en Allemagne, au Canada et aux Pays-Bas ; il passe même la barre des 100 000 USD au Luxembourg (voir le Tableau D3.1).

Dans la plupart des pays et économies dont les données sont disponibles, le salaire des enseignants augmente avec le niveau d’enseignement. En moyenne, le salaire des enseignants ayant les qualifications les plus courantes s’établit après 15 ans d’ancienneté à 44 209 USD dans l’enseignement préprimaire, à 48 025 USD dans l’enseignement primaire et à 49 701 USD et 51 917 USD respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Les enseignants ayant les qualifications les plus courantes gagnent après 15 ans d’exercice entre 25 % et 30 % de plus dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire que dans l’enseignement préprimaire en Communautés flamande et française de Belgique, au Danemark et en Lituanie et en gagnent de l’ordre de 50 % de plus en Finlande, où cet écart s’explique essentiellement par le différentiel salarial entre l’enseignement préprimaire et primaire. En Communautés flamande et française de Belgique, les enseignants gagnent nettement plus dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire qu’aux autres niveaux d’enseignement (voir le Tableau D3.1).

Le salaire des enseignants varie de moins de 5 % entre l’enseignement préprimaire et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire au Chili, au Costa Rica, aux États-Unis, en Slovénie et en Turquie et ne varie pas entre les niveaux d’enseignement en Angleterre (Royaume-Uni), en Colombie, en Écosse (Royaume-Uni), en Grèce, en Pologne et au Portugal (voir le Tableau D3.1).

En Israël toutefois, le salaire des enseignants est environ 6 % plus élevé dans l’enseignement préprimaire que dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Cette différence s’explique par la réforme « Nouvel Horizon » lancée en 2008 et pratiquement achevée en 2014 qui a entraîné l’augmentation du salaire des enseignants dans l’enseignement préprimaire et primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire. Une autre réforme, lancée en 2012 et toujours en cours, vise à augmenter le salaire des enseignants dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire.

Le régime salarial des enseignants donne la mesure des encouragements financiers qui leur sont accordés à différents stades de leur carrière. La compensation différée, qui incite les travailleurs à rester fidèles à leur employeur, à ne pas abandonner leur profession et à atteindre les objectifs de performance qui leur sont fixés, est également intégrée dans les barèmes salariaux des enseignants. Les indicateurs de l’OCDE sur le salaire statutaire des enseignants se limitent à quatre stades des barèmes : en début de carrière, après 10 ans d’exercice, après 15 ans d’exercice et à l’échelon maximum du barème. Les pays qui cherchent à augmenter le nombre d’enseignants, en particulier ceux où les enseignants sont vieillissants ou ceux dont la population en âge d’être scolarisée augmente, peuvent envisager de proposer des salaires plus attractifs en début de carrière et d’améliorer les perspectives de carrière. Ils doivent toutefois s’employer non seulement à recruter des enseignants, mais aussi à retenir les enseignants les plus qualifiés et les plus compétents pour préserver la qualité du corps enseignant. À défaut de bonnes incitations financières, il risque d’être plus difficile de retenir les enseignants qui approchent du sommet de l’échelle barémique. Toutefois, resserrer l’échelle barémique peut présenter des avantages. Il apparaît par exemple que dans les organisations où les écarts de salaire entre les membres du personnel sont moins importants, l’information circule de manière plus fluide, les travailleurs se font davantage confiance et la collégialité est plus grande.

Dans les pays de l’OCDE, le salaire des enseignants à un niveau donné de qualification progresse en cours de carrière, mais à un rythme différent selon les pays. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire statutaire moyen des enseignants ayant les qualifications les plus courantes est respectivement 29 % et 38 % plus élevé après 10 et 15 ans d’ancienneté qu’en début de carrière. Il est 67 % plus élevé en moyenne à l’échelon maximum du barème (que les enseignants atteignent en moyenne après 25 ans d’exercice) qu’en début de carrière. La variation du salaire selon l’ancienneté varie fortement entre les pays. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire est moins de 20 % plus élevé au sommet du barème qu’en début de carrière au Danemark, en Islande et en Turquie, mais plus de 2.8 fois plus élevé en Corée (où il faut au moins 37 ans d’ancienneté pour atteindre l’échelon maximum du barème).

Les salaires varient aussi, car des niveaux de qualification peuvent être associés à des barèmes salariaux différents. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire statutaire des enseignants ayant les qualifications les plus courantes et 15 ans d’exercice à leur actif est supérieur de 40 % en moyenne à celui des enseignants ayant le niveau de qualification minimum en début de carrière dans les pays et économies de l’OCDE. Le salaire statutaire moyen des enseignants ayant les qualifications maximales au sommet de l’échelle barémique est supérieur de 85 % à celui des enseignants ayant les qualifications minimales requises en début de carrière (voir le Tableau D3.1 et le Graphique D3.1).

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Remarque: Les salaires effectifs comprennent les primes et allocations.

1. Salaire effectif de base.

2. Salaire à l’échelon maximal avec les qualifications minimales, et non les qualifications maximales.

3. Salaire à l’échelon maximal avec les qualifications les plus courantes, et non les qualifications maximales.

4. Inclut la moyenne des primes fixes au titre des heures supplémentaires.

Les pays et économies sont classés par ordre décroissant du salaire en début de carrière des enseignants du premier cycle du secondaire ayant les qualifications minimales.

Source : OCDE (2021), tableau D3.3 et Base de données de Regards sur l'éducation, http://stats.oecd.org. Consulter la section « Source » pour tout complément d’information et l’annexe 3 pour les remarques (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterD.pdf).

Le différentiel salarial entre les enseignants les moins bien rémunérés (les enseignants en début de carrière ayant le niveau minimum de qualification) et les mieux rémunérés (les enseignants au sommet du barème ayant le niveau maximum de qualification) montre que la plupart des pays et économies où le salaire est inférieur à la moyenne de l’OCDE en début de carrière sont aussi ceux où il y est inférieur à l’échelon maximum. L’Angleterre (Royaume-Uni), la Colombie, la Corée et le Mexique font figure d’exception dans le premier cycle de l’enseignement secondaire : le salaire des enseignants est inférieur de plus de 5 % (entre 8 % et 38 %) à la moyenne de l’OCDE en début de carrière, mais y est supérieur de 21 % au moins à l’échelon maximum. Ces écarts pourraient s’expliquer par les différents parcours professionnels qui s’offrent aux enseignants selon leurs qualifications. L’inverse s’observe au Danemark, en Écosse (Royaume-Uni), en Finlande, en Islande, en Norvège et en Suède : le salaire des enseignants est supérieur de 7 % à 48 % à la moyenne de l’OCDE en début de carrière, mais y est inférieur de plus de 5 % (entre 8 % et 30 %) à l’échelon maximum. Cela s’explique par le fait que le salaire progresse relativement peu dans un certain nombre de ces pays (voir le Graphique D3.2).

Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire des enseignants passe par contre au moins du simple au double entre le début de carrière (au niveau de qualification minimum) et le sommet du barème (au niveau de qualification maximum) en Angleterre (Royaume-Uni), au Chili, en Colombie, en Communautés flamande et française de Belgique, en Corée, au Costa Rica, en France, en Hongrie, en Irlande, en Israël, au Japon, au Mexique, aux Pays-Bas et au Portugal (voir le Graphique D3.2).

L’écart de salaire entre le sommet de l’échelle barémique au niveau de qualification maximum et l’échelon correspondant à 15 ans d’ancienneté au niveau de qualification le plus courant varie aussi entre les pays. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, cet écart est inférieur à 10 % dans neuf pays et économies de l’OCDE, mais supérieur à 60 % au Chili, en Colombie, en France, en Hongrie, en Israël, au Mexique et au Portugal (voir le Graphique D3.2 et le Tableau D3.1).

Contrairement au salaire statutaire, le salaire effectif des enseignants comprend des avantages financiers tels que les primes annuelles, les primes au titre des résultats, ainsi que les montants versés pendant les vacances, les congés de maladie et d’autres avantages salariaux (voir la section « Définitions »). Ces avantages peuvent gonfler sensiblement le salaire de base. Le salaire effectif moyen varie selon la mesure dans laquelle le système de rémunération prévoit le versement de primes et autres compléments. Les différences entre le salaire statutaire et le salaire effectif moyen sont également liées à la répartition des enseignants par ancienneté et niveau de qualification, deux facteurs qui influent sur le salaire.

Dans les pays et économies de l’OCDE, le salaire effectif des enseignants âgés de 25 à 64 ans s’élève en moyenne à 40 707 USD dans l’enseignement préprimaire, à 45 687 USD dans l’enseignement primaire et à 47 988 USD et 51 749 USD respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire selon les chiffres de 2020.

Les données sur le salaire statutaire des enseignants ayant les qualifications les plus courantes et 15 ans d’ancienneté et le salaire effectif des enseignants âgés de 25 à 64 ans sont disponibles à un niveau d’enseignement au moins dans 27 pays et économies de l’OCDE. Le salaire annuel effectif est 10 % plus élevé que le salaire statutaire dans 6 de ces pays et économies dans l’enseignement préprimaire et dans 11 d’entre eux dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Ces différences sont révélatrices de l’impact des primes (incluses dans le salaire effectif, mais pas dans le salaire statutaire) et de l’ancienneté variable des enseignants selon les pays (voir le Tableau D3.3 et le Graphique D3.3).

Le salaire effectif des enseignants peut aussi s’analyser en fonction des différentiels entre le salaire minimum et le salaire maximum, ce qui donne un aperçu de la répartition des enseignants entre ces deux extrêmes. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire effectif des enseignants âgés de 25 à 64 ans est en moyenne 35 % plus élevé que leur salaire statutaire en début de carrière au niveau minimum de qualification. Cette différence est inférieure à 20 % en Allemagne, au Chili, au Danemark, en Italie et en Suède, où de nombreux enseignants gagnent à peine plus que le salaire minimum, alors qu’elle est supérieure à 60 % au Brésil, au Costa Rica, en Hongrie, en Irlande, en Israël, en Lettonie et aux Pays-Bas, où de nombreux enseignants gagnent nettement plus que le salaire minimum. La même comparaison, mais avec le salaire maximum cette fois, montre que le salaire effectif des enseignants âgés de 25 à 64 ans est en moyenne 27 % moins élevé que leur salaire statutaire au sommet du barème au niveau de qualification maximum. La différence est supérieure à 35 % en Angleterre (Royaume-Uni), au Chili, en Communautés flamande et française de Belgique, en Hongrie et au Portugal, signe que peu d’enseignants gagnent autant ou presque autant que le salaire maximum. Le salaire effectif moyen des enseignants est supérieur au salaire statutaire au sommet de l’échelle barémique au niveau de qualification maximum dans quatre pays (au Costa Rica, au Danemark, en Finlande et en Islande), où les primes versées en supplément du salaire statutaire sont loin d’être négligeables (voir le Graphique D3.2).

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Remarque: Seuls sont inclus les enseignants et chefs d’établissements des établissements publics.

1. L'année de référence n'est pas 2020. Consulter le tableau D3.3 pour de plus amples informations.

Les pays et économies sont classés par ordre décroissant du salaire effectif des chefs d’établissement.

Source : OCDE (2021), tableau D3.3. Consulter la section « Source » pour tout complément d’information et l’annexe 3 pour les remarques (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterD.pdf).

Les systèmes d’éducation doivent rivaliser avec d’autres secteurs d’activité pour recruter des profils hautement qualifiés. Selon une étude, le salaire et les débouchés influent considérablement sur l’attractivité de la profession d’enseignant (Johnes et Johnes, 2004[3]). Le salaire des enseignants par rapport à celui d’autres professions associées à un niveau de formation similaire et son augmentation probable ont énormément d’influence sur la décision des diplômés de devenir enseignants et de le rester.

Dans la plupart des pays et économies de l’OCDE, il faut être diplômé de l’enseignement tertiaire pour enseigner à tous les niveaux d’enseignement ; en d’autres termes, l’alternative probable à la formation d’enseignant est une autre formation tertiaire. Pour comparer les niveaux de salaire et la situation sur le marché du travail entre les pays, le salaire effectif des enseignants est rapporté à la rémunération des 25-64 ans diplômés de l’enseignement tertiaire (niveau 5, 6, 7 ou 8 de la CITE) qui travaillent à temps plein toute l’année. Par ailleurs, pour garantir que la comparaison entre les pays n’est pas faussée par des différences de pourcentage de diplômés de l’enseignement tertiaire entre le corps enseignant et les autres professions, le salaire effectif des enseignants est rapporté à la moyenne pondérée de la rémunération des diplômés de l’enseignement tertiaire (après pondération en fonction du pourcentage d’enseignants diplômés de l’enseignement tertiaire) (voir le pourcentage d’enseignants par niveau de formation dans le tableau X2.8 à l’annexe 2 et la section « Méthodologie » pour plus de détails).

Parmi les 21 pays et économies dont les données (d’un niveau d’enseignement au moins) sont disponibles, le salaire effectif des enseignants représente au plus 65 % de la rémunération des actifs aussi instruits au Chili (dans l’enseignement préprimaire et primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire), aux États-Unis et en Hongrie. Le salaire effectif des enseignants n’est égal ou supérieur à la rémunération des actifs aussi instruits que dans quelques pays et économies. Toutefois, les enseignants en poste dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire gagnent à peu de choses près autant que les actifs aussi instruits en Allemagne et gagnent au moins 14 % de plus qu’eux en Lettonie (voir le Tableau D3.2).

Comme les données sur le salaire relatif des enseignants sont disponibles dans quelques pays seulement, un second indicateur compare le salaire effectif de tous les enseignants à la rémunération des diplômés de l’enseignement tertiaire (niveau 5, 6 7 ou 8 de la CITE) qui travaillent à temps plein toute l’année. Selon ce second indicateur, le salaire effectif des enseignants augmente avec le niveau d’enseignement par rapport à la rémunération des actifs diplômés de l’enseignement tertiaire. Les enseignants en poste dans l’enseignement préprimaire gagnent en moyenne 81 % de la rémunération des 25-64 ans diplômés de l’enseignement tertiaire qui travaillent à temps plein toute l’année. Les enseignants gagnent 86 % de cette rémunération de référence dans l’enseignement primaire et 90 % et 96 % respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire (voir le Tableau D3.2).

Dans la quasi-totalité des pays et économies dont les données sont disponibles, le salaire effectif des enseignants est inférieur à la rémunération des actifs diplômés de l’enseignement tertiaire, et ce, à tous les niveaux d’enseignement ou presque. Le salaire relatif des enseignants est le moins élevé dans l’enseignement préprimaire en République slovaque, où les enseignants gagnent 56 % de la rémunération des actifs diplômés de l’enseignement tertiaire, en Hongrie, où ils en gagnent 58 % et aux États-Unis, où ils en gagnent 59 %. Dans certains pays toutefois, les enseignants gagnent plus que les diplômés de l’enseignement tertiaire à tous les niveaux d’enseignement (au Costa Rica, en Lettonie, en Lituanie et au Portugal) ou uniquement à certains niveaux enseignement (dans l’enseignement secondaire en Allemagne et dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire en Finlande). Ils gagnent au moins 30 % de plus que les actifs diplômés de l’enseignement tertiaire au Costa Rica (dans l’enseignement secondaire), en Lettonie (dans l’enseignement primaire et secondaire) et au Portugal (voir le Tableau D3.2 et le Graphique D3.1).

Les responsabilités des chefs d’établissement varient entre les pays et au sein même de ceux-ci selon le ou les établissements qu’ils dirigent. Les chefs d’établissement peuvent avoir des responsabilités pédagogiques (une charge d’enseignement ainsi que la responsabilité du bon fonctionnement général de leur établissement, notamment en ce qui concerne les emplois du temps, le respect des programmes et le choix du contenu des cours et des méthodes pédagogiques). Ils peuvent aussi assumer des responsabilités administratives et financières et se charger de la gestion des ressources humaines (voir l’indicateur D4 pour plus de détails).

Les différences de responsabilités et de temps de travail entre les chefs d’établissement et les enseignants se reflètent dans les régimes de rémunération (voir le temps de travail des enseignants et des chefs d’établissement dans les tableaux D4.2 et D4.5).

Les chefs d’établissements peuvent relever d’un barème spécifique et peuvent dans certains cas percevoir une prime de chef d’établissement en plus de leur salaire statutaire. Ils peuvent aussi être rémunérés en fonction du barème des enseignants et percevoir une prime de chef d’établissement. L’utilisation des barèmes des enseignants peut refléter le fait qu’initialement, les chefs d’établissement sont des enseignants ayant des responsabilités supplémentaires. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, les chefs d’établissement sont rémunérés en fonction du barème des enseignants et perçoivent une prime de chef d’établissement dans 13 des 33 pays et économies dont les données sont disponibles et en fonction d’un barème spécifique dans les 20 autres pays et économies. Ils ne perçoivent pas de prime de chef d’établissement dans 13 de ces 20 pays et économies, mais en perçoivent une dans 7 d’entre eux (incluse dans le salaire). La rémunération des chefs d’établissement (leur salaire statutaire et leur éventuelle prime de chef d’établissement) peut varier selon les caractéristiques du ou des établissements qu’ils dirigent (l’importance de l’effectif scolarisé, le nombre d’enseignants supervisés, etc.). Elle peut aussi varier selon les caractéristiques personnelles et professionnelles des chefs d’établissement, notamment leur ancienneté et les fonctions qu’ils ont à remplir (voir le tableau D3.12 en ligne).

Comme le salaire statutaire des chefs d’établissement varie en fonction d’un grand nombre de critères, cet indicateur analyse le salaire statutaire au niveau minimum de qualification exigé pour exercer les fonctions de chef d’établissement et le Tableau D3.4 indique uniquement le salaire minimum et maximum. La prudence est de mise lors de l’interprétation de ces chiffres, car peu de chefs d’établissement perçoivent effectivement ces montants étant donné que leur salaire dépend souvent de nombreux critères.

Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire minimum des chefs d’établissement s’élève en moyenne à 54 278 USD dans les pays et économies de l’OCDE ; il varie entre 21 308 USD en Lettonie et 108 765 USD au Luxembourg. Leur salaire maximum s’élève en moyenne à 88 754 USD dans les pays et économies de l’OCDE ; il varie entre 34 478 USD en Pologne et 152 032 USD au Mexique. La prudence est de rigueur lors de l’interprétation de ces chiffres sur le salaire statutaire des chefs d’établissement, car le salaire minimum et le salaire maximum peuvent correspondre à des types différents d’établissements. Dans la moitié environ des pays et économies de l’OCDE, le salaire statutaire des chefs d’établissement est similaire dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire, mais est dans l’ensemble plus élevé dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire (voir le Tableau D3.4).

En moyenne, le salaire statutaire maximum des chefs d’établissement ayant le niveau de qualification minimum est supérieur de 73 % au salaire statutaire minimum dans l’enseignement primaire, de 72 % dans le premier cycle de l’enseignement secondaire et de 63 % dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire dans les pays et économies de l’OCDE. Les chefs d’établissement au sommet de l’échelle barémique peuvent percevoir le double du salaire statutaire en début de carrière à un de ces niveaux d’enseignement au moins dans 10 pays et économies seulement ; ils peuvent même en percevoir plus du triple au Costa Rica (voir le Tableau D3.4).

Le salaire statutaire minimum des chefs d’établissement ayant le niveau de qualification minimum est supérieur au salaire des enseignants en début de carrière sauf au Costa Rica. La différence entre le salaire minimum des chefs d’établissement (au niveau de qualification minimum) et le salaire des enseignants (au niveau de qualification le plus courant) en début de carrière augmente avec le niveau d’enseignement : elle représente en moyenne 32 % dans l’enseignement préprimaire, 42 % dans l’enseignement primaire et 49 % dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire dans les pays et économies de l’OCDE. Dans un certain nombre de pays, le salaire statutaire minimum des chefs d’établissement est même supérieur au salaire maximum des enseignants. C’est le cas dans le premier cycle de l’enseignement secondaire en Angleterre (Royaume-Uni), en Australie, au Danemark, en Écosse (Royaume-Uni), aux États-Unis, en Finlande, en Islande, en Israël, en Italie, au Japon, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, en République slovaque et en Suède (voir le Graphique D3.4).

De même, le salaire statutaire maximum est plus élevé chez les chefs d’établissement que chez les enseignants dans tous les pays et économies de l’OCDE dont les données sont disponibles. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, le salaire statutaire maximum des chefs d’établissement est supérieur de 48 % en moyenne au salaire maximum des enseignants (au niveau de qualification le plus courant) dans les pays et économies de l’OCDE. Il en représente plus du double en Angleterre (Royaume-Uni), au Chili, en Écosse (Royaume-Uni), en Islande, au Mexique et en Nouvelle-Zélande (voir le Graphique D3.4).

Le salaire effectif des chefs d’établissement âgés de 25 à 64 ans s’élève en moyenne à 68 794 USD dans l’enseignement primaire et à 74 419 USD et 79 033 USD respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire (voir le Tableau D3.3 et les différences entre les entités infranationales dans l’Encadré D3.1).

Les chefs d’établissement perçoivent un salaire effectif supérieur à celui des enseignants et leur avantage salarial augmente avec le niveau d’enseignement. Dans l’enseignement primaire, le salaire effectif des chefs d’établissement est supérieur de 51 % en moyenne à celui des enseignants dans les pays et économies de l’OCDE selon les chiffres de 2020. Ce pourcentage moyen s’établit à 55 % et 53 % respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. La différence de salaire effectif entre les chefs d’établissement et les enseignants varie fortement entre les pays et les niveaux d’enseignement. Les pays et les économies où le salaire effectif des chefs d’établissement est le plus élevé par comparaison avec celui des enseignants sont l’Angleterre (Royaume-Uni) (dans l’enseignement secondaire) et l’Italie (dans l’enseignement primaire et secondaire), où les chefs d’établissement gagnent plus de deux fois plus que les enseignants. L’avantage salarial des chefs d’établissement est le moins élevé par rapport aux enseignants, moins de 25 % de plus, en Estonie (dans l’enseignement primaire et secondaire) et en Lettonie (dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire). Dans d’autres pays, les chefs d’établissement gagnent nettement plus que les enseignants dans l’enseignement secondaire, mais le différentiel salarial entre les deux corps de métier est plus modéré dans l’enseignement primaire. En République tchèque par exemple, le salaire effectif des chefs d’établissement est supérieur de 40 % à celui des enseignants dans l’enseignement préprimaire, mais dans l’enseignement secondaire, il y est supérieur de 55 % dans le premier cycle et de 59 % dans le deuxième cycle. Au Costa Rica, en Estonie, en Lettonie et en Slovénie, le différentiel salarial est nettement plus important dans l’enseignement préprimaire que dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire (voir le Tableau D3.3).

Les perspectives professionnelles des chefs d’établissement et leur salaire relatif donnent aussi des indications sur les carrières qui s’offrent aux enseignants et sur la rémunération à laquelle ils peuvent s’attendre à plus long terme. Les chefs d’établissement gagnent plus que les enseignants et contrairement à ces derniers, ils gagnent plus également que les actifs aussi instruits qu’eux tous niveaux d’enseignement confondus. L’écart salarial tend à augmenter avec le niveau d’enseignement. Parmi les 19 pays et économies de l’OCDE dont les données sont disponibles (au sujet d’un niveau d’enseignement au moins), les chefs d’établissement ne gagnent au moins 5 % de moins que les actifs aussi instruits qu’aux États-Unis et en Hongrie et, dans l’enseignement préprimaire, au Danemark. Ils gagnent en revanche au moins 40 % de plus qu’eux en Angleterre (Royaume-Uni) et en Nouvelle-Zélande (dans l’enseignement secondaire) (voir le Tableau D3.2).

Comme dans le cas des enseignants, les données sur le salaire relatif des chefs d’établissement ne sont disponibles que dans quelques pays. C’est pourquoi un deuxième indicateur rapporte le salaire effectif de tous les chefs d’établissement à la rémunération des diplômés de l’enseignement tertiaire qui travaillent à temps plein toute l’année. Selon cet indicateur, les chefs d’établissement gagnent en moyenne 28 % de plus que les diplômés de l’enseignement tertiaire dans l’enseignement primaire, 37 % de plus dans le premier cycle de l’enseignement secondaire et 46 % de plus dans le deuxième cycle de l’enseignement secondaire dans les pays et économies de l’OCDE. Les chefs d’établissement ne gagnent moins que les diplômés de l’enseignement tertiaire qu’au Danemark (dans l’enseignement préprimaire), en Finlande (dans l’enseignement préprimaire), en Hongrie, en Norvège (dans l’enseignement préprimaire) et en République tchèque (dans l’enseignement préprimaire) (voir le Tableau D3.2).

Le salaire statutaire des enseignants a augmenté en valeur réelle dans la plupart des pays dont les données sont disponibles de 2000 à 2020. Ces données (sur le salaire statutaire des enseignants ayant les qualifications les plus courantes et 15 ans d’ancienneté) ne sont toutefois disponibles et les séries chronologiques ne sont sans rupture pendant toute cette période que dans un pays de l’OCDE sur trois. Le salaire des enseignants a augmenté dans deux tiers environ de ces pays, mais a diminué dans un tiers d’entre eux durant cette période.

Entre 2000 et 2020, c’est en Grèce que la diminution a été la plus forte en valeur réelle : le salaire statutaire a diminué de 14 %. Il a également diminué en valeur réelle, mais dans une moindre mesure, en Angleterre (Royaume-Uni) (de 1 %), en France (de 6 % environ), en Italie (de moins de 0.5 %) et au Japon (de près de 10 %). Le salaire statutaire des enseignants a augmenté de plus de 40 % dans l’enseignement primaire et secondaire en Irlande et dans l’enseignement préprimaire et secondaire en Israël. Dans certains pays, le salaire statutaire des enseignants a augmenté dans l’ensemble entre 2000 et 2020, mais il a diminué (en valeur réelle) à certains moments, en particulier entre 2010 et 2013 (voir le tableau D3.6 en ligne).

Entre 2005 et 2020, le salaire statutaire des enseignants ayant les qualifications les plus courantes et 15 ans d’ancienneté a augmenté en valeur réelle dans deux tiers environ des pays dont les données d’au moins un niveau d’enseignement sont comparables, à savoir la moitié des pays et économies de l’OCDE. Dans les pays et économies de l’OCDE dont les données des deux années de référence, 2005 et 2020, sont disponibles, le salaire statutaire a augmenté en moyenne de 3 % dans l’enseignement primaire et de 4 % et 2 % respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Il a augmenté de plus de 20 % en Pologne dans l’enseignement préprimaire, primaire et secondaire (sous l’effet de la mise en œuvre, en 2007, d’un programme gouvernemental visant à augmenter le salaire des enseignants progressivement entre 2008 et 2013, puis à partir de 2017 et à attirer les meilleurs enseignants par le biais d’incitations financières pour améliorer la qualité de l’enseignement) ainsi qu’en Allemagne (dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire), en Australie (dans l’enseignement préprimaire), en Islande (dans l’enseignement préprimaire), en Israël et en Norvège (dans l’enseignement préprimaire) (voir le tableau D3.6 en ligne).

Dans la plupart des pays, le salaire des enseignants a augmenté dans une mesure similaire dans l’enseignement primaire et le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire entre 2005 et 2020. Ce n’est cependant pas le cas en Israël, où le salaire statutaire a augmenté de plus de 50 % dans l’enseignement préprimaire, de 28 % dans l’enseignement primaire et de 42 % et 46 % respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire. Cette progression est en grande partie due à la mise en œuvre graduelle, à compter de 2008, de la réforme « Nouvel Horizon » à la suite d’un accord entre les autorités responsables de l’éducation et le Syndicat israélien des enseignants (dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire). Cette réforme prévoit entre autres une augmentation du salaire des enseignants contre une augmentation de leur temps de travail (voir l’indicateur D4).

Le salaire statutaire des enseignants a en revanche légèrement diminué depuis 2005 dans quelques pays et économies, notamment en Espagne (dans l’enseignement secondaire), aux États-Unis (dans l’enseignement primaire), en France, en Hongrie (dans l’enseignement primaire et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire), en Italie et au Portugal. Il a diminué de 9 % au Japon et de plus de 25 % en Grèce (à cause de la réduction de la rémunération, de l’adoption de nouvelles grilles salariales et du gel des salaires depuis 2011) (voir le tableau D3.6 en ligne).

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Remarque : Les données se rapportent aux moyennes calculées pour les pays de l'OCDE dont les données sont disponibles pour toutes les années de référence. Le salaire statutaire correspond aux enseignants ayant les qualifications minimales, après 15 ans d'exercice.Le salaire effectif correspond aux enseignants âgés de 25 à 64 ans. Les moyennes OCDE relatives au salaire statutaire et au salaire effectif ne sont pas nécessairement calculées pour le même groupe de pays.

Source : OCDE (2021), tableaux D3.6 et D3.7, disponibles en ligne. Consulter la section « Source » pour tout complément d’information et l’annexe 3 pour les remarques (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterD.pdf).

Entre 2010 et 2019, le salaire effectif des enseignants a augmenté en valeur réelle dans la plupart des pays dont les données sont disponibles. Il a augmenté dans trois quarts environ des pays dont les données tendancielles sont disponibles, mais a diminué dans un quart d’entre eux durant cette période. Toutefois, les données sur le salaire effectif des enseignants âgés de 25 à 64 ans ne sont disponibles et les séries chronologiques ne sont sans rupture pendant toute cette période que dans un pays de l’OCDE sur trois (voir le tableau D3.6 en ligne).

Dans les pays dont les données sont disponibles (et où il n’y a pas de rupture dans les séries chronologiques), le salaire effectif des enseignants a augmenté de 11 % dans l’enseignement préprimaire, de 9 % dans l’enseignement primaire et de 11 % et 10 % respectivement dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire 2010 et 2019. Il a augmenté de plus de 25 % à tous les niveaux d’enseignement en Hongrie, en Israël et en République tchèque. En Suède, il a augmenté de 18 % dans l’enseignement préprimaire et de plus de 21 % dans l’enseignement primaire et secondaire. Le salaire effectif a diminué à un niveau d’enseignement au moins dans six pays et économies. Il a diminué de plus de 8 % en valeur réelle en Angleterre (Royaume-Uni) et de 15 % en Communauté flamande de Belgique (voir le tableau D3.7 en ligne).

Chez les enseignants et les chefs d’établissement, le salaire statutaire, qui est basé sur des barèmes, n’est qu’une composante de la rémunération totale. Les systèmes d’éducation accordent aussi aux enseignants et aux chefs d’établissement des compléments, des primes, des incitations et autres gratifications. Il peut s’agir d’avantages en espèces ou en nature, par exemple la réduction du nombre d’heures de cours. Le choix des critères appliqués pour déterminer le salaire de base est du ressort de niveaux de pouvoir différents (voir les tableaux D3.10 et D3.11 en ligne).

Les critères relatifs à ces avantages varient selon les pays. Dans la grande majorité des pays et économies, les missions principales des enseignants (enseigner, préparer les cours, superviser les élèves et corriger leurs copies, participer aux travaux administratifs d’ordre général, communiquer avec les parents et collaborer avec des collègues) sont rarement prises en considération dans l’octroi de primes ou de compléments de salaire (voir le tableau D3.8 en ligne). Les enseignants peuvent aussi avoir à assumer certaines responsabilités ou à s’acquitter de certaines missions sans compensation (voir les responsabilités et missions des enseignants dans l’indicateur D4). Les enseignants qui assument d’autres responsabilités peuvent toutefois souvent prétendre à des avantages sous l’une ou l’autre forme.

Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, les enseignants investis dans la gestion de leur établissement en plus de leur charge d’enseignement ont droit à une compensation dans trois cinquièmes des pays et économies dont les données sont disponibles.

Il est également courant d’accorder des compléments de salaire, annuels ou ponctuels, aux enseignants qui s’occupent de plus de classes ou qui donnent plus de cours que prévu dans leur contrat de travail à temps plein, qui sont professeurs principaux ou qui s’acquittent de missions spéciales, par exemple celles relatives à la supervision d’enseignants stagiaires (voir le tableau D3.8 en ligne).

Des compléments de salaire ponctuels ou annuels ou une augmentation du salaire de base sont également accordés aux enseignants en poste dans le premier cycle de l’enseignement secondaire qui se distinguent par une performance remarquable dans la moitié environ des pays et économies de l’OCDE dont les données sont disponibles. Les enseignants peuvent aussi recevoir des primes s’ils enseignent dans des conditions particulières, par exemple s’ils prennent en charge des élèves ayant des besoins spécifiques d’éducation dans des établissements classiques ou qu’ils sont en poste dans des régions reculées, huppées ou défavorisées (voir le tableau D3.8 en ligne).

Des compensations peuvent également être accordées aux chefs d’établissement en fonction de certains critères, mais dans un éventail de tâches et de responsabilités plus restreint que celui des enseignants. Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, quelques pays seulement ne proposent pas de telles compensations aux chefs d’établissement : l’Australie, l’Autriche, la Communauté française de Belgique, la Hongrie et le Portugal (voir le tableau D3.9 en ligne).

Dans un quart environ des 30 pays et économies dont les données sont disponibles, les chefs d’établissement perçoivent un complément de salaire s’ils font des heures supplémentaires ou exercent des fonctions de gestion en plus de leurs responsabilités normales de chef d’établissement. Dans la moitié environ des pays et économies, à savoir en Angleterre (Royaume-Uni), en Australie, en Autriche, au Chili, en Communauté française de Belgique, en Corée, en Espagne, en Finlande, en France, en Hongrie, en Irlande, en Italie, en Pologne, au Portugal, en Slovénie et en Suisse, les enseignants qui assument des responsabilités supplémentaires perçoivent une compensation, contrairement aux chefs d’établissement qui ne peuvent prétendre à aucune compensation (voir les tableaux D3.8 et D3.9 en ligne). La mesure dans laquelle les enseignants qui assument des responsabilités supplémentaires perçoivent une compensation et les responsabilités visées varient entre ces pays. Comme dans le cas des enseignants (voir ci-dessus), un certain nombre de ces responsabilités et missions font partie intégrante de la fonction de chef d’établissement et ne donnent droit à aucune compensation supplémentaire dans plusieurs pays, dont la Grèce.

Dans le premier cycle de l’enseignement secondaire, les chefs d’établissement qui se distinguent par une performance remarquable perçoivent une prime comme les enseignants dans plus d’un tiers des pays et économies dont les données sont disponibles. Toutefois, la performance remarquable vaut une prime aux enseignants, mais pas aux chefs d’établissement en Angleterre (Royaume-Uni), en Autriche, au Chili, en Israël, au Portugal et en Turquie. C’est l’inverse en Colombie et en Espagne, où les chefs d’établissement, mais pas les enseignants, peuvent recevoir une prime s’ils se distinguent par une performance remarquable. En Espagne, cette prime est fixée à la fin d’un mandat après une évaluation positive et peut être versée pendant le reste de la carrière. En France, les chefs d’établissement reçoivent tous les trois ans une partie de leur prime en fonction des conclusions d’un entretien professionnel (voir les tableaux D3.8 et D3.9 en ligne).

Travailler dans une région défavorisée, reculée ou huppée peut valoir un complément de salaire aux enseignants et aux chefs d’établissement dans la moitié des pays et économies dont les données sont disponibles ; en Australie, cette prime est toutefois réservée aux enseignants (voir les tableaux D3.8 et D3.9 en ligne).

Par enseignants, on entend le personnel qualifié impliqué directement dans l’instruction des élèves et étudiants. Cette catégorie englobe les enseignants qui ont une charge de cours, qui dispensent un enseignement spécialisé, qui prennent en charge des élèves ou étudiants constituant une classe entière dans une salle de classe ou réunis en petits groupes dans une salle spécialisée ou qui donnent des cours particuliers dans une salle de classe ou un autre local.

Par chefs d’établissement, on entend toutes les personnes dont la fonction principale ou majeure est de diriger un ou plusieurs établissements, seules ou au sein d’un organe administratif tel qu’un conseil de direction. Les chefs d’établissement sont les responsables principaux de la direction, de la gestion et de l’administration des établissements.

Par salaire effectif des enseignants et chefs d’établissement âgés de 25 à 64 ans, on entend le salaire annuel moyen, avant impôt, que perçoivent les enseignants et chefs d’établissement âgés de 25 à 64 ans qui travaillent à temps plein. Du point de vue des salariés, il s’agit du salaire brut, car il inclut la part leurs cotisations de sécurité sociale et de retraite (même si elle est déduite automatiquement par l’employeur de leur salaire brut). Les cotisations patronales de sécurité sociale et de retraite ne sont en revanche pas incluses. Sont également inclus dans le salaire effectif les avantages financiers tels que les primes de chef d’établissement, les primes annuelles et les primes de résultats ainsi que les montants versés pendant les vacances et les congés de maladie. Les revenus d’autres sources, tels que les prestations sociales, les revenus mobiliers et autres, qui sont sans rapport avec la profession d’enseignant ou de chef d’établissement, ne sont pas inclus.

La rémunération des diplômés de l’enseignement tertiaire correspond à la rémunération annuelle moyenne des diplômés du niveau 5, 6, 7 ou 8 de la CITE âgés de 25 à 64 ans qui travaillent à temps plein toute l’année.

Le salaire maximum correspond au salaire annuel prévu à l’échelon le plus élevé du barème applicable aux enseignants travaillant à temps plein (et ayant un niveau de qualification reconnu dans le système de rémunération).

Le salaire des enseignants après 15 ans d’exercice correspond au salaire annuel prévu des enseignants qui travaillent à temps plein, dont le niveau de qualification (le niveau minimum requis pour enseigner, le niveau le plus courant ou le niveau maximum) est reconnu par le système de rémunération et qui ont 15 ans d’ancienneté.

Le salaire des enseignants en début de carrière correspond au salaire annuel moyen brut en début de carrière des enseignants qui travaillent à temps plein et dont le niveau de qualification (le niveau minimum requis pour enseigner ou le niveau le plus courant) est reconnu par le système de rémunération.

Le salaire statutaire est la rémunération prévue dans les barèmes officiels. Le salaire indiqué est le salaire brut (soit la rémunération versée par l’employeur), hors cotisations patronales de sécurité sociale et de retraite, conformément aux barèmes salariaux en vigueur. Le salaire mentionné est celui dit « avant impôt », c’est-à-dire avant déduction de l’impôt sur le revenu.

Les données sur le salaire des enseignants en poste dans le premier et le deuxième cycle de l’enseignement secondaire se rapportent uniquement à la filière générale.

Les salaires sont convertis sur la base des parités de pouvoir d’achat (PPA) de la consommation privée telles qu’elles figurent dans la Base de données de l’OCDE sur les comptes nationaux. La période de référence du salaire des enseignants s’étend du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019. L’année de référence des PPA est l’année scolaire 2018/19, sauf dans quelques pays de l’hémisphère Sud (l’Australie et la Nouvelle-Zélande, par exemple) où l’année scolaire va de janvier à décembre. Dans ces pays, l’année de référence est l’année civile (2019, par exemple). Les salaires sont indiqués en devise nationale à l’annexe 2. L’évolution du salaire des enseignants est calculée après conversion des montants aux prix de 2005 au moyen du déflateur de la consommation privée (voir les tableaux D3.14 et D3.15 en ligne).

Dans la plupart des pays, les qualifications les plus courantes des enseignants sont déterminées sur la base du principe de la majorité absolue (et correspondent aux qualifications du pourcentage le plus élevé d’enseignants).

Dans le Tableau D3.2, les ratios entre le salaire des enseignants (colonnes nos 2 à 5) et des chefs d’établissement (colonnes nos 10 à 13) et la rémunération des diplômés de l’enseignement tertiaire âgés de 25 à 64 ans qui travaillent à temps plein toute l’année sont calculés sur la base de moyennes pondérées. Le coefficient de pondération de chaque pays est déterminé sur la base du pourcentage d’enseignants et de chefs d’établissement diplômés de chaque niveau de l’enseignement tertiaire (voir les tableaux X2.9 et X2.10 à l’annexe 2). Les ratios sont calculés dans les pays dont les données sont disponibles. La rémunération des actifs qui se rapporte à une année de référence autre que 2019 à laquelle correspond le salaire des enseignants et des chefs d’établissement est ajustée à cette année de référence à l’aide d’un déflateur. Tous les autres ratios indiqués dans le Tableau D3.2 et le tableau D3.8 (en ligne) sont calculés sur la base de tous les actifs diplômés de l’enseignement tertiaire, et non sur la base de moyennes pondérées. La rémunération des actifs correspond à celle de tous les actifs occupés, y compris les enseignants, durant la période de référence. Comme les enseignants représentent une part importante des actifs occupés dans la plupart des pays, leur niveau de salaire peut affecter la rémunération moyenne des actifs. La même procédure a été utilisée dans le tableau D3.7 (en ligne), mais les ratios ont été calculés sur la base du salaire statutaire des enseignants ayant 15 ans d’ancienneté, et non sur la base de leur salaire effectif.

Voir le Guide de l’OCDE pour l’établissement de statistiques internationalement comparables dans le domaine de l’éducation 2018 (OCDE, 2019[5]) pour de plus amples informations. Voir les notes spécifiques aux pays à l’annexe 3 (https://www.oecd.org/education/education-at-a-glance/EAG2021_Annex3_ChapterD.pdf).

Les données sur le salaire et les primes des enseignants et des chefs d’établissement proviennent de la collecte de données sur la rémunération des enseignants et des chefs d’établissement menée conjointement par l’OCDE et Eurydice en 2019. Elles se rapportent à l’année scolaire 2018/19 et suivent les politiques officielles appliquées dans les établissements publics. Les données sur la rémunération des actifs proviennent de la collecte de données habituelle du réseau LSO (Labour Market and Social Outcomes of Learning) de l’OCDE, qui est chargé d’élaborer les données relatives aux retombées de l’enseignement sur l’économie, le marché du travail et la société.

References

[3] Johnes, G. et J. Johnes (2004), International Handbook on the Economics of Education, Edward Elgar, Cheltenham, UK; Northampton, MA.

[4] Matteazzi, E., A. Pailhé et A. Solaz (2018), « Part-time employment, the gender wage gap and the role of wage-setting institutions: Evidence from 11 European countries », European Journal of Industrial Relations, vol. 24/3, pp. 221-241, https://doi.org/10.1177/0959680117738857.

[5] OCDE (2019), Guide de l’OCDE pour l’établissement de statistiques internationalement comparables dans le domaine de l’éducation 2018 : Concepts, normes, définitions et classifications, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264305380-fr.

[2] OCDE (2019), Regards sur l’éducation 2019 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/6bcf6dc9-fr.

[1] OCDE (2006), Le rôle crucial des enseignants : Attirer, former et retenir des enseignants de qualité, Politiques d’éducation et de formation, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264018051-fr.

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