6. Connaissances et compétences

Le Programme international de l’OCDE pour le suivi des acquis des élèves (PISA) évalue les aptitudes des élèves de 15 ans en mathématiques, en compréhension de l’écrit et en sciences. Les scores sont mesurés sur une échelle normalisée où la moyenne de l’OCDE est fixée à 500. Cette normalisation est réalisée la première année où une matière est choisie comme domaine majeur d’évaluation (2003 pour les mathématiques par exemple), afin de permettre les comparaisons dans le temps. C’est pourquoi la moyenne de l’OCDE peut n’être pas exactement égale à 500 au cours d’une année donnée. Par ailleurs, l’année de référence utilisée pour évaluer les variations dans le temps varie selon la matière considérée.

Dans la zone OCDE, ce sont les élèves japonais qui obtiennent les scores moyens en mathématiques les plus élevés, suivis par leurs homologues coréens, estoniens et néerlandais (Graphique 6.2). C’est la Colombie qui se classe en dernière position avec le score moyen le plus bas, juste derrière le Mexique et le Chili. Depuis 2003, le score moyen des élèves de 15 ans en mathématiques s’est sensiblement amélioré dans 8 pays de l’OCDE seulement, alors qu’il a baissé dans 13 pays. C’est en Israël qu’il a le plus progressé (de plus de 6 points), tandis que la Finlande a accusé le repli le plus marqué (près de -10 points).

Dans la zone OCDE, c’est en Estonie, au Canada, en Finlande et en Irlande que les élèves de 15 ans obtiennent les scores moyens les plus élevés en compréhension de l’écrit au PISA, suivis de près par la Corée et la Pologne (Graphique 6.3). Comme pour les mathématiques, la Colombie, le Mexique et le Chili se situent dans le bas du classement. Depuis 2000, les scores moyens en compréhension de l’écrit ont sensiblement reculé dans 8 pays de l’OCDE, mais ils ont progressé dans 7 pays. Les plus fortes progressions ont été enregistrées dans les pays situés en deçà de la moyenne de l’OCDE (Chili, Colombie, Fédération de Russie et Israël), ainsi qu’en Allemagne et en Estonie, qui affichent des résultats supérieurs à la moyenne. Ce sont principalement les pays déjà situés dans le haut du classement (comme la Finlande, l’Australie et les Pays-Bas) qui ont vu leurs résultats en compréhension de l’écrit reculer sensiblement.

En sciences, ce sont l’Estonie, le Japon, la Finlande, la Corée et le Canada qui affichent les scores moyens au PISA les plus élevés, tandis que la Colombie, le Mexique et le Chili enregistrent les scores les plus faibles (Graphique 6.4). Depuis 2006, les scores obtenus en sciences n’ont progressé que dans trois pays de l’OCDE (Colombie, Portugal et Turquie), alors qu’ils ont reculé dans près de la moitié, une tendance qui reflète (quoique de manière amplifiée) celles constatées en mathématiques et en compréhension de l’écrit.

Au total, seuls deux pays de l’OCDE – la Colombie et le Portugal – ont amélioré leurs scores dans les trois matières au cours des dix dernières années. Quatre autres pays (Estonie, Fédération de Russie, Israël et Pologne) ont augmenté leurs scores à la fois en compréhension de l’écrit et en mathématiques. Sept pays ont vu leurs résultats baisser dans les trois matières : l’Australie, la Corée, la Finlande, l’Islande, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, et la République slovaque.

En moyenne dans les pays de l’OCDE, les élèves qui obtiennent les meilleurs résultats (situés dans le 90e centile) ont des scores au PISA supérieurs de plus de 60 % à ceux des élèves les moins bien classés (dans le 10e centile) (Graphique 6.5). Les inégalités sont généralement plus marquées dans les pays de l’OCDE enregistrant des résultats moyens comparativement faibles dans toutes les matières. Si l'on examine l’ensemble des matières (compréhension de l’écrit, mathématiques et sciences), c’est en Israël que l’on observe les plus fortes inégalités entre les élèves les mieux classés et les élèves les moins bien classés dans la zone OCDE (devant le Luxembourg et la République slovaque) ; d’autres pays bien classés au regard des compétences moyennes (comme l’Estonie, l’Irlande, le Danemark, la Finlande, le Japon, la Pologne et le Canada) se distinguent par des niveaux d'inégalités inférieurs à la moyenne. La Corée fait figure d’exception, puisqu’elle affiche de bons résultats en moyenne mais aussi des inégalités plus prononcées que dans les autres pays classés au même niveau (Graphique 6.6). En Colombie et au Mexique, plus de 30 % des élèves ont des résultats faibles dans toutes les matières, contre 4.2 % seulement des élèves en Estonie.

Le Programme international de l’OCDE pour l'évaluation des compétences des adultes (PIAAC) évalue les compétences cognitives des adultes en mathématiques, à l’écrit et en résolution de problèmes. Contrairement au PISA, les résultats au PIAAC ne sont pas normalisés de sorte à définir une moyenne fixe pour l’OCDE : ils sont mesurés sur une échelle comprise entre 0 et 500.

La première vague (et dernière disponible) de l’Évaluation des compétences des adultes de l’OCDE a été réalisée sur le terrain en 2012 environ. C’est au Japon que les adultes ont obtenu les meilleurs scores en mathématiques, devant la Finlande, la Belgique (Flandre) et les Pays-Bas. À l’autre extrémité de l’échelle des scores de l’OCDE se situent le Chili, le Mexique et la Turquie. Les écarts entre les pays de l’OCDE au regard des scores obtenus à l’écrit sont généralement comparables à ceux constatés en mathématiques (Graphique 6.7).

Comme pour les compétences cognitives des élèves, les pays de l’OCDE où les adultes obtiennent des scores moyens élevés en mathématiques affichent aussi une distribution plus équitable des résultats, c’est-à-dire que l’écart entre les résultats les plus élevés (90e centile) et les plus faibles (10e centile) est moins marqué. Le Japon, par exemple, affiche à la fois le score moyen le plus élevé en mathématiques chez les adultes et l’écart le plus restreint entre les résultats les plus élevés et les plus faibles. À l’inverse, les pays qui ont des résultats moyens faibles – comme le Chili ou la Turquie – se distinguent par des inégalités prononcées dans la distribution des résultats.

L’écart entre les résultats les plus élevés (90e centile) et les plus faibles (10e centile) est moins marqué à l’écrit qu’en mathématiques ; pour autant, la tendance générale observée entre les pays reste valable, et les pays qui ont des résultats moyens plus faibles à l’écrit se distinguent aussi par des écarts plus marqués au niveau des résultats, comme au Chili, au Mexique et en Turquie. Israël se classe en troisième position au regard des inégalités de compétences entre adultes, derrière le Chili et la Turquie. Le Japon affiche à la fois le résultat moyen le plus élevé à l’écrit et le niveau d’inégalités le plus faible.

En moyenne dans les pays de l’OCDE, 16 % des adultes ont un très faible niveau de compétence à l’écrit et en mathématiques, c’est-à-dire qu’ils obtiennent un score inférieur ou égal au Niveau 1 aux épreuves de compréhension de l’écrit et de mathématiques (Graphique 6.8). Les pays qui affichent les meilleurs résultats ont généralement de faibles niveaux de privations – par exemple, au Japon, les adultes enregistrent les scores moyens les plus élevés à l’écrit et en mathématiques, et la proportion de ceux qui obtiennent de faibles résultats est la plus basse, à 3.9 % seulement. De la même manière, le Chili, le Mexique et la Turquie enregistrent certains des scores moyens les plus faibles de la zone OCDE et la proportion la plus élevée d’adultes obtenant de faibles résultats – à 48.2 %, 46.1 % et 39 % respectivement.

Dans la grande majorité des pays de l’OCDE, les garçons enregistrent un score moyen en mathématiques au PISA supérieur à celui des filles. Même si cet écart n’est pas statistiquement significatif dans de nombreux pays, les filles sont moins nombreuses que les garçons parmi les scores les plus élevés en mathématiques, surtout dans les pays les moins bien classés (Breda, Jouini et Napp, 2018[3]). À l’inverse, les scores moyens en compréhension de l’écrit sont systématiquement plus élevés chez les filles que chez les garçons (Graphique 6.9) – quoique cet écart se comble au fil du temps, sous l’effet d’une baisse des scores moyens des filles plutôt que d’une amélioration de ceux des garçons (OCDE, 2019[4]).

La situation est comparable, mais pas identique, s’agissant des inégalités entre hommes et femmes à l’âge adulte en matière de compétences cognitives. Les scores des hommes en mathématiques (268) sont supérieurs à ceux des femmes (256) dans tous les pays de l’OCDE, avec des écarts souvent plus prononcés que ceux observés entre les élèves de 15 ans. Le tableau des inégalités est moins homogène s’agissant des compétences à l’écrit : les scores moyens des hommes et des femmes sont ainsi très semblables dans les pays de l’OCDE (267 et 265, respectivement) ; il n’y a qu’en Pologne que les scores des femmes surpassent ceux des hommes d’au moins cinq points, alors que les scores des hommes surpassent ceux des femmes d’au moins cinq points dans sept pays.

Les adultes plus âgés (entre 45 et 65 ans) réussissent moins bien les tests de mathématiques (avec une moyenne de 251 points à l’échelle de l’OCDE) que les adultes d’âge moyen (25 à 44 ans) ou les jeunes (16 à 24 ans) (qui enregistrent des scores moyens de 270 et 266 points, respectivement) (Graphique 6.10). Le constat est comparable pour les tests de compréhension de l’écrit.

Les élèves de 15 ans dont les parents ne sont pas diplômés de l’enseignement secondaire ont de moins bons résultats en compréhension de l’écrit au PISA (moyenne OCDE de 417 points) que leurs camarades dont les parents sont diplômés du secondaire (463 points) ou du supérieur (489 points) (Graphique 6.11). Le constat est le même en mathématiques et en sciences.

Références

[3] Breda, T., E. Jouini et C. Napp (2018), « Societal inequalities amplify gender gaps in math », Science, vol. 359/6381, pp. 1219-1220, http://dx.doi.org/10.1126/science.aar2307.

[4] OCDE (2019), PISA 2018 Results (Volume II) : Where All Students Can Succeed, PISA, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/b5fd1b8f-en.

[1] OCDE (2019), Résultats du PISA 2018 (Volume I) : Savoirs et savoir-faire des élèves, PISA, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/ec30bc50-fr.

[2] OCDE (2016), L’importance des compétences : Nouveaux résultats de l’évaluation des compétences des adultes, Études de l’OCDE sur les compétences, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264259492-fr.

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