1. Évaluation générale de la situation macroéconomique

La pandémie de COVID-19 continue de peser lourdement sur les économies et les sociétés. Les perspectives de voir finalement la sortie de la crise se sont améliorées, sur fond de nouvelles encourageantes concernant la mise au point d'un vaccin efficace, mais les projections à moyen terme restent très incertaines. La reprise de la pandémie dans plusieurs économies et l’adoption en cours de mesures d’endiguement freinent le redémarrage mondial de l’activité intervenu après la chute de la production observée au premier semestre de 2020, et vont sans doute entraîner de nouvelles baisses de la production à court terme, surtout dans de nombreuses économies européennes. Cette situation risque de durer encore, étant donné les défis considérables, en termes de mise au point et de logistique, qui accompagnent le déploiement d’un vaccin partout dans le monde. Continuer de vivre avec le virus pendant encore six à neuf mois au moins va être difficile. Des épisodes locaux de résurgence de la maladie sont probables et il faudra y répondre par des mesures d'endiguement ciblées si possible, ou par des confinements à l’échelle de l’économie si nécessaire, ce qui freinera la croissance. Dans les secteurs les plus touchés par ces mesures prolongées, certaines entreprises risquent de ne pas pouvoir survivre longtemps sans aides supplémentaires, d’où un risque accru de nouvelles faillites et de destructions d’emplois qui vont affecter la demande dans l’ensemble de l’économie.

En supposant que les nouveaux foyers épidémiques puissent être maîtrisés et que la perspective d'un vaccin largement disponible vers la fin de 2021 contribue à soutenir la confiance, l’économie mondiale devrait enregistrer une reprise progressive mais inégale au cours des deux prochaines années (tableau 1.1). Après avoir fortement chuté cette année, le PIB mondial devrait augmenter d'un peu plus de 4 ¼ pour cent en 2021, puis de 3 ¾ pour cent en 2022. Globalement, d’ici la fin de 2021, le PIB mondial devrait retrouver ses niveaux d'avant la crise, aidé par la forte reprise enregistrée en Chine, mais les performances vont sans doute différer sensiblement entre les grandes économies. En 2022, la production devrait rester inférieure de 4 à 5 % aux prévisions d'avant la crise dans de nombreux pays, avec des risques accrus de voir la pandémie entraîner des coûts permanents substantiels. Les pays et régions dotés de procédures efficaces de dépistage, de traçage et d’isolement des malades afficheront des résultats relativement satisfaisants, comme ils l'ont fait depuis le début de la pandémie, mais devraient néanmoins être affectés par la faiblesse de la demande mondiale. Ces perspectives ne devraient permettre que des reculs progressifs des taux de chômage, et limiter, à moyen-terme, les incitations des entreprises à investir. La présence persistante de ressources inutilisées pourrait aussi modérer la hausse des salaires et des prix.

Les perspectives pourraient s’éclaircir si des progrès plus rapides dans la mise au point et la distribution d’un vaccin efficace pouvaient réduire les incertitudes et rendre l’épargne de précaution moins nécessaire. On pourrait alors tabler sur une reprise plus forte, surtout en 2022, et sur un redressement plus marqué de l’investissement et des dépenses de consommation. En revanche, la croissance serait plus faible si, comme c’est déjà le cas en Europe, de nouvelles vagues de contagions de développaient, ou si la mise à disposition d'un vaccin à grande échelle se révélait plus difficile que prévu actuellement. Il faudrait alors déployer des mesures d’endiguement pendant une longue période pour maîtriser la diffusion du virus, et les perspectives de croissance s’en trouveraient considérablement affaiblies. La confiance est encore fragile, et tout nouveau revers pourrait dissiper la croissance du PIB dans de grandes parties du monde pendant toute l’année 2021, voire au-delà, aggravant les stigmates déjà infligés par la crise.

L’action publique peut jouer un rôle déterminant pour soutenir l’économie tant que dure la crise sanitaire et pour faciliter l’ajustement à l’environnement post-COVID-19, et les gouvernements devront agir encore si la reprise vacille. Des politiques de santé efficaces, s’appuyant sur des ressources appropriées, et des mesures macroéconomiques et structurelles flexibles propres à soutenir l’activité sont indispensable pour contenir l'impact de la pandémie, mais aussi en minimiser les coûts potentiels à long terme sur les niveaux de vie.

  • L’orientation actuellement accommodante de la politique monétaire doit être poursuivie, comme le prévoient les grandes banques centrales des économies avancées. Les banques centrales devraient aussi continuer de fournir un filet de sécurité aux marchés du crédit et veiller au maintien de taux d’intérêt faibles et stables. Si la faiblesse de l’économie s’aggrave, ou semble appelée à durer plus longtemps que prévu, il faudrait utiliser la petite marge d'assouplissement des conditions monétaires encore disponible.

  • Le soutien budgétaire doit être poursuivi aussi longtemps que les mesures d’endiguement limiteront l'activité économique et, ensuite, servir à rétablir une croissance économique durable. Des mesures budgétaires complémentaires s’imposent dans certains pays pour éviter un phénomène de « précipice budgétaire » lorsque les mesures d’urgence circonscrites dans le temps viendront à expiration, entraînant une brusque diminution des dépenses publiques. Tous les pays devraient avoir pour objectif d'éviter un retrait brutal et prématuré des mesures de relance dans des économies encore fragiles et alors que les mesures de confinement continuent de peser sur la croissance. La dette publique, déjà très élevée avant la crise dans certains pays, va augmenter très fortement, et les dépenses devront donc être efficacement ciblées. Garantir la soutenabilité de la dette ne sera une priorité qu’une fois la reprise bien amorcée, mais il faut dès maintenant commencer à préparer les mesures qui seront probablement nécessaires.

  • Les politiques exceptionnelles imposées par la crise doivent servir de plus en plus à aider les entreprises viables, et doivent être accompagnées de réformes structurelles permettant d’élargir les perspectives offertes aux travailleurs ayant perdu leur emploi et aux personnes vulnérables. Elles doivent également chercher à stimuler le dynamisme économique et à atténuer le changement climatique. Toutes ces mesures peuvent aider à favoriser le redéploiement des ressources de main-d'œuvre et de capital vers les secteurs et activités dotés d’un potentiel de croissance durable, permettant ainsi de relever les niveaux de vie de tous les citoyens.

Les économies de marché émergentes et les pays en développement sont nombreux à avoir été très durement affectés par la pandémie. Dans certains cas, des opérations massives d’emprunt à l’extérieur destinées à amortir le choc sont venues s’ajouter aux difficultés préexistantes liées à l’endettement élevé de l’État ou des entreprises. La dette de certains de ces emprunteurs devra probablement être restructurée dans les années à venir. Ce processus serait facilité par une plus grande transparence concernant l’ampleur exacte de l’endettement, y compris les passifs éventuels, et par la définition d'un cadre plus élaboré sur les modalités de traitement des faillites souveraines prenant en compte tous les grands créanciers.

Une coopération internationale plus étroite reste nécessaire pour mettre fin plus rapidement à la pandémie, accélérer le redressement de l'économie mondiale et mettre à profit les efforts déployés par le G20 pour agir face aux problèmes d’endettement des économies de marché émergentes et des pays en développement. Le partage de connaissances ainsi que de ressources médicales et financières, de même que la réduction des barrières commerciales préjudiciables, en particulier pour les produits de santé, sont essentiels pour remédier aux difficultés causées par la pandémie. Une coopération internationale en vue de la mise à disposition généralisée d'un vaccin est indispensable pour garantir un redémarrage plus rapide de l'activité mondiale après la pandémie. Il faut là aussi s’y préparer dès maintenant.

Les perspectives économiques demeurent très incertaines, et le redressement de l'activité est de plus en plus hésitant. Après le choc brutal et inédit du premier semestre, qui a vu le PIB mondial du deuxième trimestre de 2020 se replier de 10 % par rapport à la fin de 2019, la production s’est fortement redressée au troisième trimestre avec l’allègement des mesures de confinement, la réouverture des entreprises et le redémarrage des dépenses des ménages (graphique 1.1). Malgré cette reprise de l’activité, la production était encore, au troisième trimestre, inférieure d’environ 4 ½ pour cent à ses niveaux d'avant la pandémie, un recul proche de la baisse record observée pendant la crise financière mondiale. Sans les mesures efficaces de soutien adoptées rapidement par les pouvoirs publics dans toutes les économies pour amortir l'impact du choc sur les revenus des ménages et les entreprises, la faiblesse de la production et de l'emploi aurait été nettement plus marquée.

Après le rebond initial enregistré dans de nombreux secteurs d'activité suite à l’assouplissement des mesures de confinement, le rythme de la reprise s’est récemment atténué, surtout en Europe où la production pourrait être en train de reculer à nouveau. Les mesures quotidiennes de la mobilité restent inférieures à leur niveau d'avant la pandémie et ont recommencé à diminuer dans les économies avancées (graphique 1.3, partie A), du fait des mesures d’endiguement plus strictes appliquées pour faire face à la résurgence de la maladie. Le suivi jusqu’à mi-novembre des indicateurs Google Trends fondés sur les requêtes des internautes suggère aussi que la croissance du PIB au quatrième trimestre de 2020 pourrait être négative dans de nombreux pays européens où les mesures d’endiguement ont été récemment durcies (chapitre 2, note de réflexion 1). Comme on l'a vu au deuxième trimestre de 2020, le durcissement des mesures de lutte contre la pandémie et la baisse de la mobilité sont associés à un affaiblissement plus marqué de l'activité (encadré 1.1). Le rebond initial suggéré par les indicateurs de certaines enquêtes auprès des entreprises a également perdu de la vigueur, particulièrement dans le secteur des services. Parmi les pays pour lesquels on dispose d'estimations mensuelles de l'ensemble de l'activité économique, un peu plus de deux tiers du recul de la production enregistré entre janvier et avril avaient été regagnés en septembre (graphique 1.3, partie B), avec toutefois des différences marquées entre les secteurs (encadré 1.2).

  • Certaines catégories de dépenses ont redémarré relativement vite avec la réouverture des économies, notamment les dépenses de détail des ménages (graphique 1.3, partie C). Les dépenses consacrées par les ménages aux services, en particulier ceux qui exigent une proximité immédiate entre producteurs et consommateurs ou encore les voyages internationaux, restent inférieures à la normale. Aux États-Unis et au Japon, deux économies pour lesquels on dispose d'estimations mensuelles du total des dépenses de consommation, les dépenses agrégées restent inférieures d’environ 4 % au niveau qu’elles affichaient juste avant la pandémie.

  • Au deuxième trimestre, le taux d'épargne des ménages a augmenté dans une proportion comprise entre 10 et 20 points de pourcentage dans les économies les plus avancées, sur fond de mesures gouvernementales d’urgence pour soutenir les revenus, de hausse de l’épargne de précaution et de limitation des dépenses de consommation. Les dépôts bancaires des ménages ont également augmenté dans de nombreuses économies (encadré 1.3). S’il existe de ce fait d'importantes marges de financement de dépenses supplémentaires, des données issues d’enquête montrent que l’épargne de précaution pourrait rester élevée, sur fond de faiblesse de la confiance et de persistance des incertitudes quant à l'évolution de la pandémie et des marchés du travail (Banque du Canada, 2020).

  • Une proportion considérable du supplément d'épargne est le fait des ménages à haut revenu, dont la propension marginale à consommer est moindre (Bounie et al., 2020 ; Chetty et al., 2020), ce qui montre à quel point la pandémie a accentué les inégalités de revenu existantes. La réduction du nombre d'heures travaillées pendant la pandémie a concerné principalement les professions les moins qualifiées et les travailleurs peu rémunérés (voir ci-après). Il est également possible que les mesures d’endiguement aient davantage freiné les dépenses des ménages à revenu élevé, qui en consacrent une part relativement importante à des activités de services comme les voyages internationaux, les restaurants ou les sorties culturelles.

  • La production industrielle mondiale s’est aussi redressée, portée par la vigueur de la croissance en Chine (graphique 1.3, partie D). En revanche, dans de nombreuses économies avancées, on est encore loin d'avoir retrouvé les niveaux d'avant la pandémie, la demande de biens d'équipement spécialisés étant bien plus faible que celle de biens de consommation, en particulier au Japon et en Allemagne. Les intentions d’investissement ont été revues à la baisse dans plusieurs pays, et parce que l’on pressent que les incertitudes liées à l'évolution du virus pourraient durer encore un certain temps (graphique 1.6), l’investissement des entreprises va rester faible.

  • Les échanges mondiaux en volume se sont fortement contractés au premier semestre de 2020, les échanges de marchandises cédant 16 % par rapport à leur niveau d'avant la pandémie, et le tourisme et les voyages internationaux ont nettement chuté (graphique 1.7, partie A). Le redressement de l'activité au moment de la réouverture des économies s’est reflété dans les échanges et le trafic portuaire de conteneurs, notamment en Chine, en Corée et dans plusieurs petites économies asiatiques comme le Viet Nam, aidé en cela par la hausse de la demande mondiale de masques et d'autres équipements de protection individuelle ainsi que de biens nécessaires au télétravail, notamment des équipements informatiques. La reprise de la production industrielle en Chine a également stimulé la demande de nombreuses matières premières dans les pays exportateurs de produits de base, particulièrement de métaux. Les mesures des commandes mondiales à l'exportation établies à partir d'enquêtes se sont redressées par rapport à leur point bas d'avril, mais restent peu dynamiques. Le transport aérien de passagers et les voyages demeurent aussi exceptionnellement faibles (graphique 1.7, partie B), diminuant les recettes d’exportation dans les économies dépendantes du tourisme.

Les données à haute fréquence montrent que la résurgence récente de la pandémie de COVID-19 et les mesures d'endiguement adoptées pour y faire face provoquent un nouvel affaiblissement de l’activité et de la mobilité dans les pays touchés, surtout en Europe. La plupart des gouvernements ont, dans un premier temps, eu recours à des restrictions locales ciblées sur des régions ou activités spécifiques, mais elles n’ont pas suffi à empêcher la multiplication des contaminations, surtout dans les pays n’ayant pas mis en place de système efficace de dépistage, de traçage et d’isolement et dans lesquels le respect des obligations de quarantaine est quelquefois fragmentaire. Dans un premier temps, les nouveaux cas ont concerné principalement les jeunes, mais les hospitalisations sont maintenant en forte hausse car des personnes plus âgées sont contaminées. En conséquence, certains gouvernements recommencent à imposer de larges restrictions nationales, y compris la fermeture de nombreuses entreprises. Les indicateurs de mobilité concernant le commerce de détail et les loisirs reculent depuis le début du mois de septembre dans les principales économies européennes (graphique 1.9, partie A), mais cependant moins qu’en avril dernier. En Israël, où un deuxième confinement national a été appliqué entre la mi-septembre et la mi-octobre, les dépenses en cartes de crédit ont chuté presque aussi fortement que pendant le premier confinement (graphique 1.9, partie B), en particulier dans les activités de services, déjà durement touchées, aggravant les risques de hausse du chômage et des faillites. On peut donc supposer que tout nouveau confinement national ou étendu pourrait avoir des effets négatifs puissants sur l’activité, comme pendant la première vague (encadré 1.1).

Les nouvelles mesures prises pour endiguer la pandémie vont probablement exercer des pressions supplémentaires sur les marchés du travail. Le nombre d’heures travaillées avait chuté fortement au plus fort de la pandémie et depuis lors, il s’est redressé lentement (graphique 1.10, partie A). Les perspectives d’emploi et le nombre d’heures travaillées continuent de varier fortement selon les secteurs, et sont toujours particulièrement faibles dans certains des secteurs de services les plus durement affectés par les mesures d’endiguement et les restrictions aux voyages internationaux. La disparité des résultats entre les secteurs se reflète aussi dans les différences relevées entre la demande de main-d’œuvre par type de profession et par niveau de revenu (graphique 1.11). Dans de nombreux pays, le total des heures travaillées a particulièrement diminué chez les travailleurs les moins qualifiés et les travailleurs situés au bas de l’échelle de distribution des revenus, aggravant les inégalités déjà très marquées qui existaient avant la pandémie (graphique 1.10, partie B).

Dans l'économie médiane de l'OCDE, le taux de chômage de septembre est resté supérieur d’environ 1 ¼ point à ce qu'il était immédiatement avant la pandémie, mais ce chiffre recouvre des différences considérables d'une économie à l'autre. Ainsi, il n'a augmenté que légèrement au Japon et dans de nombreuses économies européennes, en grande partie grâce aux mesures de maintien dans l'emploi comme le chômage partiel ou les subventions salariales, mais il a progressé fortement aux États-Unis et au Canada ainsi que dans quelques économies de marché émergentes durement touchées par la pandémie.1 Les jeunes ont été particulièrement frappés et dans cette catégorie, le chômage a augmenté de plus de 3 points dans l’économie médiane de l'OCDE depuis le mois de février de cette année. Les indicateurs à haute fréquence des taux d’embauche et des offres d’emploi ont commencé à se redresser après avoir chuté fortement au plus fort de la pandémie, en particulier dans les services.

Malgré des perspectives extrêmement incertaines, les conditions financières se sont largement normalisées depuis le pic de la crise, grâce aux mesures de grande ampleur rapidement prises par les banques centrales. La diffusion rapide de la pandémie et les mesures d’endiguement strictes ont entraîné un recul historique des prix des actifs financiers et une augmentation générale de la volatilité en mars et en avril, certains marchés cessant de fonctionner correctement. Depuis, les cours des actions ont rebondi de manière généralisée, et les indicateurs de volatilité ont retrouvé leurs niveaux historiques, en dépit de leurs fluctuations récentes dans certains secteurs économiques (graphique 1.12, partie A). Les rendements des obligations d’État à long terme sont restés faibles dans de nombreuses économies avancées après avoir touché des plus bas historiques, sur fond d'assouplissement massif de la politique monétaire, de ruée sur les placements sûrs et de morosité des perspectives (graphique 1.12, partie B). À quelques exceptions près, les monnaies se sont aussi redressées par rapport au dollar des États-Unis dans de grandes économies avancées et économies de marché émergentes, reflétant à la fois l’amélioration de la perception du risque au niveau mondial et les préoccupations liées à une aggravation de la crise du COVID-19 aux États-Unis.

Il faut noter que les préoccupations relatives à la stabilité financière ont diminué sur les compartiments les plus fragiles du marché. Les flux de capitaux à destination des économies de marché émergentes sont repartis rapidement après les désengagements observés en mars, atténuant les difficultés de financement auxquels étaient confrontés de nombreux emprunteurs souverains ayant des besoins budgétaires de grande ampleur. Les tensions se sont aussi apaisées dans le secteur des entreprises, dans les économies avancées et dans les économies de marché émergentes, les grandes entreprises réussissant à faire appel aux marchés pour lever des fonds et/ou se constituer des matelas de sécurité, et les écarts de rendement des obligations du secteur privé retrouvant leur niveau d'avant la crise pour les emprunteurs de la catégorie « investissement ». En revanche, plusieurs entreprises et emprunteurs souverains moins bien notés sont toujours confrontés à des coûts d’emprunt élevés et/ou ont repoussé de nouvelles émissions.2 Si les révisions à la baisse de la note de crédit de certaines sociétés, concentrées sur les créanciers les moins solides, ont ralenti et restent à ce jour inférieures au pic observé pendant la crise financière mondiale, les perspectives négatives sont en revanche historiquement nombreuses (FMI, 2020 ; Standard and Poor’s, 2020). Jusqu'ici, dans les grandes économies avancées, les banques ont fait preuve de résilience grâce à de solides réserves de capital et de liquidités (Banque du Japon, 2020 ; Lagarde, 2020a ; Quarles, 2020). Toutefois, les cours de leurs actions restent très inférieurs à ce qu’ils étaient avant la crise, leur rentabilité a diminué et les conditions de prêt ont été d’une manière générale durcies, et les banques continueront d’enregistrer des pertes si l’activité économique dans certains secteurs reste faible ou continue de se contracter. Les fonds du marché monétaire et les fonds de placement ont aussi été confrontés à des tensions considérables sur la liquidité.

Il est probable de voir resurgir des préoccupations relatives à la stabilité financière. Bien que les tensions immédiates sur la liquidité se soient dissipées, la poursuite de l'accumulation rapide de dettes dans le secteur souverain et le secteur non financier va provoquer des problèmes de solvabilité dans un grand nombre d’économies (chapitre 2, note de réflexion 2). Par exemple, les taux de défaillance d’entreprises appartenant à la catégorie spéculative aux États-Unis et en Europe devraient doubler d’ici la mi-2021 selon certaines estimations, les secteurs durement touchés comme le transport aérien, l’hôtellerie ou l'industrie automobile risquant d’être particulièrement affectés (Standard and Poor’s, 2020). Les faillites de petites et moyennes entreprises (PME), surtout dans les secteurs de l’hébergement, de l’alimentation et des loisirs, soumis à de fortes pressions, devraient également augmenter (FMI, 2020 ; encadré 1.2). Aux États-Unis, l'importance de l’endettement des entreprises et les valorisations élevées de l’immobilier commercial avant la crise pourraient aussi entraîner des pertes plus fortes que prévu sur les prêts à certaines de ces entreprises (Quarles, 2020).

Les difficultés pourraient être particulièrement aiguës dans certaines économies de marché émergentes, où les options offertes aux pouvoirs publics sont plus limitées (voir ci-après) et où l’exposition aux chocs sur la demande mondiale est plus grande. Les pays fortement dépendants des secteurs les plus gravement touchés, comme le tourisme et l’hébergement, et les exportateurs de produits de base, sont particulièrement affectés. Bien que les prix de certains produits de base (comme les produits alimentaires et les métaux) se soient redressés par rapport à leur point bas d'avril, stimulés par la vigueur de la demande en provenance de Chine, les prix d'autres grandes exportations restent relativement bas. Les perspectives d'un rebond du tourisme sont également très minces à court terme, car il est probable que la crainte des contagions ressentie par les consommateurs et les restrictions mises aux voyages internationaux vont persister pendant une grande partie de l’année 2021.

Les perspectives mondiales à court terme restent très incertaines. L’évolution de la croissance dépendra de nombreux facteurs, dont l’ampleur, la durée et la fréquence de nouvelles vagues de l'épidémie de COVID-19 ; la capacité à les contenir efficacement ; le temps nécessaire au déploiement à grande échelle d’un vaccin efficace ; et la portée effective sur la demande des importantes mesures de soutien budgétaire et monétaire mises en place. Les évolutions récentes laissent entrevoir la possibilité que des vaccins efficaces puissent être largement disponibles vers la fin de 2021, ce qui améliore les perspectives d’une reprise durable. Cela étant, il faudra du temps pour qu’un vaccin puisse être fabriqué et distribué partout dans le monde et s’assurer qu'il sera mis à la disposition des populations les plus vulnérables. D’ici là, il est probable que des vagues de COVID-19 sporadiques et potentiellement larges continuent durant un certain temps, comme c’est actuellement le cas dans de nombreux pays de l’hémisphère nord, nécessitant le maintien de mesures d’endiguement et de stratégies différentes selon les pays. Des restrictions ciblées en termes de déplacements et d’activité devront être mises en œuvre face à toute nouvelle flambée épidémique, et assorties de mesures renforcées d’hygiène personnelle. La limitation des interactions humaines, passant par l’obligation de distanciation physique et l’interdiction des réunions au-delà d’un certain nombre d'individus, devrait perdurer. Les restrictions en matière de franchissement des frontières nationales devraient aussi rester en vigueur, au moins partiellement. La distanciation physique qu’observent d’eux-mêmes les individus pourrait en outre continuer de freiner la consommation des ménages.

Il va probablement être difficile de continuer à vivre avec le virus pendant encore six à neuf mois au moins. L’impact, sur l'activité et la confiance, du renforcement, à intervalles réguliers, des mesures d’endiguement différera selon les économies, en fonction de l’efficacité du dépistage, du traçage des contacts et des dispositifs de quarantaine, ainsi que de la disponibilité de capacités hospitalières suffisantes. Néanmoins, même dans les endroits où les foyers épidémiques sont plus facilement contrôlés, un certain nombre de secteurs de services particulièrement affectés par les restrictions pourraient subir des perturbations. Ces secteurs représentant une part considérable de l'ensemble de l’activité et des emplois dans de nombreuses économies, il est probable que les destructions d’emplois et les faillites auront des retombées négatives sur la demande dans d'autres segments de l'économie. La persistance du chômage aggraverait aussi le risque de pauvreté et de dénuement pour des millions de travailleurs informels. Les fragilités préexistantes qui ont été aggravées par la pandémie, comme le niveau élevé d’endettement de l’État et des entreprises dans de nombreux pays et les tensions commerciales entre les grandes économies, pourraient aussi ralentir le rythme de la reprise en cas de foyers épidémiques prolongés.

Sur la base des hypothèses déjà citées, l'économie mondiale devrait continuer d’enregistrer une reprise progressive mais inégale au cours des deux prochaines années, après une interruption temporaire à la fin de l’année en cours. Après un recul de 4 ¼ pour cent en 2020, le PIB mondial devrait augmenter de 4 ½ pour cent en 2021, puis encore de 3 ½ pour cent en 2022 (tableau 1.1 ; graphique 1.13, partie A). Le PIB de l’OCDE devrait enregistrer une hausse d’environ 3 ¼ pour cent en 2021 et 2022, après avoir chuté d’environ 5 ½ pour cent en 2020. Un retour de la production mondiale à son niveau de la fin 2019 est attendu pour la fin de 2021 (graphique 1.13, partie C), mais ce ne sera toutefois pas le cas dans tous les pays.

La production devrait rester durablement plus faible que prévu avant la pandémie (graphique 1.13, partie D), laissant entrevoir un risque élevé que les coûts de la pandémie s'inscrivent dans la durée. Ces différences seront, selon les prévisions, relativement faibles en Chine, en Corée, au Japon et dans quelques économies du nord de l’Europe, où elles pourraient s’établir entre 1 ½ et 2 pour cent en 2022. En 2022, l’économie médiane des pays avancés et émergents pourrait avoir perdu l'équivalent de 4 à 5 ans de croissance du revenu réel par habitant. Les estimations initiales concernant la croissance potentielle de la production après la pandémie soulignent aussi la probabilité que celle-ci ait un coût permanent : la croissance potentielle des économies de l'OCDE ralentirait pour s’établir à un peu plus de 1 ¼ pour cent par an en 2021-22, soit environ ½ point de moins que juste avant la crise.

Les grandes économies devraient continuer de connaître des évolutions très hétérogènes, tant entre économies avancées et émergentes qu’entre régions (graphique 1.13, partie B). L’impact économique de la pandémie et de ses suites a été relativement bien circonscrit dans de nombreux pays d’Asie-Pacifique et d’Europe du Nord, grâce à des mesures d’endiguement efficaces, dont des dispositifs de dépistage, de traçage et d’isolement dotés de ressources suffisantes, et à une familiarité avec les mesures de prévention des risques liés aux maladies transmissibles. En comparaison, les mesures nécessaires pour contrôler les foyers épidémiques dans d’autres régions d’Europe et d'autres économies de marché émergentes ont dû être prolongées et ont entraîné des baisses beaucoup plus prononcées de la production.

  • Aux États-Unis, on prévoit que la croissance du PIB s’établira entre 3 ¼ et 3 ½ pour cent sur les deux prochaines années, après un recul de 3 ¾ pour cent en 2020. Le degré élevé d’incertitude, l'ampleur du chômage et de nouvelles vagues épidémiques localisées devraient freiner la reprise, surtout à court terme, même si un probable nouveau train de mesures budgétaires début 2021 devrait contribuer à soutenir les revenus et la consommation des ménages, et que la politique monétaire accommodante continuera de stimuler l'activité, en particulier sur le marché du logement.

  • Le Japon connaît une reprise graduelle et devrait enregistrer une croissance du PIB d’environ 2 ¼ pour cent en 2021 et de 1 ½ pour cent en 2022, après avoir vu sa production chuter de 5 ¼ pour cent en 2020. L’amélioration de la demande extérieure soutiendra la poursuite du redressement des exportations, mais la faible augmentation des revenus réels devrait peser sur la consommation privée. La vigueur du soutien budgétaire a permis de protéger l'activité cette année, mais le durcissement de l’orientation budgétaire en 2021, malgré le nouveau collectif budgétaire annoncé en novembre, ralentira le rythme de la reprise.

  • Dans la zone euro, le PIB a chuté de 7 ½ pour cent cette année, et les perspectives immédiates sont moroses. Selon les prévisions, la production devrait chuter de près de 3 % au quatrième trimestre de 2020, sous l’effet des mesures de confinement strictes à nouveau prises depuis peu dans la plupart des pays. Sous réserve que les vagues épidémiques puissent être contenues efficacement à court terme et que la confiance se rétablisse, une reprise modérée est attendue pour 2021-22. Cependant, la région dans son ensemble pourrait ne retrouver totalement les niveaux de production d’avant la pandémie qu’après 2022. Après le soutien de grande envergure déployé cette année, la politique budgétaire devrait être essentiellement neutre en 2021 et légèrement restrictive en 2022, malgré des perspectives modestes, mais les subventions accordées dans le cadre de l’instrument Next Generation EU devraient permettre de soutenir l’investissement dans les économies les plus touchées durant la période couverte par les projections.

  • La reprise solide que connaît la Chine devrait se poursuivre, la croissance du PIB étant attendue aux alentours de 8 % en 2021 et de 5 % en 2022. Si les autorités sont en train de mettre fin à la relance monétaire, les mesures de soutien budgétaire devraient être maintenues. Le dynamisme de l’investissement dans l’immobilier et les infrastructures, soutenu par les politiques publiques et la croissance du crédit, tout comme la hausse des exportations, contribuent au redressement de l’activité et renforcent la demande extérieure dans de nombreuses économies productrices de produits de base et dans les économies partenaires clés de la chaîne d'approvisionnement en Asie. Les progrès accomplis en termes de rééquilibrage de l’économie ont cependant ralenti, et le système bancaire parallèle ainsi que le niveau élevé d’endettement des entreprises demeurent associés à d’importants risques financiers.

  • Dans de nombreuses autres économies de marché émergentes, l'impact de la pandémie a été plus long qu’en Chine, ces pays peinant à contrôler la pandémie et pâtissant d'un niveau de pauvreté et d’emplois informels élevé, de la baisse des flux touristiques et d’une marge de manœuvre limitée en termes de mesures de soutien public. Si la plupart des économies commencent à enregistrer une reprise progressive, leur croissance restera probablement très en deçà des prévisions antérieures à la pandémie.

  • En Inde, pour autant que la confiance s’améliore, la production devrait augmenter de 8 % sur l’exercice budgétaire 2021-22, après avoir reculé de 10 % durant l’exercice 2020-21. De nouvelles baisses des taux directeurs devraient soutenir la demande, si la reprise actuelle de l’inflation s'atténue, mais la marge de manœuvre est limitée en termes de mesures supplémentaires de soutien budgétaire, et les tensions sur les bilans des entreprises tout comme les créances douteuses des banques devraient freiner le rythme du redressement.

  • Au Brésil, la reprise graduelle devrait se poursuivre, le PIB augmentant de 2 ½ pour cent en 2021 et 2 ¼ pour cent en 2022-22 après s’être contracté de 6 % en 2020. Un soutien budgétaire et monétaire de grande ampleur a permis de protéger les revenus et de limiter la chute de la production cette année. Le chômage élevé et le retrait programmé de certaines mesures budgétaires adoptées face à la crise restreindront la consommation des ménages en 2021, mais le niveau historiquement faible des taux d’intérêt ainsi que les conditions de crédit favorables devraient permettre un renforcement de l’investissement.

Le soutien budgétaire continue d'alimenter la demande à court terme, les dispositifs de maintien dans l’emploi et les mesures d’aide aux entreprises se poursuivant dans de nombreux pays, mais il est peu probable qu'il suffira à empêcher la multiplication des défaillances d’entreprises et les pertes d’emplois qu’elles vont entraîner dans les secteurs de services les plus affectés par les mesures d’endiguement en cours tant qu’un vaccin efficace ne sera pas largement accessible. Dans l'économie médiane de l’OCDE, sur la base d’estimations conventionnelles mais incertaines de la position budgétaire fondées sur la variation du solde primaire sous-jacent, un resserrement budgétaire modeste de 0.7 % du PIB est attendu en 2021, après un assouplissement de 4.2 % en 2020. Les mesures supplémentaires exceptionnelles d’ordre monétaire et financier prises depuis le début de la pandémie jouent un rôle important pour la stabilisation économique, en contribuant à assurer la stabilité financière et à limiter le poids du service de la dette. Néanmoins, leur impact sur les dépenses de consommation et l’investissement des entreprises dépendra de l’ampleur du redressement de la confiance et de l’abaissement, par les entreprises, du seuil de rentabilité de leurs investissements.

Le degré élevé d’incertitude, conjugué au trop faible niveau de la confiance et de l’emploi, continuera probablement à favoriser l'accumulation d’une épargne de précaution pendant quelque temps, même si ce phénomène devrait s'atténuer en 2021-22. La concentration croissante de l’épargne au sein des ménages à plus haut revenu, qui ont une moindre propension marginale à consommer, tout comme la baisse probable des revenus des foyers à bas revenu, pèseront également sur le rebond de la consommation des ménages dans certains pays (encadré 1.3). Dans les économies avancées, la consommation privée devrait augmenter à un rythme annuel de 3 ½ pour cent en 2021 après avoir reculé de plus de 6 % cette année, le taux d’épargne des ménages restant bien au-dessus de ses niveaux antérieurs à la pandémie durant toute la période couverte par les projections.

La croissance modérée de la demande et l’ampleur des incertitudes freineront probablement l’investissement durant une période prolongée, en particulier dans les entreprises fortement endettées. Dans les grandes économies, l’investissement des entreprises est attendu en hausse d’environ 1 ¾ pour cent en moyenne en 2021 par rapport à 2020, mais il devrait rester bien inférieur aux niveaux observés avant la pandémie. Un redressement plus marqué est prévu pour 2022, avec une progression de plus de 4 % de l’investissement des entreprises. L’investissement résidentiel devrait connaître une reprise un peu plus rapide, grâce à la sensibilité de la demande à la baisse des taux d’emprunts hypothécaires, et s’inscrire en hausse de 4 ¼ pour cent dans les économies avancées en 2021. Malgré le redressement des données brutes, l’investissement productif net devrait semble-t-il fléchir encore. En se prolongeant, la faiblesse de l’investissement accroît les risques de voir s’inscrire dans la durée une médiocre croissance de la production et laisse attendre une modération de la croissance potentielle de la production après la pandémie. Dans l'économie médiane de l’OCDE, l’investissement productif net (entreprises et secteur public) devrait atteindre en moyenne 3 ¼ pour cent du PIB sur la période 2020-22, contre 4 ½ pour cent entre 2015 et 2019.

La situation sur le marché du travail devrait rester morose. Le taux de chômage dans les économies de l’OCDE ne devrait baisser que de ¾ point de pourcentage environ durant les deux prochaines années, après avoir atteint près de 7 ¼ pour cent au second semestre 2020 (graphique 1.14, partie A). La croissance de l’emploi devrait rester modeste, les dispositifs de soutien temporaire aux salaires et à l’emploi arrivant à expiration dans certains pays. La poursuite des incertitudes pendant une grande partie de l’année 2021 pourrait aussi conduire de nombreuses entreprises, dans un premier temps, à répondre à la hausse de la demande en augmentant le nombre d’heures travaillées par employé plutôt qu’en développant leurs effectifs, en particulier si elles bénéficient d'aides au maintien dans l’emploi. Nombre de travailleurs découragés et d'actifs subissant des périodes de chômage prolongées pourraient quitter la population active, réduisant le taux d'activité, et certains travailleurs plus âgés pourraient décider de prendre une retraite anticipée. Les taux d’emploi et d'activité devraient rester en deçà des niveaux antérieurs à la pandémie (graphique 1.14, partie B), contribuant aux coûts à long terme de cette dernière. La persistance de ressources inutilisées sur le marché de l’emploi devrait par contrecoup limiter la croissance des salaires et des revenus.

Le commerce mondial devrait continuer de se redresser lentement, enregistrant une hausse d’environ 4 ¼ pour cent par an en moyenne sur la période 2021-22, après avoir chuté de 10 ¼ pour cent en 2020. La modeste reprise de l’investissement – une composante de la demande à forte intensité commerciale – et la probabilité que les mesures d’endiguement continuent de peser sur le tourisme et les déplacements internationaux contribuent à limiter le rebond du commerce global.3 Le recul des échanges en 2020 a été dans une large mesure semblable à celui qui avait été observé durant la crise financière mondiale, même si l'activité a bien plus fortement baissé pendant la pandémie. Cela reflète en partie la baisse considérable de la demande des ménages pour des services peu dépendants des échanges.

Les taux d’inflation dans les économies avancées ont rebondi depuis le creux du début/de la mi-2020, notamment aux États-Unis, même s’ils demeurent généralement inférieurs à leurs niveaux antérieurs à la pandémie. Cette tendance devrait persister à court terme, avec une inflation qui resterait faible en 2021 et ne s'approcherait lentement de ses niveaux d'avant la crise qu’à la fin de 2022 dans la plupart des pays (graphique 1.15, partie A). Dans la plupart des économies de marché émergentes, l’inflation devrait également rester modérée, voire diminuer, au cours des deux prochaines années (graphique 1.15, partie B). Même si des perturbations de l’offre – par exemple les barrières non tarifaires aux échanges ou des goulets d'étranglement imprévus dans la production et la distribution mondiales – pourraient accélérer le retour à l’inflation tendancielle, les forces qui pèsent actuellement sur la demande agrégée partout dans le monde (craintes de contagion, chômage élevé et augmentation de l’épargne de précaution), plus importantes, dictent les perspectives en matière d'inflation. Dans ce contexte, l’inflation devrait demeurer bien inférieure aux objectifs des banques centrales ces prochaines années, en particulier dans les économies avancées. Dans les économies de marché émergentes, l'inflation pourrait cependant dépasser les prévisions si les monnaies locales devaient encore se déprécier.

La dynamique d’inflation reste entourée d'incertitudes extrêmement élevées. Depuis le déclenchement de la pandémie de COVID-19, de nombreux services se sont retrouvés à l’arrêt en raison des mesures strictes de lutte contre l’épidémie, et les instituts de statistique ont dû estimer de nombreux prix par extrapolation (Bureau de statistiques sur l’emploi, 2020 ; et Eurostat, 2020). Cette situation devrait se reproduire avec le retour de mesures du même type dans certains pays. En outre, la pandémie de COVID-19 a affecté les modalités de consommation des ménages, ce qui pourrait conduire à une sous-estimation de l’inflation effective (Cavallo, 2020). Les estimations disponibles concernant l’évolution des habitudes de dépense liée à la pandémie de COVID-19 montrent une augmentation de la part des achats de nourriture dans le panier de consommation aux États-Unis, au détriment des services de transport, des loisirs et de la restauration. Comme les prix des denrées alimentaires (des transports) ont généralement progressé (régressé) plus rapidement que ceux d'autres postes de dépense, les statistiques officielles fondées sur la composition des dépenses telle que celle-ci se présentait avant la pandémie pourraient sous-estimer le niveau d’inflation auquel font face les consommateurs. Les perspectives d’inflation restent également très incertaines en raison de la nature singulière de la crise du COVID-19, qui affecte à la fois l’offre et la demande et ce, de manière très hétérogène selon les postes de dépense et les pays. À plus long terme cependant, les risques demeurent orientés dans le sens d'une révision à la baisse des prévisions, du fait de l’influence des tensions cycliques et structurelles sur les prix dans la plupart des pays (chapitre 2, note de réflexion 3).

Les projections de référence dépendent de l’évolution de la pandémie, de la perception des mesures prises pour contenir la transmission du virus et leur impact économique, et de l’hypothèse selon laquelle une amélioration des perspectives de déploiement réussi d'un vaccin alimentera la confiance des consommateurs et des entreprises. Beaucoup de choses peuvent se produire au cours des deux prochaines années. Les deux scénarios exposés ci-dessous, fondés sur le modèle économétrique mondial NiGEM, illustrent les implications potentielles des hypothèses en présence.

  • Dans le scénario favorable, un déploiement plus rapide que prévu d’un vaccin pourrait stimuler davantage la confiance et favoriser une reprise des dépenses plus marquée que dans les projections de référence. Une telle évolution stimulerait la croissance du PIB et rendrait plus efficace l’assouplissement de la politique monétaire mis en œuvre depuis le début de la pandémie.

  • Dans le scénario défavorable, si les difficultés rencontrées pour produire et diffuser un vaccin efficace devaient être plus grandes que prévu, prolongeant la durée pendant laquelle des mesures d’endiguement devraient être maintenues pour limiter les foyers de COVID-19, la confiance resterait faible plus longtemps, et les incertitudes s’accentueraient. Une telle situation accroîtrait les risques de faillites et de destructions d’emplois, notamment dans les secteurs où l’activité serait de nouveau fortement restreinte. L'épargne de précaution des ménages s'amplifierait, l’investissement des entreprises diminuerait et certains secteurs connaîtraient une destruction de capital, et sur les marchés financiers, les prix pourraient subir une correction importante reflétant une plus grande aversion pour le risque. La croissance mondiale en serait affaiblie, surtout en 2021.

Le scénario favorable envisage l’effet d'un regain de confiance plus marqué des consommateurs et des entreprises, rendant plus plausible un rebond plus vigoureux des dépenses et de la production. Pour l'illustrer, on applique une réduction endogène des taux d’épargne des ménages à compter du deuxième semestre de 2021 dans toutes les économies, ce choc s'atténuant progressivement pendant l’année 2022. On suppose que les taux directeurs restent à leurs niveaux de référence, ce qui implique l’adoption d'une politique monétaire de plus en plus accommodante à mesure de la consolidation de la demande. On laisse pleinement jouer les stabilisateurs automatiques dans tous les pays, si bien que le solde budgétaire s’améliore avec le renforcement de l’activité.

Les résultats sont principalement les suivants :

  • Globalement, le niveau du PIB mondial s’en trouve relevé d’environ 2 ½ pour cent (par rapport au niveau de référence) au plus fort du choc, et la croissance du PIB mondial de ¾ point en 2021 et de 1 ¾ point en 2022 (graphique 1.16, partie A). Cela porte la croissance du PIB mondial aux alentours de 5 % et 5 ½ pour cent en 2021 et 2022 respectivement.

  • La production retrouve ses niveaux d’avant la pandémie plus rapidement dans tous les pays (graphique 1.16, partie B), et l’écart entre l'activité retenue pour le scénario de référence et les prévisions d'avant la crise se réduit de moitié. La croissance des échanges mondiaux est aussi fortement dynamisée et progresse d’environ 3 ¾ points de pourcentage (par rapport au scénario de référence) en 2022, stimulant les exportations dans toutes les économies.

  • La baisse initiale du taux d'épargne et l'augmentation du revenu des ménages liée au redressement de l’activité et au recul d’un point de pourcentage du chômage, donne un coup de pouce considérable aux dépenses, la consommation privée augmentant de plus de 3 % dans les économies avancées. L’investissement des entreprises bénéficie également de la reprise de la demande et augmente de 2 ¾ pour cent (par rapport au scénario de référence) dans l’économie avancée médiane, ce qui renforce le stock de capital et rend plus envisageable une reprise durable.

  • Par ailleurs, la croissance plus vigoureuse aide à alléger la dette publique, le ratio dette publique/PIB diminuant d’environ 4 points de pourcentage dans l’économie avancée médiane en 2022.

Les chocs envisagés dans ce scénario reposent sur les hypothèses suivantes :

  • La confiance des ménages recule à mesure que les perspectives de déploiement rapide d'un vaccin s’amenuisent, entraînant une réduction des dépenses des ménages et une hausse d’environ 2 points de pourcentage de l'épargne des ménages dans l’économie avancée médiane.

  • Les incertitudes accrues et l'allongement de la période de faiblesse de la demande se traduisent par de nouvelles fermetures d’entreprises et des destructions de capital au cours de l’année 2021. Ces chocs impliquent une réduction ex-ante de 1 % du stock de capital des entreprises d’ici au second semestre 2021, suivie d’autres baisses, de nature endogène, lorsque l'impact global des chocs retenus affecte la production et l’investissement4.

  • L’augmentation des incertitudes et une évolution de la production inférieure aux attentes sont aussi supposées faire diminuer l’appétence pour le risque et provoquer des corrections des prix sur les marchés financiers. Cette situation est supposée produire une augmentation de 50 points de base de la prime de risque sur les obligations d’entreprises et les actions qui persiste pendant toute l’année 2021, et des baisses de respectivement 15 % et 10 % des cours des actions au niveau mondial et des prix des produits de base non alimentaires.

On suppose que l’ensemble des chocs s’estompent progressivement en 2022, et que leur impact est en partie amorti par les réponses des pouvoirs publics. La politique monétaire réagit de façon endogène et les taux directeurs sont abaissés (par rapport au niveau de référence) mais on fait l’hypothèse, à des fins illustratives, qu'il existe un plancher de taux zéro contraignant. Par conséquent, les taux directeurs ne peuvent pas devenir négatifs, ou restent inchangés s’ils le sont déjà. Les stabilisateurs budgétaires automatiques peuvent aussi jouer pleinement leur rôle dans tous les pays, ce qui signifie que les gouvernements ne réagissent pas au choc en tentant de maintenir la trajectoire budgétaire précédemment fixée.

Les répercussions économiques de ces chocs pourraient être considérables. La croissance mondiale pourrait quasiment s'arrêter durant une bonne partie de 2021 avant de repartir progressivement en 2022, restant bien inférieure à la trajectoire de référence estimée et accroissant encore les coûts de la pandémie (graphique 1.16, partie A). La production mondiale ne retrouverait ses niveaux de l’avant-pandémie qu’à la fin de 2022, soit un an plus tard que dans les projections de référence.

  • Le PIB mondial serait inférieur de près de 4.5 % (aux projections de référence) au plus fort du choc, l'impact sur l’ensemble de l’année amputant la croissance mondiale de 2 ¾ points en 2021 et de 1 ½ point en 2022. Des effets globalement semblables sont observés dans la plupart des grandes économies et régions en 2021, l’Europe et l’Amérique du Nord étant néanmoins plus durement frappées que les économies d’Asie-Pacifique (graphique 1.16, partie B). La production reculerait assez nettement dans les petites économies ouvertes très dépendantes des échanges, ainsi que dans les pays où l’impact de l'action publique menée en réaction aux chocs est faible, en raison d’une marge manœuvre monétaire réduite, de faibles niveaux de protection sociale ou de stabilisateurs budgétaires automatiques limités.

  • La chute de la demande pèse aussi fortement sur le commerce mondial, la croissance des échanges reculant d’environ 7 points de pourcentage en 2021 par rapport aux projections de référence.

  • L'augmentation de l’épargne des ménages, l’intensification des incertitudes et le resserrement des conditions financières entraînent une forte baisse de la demande privée et une hausse du chômage. L’investissement des entreprises recule d’environ 12 % dans l’économie avancée médiane en 2021, et le taux de chômage augmente de 1.7 point de pourcentage au cours de l’année 2021.

  • L’impact de la baisse des prix des produits de base est globalement neutre. Les exportateurs de produits de base pâtissent de la dégradation des recettes d’exportations, mais les économies importatrices de produits de base profitent de la baisse des prix.

  • Les chocs combinés produisent des effets nets déflationnistes, les prix à la consommation se repliant de plus de 1¼ point de pourcentage dans les économies avancées en 2021.

  • Les baisses des taux directeurs dans les économies disposant d'une marge de manœuvre monétaire aident à amortir les effets négatifs sur l’activité intérieure et peuvent soutenir une reprise à terme. Les taux directeurs sont abaissés d'au moins 2 points de pourcentage dans plusieurs grandes économies de marché émergentes, et de 25 points de base aux États-Unis et au Canada.

  • Dans l’économie avancée médiane, le ratio dette publique/PIB progresse de plus de 7 ½ points de pourcentage d’ici à 2022.

Le scénario ci-dessus prend pour hypothèse que tous les chocs se produisent dans tous les pays. Il est possible que l’impact direct de nouvelles vagues épidémiques de COVID-19, plus aiguës, sur la consommation des ménages et l’investissement soit limité dans certains pays, notamment dans ceux de la région Asie-Pacifique disposant de systèmes efficaces de dépistage, traçage et isolement des malades, et où les mesures d’endiguement sont strictement observées. Néanmoins, dans un monde interconnecté, de telles économies restent pleinement exposées à des chocs extérieurs provoqués par un fléchissement de la demande mondiale, des restrictions aux déplacements transnationaux ou des fluctuations sur les marchés financiers et les marchés de produits de base mondiaux. En l’absence de chocs sur la demande intérieure dans les grandes économies d’Asie-Pacifique, l'impact global sur le PIB mondial serait inférieur d’environ un quart, mais l'activité mondiale n’en resterait pas moins bien inférieure aux projections de référence en 2021 et 2022.

D'autres mesures macroéconomiques discrétionnaires, ciblées et prises en temps voulu, pourraient contribuer à contrebalancer de tels chocs, avec les perturbations qu’ils entraînent dans l’économie, et la volatilité accrue des marchés financiers. Des mesures budgétaires pourraient être nécessaires, y compris la prolongation des aides aux entreprises endettées et le maintien des dispositifs de protection des emplois et de soutien aux revenus. Les programmes de politique monétaire et financière devront être élargis ou étendus, notamment en ce qui concerne les liquidités et les prêts, et d'autres mesures devront être prises pour rendre la politique monétaire plus accommodante. Cela peut passer par une expansion des programmes d’achats d'actifs ou un pilotage des anticipations visant à maintenir les taux d’intérêt à des niveaux durablement bas. Une hausse des transferts publics de 2 % du PIB durant deux ans neutraliserait environ un cinquième du choc global, réduisant l'impact sur la croissance du PIB mondial (par rapport aux projections de référence) de quelque 0.4 point de pourcentage par an en moyenne sur ces deux années. Les effets d’une hausse des transferts pourraient être encore plus importants si ceux-ci pouvaient cibler uniquement les ménages à bas revenu ayant une forte propension marginale à consommer.

Le risque persistant de voir le scénario défavorable se réaliser constitue est particulièrement préoccupant, car une surprise négative (par rapport aux prévisions) entraînerait très probablement une correction des prix sur les marchés financiers et d'éventuelles perturbations causées par une recrudescence des faillites d’entreprises. Un tel choc imposerait également des contraintes de plus en plus grandes aux autorités monétaires, en particulier dans les pays où les taux d’intérêt sont déjà proches de leur plancher effectif.

Un grand nombre de risques à la baisse, existant bien avant la pandémie, continuent d'affecter les perspectives du commerce mondial. Néanmoins, la signature début 2020 de la première phase d’un accord commercial5 entre les États-Unis et la Chine, les récents accords de libre-échange entre l’Union européenne et certains de ses partenaires asiatiques et avec le Mercosur6, ainsi que la hausse sensible des mesures de facilitation des échanges observée depuis peu (graphique 1.17) montrent que l’assouplissement des restrictions au commerce international progresse. On en voit la preuve avec l'accord commercial récemment conclu entre les membres du Partenariat économique régional global (Regional Comprehensive Economic Partnership, RCEP), à savoir la Chine, le Japon, la Corée, l’Australie, les pays de l’ASEAN et la Nouvelle-Zélande, qui prévoit de réduire les droits de douane sur les marchandises, d'élargir l’accès au marché de certains services et unifie les règles d'origine pour tous les pays du Partenariat. Cela dit, certaines des mesures faussant les échanges qui ont été mises en place partout dans le monde au cours des deux dernières années sont toujours en vigueur. Les barrières tarifaires et non tarifaires sont toujours élevées et continuent de limiter les échanges mondiaux.

Les incertitudes entourant le Brexit continuent par ailleurs d'assombrir les perspectives de croissance. La période de transition prévue dans l’accord de retrait entre l’UE et le Royaume-Uni expirera le 31 décembre 2020. Faute de ratification d’un accord commercial avant cette échéance, le Royaume-Uni pourrait être exposé à des risques particulièrement élevés d'augmentation des barrières commerciales, de réduction de la mobilité professionnelle et de baisse de l’investissement direct étranger. Selon de récentes analyses de scénarios, une sortie sans accord affecterait l’activité à court terme et entraînerait d’importants effets négatifs à moyen terme. Elle entraînerait des perturbations matérielles et financières d’ampleurs différentes selon les secteurs, les exportations chutant de plus de 30 % dans certaines activités manufacturières (notamment l'automobile et le transport, la viande et le textile), et de près de 20 % dans les secteurs de la finance et de l’assurance (OCDE, 2020b).

Autre source d'incertitude à l'échelle mondiale, l’organe d’appel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a cessé de fonctionner dans l’attente de la nomination de nouveaux membres du conseil, faisant craindre pour sa capacité à remplir son mandat de règlement des différends et de surveillance du respect des règles internationales7.

Au-delà de cet environnement commercial peu propice, la pandémie de COVID-19 crée des risques supplémentaires de révision à la baisse de nos prévisions. Au début de la crise sanitaire, de nombreux pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord, ont réagi en durcissant leurs restrictions commerciales (concernant par exemple les équipements médicaux). Bien que ces restrictions aient été finalement temporaires et rapidement levées, elles ont ajouté aux incertitudes croissantes. Si la reprise devait fléchir sensiblement et la demande mondiale d'équipements médicaux connaître un nouvel essor, des restrictions de ce type pourraient être réintroduites.

Par ailleurs, les perturbations et insuffisances de l’offre d’un nombre réduit de produits mais essentiels ont ravivé les débats concernant les coûts de la fragmentation internationale de la production. Réduire la dépendance commerciale, y compris en rapatriant la production, est vu comme une solution potentielle pour diminuer les risques, mais des mesures de ce type pourraient aussi avoir des coûts d’efficience substantiels. En outre, les tentatives de relocalisation de la production peuvent nuire à la diversification, ce qui réduit la marge d’adaptation aux chocs. À la place, dans la mesure où les échanges jouent un important rôle de stabilisation, les gouvernements peuvent renforcer la résilience concernant la plupart des biens et des services en prenant des mesures pour en faciliter la libre circulation. Pour certains biens considérés comme « essentiels », les pouvoirs publics peuvent aussi surveiller la concentration des sources d'approvisionnement et augmenter les stocks, afin que leurs pays soient mieux préparés à affronter les risques.

Alors que le virus continue se propager dans de nombreuses régions du monde et que de nombreux pays voient les cas d’infection repartir à la hausse, des mesures de santé publique judicieusement ciblées et des politiques de soutien macroéconomiques ainsi que des mesures structurelles s’imposent pour préserver la confiance et atténuer les incertitudes jusqu’au déploiement généralisé d'un vaccin efficace. Les autorités doivent mobiliser des mesures d’endiguement permettant de maîtriser la pandémie sans entraver inutilement l’activité économique (chapitre 2, note de réflexion 4). Dans ce contexte difficile où il faut encourager la reprise tout en maintenant des mesures d’endiguement tandis que certains secteurs sont en pleine transformation structurelle, les politiques de soutien dictées par la crise doivent être flexibles et adaptées aux circonstances, et elles devront évoluer avec la reprise pour soutenir les travailleurs et garantir que les aides ciblent en priorité les entreprises viables. Les politiques exceptionnelles menées en réponse à la crise doivent s'accompagner des réformes structurelles les plus susceptibles d’ouvrir des perspectives aux travailleurs ayant perdu leur emploi et de renforcer le dynamisme de l'économie, en favorisant la réaffectation des ressources humaines et capitalistiques vers les secteurs et activités qui peuvent étayer la croissance, accroître la résilience et contribuer à la préservation de l’environnement. Les mesures nationales doivent se doubler d’une coopération internationale renforcée pour ralentir et interrompre la circulation du virus, accélérer la reprise économique et préserver la libre circulation des flux d'échanges et d’investissements.

Une action de vaste portée dans le domaine de la santé publique reste nécessaire pour limiter et atténuer les nouvelles vagues de COVID-19 jusqu’à la généralisation de la vaccination. Il est impératif que les systèmes de santé puissent faire face efficacement à toute recrudescence de l’épidémie sans retarder indûment les interventions nécessaires pour d'autres patients. Les gouvernements doivent conserver des ressources suffisantes pour permettre le fonctionnement efficace, à grande échelle, des programmes de dépistage, traçage et isolement des malades et limiter toute nouvelle flambée de contaminations, comme ont réussi à le faire les pays d’Asie-Pacifique, tout en assurant un niveau adéquat de capacités sanitaires et de stocks d'équipements de protection personnelle. Les gestes barrières, comme la distanciation physique et le port généralisé du masque, contribuent aussi à limiter la propagation du virus (chapitre 2, note de réflexion 4). De telles actions permettraient de prendre rapidement des mesures locales ciblées visant à parer à de nouvelles reprises de l’épidémie au lieu d’instaurer de nouveaux confinements à l’ensemble de l’économie, ce qui réduirait les coûts économiques et sociaux. Néanmoins, toute nouvelle restriction reste susceptible de saper la confiance et de ralentir le rythme de la reprise jusqu’à l'arrivée d'un vaccin.

Ce défi sanitaire mondial exige plus que jamais une coopération et une coordination internationales. Aucun pays ne dispose des ressources internes lui permettant d’obtenir l’ensemble des produits nécessaires à la lutte contre le COVID-19. Il faut intensifier les financements et les efforts multilatéraux pour garantir la production efficace d'équipements médicaux et faire en sorte que des vaccins et traitements abordables soient rapidement disponibles partout dans le monde. Les décisions portant sur la constitution de stocks et l'aide sanitaire d’urgence dans les économies avancées devraient être conçues dans un souci d'inclusivité, en tenant compte des besoins des économies de marché émergentes et pays en développement les plus vulnérables, aux capacités sanitaires restreintes et qui n’ont pas les ressources nécessaires à des investissements d’envergure.

Les économies avancées ont rapidement et sensiblement assoupli leurs politiques monétaires et financières en réponse à la pandémie au premier semestre 2020. Les taux d’intérêt ont été abaissés, les achats d'actifs ont repris, les lignes de swap de dollars ont été augmentées et les réglementations prudentielles applicables aux banques ont été assouplies (OCDE, 2020c ; graphique 1.18 ; tableau 1.2). Depuis, peu de nouvelles mesures ont été annoncées8, ce qui se justifie puisqu’une certaine stabilisation des marchés financiers s’est opérée (voir ci-dessus) et que de nombreux programmes sont toujours en cours. Les principales banques centrales continuent d'acheter des titres de créances publics et privés, maintenant les taux d'intérêt à des niveaux bas. En outre, certaines mesures de soutien aux liquidités et au crédit qui avaient été annoncées n’ont pas encore été totalement mises en œuvre (tableau 1.3). Les autorités monétaires se sont à juste titre engagées à soutenir le crédit jusqu’à ce que la crise soit largement derrière nous, et à agir davantage si les perspectives se dégradent (Brainard, 2020 ; Kuroda, 2020 ; Lagarde, 2020b).

Durant la crise en cours, les politiques monétaires devraient surtout viser à soutenir fermement la demande, à fournir un filet de sécurité durable aux principaux marchés du crédit et à garantir la stabilité financière. Les nombreux programmes de politique monétaire et financière actuellement mis en œuvre offrent la flexibilité nécessaire pour faire face à l’apparition de foyers sporadiques de COVID-19, avec les perturbations économiques et le surcroît de volatilité des marchés financiers qu’ils entraînent. Des réserves existent encore au sein des programmes actuels, notamment en ce qui concerne les prêts d’urgence et le soutien au crédit bancaire (tableau 1.3). Aux États-Unis, plusieurs programmes devraient arriver à expiration à la fin de 2020, mais ils pourraient être prolongés ou relancés9. De plus, les achats d'actifs peuvent être augmentés pour améliorer la situation financière générale. Tout nouvel assouplissement des réglementations prudentielles devrait être subordonné à une communication transparente sur les expositions financières et à des restrictions sur le versement de dividendes et de primes.

En cas d’obstacles imprévus dans le déploiement d'un vaccin efficace qui mettrait à mal la confiance et nécessiterait l’adoption de nouvelles mesures d’endiguement, provoquant un nouveau recul de l’activité économique, un assouplissement supplémentaire sera nécessaire. Si la marge de réduction des taux directeurs dans les principales régions économiques est limitée10, les banques centrales disposent d’outils efficaces pour maintenir à de faibles niveaux les rendements des obligations d’État et ainsi, le coût du crédit dans d’autres segments des marchés financiers. Parmi les instruments permettant de contrôler les taux d’intérêt à long terme, on peut citer le pilotage des anticipations relatives aux taux d’intérêt et l'augmentation des achats nets d’obligations d’État. Pour maintenir les rendements longs à de faibles niveaux, les banques centrales peuvent également recourir au contrôle de la courbe des rendements, comme le fait la Banque du Japon11. Ce dispositif permet de contrôler directement les prix des obligations d’État à long terme, alors que l'assouplissement quantitatif classique se concentre sur la quantité d’actifs achetés.

À plus long terme, le principal défi en matière de politique monétaire sera d'assurer une inflation durablement plus élevée. Les banques centrales étaient déjà confrontées à ce défi avant la crise du COVID-19, dans un contexte associant baisse séculaire de la croissance, de l’inflation et des estimations de taux d’intérêt neutre. Cela a amené les principales d’entre elles à revoir les cadres de la politique monétaire (chapitre 2, note de réflexion 3). Aux États-Unis, cet examen a abouti à l’adoption d’une forme flexible de ciblage de l’inflation moyenne, qui vise à stimuler l’inflation. Cependant, dans les économies avancées, les changements structurels à l’œuvre ces dernières décennies en termes de production et distribution des biens et des services, de modèles économiques des entreprises et de structure de la demande risquent de rendre l’objectif d’une hausse de l’inflation plus difficile à atteindre, et d’ouvrir une période prolongée de faiblesse des taux d’intérêt. Une telle situation favoriserait la viabilité des finances publiques (voir ci-après), mais pourrait entraîner des prises de risque excessives en l'absence de mesures macroprudentielles efficaces, provoquer une baisse de la rentabilité des fonds de pension, des compagnies d'assurance et des banques, et donner l’impression que les banques centrales contribuent à aggraver les inégalités.

Dans de nombreuses économies avancées, les gouvernements ont annoncé de vastes programmes de soutien au début de la pandémie. Certains pays ont ensuite étendu ces mesures. Si leur ampleur et leur composition varient, les plans de soutien destinés aux personnes et aux entreprises ont essentiellement consisté à développer les dispositifs de chômage partiel, élargir les allocations de chômage, accorder des congés maladie ou de garde d’enfant supplémentaires, réduire ou reporter les impôts et cotisations de sécurité sociale, établir des moratoires sur les engagements privés (loyers, factures d'électricité, remboursement de dettes), et offrir des mécanismes de prêt, de recapitalisation et de garantie de prêt. Même si toutes les affectations budgétaires ne seront pas épuisées (par exemple en raison d'un faible recours aux mesures concernées) ou reflétées dans les soldes budgétaires en raison de conventions de comptabilité nationale (pour certains types de garanties de prêt, reports d’impôt ou moratoires sur les engagements privés par exemple), il n’en reste pas moins que selon les estimations, le soutien budgétaire aura été massif en 2020 dans de nombreuses économies de l’OCDE12.

  • On estime que l’assouplissement budgétaire discrétionnaire, représenté par la variation du solde primaire sous-jacent, devrait être de l’ordre de 4.2 % du PIB potentiel dans l’économie médiane de l’OCDE en 2020, avec toutefois des disparités considérables selon les pays (graphique 1.19, partie A). C’est près de deux fois plus qu’en 2008 et 2009. Cela étant, les variations des estimations des soldes primaires sous-jacents doivent être prises avec prudence, dans la mesure où les techniques d’ajustement cyclique classiques pourraient être moins fiable dans l’environnement actuel13.

  • Selon les estimations, la consommation publique contribuerait en moyenne à hauteur d’environ 0.4 point à la croissance du PIB réel en 2020, et de plus d’un point dans quelques pays (graphique 1.20, partie A). La contribution moyenne est plus de deux fois supérieure à ce qu’elle était durant la crise financière mondiale14.

  • On estime que les transferts sociaux ont permis de compenser une partie de la diminution du revenu marchand des ménages, limitant fortement la baisse du revenu disponible, voire l’augmentant dans quelques cas (graphique  1.20, partie B)15. Le soutien moyen apporté par les transferts sociaux au revenu disponible des ménages est supérieur d’environ 30 % en 2020 à celui de 2009, après prise en compte des différences de perte de revenu marchand pendant ces deux années.

Le fonctionnement des stabilisateurs automatiques et les nouvelles mesures de soutien devraient se traduire par des déficits budgétaires de grande ampleur en 2020, équivalents à environ 8 ¼ pour cent du PIB en moyenne dans les pays de l’OCDE et dépassant 15 % du PIB au Royaume-Uni et aux États-Unis (graphique 1.21, partie A).

Un soutien budgétaire massif et rapide était nécessaire étant donné l’ampleur sans précédent du choc et le degré élevé d’incertitude produits par la crise. Sans cette réponse budgétaire décisive, les pertes en termes d'activité économique, de revenu et d’emploi, et l’augmentation des inégalités de revenu qui en découlent, auraient été plus importants à court terme, et plus durables.

Le soutien budgétaire devra être maintenu au cours des prochaines années, mais son ampleur et sa nature devront être ajustées en fonction de l'évolution de la situation. Compte tenu de de l’ampleur des besoins budgétaires, les dépenses publiques de soutien doivent être judicieuses et économiquement rationnelles. D'abord destiné à l’ensemble de l'économie, le soutien budgétaire devra être peu à peu réorienté vers les secteurs les plus durement touchés, et faciliter la réaffectation du capital et du travail actuellement mobilisés dans des secteurs qui connaissent un fléchissement structurel de la demande (voir ci-dessous). Il faut se garder de mettre fin précocement à l’ensemble des programmes spéciaux en 2021, ou alors ce choix devra être compensé par d’autres mesures plus ciblées. Des mesures d’assainissement budgétaire pourraient compromettre excessivement la croissance sans nécessairement produire d'économies, car elles pourraient d’entraîner une hausse des dépenses sociales et une baisse des recettes cycliques. En cas de nouvel affaiblissement de l’économie, il faudrait laisser les stabilisateurs automatiques jouer pleinement, et maintenir ou prolonger les mesures de soutien spécifiques actuellement en place.

Les prévisions actuelles supposent que les mesures de soutien arriveront à échéance comme prévu par les lois en vigueur (annexe 1.A). Par conséquent, un resserrement discrétionnaire de la politique budgétaire est attendu en 2021-22 dans de nombreux pays de l’OCDE, mais dans la plupart des cas, son ampleur ne suffira pas à revenir sur l’assouplissement opéré auparavant, ce qui semble approprié au vu des perspectives économiques (graphique 1.19, parties B-D). De ce fait, et compte tenu d’une certaine amélioration conjoncturelle, les déficits budgétaires devraient diminuer d’ici à 2022. Dans toutes les économies de l’OCDE, les soldes budgétaires resteront inférieurs d’environ 4 % du PIB en moyenne à leurs niveaux de 2019, et seront toujours historiquement élevés dans certains pays (graphique 1.21, partie A). L'ampleur des déficits budgétaires attendus et la baisse de la production conduiront à une forte hausse des ratios dette publique/PIB (graphique 1.21, partie B). Fin 2022, ces ratios seront supérieurs de près de 20 % du PIB à leur niveau de 2019 dans l’économie médiane de l’OCDE, et de plus de 40 % du PIB au Canada et au Royaume-Uni. Dans de nombreuses économies, ce ratio atteindra son niveau le plus élevé depuis au moins quatre ou cinq décennies. Malgré l'augmentation de la dette publique dans la plupart des économies, garantir la soutenabilité de la dette ne devrait être une priorité qu’une fois la reprise bien amorcée, du fait de la persistance de taux d’intérêt très bas, mais il faut dès maintenant commencer à préparer les mesures qui devront sans doute être prises.

Au moment où elles ont été frappées par la pandémie de COVID-19, bon nombre d’économies de marché émergentes cumulaient un endettement (privé et public) élevé, une marge de manœuvre budgétaire limitée et, pour certains pays du moins, une forte exposition à la dette en devises (OCDE, 2020c ; graphique 1.22)16. Cette exposition à la dette en devises impose une contrainte supplémentaire aux autorités monétaires de certains pays, car l’assouplissement monétaire peut amplifier les risques pour la stabilité financière, via les dépréciations éventuelles des monnaies, et provoquer un désancrage des anticipations d’inflation. La détention d’obligations d’entreprise par des investisseurs étrangers avait également augmenté dans certains pays en développement et économies de marché émergentes, les exposant potentiellement à des risques de refinancement en cas de dépréciation de leur monnaie et de diminution de leurs recettes.

Les gouvernements des grandes économies de marché émergentes et de quelques autres de plus petite taille sont parvenus à émettre des titres de dette à des taux relativement bas au cours des derniers mois (FMI, 2020)17. De manière à peu près identique, les entreprises des économies de marché émergentes – en particulier les entreprises de grande taille et relativement bien notées – ont accéléré le rythme de leurs émissions obligataires et augmenté leurs emprunts auprès du secteur bancaire pour faire face à la baisse de leurs recettes, refinancer leur dette et/ou constituer des réserves de liquidités à titre de précaution. Néanmoins, des inquiétudes quant à la viabilité de la dette souveraine pourraient refaire surface si la crise se prolonge. Qui plus est, ces difficultés risquent d’être exacerbées par les fragilités du secteur des entreprises et du secteur bancaire18.

De nombreuses économies de marché émergentes ont assoupli leur politique monétaire et renforcé les mesures de soutien budgétaire dans le sillage de la crise liée au COVID-19, aidées en cela par l’assouplissement des politiques macroéconomiques dans les économies avancées (graphique 1.18). Cette riposte rapide et massive a permis d'éviter un repli encore plus fort de l'activité économique, d’alléger les pressions sur les liquidités pour les agents privés et d’atténuer les tensions sur certains segments clés du marché du financement. Le soutien budgétaire discrétionnaire a également amorti l’impact du choc sur l’emploi et les revenus des ménages, en particulier pour les ménages à relativement faible revenu19. Cette action a été particulièrement bienvenue dans les économies de marché émergentes qui, pour beaucoup d’entre elles, ont vu s’effondrer les transferts financiers des expatriés et où les stabilisateurs automatiques sont généralement plus limités que dans les économies avancées en raison du niveau d’informalité élevé de leur économie.

Chaque fois que possible, les économies de marché émergentes devraient maintenir les mesures publiques de soutien à l’économie pour éviter de la pénaliser inutilement et durablement. La durée et la vigueur des mesures supplémentaires de soutien devront néanmoins être adaptées aux circonstances domestiques et extérieures20. Plus important, si la crise perdure et alourdit le coût des mesures supplémentaires, les autorités publiques devront peut-être renoncer à fournir un soutien exhaustif et se concentrer sur des politiques plus ciblées.

  • Politiques monétaires et financières : les économies de marché émergentes ayant un cadre d'action macroéconomique crédible, un régime de change flexible et un niveau gérable d’exposition à la dette libellée en devises étrangères peuvent encore accommoder le choc. Dans les économies où les taux d’inflation sont proches de la cible et les anticipations d’inflation ancrées, il est envisageable d’abaisser encore les taux directeurs et de faire abstraction d’éventuelles hausses temporaires de l'inflation dues à des dépréciations ponctuelles de la monnaie nationale. Dans les pays où le niveau déjà bas des taux d'intérêt réels rend difficile tout nouvel assouplissement de la politique monétaire et/ou le niveau de la dette en devises est élevé, les banques centrales pourraient opter pour un soutien ciblé à la liquidité plutôt que pour un assouplissement monétaire direct21. Les pays pourraient aussi assouplir les restrictions sur les entrées de capitaux relatives aux opérations en devises réalisées par des établissements financiers résidents, y compris en réduisant le niveau des réserves obligatoires en devises (OCDE, 2020d).

  • Politique budgétaire : il devrait rester possible de continuer à laisser jouer pleinement les stabilisateurs automatiques, et d’autres mesures temporaires de relance budgétaire pourront être envisagées si elles ne mettent pas en péril la viabilité de la dette. Si l’arbitrage entre soutien budgétaire et viabilité de la dette est trop important, il faudra cibler les mesures budgétaires sur les initiatives qui peuvent dynamiser la production potentielle (dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures par exemple) et dont les avantages sont durables. Il faut encourager l’amélioration de l’efficience générale des dépenses et le renforcement de la transparence et de la reddition de compte, notamment par la communication d’informations sur la totalité des passifs extérieurs et des activités budgétaires et quasi-budgétaires, en particulier concernant les dépenses de santé et les transferts financiers liés à la pandémie de COVID-19. On limiterait ainsi les risques de mauvaise gestion des fonds, de corruption et de blanchiment d’argent.

Les perturbations causées par la pandémie pourraient laisser des séquelles durables. Les niveaux de vie sont inférieurs à ce qui était espéré, l’investissement devrait rester faible pendant quelque temps encore et l’allongement des épisodes de chômage pourrait conduire à une hausse du chômage structurel ou pousser certains travailleurs – en particulier dans les groupes vulnérables – à quitter le marché du travail. L’ajustement aux effets de long terme de la crise passera probablement par une réaffectation de la main-d’œuvre et du capital, dont l’ampleur est toutefois incertaine. Beaucoup des secteurs touchés de plein fouet par les exigences de distanciation physique et l’évolution connexe des préférences des consommateurs pourraient ne jamais retrouver leur taille initiale après la crise. Le passage durable au télétravail et l’essor des services par voie numérique (commerce en ligne par exemple) pourraient également modifier la structure des emplois et l’emplacement des lieux de travail dans de nombreux cas. Ces changements exacerbent plusieurs problèmes largement antérieurs à l’apparition de la pandémie, la longue période de faible croissance qui a suivi la crise financière mondiale, l'accroissement des inégalités des situations et des chances et la nécessité de s’adapter à la transformation numérique et au changement climatique.

Les mesures adoptées pour favoriser la reprise post-COVID-19 offrent une occasion de remédier à ces défis anciens et nouveaux, pour autant que les initiatives de relance économique et les plans de redressement parviennent à concilier le soutien au rétablissement de la croissance et à la création d’emplois avec la réalisation des objectifs environnementaux. Les mesures adoptées au plus fort de la pandémie pour soutenir les emplois, les revenus et les entreprises doivent allier flexibilité et agilité, en ciblant de plus en plus les travailleurs plutôt que les emplois, et les entreprises qui ont de bonnes chances d’être viables au moment où l’économie se relèvera, et s’accompagner de réformes structurelles permettant d’accélérer la reprise. Dans les pays où les marchés de produits et du travail pourront s’adapter pour mettre en place les réaffectations requises, les séquelles à long terme de la récession seront sans doute plus limitées (Caldera Sánchez et al., 2017 ; Ollivaud et Turner, 2014).

Les secteurs les plus durement touchés par les exigences de distanciation physique et les changements de comportement des consommateurs qu’elles entraînent se caractérisent par une forte intensité d’emploi, leur part dans l’emploi total pouvant atteindre 20 % (graphique 1.23)22. Certains de ces secteurs, en particulier les activités d’hébergement et les services de loisirs, ont été des sources importantes de croissance globale de l’emploi au cours de la dernière décennie, en particulier pour les femmes. Les salariés faiblement rémunérés, les jeunes et les personnes exerçant un emploi atypique ou informel sont aussi relativement exposés au risque de perte d’emploi et de chômage de longue durée après la fin de la pandémie. Pour les jeunes, entrer sur le marché du travail pendant une récession peut avoir des effets pénalisant sur les revenus pendant de nombreuses années.

Il est difficile de savoir dans quelle mesure la production retrouvera ses niveaux d'avant la pandémie dans les secteurs durement affectés. L’un des défis majeurs va consister à élargir les programmes de soutien d’urgence à l’emploi et aux revenus afin de garantir un soutien suffisant aux travailleurs qui devront peut-être trouver de nouveaux emplois dans d'autres secteurs ou dans d'autres lieux.

  • Les programmes de maintien dans l’emploi comme les dispositifs de chômage partiel ou les subventions salariales sont efficaces pour préserver les emplois existants, mais peuvent freiner l’ajustement souhaitable entre secteurs, en particulier si la reprise est plus lente que prévu. Petit à petit, il faudra adapter ces mesures pour soutenir les travailleurs plutôt que les emplois (OCDE, 2020e), comme le font déjà certains pays. Augmenter le coût des heures non travaillées pour les employeurs bénéficiant de ces programmes et réévaluer l’éligibilité des entreprises qui sollicitent une aide sont des mesures qui permettraient d’identifier celles d’entre elles qui s’attendent à rester viables dans la durée et d’encourager les entreprises à augmenter le nombre d’heures travaillées dès que possible. Peut-être faudrait-il aussi faire preuve d’une souplesse accrue pour octroyer des aides différenciées aux entreprises, avec une allocation des ressources de soutien ciblant de plus en plus les secteurs et entreprises les plus pénalisés par les mesures de confinement en cours. Enfin, en cas de nouveau repli généralisé de l’activité économique, il pourra s’avérer nécessaire de suspendre pour un temps les efforts de réorientation des aides.

  • Dans les pays qui, comme les États-Unis, ont augmenté les allocations de chômage pour soutenir les revenus au plus fort de la pandémie, le risque de maintien d’emplois non viables est moindre, mais celui de pertes de revenu est plus important. Même s’ils redeviennent viables lorsque l’activité repartira, certains emplois qui existaient avant la crise pourraient aussi ne pas être rétablis.

Parallèlement, il est nécessaire d’augmenter massivement les investissements dans les programmes actifs du marché du travail, notamment les services de l’emploi, pour aider les demandeurs d’emploi à trouver du travail (Andrews et Saia, 2017), et de renforcer l’enseignement et la formation professionnels pour ouvrir de nouveaux débouchés aux travailleurs ayant perdu leur emploi, aux travailleurs peu qualifiés et à ceux qui sont en activité partielle (Andersen, 2016)23. Des réformes destinées à réduire les obstacles à la mobilité de la main-d’œuvre, notamment les restrictions réglementaires à l’accès à certaines professions et les rigidités du marché du logement, seraient par ailleurs utiles pour faciliter la réaffectation de l’emploi et réduire les probabilités que la crise ait des séquelles persistantes (Hermansen, 2019 ; Bambalaite et al., 2020 ; Causa et Pichelmann, 2020). Une offre améliorée de services d’accueil des jeunes enfants et une protection adéquate des revenus pour les groupes vulnérables doivent impérativement faire partie de toute action bien conçue pour accroître le taux d’activité et rendre le marché du travail plus inclusif (OCDE, 2019a). Des mesures de ce type contribueraient à améliorer les opportunités professionnelles et à encourager la réaffectation des ressources, tout en continuant de soutenir la demande à court terme.

Depuis le début de la pandémie, les aides au revenu à destination des travailleurs et des ménages ont été renforcées, avec un élargissement des prestations existantes et l’adoption de mécanismes visant à combler les lacunes des systèmes de protection sociale, sous la forme de nouvelles aides ciblées sur les travailleurs temporaires, les travailleurs indépendants et, dans les économies de marché émergentes, les travailleurs informels (OCDE, 2020f). Certains pays ont établi des prestations ponctuelles ciblant spécifiquement les groupes vulnérables, par exemple des transferts en espèces pour les parents isolés à faible revenu au Japon. En revanche, certaines populations vulnérables, comme les travailleurs temporaires migrants, ne bénéficient toujours pas de prestations comme des congés-maladie (OCDE, 2020g). L’accès aux aides financières et congés-maladie devra être maintenu pendant toute la durée de la pandémie pour soutenir les revenus et permettre aux travailleurs nouvellement contaminés de se mettre rapidement en quarantaine. Des améliorations plus durables des filets de protection sociale pourraient aussi être nécessaires pour empêcher les inégalités de revenus et de chances de se creuser encore davantage.

Dans le même temps, il faudra passer graduellement de l’octroi d’un soutien inconditionnel à des formes d’aide plus ciblées qui préservent les incitations au travail et à la recherche d’emploi. Par exemple, l’écart entre les prestations de chômage partiel et les indemnités de chômage classiques pourrait nécessiter un réalignement dans les économies avancées ayant adopté des dispositifs de maintien dans l’emploi, surtout dans les pays où les prestations de chômage partiel sont particulièrement généreuses (OCDE, 2020e). Établir des critères d’ajustement précis et liés à l’évolution de la situation sur le marché du travail – par exemple, lier le changement des niveaux de prestation ou de la durée de leur versement au taux de chômage – permettrait de conférer aux changements un caractère plus opportun et prévisible.

La participation des travailleurs en activité réduite à des formations peut leur permettre d’améliorer la viabilité de leur emploi actuel ou leurs chances de trouver un nouvel emploi. La pandémie de COVID-19 n’a fait que renforcer la nécessité depuis longtemps ressentie d’améliorer l’efficacité de l’enseignement et de la formation professionnels, pour aider les travailleurs à relever les défis liés aux risques posés par l’automatisation et les progrès du numérique. Bon nombre des travailleurs qui ont le plus besoin de formation y accèdent difficilement (graphique 1.24, partie A). Dans les économies de l’OCDE en moyenne, environ 40 % des adultes participent régulièrement à des formations formelles ou non formelles liées au travail, et un nombre disproportionné d’entre eux sont très qualifiés (OCDE, 2019b). En revanche, de façon générale, seuls environ un cinquième des travailleurs peu qualifiés, dont certains exercent dans des secteurs lourdement affectés par la pandémie comme l’hébergement, ont accès à des formations pour adultes. Avant la pandémie, l’amélioration de l’enseignement et de la formation professionnels était considérée comme une priorité essentielle des réformes futures dans plus de la moitié des pays examinés dans Objectif croissance (OCDE, 2019a) (graphique 1.24, partie B).

  • L’un des défis majeurs est d’organiser les formations à l’intention des travailleurs qui en ont le plus besoin de telle sorte qu’elles puissent être combinées avec un travail à temps partiel ou des horaires de travail irréguliers. Dans cette optique, les formations devraient de préférence être ciblées sur des personnes plutôt que sur des groupes, être dispensées de manière souple au moyen d’outils pédagogiques numériques et de cours modulaires, avoir une durée relativement brève et s’accompagner d’une évaluation et d’une reconnaissance adéquates des connaissances acquises (OCDE, 2019b ; OCDE, 2020h). La crise offre l’occasion d’encourager la formation des personnes qui ont perdu leur emploi ou qui sont en activité réduite, et l’on observe d’ores et déjà une augmentation notable de la participation des adultes aux formations en ligne, l’un des exemples de réussite dans ce domaine étant la formation rapide de nouveaux « traceurs de contact » pour les systèmes de dépistage, de suivi des malades et de traçage des contacts, ainsi que de travailleurs sociaux.

  • La formation en ligne peut aider à surmonter certains des obstacles qui freinent la participation à la formation (OCDE, 2020i), en laissant aux participants davantage de possibilités de choisir leurs horaires et en leur donnant accès à des cours en ligne modulables. De nombreux pays pourraient aller plus loin pour encourager les personnes en activité réduite à se former, en imposant des obligations de formation aux entreprises et travailleurs couverts par les dispositifs de chômage partiel, voire en octroyant des incitations financières si nécessaire24. La mise en place d’accès à internet suffisants et de programmes individuellement ciblés sur les travailleurs faiblement rémunérés et peu qualifiés et sur les catégories vulnérables, en particulier lorsque leurs compétences numériques sont insuffisantes, encouragerait les personnes qui en ont besoin à participer à des formations.

Pour minimiser les séquelles à long terme et ouvrir la voie à une augmentation de la productivité après la crise, il faut aussi réaffecter progressivement le capital vers les secteurs et activités viables dont le potentiel productif est en expansion. Les aides publiques aux entreprises comme les subventions salariales, les reports d’impôt et les garanties devront être supprimées graduellement, pour éviter que l’État ne soutienne trop longtemps des entreprises non viables. Si les aides incitent les entreprises à s’endetter davantage, l’augmentation des ratios d’endettement et l’alourdissement du service de la dette risquent d’amputer les ressources internes susceptibles de financer de nouveaux investissements et emplois (chapitre 2, note de réflexion 2). Parmi les solutions possibles, on pourrait envisager d’allonger la durée des garanties d’emprunt ou de convertir les aides publiques liées à la pandémie en prises de participation par l’État, mais il faudra veiller à ce que ces mesures ne faussent pas la concurrence et assortir ces investissements de plans de reprise et de stratégies de sortie conditionnelle transparents et précisément définis (OCDE, 2020j). Certaines aides pourraient aussi être liées aux circonstances, les remboursements (ou versements différés) ne commençant qu'une fois l’entreprise redevenue bénéficiaire par exemple. Pour répondre aux besoins de financement des PME, qui représentent une source importante de développement d’emplois nouveaux, une solution utile pourrait consister à convertir les prêts publics (accordés en période de crise) en subventions, à la condition que les fonds soient utilisés pour couvrir des dépenses d’exploitation.

L’expérience passée montre que les défaillances d’entreprises sont d'autant plus susceptibles d'augmenter que la crise va durer (chapitre 2, note de réflexion 2 ; Deutsche Bundesbank, 2020). Les dispenses d’application des procédures d’insolvabilité et réglementations bancaires normales accordées cette année par de nombreux pays pour limiter les faillites d’entreprise devront elles aussi être progressivement supprimées à mesure que la reprise progressera. Des données issues d’enquêtes montrent que de nombreuses entreprises subissent toujours des pertes d’exploitation et les risques de faillites sont perçus comme élevés, en particulier dans les secteurs qui ont été les plus durement touchés par la crise (encadré 1.2). Pour éviter des retards indus dans les procédures d’insolvabilité, certains pays devront peut-être adopter des réformes visant à simplifier ces procédures et à s’assurer que la législation sur les faillites ne pénalise pas les défaillances à l’excès, afin de favoriser à l’avenir une réaffectation du capital porteuse de gains de productivité (Adalet McGowan et al., 2017).

Des réformes visant à stimuler le dynamisme des entreprises par le renforcement de la concurrence et l’ouverture des marchés de produits sont également essentielles pour tenir compte des évolutions structurelles dues à la transformation numérique, favoriser une réaffectation des ressources qui se traduira par des gains de productivité, encourager l’arrivée de nouveaux entrants et réduire le fossé qui sépare depuis longtemps les entreprises les plus performantes et les autres (graphique 1.25). Dans certains pays, il faudra en premier lieu rationaliser les obstacles liés aux permis et aux licences, s’assurer que les marchés de produits sont ouverts aux producteurs et investisseurs étrangers (via les échanges et l’investissement étranger) et abaisser les obstacles réglementaires dans les services et les secteurs de réseaux (OCDE, 2019a).

Les efforts déployés par les gouvernements pour soutenir la reprise économique doivent servir d’occasion pour intégrer dans l’action publique des mesures, nécessaires, visant à accélérer la transition des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables et à limiter les menaces à long terme liées au changement climatique. De nombreux gouvernements ont incorporé des mesures de relance « verte » dans leurs programmes de relance et d’investissement en réponse à la crise du COVID-19, mais en règle générale, ces mesures ne représentent qu’une petite fraction du soutien global, et la répartition entre dépenses vertes et non vertes est relativement défavorable aux premières (OCDE, 2020k). Certaines mesures telles que les réductions ou exonérations des taxes, droits et redevances liés à l’environnement, ou encore les aides financières accordées aux entreprises fortement émettrices comme les compagnies aériennes auront probablement un impact négatif direct ou indirect sur la situation environnementale si elles ne sont pas assorties d’obligations de décarbonation.

Les aides financières sectorielles devraient si possible être subordonnées à des améliorations environnementales, notamment à des progrès sur le plan des engagements et des résultats environnementaux dans les secteurs polluants qui ont été particulièrement touchés par la crise. La perspective que les cours des combustibles fossiles se maintiennent durablement à des niveaux sensiblement inférieurs à ceux anticipés il y a un an nécessite de mettre rapidement en place des incitations qui encouragent les entreprises à investir dans des technologies sobres en énergie. Un meilleur alignement des signaux de prix à long terme sur les objectifs environnementaux et climatiques, par exemple au moyen d’une tarification du carbone, réduirait l’incertitude entourant les politiques environnementales et améliorerait les perspectives de financement d’investissements de long terme dans des technologies propres ; cela étant, il faudra prévoir des mesures de compensation pour atténuer les effets négatifs, en termes de redistribution, sur les ménages les plus pauvres et les petites entreprises. Il est également possible de soutenir les changements comportementaux qui peuvent favoriser la transition vers une économie bas carbone, notamment en facilitant le télétravail et en assurant l’accès du plus grand nombre au haut débit.

Les pouvoirs publics peuvent aussi fournir une aide directe avec la réalisation de grands projets d’investissement en infrastructures soigneusement conçus – investissements dans l’extension et la modernisation des réseaux électriques et dépenses dans les énergies renouvelables par exemple – ainsi que de projets pouvant être amortis plus rapidement, comme la promotion de bâtiments et d’appareils plus économes en énergie (AIE, 2020a). Combinés aux mesures visant à garantir la concurrence sur les marchés, ces investissements peuvent être source de nouveaux emplois, en particulier dans des secteurs comme la construction et la gestion des déchets, et contribuer à préserver les emplois existants dans le contexte actuel de morosité de la demande finale.

Un accroissement notable des investissements énergétiques sera indispensable pour atteindre l’ensemble des objectifs relatifs aux énergies renouvelables, notamment ceux visés par l’Accord de Paris (AIE, 2020b). Cela pourrait nécessiter, au cours des deux prochaines décennies, des investissements énergétiques annuels supérieurs d’environ 25 % en moyenne aux niveaux prévus sur la base des politiques actuelles, en modifiant progressivement la composition des dépenses pour privilégier l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables (graphique 1.26).

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Les hypothèses concernant les paramètres des politiques budgétaires pour 2020-22 sont fondées autant que possible sur les mesures concernant la fiscalité et les dépenses qui ont été adoptées par les parlements, et sont cohérentes avec les prévisions de croissance, d'inflation et de salaires. Lorsque des projets ont été annoncés par les gouvernements sans avoir été adoptés par le pouvoir législatif, il en est tenu compte s'il paraît clair qu'ils seront mis en œuvre sous une forme proche de celle qui a été annoncée. Lorsqu'on ne dispose pas d'informations suffisantes pour déterminer quels seront les résultats budgétaires, on présume que les soldes primaires sous-jacents resteront inchangés en pourcentage du PIB potentiel, ce qui suppose l'absence de modification discrétionnaire de l'orientation de la politique budgétaire.

S'agissant de la politique monétaire, les hypothèses relatives au profil d'évolution des taux d'intérêt directeurs et aux mesures non conventionnelles représentent le résultat le plus probable, sur la base des prévisions de l'OCDE concernant l'activité économique et l'inflation, ces prévisions pouvant être différentes de la trajectoire indiquée par les autorités monétaires.

Les prévisions reposent sur l'hypothèse que les taux de change resteront aux niveaux observés à la date du 3 novembre 2020, où le dollar des États-Unis valait 104.8 JPY, 0.85 EUR (ce qui signifie que l'euro valait 1.17 USD) et 6.68 CNY.

On suppose que le cours du baril de pétrole brut de référence Brent restera constant à 40 USD pendant toute la période considérée. On pose l’hypothèse que les prix des produits de base non pétroliers resteront également inchangés au cours de la période considérée, à leurs niveaux moyens depuis octobre 2020.

Les prévisions relatives au Royaume-Uni reposent sur l'hypothèse qu'un accord de libre-échange de base, concernant les biens, conclu avec l'Union européenne (UE) prendra effet au début de 2021.

Ces prévisions ont été établies à partir d'informations collectées jusqu'à la date du 27 novembre 2020.

Les prévisions trimestrielles de l’OCDE sont établies à partir d’une sélection de variables clés corrigées des variations saisonnières et des jours travaillés. De ce fait, il peut y avoir des différences entre les données annuelles corrigées et non corrigées, mais celles-ci sont généralement très minimes. Dans certains pays, les prévisions officielles de résultats annuels ne sont pas corrigées des jours travaillés, et même quand elles le sont, l’ampleur de l’ajustement peut dans certains cas être différent de celui qui est utilisé par l’OCDE.

Notes

← 1. Des différences dans le traitement statistique des travailleurs au chômage technique empêchent une comparaison directe entre les États-Unis et le Canada d'une part et les autres pays d'autre part. Dans les deux premiers, ils sont classés parmi les chômeurs plutôt que parmi les personnes employées.

← 2. Par exemple, les pays sub-sahariens n'ont pas émis de dette depuis mars.

← 3. Selon l’Organisation mondiale du tourisme des Nations unies, les arrivées de touristes auront reculé de 1 milliard en 2020, et les recettes à l’export liées au tourisme auront chuté de 1 000 milliards USD. Quelque 100 millions d’emplois directs dans le tourisme pourraient être menacés.

← 4. Les modèles sont plus ou moins détaillés selon les pays et les régions dans NiGEM. Dans les modèles couvrant les petits pays, on applique des chocs proportionnels sur la demande intérieure et la production potentielle au lieu de chocs spécifiques sur les dépenses des ménages et le stock de capital.

← 5. Par cet accord, la Chine s’est engagée à acheter au total, en 2020-21, l'équivalent de 200 milliards USD supplémentaires de biens et services américains (par rapport aux 180 milliards USD d’importations réalisées en 2017). À ce jour, la Chine a importé moins d’un tiers du total des biens visés par l'accord, à l’exception de produits de haute technologie comme des semi-conducteurs et composants de microprocesseurs, qu’elle a importés pour un montant supérieur à l’objectif convenu. Néanmoins, le contrôle des exportations américaines dans la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs, initialement imposé à Huawei et récemment élargi à ses fournisseurs étrangers, pourrait entraîner une forte baisse du total des achats futurs de la Chine.

← 6. L’accord de partenariat économique UE-Japon est entré en vigueur le 1er février 2019. Les accords de libre-échange avec Singapour et le Viet Nam sont entrés en vigueur en novembre 2019 et août 2020, respectivement. Un accord commercial de principe avec le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) a été trouvé le 28 juin 2019.

← 7. L’Arrangement multipartite concernant une procédure arbitrale d'appel provisoire (AMPA), notifié à l’OMC le 30 avril 2020, a été signé par l’Union européenne et un groupe de membres de l’OMC pour surmonter la paralysie du processus de règlement des différends. Cependant, il n'apporte qu'une solution temporaire et sa portée est limitée, puisque seuls 22 des 164 membres de l’OMC l’ont rejoint à ce jour.

← 8. En septembre, la BCE a assoupli ses règles concernant le ratio de levier, libérant ainsi 73 milliards EUR de fonds propres pour soutenir l'activité de crédit. En octobre, la Banque de réserve d'Australie a abaissé ses taux directeurs de 10 points de base et annoncé qu’elle allait acquérir pour 100 milliards AUD (soit 5 % du PIB de 2019) d’obligations d’État au cours des six mois suivants. En novembre, la Banque d’Angleterre a de son côté accru de 150 milliards GPB (7 % du PIB de 2019) son stock cible d'achats d’obligations d’État.

← 9. Les programmes arrivant bientôt à échéance sont les suivants : Primary Market Corporate Credit Facility et Secondary Market Corporate Credit Facility, Municipal Liquidity Facility et Main Street Lending Program). Les programmes suivants : Commercial Paper Funding Facility, Money Market Mutual Fund Liquidity Facility, Primary Dealer Credit Facility et Paycheck Protection Program Liquidity Facility ont été prolongés de 90 jours.

← 10. Les taux directeurs sont déjà négatifs dans la zone euro et au Japon, et ne sont que très légèrement positifs aux États-Unis. L’effet positif marginal de taux d’intérêt encore plus largement négatifs pourrait s’estomper, et les risques pourraient s'accroître (Brunnermeier et Koby, 2016 ; Borio et Gambacorta, 2017 ; Eggertsson et al., 2019). Aux États-Unis, les effets indésirables des taux d’intérêt négatifs pourraient être plus diffus qu’en Europe et au Japon, compte tenu de la place plus importante qu’occupent les fonds des marchés monétaires dans le système financier.

← 11. Le Japon cible les rendements des obligations d’État à 10 ans depuis plus de quatre ans ; la Banque de Réserve d’Australie a commencé à cibler les rendements des obligations d’État à 3 ans en mars 2020 ; aux États-Unis, cette option a été envisagée mais n'est toujours pas jugée nécessaire dans l’environnement actuel (Clarida, 2020).

← 12. Selon les estimations officielles, le recours effectif aux garanties de prêt en pourcentage des engagements en cours s'établit à 4 % en Australie (fin août), à 6 % en Allemagne (fin septembre), et à 80.5 % en Espagne, 41.7 % en France, 22.2 % au Royaume-Uni et 24 % en Italie (fin octobre).

← 13. Il faut tenir compte de l'ampleur du choc causé par la crise du COVID-19, de ses effets sur la production potentielle et de la nature singulière de certaines mesures budgétaires, notamment les dispositifs de maintien de l’emploi, qui affectent l'élasticité des revenus et des dépenses par rapport à l'écart de production.

← 14. Certaines variations de la croissance de la consommation publique selon les pays reflètent des différences d'approche statistique pour la prise en compte du confinement dans l’évaluation des volumes de production du secteur public. Ainsi, pendant les confinements du premier semestre de 2020, la France et le Royaume-Uni ont enregistré une baisse de l’emploi dans le secteur public hors services de santé en raison de la fermeture des établissements scolaires et d'autres services publics (ou d’une réduction du temps de travail), et donc une baisse de la production, alors que les salaires ont continué d’être versés aux agents. À l’inverse, dans d'autres pays comme l’Allemagne, les instituts de statistique n’ont pas intégré de baisse similaire de l’emploi et de la production.

← 15. Dans la plupart des pays, on estime que le pourcentage de variation du revenu disponible des ménages est très similaire au pourcentage de variation de la somme du revenu marchand et des transferts sociaux.

← 16. Depuis la crise financière mondiale, le ratio dette/PIB a régulièrement augmenté dans de nombreuses économies, jusqu'à atteindre des sommets sans précédent (même pour des marchés émergents) au Brésil, au Chili et en Chine. Des pays tels que l’Argentine, le Chili, le Mexique et la Turquie ont également accumulé une part importante de prêts aux entreprises et titres de créance libellés en devises étrangères (essentiellement en dollars des États-Unis). Dans le graphique 1.22, partie B, les statistiques relatives à la dette libellée en devises du Chili sont gonflées par les prêts intra-groupe (sans exposition directe au risque de change) et les obligations et prêts en devises servant à financer des entreprises et assortis de contrats de couverture.

← 17. La rythme des émissions d’obligations d’État en monnaie locale s’est accélérée et plusieurs économies de marché émergentes, comme le Chili, la Colombie et la Thaïlande, ont déjà réussi à financer la majeure partie de leurs déficits prévus pour 2020-21. Cette année a également été une année record pour les émissions d’obligations souveraines en monnaies fortes. De nouvelles émissions sont attendues au quatrième trimestre de 2020 dans un certain nombre de grandes économies de marché émergentes. Les écarts de rendement des obligations en monnaies fortes émises par des emprunteurs de catégorie investissement sont également revenus à leurs niveaux d’avant la crise, ou s’en approchent.

← 18. L'accès au marché et les engagements conditionnels des entreprises publiques surendettées suscitent des préoccupations croissantes dans plusieurs économies de marchés émergentes, où la dette de ces entreprises représente une part importante de l’ensemble des titres de créance émis sur les marchés extérieurs. Ces entreprises, qui sont généralement surexposées aux chocs de demande mondiaux et à la baisse des cours des produits de base, bénéficient de garanties explicites et implicites de leur État (FMI, 2019). Par ailleurs, des observations récentes ont permis d’identifier dans des économies de marché émergentes un certain nombre de banques fragilisées qui pourraient voir fondre leurs réserves de fonds propres en cas de scénario défavorable (FMI,  2020).

← 19. Par exemple, le programme temporaire de transferts en espèces d’urgence mis en œuvre au Brésil a profité à plus de 67 millions de personnes, à faible revenu pour la plupart, limitant l’impact immédiat du choc sur la pauvreté.

← 20. Parmi les dimensions importantes à prendre en compte figurent la durée et l’ampleur des tensions sur les marchés financiers, les cours des produits de base, la force des effets d’entraînement négatifs sur la demande au niveau international, l’intensité des perturbations intérieures dues à la pandémie et les marges de manœuvre à la disposition des pouvoirs publics pour atténuer les chocs négatifs.

← 21. Par exemple, si des réserves obligatoires sont imposées, une mesure contracyclique pourrait consister à en abaisser le niveau (Cordella et al., 2014). Une tolérance réglementaire, ciblée le cas échéant sur les institutions financières comptant une part élevée d’emprunteurs fragiles dans leur bilan, pourrait également être appliquée, mais elle ne devra en aucun cas être envisagée comme une solution aux problèmes de solvabilité plus généraux provoqués par la mauvaise gouvernance des banques ou des prises de risque excessives avant la crise.

← 22. Les services de transport aérien et les agences de voyages sont deux des secteurs les plus éprouvés par les fermetures des frontières et le déclin du tourisme. Ils représentent une part relativement faible du total de l’activité et de l’emploi – de l’ordre de 0.4-0.5 % de l’emploi total dans de nombreux pays de l’OCDE.

← 23. Les politiques actives du marché du travail peuvent être particulièrement utiles pour remédier aux problèmes de chômage qui touchent des secteurs spécifiques et des groupes menacés de marginalisation (travailleurs peu qualifiés, âgés ou migrants) lorsque les politiques de stabilisation générales ne permettent pas une stabilisation de l’emploi à l'échelon sectoriel (Andersen, 2016).

← 24. Dans certains pays comme la Hongrie et les Pays-Bas, l’accès aux prestations de chômage partiel est subordonné à la participation à des formations. Aux Pays-Bas, depuis juin de cette année, les employeurs qui demandent à recourir aux dispositifs de maintien dans l’emploi doivent déclarer qu’ils encouragent activement la formation, et les autorités ont pris des mesures supplémentaires pour rendre les formations en ligne et les cours de perfectionnement accessibles gratuitement.

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