Corée

La croissance du PIB devrait se raffermir pour passer de 1.3 % en 2023 à 2.6 % en 2024 et 2.2 % en 2025. Les coûts élevés du service de la dette et l’inflation toujours supérieure à l’objectif continueront de peser à court terme sur la consommation et l’investissement privés. Toutefois, la demande intérieure devrait se redresser en 2024. L’amélioration des exportations va se poursuivre, dans un contexte de demande vigoureuse de semi-conducteurs. L’inflation atteindra l’objectif d’ici à la fin de 2024, malgré les tensions actuelles sur les prix des produits alimentaires et la hausse des prix de l’énergie. L’emploi devrait continuer à progresser, tandis que le chômage se stabilisera à un niveau bas.

L’orientation de la politique monétaire est adéquate, un assouplissement étant attendu à compter de la fin de 2024. L’assainissement des finances publiques devrait être progressif et répondre à l’application de la règle budgétaire proposée. Une intensification de la concurrence sur le marché intérieur permettrait de relever la productivité des PME. Renforcer davantage les politiques familiales et réduire la dualité du marché du travail pourraient améliorer la fécondité et l’emploi des femmes, tout en allongeant la vie active. Autoriser davantage d’immigrés à entrer dans le pays pourrait compenser une partie des répercussions négatives du vieillissement rapide.

La croissance du PIB réel s’est établie à 0.6 % au quatrième trimestre de 2023, essentiellement sous l’effet des exportations. La consommation privée a été médiocre et l’investissement, notamment dans la construction, a subi une contraction en raison des taux d’intérêt élevés, de la faible croissance des salaires réels et de l’atonie du marché du logement. L’inflation globale mesurée par les prix à la consommation a reflué à 2.8 % en janvier, avant d’augmenter légèrement pour atteindre 3.1 % en mars sous l’effet de la hausse des prix des produits agricoles. L’inflation sous-jacente s’est modérée pour s’établir 2.4 % en mars. Le marché du travail se porte bien, avec un emploi historiquement élevé et un chômage faible.

Le raffermissement de la demande mondiale de puces électroniques reste un moteur de croissance de premier plan pour la Corée. Les exportations en douane ont continué à progresser en février dans le contexte de la vigueur de la demande de semi-conducteurs. La crise en mer Rouge ne provoque pas directement une réduction des volumes des échanges ; néanmoins, la hausse des tarifs du transport maritime accroît les coûts des échanges, notamment avec l’Union européenne.

La Banque de Corée a maintenu son taux directeur à 3.5 % depuis janvier 2023. Ce taux est supposé rester inchangé jusqu’à la fin de 2024, lorsque l’inflation se rapprochera de l’objectif de 2 %, avant d’être ramené progressivement à 2.5 % d’ici à la mi-2025. La politique budgétaire est légèrement restrictive en 2024, en raison d’un rebond attendu des recettes fiscales après une énorme moins-value en 2023 et d’une hausse maîtrisée des dépenses non essentielles. Une réduction temporaire de la taxe sur les carburants mise en œuvre en 2021 devrait être de nouveau prolongée à court terme, mais les projections de l’OCDE reposent sur l’hypothèse qu’elle sera progressivement supprimée d’ici à 2025, à mesure que l’inflation se stabilisera. L’hypothèse de la poursuite d’un durcissement progressif de la politique budgétaire est posée pour 2025, conformément au plan d’assainissement du gouvernement.

La croissance du PIB réel devrait s’accélérer pour atteindre 2.6 % en 2024, puis 2.2 % en 2025. Le rebond de la demande mondiale, de semi-conducteurs notamment, entraînera une hausse des exportations en 2024. La consommation et l’investissement privés devraient rebondir à partir de la fin de 2024, lorsque les taux d’intérêt commenceront à baisser. L’inflation globale devrait se maintenir à environ 3 % à court terme, compte tenu du renchérissement de l’énergie et des produits alimentaires, avant de se modérer progressivement pour tendre vers l’objectif d’ici à la fin de 2024. Une réduction plus rapide que prévu des prêts aux ménages et des prêts destinés à financer des projets pourrait freiner la consommation privée et l’investissement dans la construction. L’exacerbation des tensions géopolitiques pourrait menacer les chaînes d’approvisionnement coréennes et entraîner une hausse de l’inflation. Si l’inflation recule plus vite que prévu et si les taux d’intérêt sont abaissés de manière plus décisive, la consommation et l’investissement privés pourraient se révéler bien meilleurs que prévu.

Le vieillissement rapide de la population impose une réforme structurelle et un assainissement des finances publiques. La règle budgétaire proposée, qui plafonne le déficit budgétaire géré à 3 % du PIB, devrait être appliquée tout comme les réformes visant à allonger la vie active, à accroître l’immigration et à stimuler l’emploi des jeunes. Les réformes des retraites doivent assurer des revenus de retraite suffisants, mais aussi garantir la viabilité financière. Les pouvoirs publics devraient aussi s’employer à faciliter l’articulation entre vie professionnelle et vie familiale, afin d’améliorer la fécondité et l’emploi des femmes, notamment en encourageant le recours au congé parental et en favorisant l’adoption de modalités de travail plus flexibles. Un assouplissement de la réglementation des marchés de produits et une rationalisation des aides publiques destinées aux PME contribueraient à diminuer les écarts de productivité entre les grandes et les petites entreprises, d’une part, et la dualité du marché du travail, d’autre part. Dans l’optique de réduire davantage les émissions de gaz à effet de serre, le système coréen d’échange de quotas d'émission devrait être en phase avec les objectifs climatiques et la réforme du marché de l’électricité devrait tendre vers un renforcement de la concurrence et une tarification davantage fondée sur le marché pour l’utilisateur final. Il conviendrait de supprimer progressivement la baisse temporaire de la taxe sur les carburants, qui a été prolongée à plusieurs reprises depuis 2022, en apportant directement un soutien plus ciblé aux groupes vulnérables.

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