15. Capital humain

Le niveau d'études des jeunes adultes correspond au stock de connaissances et de compétences dont disposeront probablement les générations futures. La proportion de jeunes adultes (âgés de 25 à 34 ans) ayant au moins achevé le deuxième cycle de l'enseignement secondaire a augmenté dans la majorité des pays de l'OCDE au cours des quatre dernières années (Graphique 15.2). La moyenne de l'OCDE s'établissait à 84.9 % en 2018, sachant que ce chiffre dissimulait de fortes disparités, puisque cet indicateur était supérieur à 95 % en Corée et en Fédération de Russie, inférieur à 70 % en Turquie, en Espagne et en Colombie, et égal à 50 % au Mexique.

Depuis 2014, le taux de diplômés du deuxième cycle de l'enseignement secondaire parmi les jeunes adultes a augmenté de 2 points de pourcentage en moyenne dans la zone OCDE. Certaines des améliorations les plus marquées ont eu lieu dans les pays qui étaient les plus éloignés de la moyenne de l'OCDE en 2014, ce qui a réduit les écarts entre pays dans ce domaine. Ainsi, cet indicateur a augmenté de 7.7 points de pourcentage en Turquie, de 6.9 points au Portugal et de 6.8 points en Islande. À l'inverse, les baisses les plus fortes ont été observées au Royaume-Uni (de l'ordre de 1.3 point de pourcentage), suivi par l'Autriche (1.1 point).

Le taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre est la proportion de la main-d'œuvre qui est soit au chômage, soit sous-employée (comme les personnes qui ont un emploi à temps partiel subi), soit découragée (c'est-à-dire les personnes ne faisant pas partie de la population active qui souhaitent travailler et sont disponibles pour le faire, mais n'ont pas activement cherché un emploi au cours des quatre semaines précédentes). Cet indicateur offre donc une vision plus large de la privation d'emploi et des potentialités inexploitées que le seul taux de chômage, sachant que les taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre sont en général 1.5 à 4 fois supérieurs au taux de chômage classique. On observe d'amples écarts de sous-utilisation de la main-d'œuvre entre pays de l'OCDE (Graphique 15.3), la différence étant par exemple de plus 24 points de pourcentage entre la Grèce (où le taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre est supérieur à 27 %) et la République tchèque (où il n'est que de 3.6 %).

Le taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre s'est amélioré dans tous les pays de l'OCDE sauf cinq depuis 2010 (Graphique 15.4), et parmi ceux-ci, deux seulement (l'Italie et la Grèce) ont enregistré une dégradation de plus d'un point de pourcentage. C'est en Lettonie que l'amélioration la plus nette a été observée, puisque le taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre y a diminué de 18.8 points de pourcentage.

Le nombre d'années potentielles de vie perdues (APVP) est une mesure de la mortalité prématurée due à diverses pathologies ou à des accidents mortels. Parmi les pays de l'OCDE, la Suisse, le Japon, le Luxembourg et la Norvège ont les taux de mortalité prématurée les plus bas, puisqu'ils sont inférieurs à 3 200 années perdues pour 100 000 habitants, tandis que la Lettonie et le Mexique affichent les taux les plus élevés (8 733 et 8 661, respectivement), qui sont près de trois fois supérieurs à ceux des pays affichant les meilleurs résultats (Graphique 15.5). Le taux de mortalité prématurée s'est amélioré dans la plupart des pays de l'OCDE au cours des dix dernières années, les baisses les plus marquées du nombre d'années potentielles de vie perdues ayant eu lieu en Lituanie (où il a reculé de 24 %), en Corée (22 %), au Luxembourg (19 %) et en Finlande (18 %). À l'inverse, le taux de mortalité prématurée a augmenté de 5 % aux États-Unis. En dehors des pays de l'OCDE, l'Afrique du Sud a connu une amélioration très marquée (une baisse de près de 28 %) entre 2010 et 2015.

Le tabagisme est un facteur de risque pour le capital humain, dans la mesure où il dégrade l'état de santé futur des individus, puisque cette pratique est liée à des cas de cancer, de maladie cardiaque, de problèmes respiratoires et de malformation congénitale. Dans les pays de l'OCDE, en moyenne, 19 % de la population déclare fumer au moins une fois par jour. En Grèce, en Turquie et en Hongrie, plus d'un quart de la population fume quotidiennement, tandis qu'au Mexique et en Islande, cette proportion est inférieure à 10 %. Depuis 2005, c'est généralement dans les pays relativement bien placés à l'aune de cet indicateur que la proportion de fumeurs a diminué le plus. Le recul le plus marqué a été observé en Norvège (13 points de pourcentage), suivie par la Grèce (12.7 points), l'Estonie, la Nouvelle-Zélande et le Danemark (10.6, 9.4 et 9.1 points, respectivement). Parmi tous les pays figurant dans le Graphique 15.6, le Costa Rica est celui où la prévalence du tabagisme quotidien est la plus faible (à 4 %), sachant que la proportion de fumeurs y a diminué de plus de moitié depuis 2005. Seules l'Autriche et la République slovaque ont connu une augmentation du taux de tabagisme depuis 2005 (de 1.1 et 3.4 points de pourcentage, respectivement).

Le taux de tabagisme est plus élevé chez les hommes que chez les femmes dans tous les pays de l'OCDE sauf un : l'Islande (Graphique 15.7). La Corée est le pays où l'écart entre hommes et femmes est de loin le plus ample, puisque la proportion de fumeurs parmi les premiers est plus de neuf fois supérieure à la proportion de fumeuses parmi les secondes. Le Japon, la Lituanie, le Mexique et la Turquie se caractérisent également par une différence importante entre les sexes, la prévalence du tabagisme étant plus de trois fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes.

L'obésité constitue un autre risque majeur pesant sur le capital humain : elle accentue le risque de maladie cardiaque, de diabète et de certains types de cancer. Une personne sur cinq est obèse dans les pays de l'OCDE en moyenne (l'obésité étant définie par un indice de masse corporelle supérieur ou égal à 30). Les différences entre pays sont considérables (Graphique 15.8), la prévalence de l'obésité variant de 5 % ou moins en Corée et au Japon à plus de 40 % aux États-Unis (OCDE, 2017[1]).

Au cours des 15 dernières années, le taux d'obésité a augmenté dans la plupart des pays de l'OCDE. Parmi les 27 pays pour lesquels on dispose de séries chronologiques, aucun n'a enregistré une baisse du taux d'obésité, et 2 seulement ont vu cet indicateur se maintenir au même niveau (l'Irlande et la France). C'est au Chili que la prévalence de l'obésité a enregistré la hausse la plus forte, augmentant de 9.3 points de pourcentage. Les pays caractérisés par les taux d'obésité les plus élevés ont aussi connu certaines des hausses les plus marquées des 15 dernières années, ce qui laisse à penser que ce phénomène s'aggrave au lieu de se stabiliser. Même des pays affichant une prévalence de l'obésité relativement faible – comme la Suisse, la Norvège, la Suède et la Corée – l'ont également vu augmenter au cours de la dernière décennie.

S'agissant des écarts de prévalence de l'obésité entre hommes et femmes dans les pays de l'OCDE, le tableau est nuancé. Le taux d'obésité est plus élevé chez les hommes que chez les femmes dans 15 pays (l'écart étant de 20 % en Suisse, en Slovénie et en Italie). À l'inverse, la prévalence de l'obésité est plus forte parmi les femmes que parmi les hommes dans 19 pays de l'OCDE, les écarts les plus marqués étant observés en Turquie et en Colombie.

Références

[3] Boarini, R., M. Mira d’Ercole et G. Liu (2012), « Approaches to Measuring the Stock of Human Capital : A Review of Country Practices », OECD Statistics Working Papers, n° 2012/4, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/5k8zlm5bc3ns-en.

[8] OCDE (2018), Comment va la vie ? 2017 : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/how_life-2017-fr.

[6] OCDE (2018), Regards sur l’éducation 2018 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/eag-2018-fr.

[1] OCDE (2017), Obesity Update 2017, Éditions OCDE, Paris, http://oecd.org/health/obesity-update.htm.

[7] OCDE (2017), Panorama de la santé 2017 : Les indicateurs de l’OCDE, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/health_glance-2017-fr.

[2] OCDE (2016), Comment va la vie ? 2015 : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/how_life-2015-fr.

[5] OCDE (2011), Comment va la vie ? : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264121195-fr.

[4] OCDE (2010), La mesure du capital - Manuel de l’OCDE 2009 : Deuxième édition, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264067752-fr.

Mentions légales et droits

Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région. Des extraits de publications sont susceptibles de faire l'objet d'avertissements supplémentaires, qui sont inclus dans la version complète de la publication, disponible sous le lien fourni à cet effet.

© OCDE 2020

L’utilisation de ce contenu, qu’il soit numérique ou imprimé, est régie par les conditions d’utilisation suivantes : http://www.oecd.org/fr/conditionsdutilisation.