Synthèse

L’investissement durable est essentiel au développement économique, social et environnemental de l’Afrique. Un investissement est dit « durable » lorsque la somme de ses bénéfices escomptés sur le plan économique, social et environnemental est supérieure à son coût global. Lors de la mobilisation et de l’affectation des investissements, les pays africains doivent concilier les cibles économiques de la transformation productive avec d’autres objectifs d’ordre plus social et environnemental tels que l’inclusion et la résilience au changement climatique. Il leur faut par exemple trouver le juste équilibre entre production d’énergie et réduction des émissions de carbone, expansion de l’utilisation des terres agricoles et préservation des écosystèmes, ou encore création massive d’emplois et promotion des normes du travail. Cette édition 2023 des Dynamiques du développement en Afrique propose une analyse, toujours étayée de données factuelles, du paysage de l’investissement en Afrique et identifie les principales politiques d’investissement à même de dynamiser le développement durable du continent dans son ensemble et de chacune de ses cinq régions.

Chiffré à environ 7 % du produit intérieur brut (PIB) du continent, le déficit de financement des Objectifs de développement durable de l’Afrique est minime en comparaison des ressources financières disponibles à l’échelle du continent et du monde. Cet écart entre les financements nécessaires à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et les ressources disponibles s’élevait en moyenne à 194 milliards USD par an pour la période 2015-21 (Graphique 1). Représentant l’équivalent de 34 % des investissements en Afrique en 2021 (formation brute de capital fixe, définie comme l’acquisition d’actifs produits), ce montant apparaît en définitive minime en comparaison des capitaux disponibles : il équivaut à moins de 0.2 % du stock mondial et à 10.5 % du stock africain d’actifs sous gestion (actifs financiers que les sociétés de gestion de patrimoine gèrent pour le compte des investisseurs). Une réaffectation hypothétique annuelle de seulement 0.2 % du stock mondial des actifs sous gestion porterait leur allocation totale à destination de l’Afrique de moins de 1 % à l’heure actuelle à environ 2.3 % d’ici 2030, une part encore inférieure à celle du continent dans le PIB mondial (2.9 % en 2020).

Le déficit de financement de l’Afrique s’est récemment creusé dans le sillage de la pandémie de COVID-19, de l’onde de choc mondiale des conflits et du changement climatique. La crise sanitaire a porté un coup aux recettes publiques de l’Afrique, avec le recul du ratio moyen impôts/PIB du continent de 0.3 point de pourcentage en 2020, pour s’établir à 16.0 % (OCDE/ATAF/CUA, 2022). Les conflits internationaux ont de leur côté entraîné des perturbations des chaînes d’approvisionnement et l’augmentation des prix de produits d’importation essentiels (denrées alimentaires, énergie et engrais). Les besoins de financement de la lutte contre le changement climatique n’ont quant à eux jamais été satisfaits : entre 2019 et 2020, seuls 11.4 milliards USD du financement climatique total de l’Afrique ont été consacrés à l’adaptation, près de cinq fois moins que les 53 milliards USD annuels fixés au titre des contributions déterminées au niveau national dans le cadre de l’Accord de Paris (GCA, 2022).

Le climat d’incertitude sur la scène mondiale et l’inflation ont fait grimper le coût de la dette de la plupart des pays africains. Ces dix dernières années, les niveaux d’endettement ont augmenté dans toute l’Afrique, le coût du service de la dette passant de 3 % à plus de 5 % du revenu national brut sur la période 2010-20. Plus récemment, le climat d’incertitude mondiale provoqué par la crise a entraîné une réévaluation des risques. Le taux d’inflation moyen du continent devrait atteindre 15.5 % en 2023 – son plus haut niveau depuis 27 ans –, avec des pics supérieurs à 15 % dans 11 pays africains. L’augmentation des coûts d’emprunt pour les pays du continent a exclu les pays moins bien notés des marchés financiers internationaux et empêché le refinancement de la dette (FMI, 2023a). Entre 2021 et 2022, le rendement des euro-obligations a par exemple augmenté pour de nombreux pays africains, l’écart de rendement d’une euro-obligation africaine moyenne (une mesure du coût de l’emprunt sur les marchés de capitaux) parmi 20 pays africains atteignant son niveau le plus élevé depuis 15 ans, à environ 10 points de pourcentage en septembre 2022, éclipsant les précédents pics de la crise du COVID-19 en 2020 et de la crise financière mondiale de 2008 (Smith, 2022). Entre avril 2022 et avril 2023, aucun pays africain n’a été en mesure d’émettre de nouvelles euro-obligations (FMI, 2023a). En février 2023, le Fonds monétaire international (FMI) identifiait huit pays africains en situation de surendettement et 13 autres à risque élevé de surendettement (FMI, 2023b).

Si l’Afrique a bénéficié d’une croissance forte, soutenue par les investissements, celle-ci n’est pas encore suffisamment transformatrice et durable. Depuis le début du XXIe siècle, le continent affiche le deuxième taux de croissance économique le plus élevé au monde après l’Asie en développement. La croissance africaine reprend de la vigueur après la récession mondiale de 2020 : estimée à 3.7 % en 2023 et projetée à 4.2 % en 20241, la croissance réelle du continent se classe après l’Asie en développement et devant l’Amérique latine et les Caraïbes, respectivement à 5.0 % et 1.6 % pour 2023 et 4.9 % et 2.2 % pour 2024. Des taux d’investissement élevés ont alimenté cette croissance africaine, comme en atteste la contribution de la formation brute de capital fixe à la croissance du produit intérieur brut (PIB), qui a atteint un pic de 1.2 point de pourcentage en 2017-19 avant de décliner en 2020-22 pendant la pandémie de COVID-19 (Graphique 2). Dans l’ensemble, ce dynamisme économique n’a toutefois pas permis la transformation productive nécessaire, notamment la création d’emplois et l’intégration des chaînes de valeur (CUA/OCDE, 2018, 2019, 2022).

L’Afrique offre à l’investissement durable un capital humain et naturel exceptionnel. Sa population est la plus jeune de tous les continents, avec un âge médian de 19 ans (contre 30 pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 31 pour l’Asie en développement et 42 pour l’Europe), et devrait presque doubler d’ici 2050, passant d’environ 1.4 milliard d’habitants à près de 2.5 milliards. Le continent africain concentrera ainsi plus de la moitié de la croissance démographique mondiale (BAfD/OCDE/PNUD, 2015 ; ONU DESA, 2022). La proportion de jeunes Africains diplômés du deuxième cycle de l’enseignement secondaire ou de l’enseignement supérieur pourrait en outre atteindre 34 % d’ici 2040, contre 23 % en 2020 et 18 % en 2010 (CUA/OCDE, 2021). Entre 2011 et 2020, le stockage de carbone des forêts africaines a de son côté augmenté de 11.6 millions de kilotonnes d’équivalent CO2, alors qu’il a diminué de 13 millions de kilotonnes dans celles des autres régions du monde, une augmentation revenant à hauteur de 59 % aux forêts d’Afrique centrale, désormais reconnues comme le plus grand puits de carbone de la planète (FAO, 2022). Le continent détient par ailleurs 60 % des meilleures ressources solaires mondiales (AIE, 2022) et le capital naturel y représente 19 % des ressources totales, contre 7 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes et 3 % pour l’Asie en développement (Banque mondiale, 2021).

Malgré son potentiel, l’Afrique attire, comparée aux autres régions du monde, la part la plus faible de capital des investisseurs institutionnels. En 2017-18, les compagnies d’assurance et fonds de pension mondiaux n’ont ainsi alloué que 0.5 % de leurs capitaux à des actifs africains, contre 1.2 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes et 4.2 % pour l’Asie en développement. La part de l’Afrique dans les capitaux d’investissement mondiaux est donc restée faible (inférieure à 1 %), malgré l’augmentation du stock mondial d’actifs sous gestion, passé de 48 000 milliards USD en 2010 à plus de 112 000 milliards USD en 2021 en dépit des ralentissements économiques (BCG, 2022).

La part de l’Afrique dans les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux et sa participation aux chaînes de valeur mondiales ont stagné. Ces dix dernières années, les IDE mondiaux en faveur de nouveaux projets (aussi appelés « greenfield », c’est-à-dire créant de nouvelles installations de production au lieu d’acquérir des sites existants) ont accusé une baisse annuelle moyenne de 3 %. Depuis 2016, ils se sont par ailleurs déplacés des pays en développement vers ceux à revenu élevé (Graphique 3), tendance qu’est venue accélérer la pandémie de COVID-19 : en 2020-21, les pays à revenu élevé (hors Amérique latine et Caraïbes) ont ainsi attiré 61 % des IDE mondiaux greenfield (part la plus élevée jamais enregistrée), contre 17 % pour l’Asie en développement, 10 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes, et seulement 6 % pour l’Afrique (part la plus faible depuis 2004). La participation de l’Afrique aux chaînes de valeur mondiales a également stagné depuis la crise financière mondiale de 2008, ressortant à seulement 1.7 % en 2019 (CUA/OCDE, 2022).

Le risque et le manque d’informations demeurent des obstacles à la mobilisation des investissements dans de nombreux pays africains. Les représentants de multinationales mondiales (interrogés dans le cadre de ce rapport) pointent ainsi les risques macroéconomiques, l’instabilité politique et le manque de capacités réglementaires comme autant d’obstacles persistants à leurs investissements dans les pays africains (Graphique 4). Certains notent toutefois qu’une solide expérience du terrain africain peut permettre l’obtention de meilleurs taux de rendement sur le continent que dans d’autres régions du monde. Un manque global d’informations entrave par ailleurs l’évaluation des opportunités d’investissement sur les marchés africains : le manque de données peut entraîner des retards, suscitant l’attentisme des investisseurs, et alimenter un phénomène de « prime de perception ».

La mauvaise notation financière de nombreux pays africains peut entraîner une surestimation des risques et renchérir le coût du capital. En décembre 2022, les principales agences mondiales de notation n’ont attribué une note de catégorie investissement qu’au Botswana et à Maurice, tandis qu’elles classaient l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire et le Maroc dans la catégorie spéculative (Trading Economics, 2022). Or, les agences de notation peuvent manquer de données et d’informations détaillées sur les pays africains. Une récente étude du PNUD (2023) compare ainsi une notation neutre, fondée sur des modèles, à celles émises par les agences de notation, considérant que ces dernières sont un vecteur de hausse des taux d’intérêt et un frein à la mobilisation des investissements, avec un coût d’opportunité total pouvant atteindre 74.5 milliards USD pour les pays africains. La notation souveraine des pays sert en outre de référence aux créanciers privés et a donc également une incidence sur le coût des capitaux privés (taux d’intérêt, durée des prêts). Le coût élevé du capital constitue un véritable obstacle à la mobilisation des investissements, en particulier dans les secteurs nécessitant d’importantes dépenses initiales en capital, comme celui de l’énergie où le coût moyen pondéré du capital pour les projets en Afrique était en 2021 environ sept fois plus élevé qu’en Europe et en Amérique du Nord (AIE, 2022).

Les sources de financement extérieures et intérieures de l’Afrique offrent un potentiel inexploité pour dynamiser l’investissement durable à travers le continent. Le Tableau 1 synthétise les avantages et inconvénients des principales sources d’investissement durable en Afrique. Le potentiel d’appui des IDE et des transferts des migrants à une croissance durable reste sous-exploité en raison de leur intégration limitée dans les activités productives du continent. L’aide publique au développement (APD) a, de son côté, fait preuve de résilience durant la pandémie de COVID-19, mais reste inférieure aux engagements pris par la communauté internationale. Les investissements privés axés sur le développement durable, tels que l’investissement d’impact et la philanthropie, sont quant à eux encore limités et présentent des biais sectoriels et nationaux spécifiques. Parmi les sources intérieures d’investissement, le potentiel d’appui des multinationales africaines et des investisseurs institutionnels du continent à une croissance durable et résiliente reste largement inexploité. Les recettes publiques représentent la principale source de financement dans la plupart des pays, mais leur mise au service d’objectifs de durabilité demeure limitée et insuffisamment documentée. La mobilisation des ressources intérieures apparaît essentielle pour élargir la marge de manœuvre budgétaire des gouvernements nationaux et réduire le poids de la dette, mais aussi attirer davantage d’investissements durables de la part du secteur privé.

Les apports financiers extérieurs représentent une importante source de financement du développement du continent africain (Graphique 1), mais leur impact sur le développement durable reste limité.

  • En 2021, les IDE et les transferts des migrants restaient les sources extérieures de financement les plus importantes (6.4 % du PIB de l’Afrique), avec toutefois un potentiel d’appui au développement durable sous-exploité : alors qu’un million USD d’IDE crée par exemple 14 emplois dans le textile, 10 dans l’équipement électronique et 9 dans l’automobile, ces secteurs à forte intensité d’emplois n’ont attiré que 4.5 % des IDE en faveur de nouveaux projets en Afrique sur la période 2003-20.

  • L’APD a certes augmenté en réponse à la pandémie de COVID-19, mais est restée à environ 0.36 % du revenu national brut des pays donneurs, bien en deçà des 0.7 % fixés par le Programme de développement durable à l’horizon 2030. En 2022, l’APD bilatérale à destination de l’Afrique a reculé de 7.4 % par rapport à l’année précédente, malgré une augmentation globale au niveau mondial (OCDE, 2023). L’APD présente en outre des biais sectoriels et nationaux spécifiques : alors que les financements privés mobilisés dans son cadre ont vu leur montant multiplié par cinq en Afrique entre 2012 et 2020 (passant de seulement 4 milliards USD à 22 milliards USD), moins de 30 % y ont bénéficié à des pays à faible revenu (OCDE, 2022b).

  • Les investissements privés axés sur le développement durable (investissement d’impact et philanthropie) restent limités et déséquilibrés. L’Afrique australe, dont le PIB (parité de pouvoir d’achat) par habitant est trois fois supérieur à celui de l’Afrique centrale, a ainsi toutefois bénéficié de plus de quatre fois plus d’apports philanthropiques par habitant sur la période 2016-19.

Les IDE créateurs de liens avec les économies et fournisseurs locaux peuvent contribuer au développement durable. Malgré parfois un certain délai de concrétisation, les IDE peuvent ainsi favoriser la croissance et l’innovation dans le pays d’accueil (Diallo, Jacolin et Rabaud, 2021 ; OCDE, 2022c). Notre analyse des enquêtes de conjoncture de la Banque mondiale montre toutefois que les entreprises étrangères opérant dans les pays africains utilisent en moyenne moins d’intrants locaux que leurs homologues en Asie, notamment dans les secteurs de l’agroalimentaire et de la fabrication.

La mobilisation des investissements de la diaspora peut contribuer au développement de la production locale. Entre 20 % et 30 % des transferts des migrants mondiaux sont destinés à des activités économiques (FIDA/Banque mondiale, 2015). Les investissements de la diaspora s’avèrent particulièrement bien positionnés pour soutenir les réseaux de production locaux, la plupart de ces investisseurs tendant à établir davantage de liens avec les fournisseurs locaux (Amendolagine et al., 2013). Ces investissements se destinent toutefois en majorité à des activités informelles (Asquith et Opoku-Owusu, 2020). Une approche structurée de l’investissement de la diaspora pourrait mettre pleinement à profit son épargne annuelle, estimée à 33.7 milliards USD (Faal, 2019). Une planification minutieuse, des procédures d’approbation réglementaire dans les pays bénéficiaires et une tarification compétitive semblent être, à ce titre, des clés pour le succès d’initiatives d’investissement obligataire de la diaspora africaine (CUA/OCDE, 2021).

L’IDE intra-africain, qui s’est montré plus résilient face aux chocs mondiaux que celui en provenance de l’extérieur du continent, présente encore une belle marge de progression. De 2017 à 2021, les flux d’IDE intra-africains ne représentaient que 9 % des IDE en faveur de nouveaux projets sur le continent. Ils ont toutefois fait preuve de résilience pendant la pandémie de COVID-19 : en 2020-21, les IDE greenfield intra-africains ont certes diminué de 20 % par rapport à 2018-19, mais le recul de ceux en provenance de l’extérieur du continent a été environ trois fois plus important (-58 %). Les investisseurs basés en Afrique ont renforcé leur participation à de nouveaux projets d’investissement dans les TIC, les énergies renouvelables et les métaux (fDi Intelligence, 2022). L’analyse de la base de données Orbis montre que la grande majorité (69 %) des entreprises cotées en bourse basées en Afrique opèrent dans les secteurs en pleine croissance des services, comme les services financiers (29 %), le commerce de détail (8 %), l’immobilier (6 %) et les technologies de l’information et de la communication (6 %).

Les investisseurs institutionnels africains ont vu leurs actifs croître rapidement, avec un fort potentiel d’investissement dans les activités économiques durables. Selon les dernières estimations, ils détenaient ainsi en 2020 environ 1 800 milliards USD d’actifs sous gestion, une enveloppe en hausse de 48 % par rapport à 2017 (Juvonen et al., 2019). D’après les données de l’OCDE, les fonds de pension de 15 pays africains cumulaient 380 milliards USD d’actifs en 2020 – l’Afrique du Sud comptant pour près de 80 % de ce total (OCDE, 2021b) –, soit en moyenne 25 % du PIB pour l’Afrique (principalement sous l’impulsion de l’Afrique du Sud, de la Namibie et du Botswana), contre 22 % pour l’Amérique latine et les Caraïbes et 3 % pour l’Asie en développement. L’analyse de cinq marchés de pensions africains (Afrique du Sud, Ghana, Kenya, Namibie et Nigéria) met toutefois en évidence la place négligeable des actifs alternatifs – infrastructures, immobilier, actifs verts et durables, capital-investissement et capital-risque, entre autres exemples –, qui y représentent moins de 3 % des portefeuilles (BAfD/SFI/MFW4A, 2022). Si la moitié des principaux fonds de pension du continent disent accorder une place de premier plan à la durabilité dans leurs investissements, les informations qu’ils communiquent sur leurs stratégies en ce sens restent limitées (Stewart, 2022). Loin d’être spécifique au continent africain, cette situation reflète les tendances observées à l’échelle mondiale parmi les investisseurs institutionnels (OCDE, 2021c).

Quelles politiques peuvent aider les pays africains à mobiliser davantage d’investissements et à mieux les mettre au service de l’Agenda 2063 et des priorités de développement durable ? L’efficacité de l’affectation des ressources financières et budgétaires existantes du continent en faveur des objectifs de durabilité semble offrir le plus grand potentiel à cet égard. En outre, si la communauté internationale doit remplir ses obligations auprès des pays en développement en matière de financement du développement durable, les gouvernements africains, le secteur privé et la société civile doivent aussi collaborer plus étroitement afin d’attirer davantage d’investissements durables dans les économies africaines. Ce rapport propose à cet effet trois priorités d’action à même de dynamiser l’investissement durable en Afrique (Tableau 2).

Il est possible pour les régions africaines de mettre mieux à profit leurs atouts pour accélérer la transformation productive et le développement durable. Les cinq chapitres régionaux de ce rapport explorent ainsi comment chaque région du continent peut dynamiser l’investissement durable en fonction de ses secteurs stratégiques (voir le Tableau 3 et les chapitres 3 à 7). Différentes études de cas illustrent par des exemples concrets la mise en œuvre des grands axes d’action proposés au Tableau 2 dans des régions et secteurs d’activité spécifiques, tout en mettant en lumière les dynamiques de renforcement mutuel entre transformation productive et développement durable.

  • L’Afrique australe concentre à elle seule environ 60 % de la capacité solaire installée du continent, tandis que la vallée du Rift en Afrique de l’Est recèle, toujours à l’échelle continentale, le plus fort potentiel géothermique. Le secteur des énergies renouvelables offre à ces deux régions la possibilité d’œuvrer en faveur de la sécurité énergétique et de l’atténuation des effets du changement climatique tout en créant des emplois et de l’activité économique.

  • Les forêts d’Afrique centrale contribuent à hauteur de 62 % au stockage de carbone du continent, soit 11 % du stock mondial. La préservation des écosystèmes naturels de la région y laisse présager des bénéfices tant financiers qu’écologiques.

  • Le financement climatique mixte à destination de l’Afrique du Nord s’est vu multiplié par 4.9, passant de 91 millions USD en moyenne sur la période 2012-16 à 447 millions USD en 2017-21, contre un facteur de 2.4 pour l’Asie en développement et 3.4 pour l’Amérique latine et les Caraïbes. L’harmonisation et le renforcement des cadres institutionnels régissant ces instruments financiers peuvent aider la région à mobiliser les fonds dont elle a besoin pour s’adapter efficacement aux défis du changement climatique.

  • En Afrique de l’Ouest, la valeur ajoutée de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche représentait 24.4 % du PIB en 2021, contre 16.5 % à l’échelle du continent et 4.3 % à celle du monde. L’amélioration des chaînes d’approvisionnement de la région en produits alimentaires transformés permettrait la réduction des importations et de l’informalité dans ce secteur.

Le renforcement des capacités statistiques des pays africains peut améliorer la pertinence des évaluations des risques-pays et réduire le coût du service de la dette. Les organisations et partenariats internationaux pourraient notamment intensifier leur soutien aux capacités statistiques nationales des ministères des Finances et des instituts de statistique. À l’échelon national, la plupart des gouvernements africains peuvent, de leur côté, augmenter à 0.15 % la part des dépenses publiques allouée aux capacités statistiques (contre une moyenne continentale de seulement 0.07 % en 2021), comme ils s’y sont engagés dans le cadre de la Stratégie pour l’harmonisation des statistiques en Afrique 2017-26 (CUA/BAfD/CENUA/ACBF, 2017 ; AUDA-NEPAD, 2022). Un grand nombre de pays du continent pourraient en outre améliorer les écarts de rendement de leurs obligations souveraines de 14.5 points de base et de réduire leur dette externe d’environ 400 millions USD s’ils alignaient leur niveau moyen de transparence des données (en appliquant les normes internationales et les meilleures pratiques) sur celui des pays plus performants (Kubota et Zeufack, 2020). Le renforcement des capacités statistiques des autorités fiscales pourrait par ailleurs aider les pays africains à récupérer une partie des 50 milliards USD de flux financiers illicites qui leur échappent chaque année, en permettant par exemple aux autorités d’appliquer la déclaration financière pays par pays pour les entreprises multinationales ou de faire concorder les registres fiscaux avec les données d’enregistrement des entreprises (Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique, 2021).

Les organismes publics et organisations internationales peuvent, en partenariat avec les acteurs privés, compiler et diffuser les données sectorielles et sur la durabilité. Selon l’enquête menée par la CUA et l’OCDE auprès d’investisseurs, ceux-ci souhaiteraient obtenir davantage d’informations officielles et dédiées sur les incitations et les données statistiques (Graphique 5). Les agences de promotion de l’investissement, régulateurs et autres organismes publics pourraient fournir ces informations au niveau national, en mettant régulièrement à jour les données et en les présentant dans des formats harmonisés et faciles à utiliser. Les gouvernements africains pourront, dans le même ordre d’idées, encourager la collecte de données sur la durabilité via des cadres nationaux pouvant servir de base à une architecture continentale de financement du développement durable (Were, 2022 ; chapitre 7).

En Afrique centrale, l’amélioration de la comptabilité du capital naturel pourrait débloquer des financements supplémentaires à l’appui du développement durable de la région (chapitre 4). Bien que reconnues plus grand puits de carbone de la planète (évalué à 55 milliards USD par an), les forêts du bassin du fleuve Congo n’ont par exemple bénéficié ces dix dernières années que de 12 % des financements internationaux alloués à la gestion durable des forêts, contre 34 % pour le bassin de l’Amazone et 55 % pour les forêts d’Asie du Sud-Est. Dans ce contexte, l’adhésion à des cadres internationaux tels que le Système de comptabilité économique et environnementale des Nations Unies, à l’instar du Burundi et du Cameroun, peut aider les gouvernements à estimer leur capital naturel avec plus de fiabilité, à évaluer les différentes opportunités et à améliorer l’affectation des financements durables.

Le développement et l’interconnexion des bourses pourraient permettre la mobilisation de financements supplémentaires à l’appui de la croissance des entreprises africaines. La capitalisation boursière des 28 bourses nationales et 2 bourses régionales d’Afrique reste pour l’instant très en deçà de celle des économies en développement comparables : en 2021, la valeur totale des introductions en bourse africaines représentait ainsi moins de 1 milliard USD (contre 14 milliards USD au Brésil et 17 milliards en Inde). En outre, sur la période 2017-21, les introductions en bourse sur le continent africain comptaient pour moins de 1 % des 1 500 milliards USD de celles enregistrées à l’échelle mondiale (PwC, 2021) et 77 % de l’ensemble des capitaux levés dans le cadre d’introductions en bourse africaines provenaient de trois marchés uniquement (Afrique du Sud, Égypte et Nigéria). Dans ce contexte, l’interconnexion des bourses peut réduire les coûts de transaction, accroître l’activité et renforcer l’intégration des marchés de capitaux. L’amélioration de la transparence des conditions d’admission à la cote des bourses africaines pourrait en outre favoriser le déblocage de financements pour les petites entreprises. Lancé en 2022, le projet d’interconnexion des bourses africaines « African Exchanges Linkage Project » permet par exemple l’échange transfrontalier sans entrave de titres entre sept bourses africaines, d’une capitalisation d’environ 1 500 milliards USD.

L’amélioration de la capitalisation des institutions financières de développement (IFD) africaines peut leur permettre de soutenir les objectifs de développement nationaux. L’Afrique compte 102 IFD, soit environ 20 % de leur nombre total à l’échelle mondiale. Les IFD africaines gèrent toutefois rarement des actifs d’une valeur supérieure à 2 % ou 3 % du PIB de leur pays. Au vu des contraintes budgétaires des gouvernements africains, les donneurs pourraient augmenter la capitalisation des IFD africaines afin de renforcer leur capacité à mobiliser les investissements. Des initiatives telles que le Programme d’appui à la planification et aux activités préparatoires du Fonds vert pour le climat peuvent aider les IFD africaines à diversifier leurs financements. Fournissant des subventions d’un montant pouvant aller jusqu’à 1 million USD par an et une assistance technique aux institutions locales de 35 pays africains, ce programme leur permet d’accéder aux accréditations et financements du Fonds (GCF, n.d.). La communauté internationale pourrait par ailleurs envisager de réaffecter une partie des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI à certaines institutions financières africaines se démarquant par leur bonne gestion, afin de garantir un alignement effectif sur les priorités régionales. La Banque africaine de développement et le Président de l’Union africaine ont, dans cette optique, appelé à la réaffectation de 100 milliards USD de DTS via le Fonds africain de développement afin de permettre l’octroi de financements concessionnels aux pays à faible revenu (BAfD, 2022).

L’utilisation d’instruments de financement innovants peut permettre le déblocage de nouveaux investissements durables. Les gouvernements africains peuvent notamment recourir aux obligations vertes, sociales et durables ou aux crédits carbone pour accroître le financement de la lutte contre le changement climatique (Dembele, Schwarz et Horrocks, 2021 ; chapitres 4, 5 et 6). En 2021, le Gabon est ainsi devenu le premier pays africain à recevoir, pour ses efforts de réduction de la déforestation en 2016-17, des fonds (17 millions USD) au titre de l’accord de 150 millions USD dans le cadre de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (CAFI, 2021). L’émission d’obligations vertes dans neuf pays africains, qui a permis la mobilisation de 4.5 milliards USD sur la période 2014-21, pourrait par ailleurs être étendue grâce à des réformes réglementaires favorables, comme celles mises en œuvre en Amérique latine et dans les Caraïbes, qui ont attiré 32.8 milliards USD au cours de la même période. La mise en place de systèmes d’échange de crédits carbone pourrait quant à elle débloquer jusqu’à 245 milliards USD (Wambui, 2022 ; Yu et al., 2021), à l’instar de l’Initiative des marchés du carbone en Afrique, lancée lors de la COP27, qui vise la mobilisation de 6 milliards USD et la création de 30 millions d’emplois à l’horizon 2030. Enfin, les solutions de financement en monnaie locale et d’autres outils d’atténuation des risques peuvent améliorer la viabilité et l’accessibilité des projets pour les investisseurs locaux. InfraCredit Nigeria, qui octroie des garanties en monnaie locale, a par exemple mobilisé depuis 2017 près de 240 millions USD auprès de fonds de pension nationaux pour le financement d’actifs d’infrastructure.

En Afrique du Nord et de l’Ouest, différents partenariats pilotés par des institutions africaines font progresser le développement des instruments de financement vert (chapitres 6 et 7). Des consultations multipartites et des réformes réglementaires ont ainsi permis à l’Égypte et au Maroc de mobiliser 1.1 milliard USD via l’émission d’obligations vertes, soit 25 % du total des émissions de ce type à travers le continent sur la période 2014-21. L’Initiative ouest-africaine pour une agriculture intelligente face au climat (West African Initiative for Climate-Smart Agriculture), un fonds de financement mixte, passe quant à elle par des institutions financières locales et des tiers pour octroyer une assistance technique et des prêts à des taux d’intérêt subventionnés aux organisations d’agriculteurs et entreprises agroalimentaires utilisant des pratiques agricoles résilientes face au climat.

L’harmonisation des politiques nationales d’investissement et des stratégies de transformation productive peut accroître les possibilités d’investissement durable. L’étroitesse des marchés intérieurs, l’importance des risques macroéconomiques, la faiblesse de l’environnement réglementaire et la fragilité des régimes d’autorisation et d’enregistrement accentuent les risques et les coûts de recherche d’opportunités d’investissement. La combinaison de cadres d’investissement et de stratégies de transformation productive peut toutefois y remédier. Les gouvernements africains peuvent notamment placer la durabilité au centre de leurs politiques d’investissement et de leurs cadres réglementaires, en particulier dans des secteurs stratégiques comme celui des énergies renouvelables (voir les chapitres 3 et 5).

Les corridors de développement et l’infrastructure numérique peuvent être développés afin de réduire les déficits, de renforcer la durabilité et de faciliter le commerce. On estime à 411 milliards USD le coût des équipements requis d’ici 2030 par les différents modes de transport (routier, ferroviaire, aérien et maritime) afin de faire face à l’augmentation des échanges dans le cadre de la ZLECAf (CENUA, 2022). Dans le cadre du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA), l’Union africaine a placé les corridors de développement au premier rang des priorités de l’intégration régionale en Afrique (UA, 2017). Une approche globale et multidimensionnelle de ces corridors peut en effet aider à combler les déficits d’infrastructure du continent et contribuer à la durabilité sociale et environnementale (UA, 2020). L’expansion de l’infrastructure numérique via le Système panafricain de paiement et de règlement vise de son côté à faciliter le commerce, en réduisant notamment le frais de change dans les 42 monnaies africaines (CUA/OCDE, 2021, 2022).

L’établissement de liens entre les multinationales et les petites et moyennes entreprises locales prend du temps et nécessite un soutien politique pour avoir des retombées durables. L’impact de ces liens peut ainsi prendre jusqu’à 15 ans pour se concrétiser, les entreprises chefs de file ayant besoin de temps pour investir des ressources financières, humaines et technologiques (Jenkins et al., 2007). Les responsables politiques peuvent, de leur côté, déployer des services de soutien complémentaires (programmes de développement des fournisseurs, services de mise en relation et fourniture de données, incitations ciblées, politiques de regroupement inclusives et aide au respect des normes internationales) afin de favoriser la création de ces liens au sein des chaînes de valeur (CUA/OCDE, 2022 ; OCDE, 2021d). Le soutien de tiers, comme les organismes de formation ou de certification, pourra par ailleurs renforcer les avantages ainsi transférés aux PME par les entreprises chefs de file (voir le chapitre 7).

Le protocole de la ZLECAf sur l’investissement entend harmoniser le paysage de l’investissement à travers le continent africain. On dénombre à l’heure actuelle 852 traités bilatéraux d’investissement entre pays africains et entre pays africains et non africains (CENUA/UA/BAfD/CNUCED, 2019). La libéralisation des échanges et l’harmonisation de la législation sur l’investissement, la concurrence et les droits de propriété intellectuelle dans le cadre de la ZLECAf pourraient accroître de 122 % le stock d’IDE à destination de l’Afrique en provenance de l’extérieur du continent et de 68 % le stock d’IDE intra-africain par rapport aux niveaux de 2017 (Echandi, Maliszewska et Steenbergen, 2022). La mise en œuvre du protocole de la ZLECAf sur l’investissement (approuvé lors du Sommet de l’Union africaine en février 2023) nécessite toutefois des mécanismes de suivi. Les expériences des communautés économiques régionales du continent (fiche d’évaluation du climat d’investissement de la CEDEAO et cadre d’investissement de la SADC, notamment) et d’autres régions du monde sont, à ce titre, riches d’enseignements sur la coordination des politiques et le suivi des progrès. Des échanges continus avec les représentants du secteur privé, comme dans le cadre de l’initiative AfroChampions, pourront en outre contribuer à promouvoir les opportunités d’investissement tout au long du processus de mise en œuvre de la ZLECAf.

En Afrique de l’Est et en Afrique australe, les projets transfrontaliers peuvent soutenir le développement des énergies renouvelables et leur commerce transnational (chapitres 3 et 5). Reliant le pool énergétique de l’Afrique de l’Est à celui de l’Afrique australe, le Corridor des énergies propres en Afrique vise ainsi à multiplier par 2.5 la fourniture d’électricité et à satisfaire 40 % à 50 % des besoins énergétiques des deux régions à l’horizon 2030, tout en réduisant de 310 mégatonnes les niveaux annuels d’émissions de CO2.

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Note

← 1. La croissance du PIB par habitant devrait être plus faible, à 1.3 % en 2023 et 1.8 % en 2024, en raison d’une forte croissance démographique.

Avertissement

Cet ouvrage est publié sous la responsabilité du Secrétaire général de l’OCDE et du Président de la CUA. Les opinions et les arguments exprimés ici ne reflètent pas nécessairement les vues officielles des Membres de l'OCDE ou de son Centre de développement, ou des pays membres de la Commission de l’Union africaine.

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Version révisée, avril 2024

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