13. Capital économique

Les actifs fixes produits, tels que les bâtiments, les équipements et machines et les infrastructures, jouent un rôle important dans la capacité d’un pays à produire des biens et des services. En 2018, le stock moyen d’actifs fixes produits par habitant dans l’OCDE a approché 119 000 USD (Graphique 13.2). Les niveaux les plus élevés (soit plus de 189 000 USD) ont été atteints en Norvège, au Luxembourg et en Irlande, et les plus bas (moins de 76 000 USD) en Pologne, au Chili, en Israël, en Lituanie et en Grèce. Entre 2010 et 2018, le stock moyen d’actifs fixes produits a augmenté dans l’OCDE de 11 % en valeur cumulée (depuis un niveau d’environ 107 000 USD par habitant en 2010). Les hausses les plus marquées ont été mesurées en Irlande (78.6 %), au Chili (37.4 %) et en Lituanie (22.5 %), tandis que la Grèce (-12.0%), le Portugal (-5.5%) et les Pays-Bas (-5.4%) enregistraient les baisses les plus importantes.

Le capital intellectuel peut jouer un rôle important dans l’accroissement de la productivité et concourir à l’amélioration de la qualité de vie future, y compris grâce à un emploi des ressources plus efficient qu’aujourd’hui. En 2018, le stock moyen d’actifs de propriété intellectuelle dans l’OCDE a atteint une valeur de 5 556 USD par habitant (Graphique 13.3). Les niveaux les plus élevés ont été enregistrés aux États-Unis, en Suède, au Danemark, en Norvège et au Japon (plus de 10 000 USD par habitant), et les plus bas au Mexique, en Pologne, en Lettonie et en Grèce (moins de 1 300 USD par habitant, soit plus de sept fois moins que le groupe affichant le niveau le plus élevé). Entre 2010 et 2018, le stock moyen d’actifs de propriété intellectuelle a augmenté de 16.2 % en valeur réelle dans 31 pays de l’OCDE. Il a augmenté de plus de 50 % au Mexique, en Lituanie, en Estonie et en Pologne, mais a reculé d’au moins 10 % en Grèce, en Finlande et au Royaume-Uni.

La formation de capital fixe (FBCF) est un indicateur du niveau d’investissement dans les actifs fixes produits. En 2018, la croissance annuelle de la FBCF dans les pays de l’OCDE s’est établie à 3.3 %, en moyenne (Graphique 13.4). À l’extrémité supérieure de la fourchette figurent des pays comme la Hongrie, la Lettonie et la Slovénie, dont les taux de croissance ont été supérieurs à 10 %, tandis que dans des pays comme l’Irlande, la Grèce et le Luxembourg, la FBCF a diminué (affichant des taux de -21.1 %, -12.2 % et -2.7 % respectivement). Dans les pays de l’OCDE, en moyenne, la FBCF s’est redressée à partir d’un taux de croissance nulle en 2010 pour s’établir à un taux annuel moyen légèrement supérieur à 3 % en 2018. Il reste qu’un tiers environ des pays de l’OCDE affichent une croissance inférieure au niveau de 2010. Une baisse particulièrement notable a été enregistrée en Turquie (-23.1 points de pourcentage), au Canada (-10.3 points) et au Chili (-8.5 points).

L’investissement dans la recherche-développement (R-D) est un déterminant essentiel de la variation du stock d’actifs de propriété intellectuelle. En 2018, le taux moyen d’investissement dans la R-D a été de 2.5 % du PIB dans les pays de l’OCDE (Graphique 13.5), la moitié environ d’entre eux affichant un taux inférieur à 2 %. Les taux les plus élevés ont été observés en Irlande (21.4 %), en Corée (4.2 %), au Japon (3.4 %) et en Suède (3.0 %), les taux les plus bas (et tous inférieurs à 1 % du PIB) étant mesurés en Lituanie, Lettonie, République slovaque, au Luxembourg, en Pologne et en Grèce. Entre 2010 et 2018, le taux d’investissement dans la R-D a progressé d’au moins 0.6 point, en Irlande, en Corée et en Belgique, tandis qu’il a reculé d’au moins 0.3 point en Finlande, en Suède et en Australie.

La valeur financière nette d’un pays est un indicateur à la fois de son exposition au risque extérieur, de son stock de patrimoine financier et de ses sources futures de recettes. En 2018, près des deux tiers des 35 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles ont affiché une valeur financière négative (Graphique 13.6), ce qui signifie que leur stock d’engagements financiers était alors supérieur à leur stock de créances financières sur le reste du monde. La dette nette s’est établie à plus de 30 000 USD par habitant en Irlande, en Grèce, au Portugal et en Espagne. À l’autre extrême, la Norvège a enregistré en 2018 la valeur financière nette la plus élevée (un peu moins de 131 000 USD par habitant), suivie de la Suisse (un peu plus de 77 000 USD). Les différences de situation financière nette continuent de s’accentuer depuis 2010 entre les pays de l’OCDE, les pays bénéficiant déjà d’une valeur financière nette relativement élevée enregistrant des gains notables, tandis que la dette nette se creuse dans les pays du bas du classement.

De même, la valeur financière nette des administrations publiques peut entraîner des risques pour la viabilité financière et économique. En 2018, les passifs financiers des administrations publiques ont été supérieurs aux actifs financiers à hauteur de 27 points de pourcentage en moyenne dans les pays de l’OCDE (Graphique 13.7). Cette proportion varie dans une fourchette de valeurs positives comme en Norvège (280.5 % du PIB), en Finlande (52.7 %) et au Luxembourg (50.0 %) à des valeurs négatives comme en Grèce (-142.6 %), au Japon (-123.7 %), en Italie (-120.3 %), aux États-Unis (-112.7 %) et au Portugal (-104.4 %). Entre 2010 et 2018, la valeur financière nette des administrations publiques a reculé de 4 points de pourcentage en moyenne dans les pays de l’OCDE, et l’écart entre les pays les mieux et les moins bien classés a continué de se creuser. Les pays où la situation s’est le plus détériorée sont ceux qui se situaient déjà bien en deçà de la moyenne de l’OCDE, notamment la Grèce (-49.8 points), l’Espagne (-40.0) et le Portugal (-33.4). Les pays dont la situation s’est le plus améliorée sont la Norvège (116.7 points) et la Suisse (18.3).

Un niveau élevé d’endettement des ménages peut faire peser une lourde charge, à la fois financière et psychologique, sur les familles et peut constituer plus généralement un risque pour l’activité économique dès lors que des défauts de paiement accroissent l’instabilité du système financier. En 2018, la dette moyenne des ménages dans l’OCDE s’est établie à 126 % de leur revenu disponible net (Graphique 13.8). Cette proportion varie dans une fourchette de moins de 50 % en Hongrie, Lituanie, Colombie et Lettonie, à plus de 200 % au Danemark, aux Pays-Bas, en Norvège, en Australie et en Suisse. Entre 2010 et 2018, la dette moyenne des ménages dans l’OCDE a reflué d’environ trois points de pourcentage (de 129 % à 126 %). Toutefois, ce chiffre masque des disparités d’un pays à l’autre : la dette des ménages a reflué de 75 points en Irlande, tandis qu’elle a reculé de plus de 35 points au Danemark, aux Pays-Bas, en Lettonie et en Hongrie. À l’inverse, la dette des ménages a augmenté de plus de 25 points en République slovaque, en Corée, au Luxembourg, en Australie et en Norvège.

Un niveau élevé de levier financier du secteur bancaire (mesuré ici par le ratio entre les actifs financiers et les fonds propres des banques) peut accroître l’exposition du système financier au risque et à des ralentissements du cycle économique. En 2018, le levier financier du secteur bancaire s’est établi en moyenne à un niveau d’environ 16 (Graphique 13.9), variant dans une fourchette de 28, voire plus, au Japon, au Royaume-Uni, en Italie et en Grèce, à 8, voire moins, aux États-Unis, en Australie, au Chili, en Hongrie et en Estonie. Depuis 2010, ce ratio a diminué dans certains des pays dont le niveau de levier figurait auparavant parmi les plus élevés, notamment le Royaume-Uni, la République slovaque et la Norvège, tandis que les hausses les plus fortes ont été observées en Turquie, en Lituanie et en Pologne.

Références

[2] Financial Stability Board et Fonds monétaire international (2019), G20 Data Gaps Initiative (DGI-2): The Fourth Progress Report — Countdown to 2021, Financial Stability Board, Bâle, http://fsb.org/2019/10/g20-data-gaps-initiative-dgi-2-the-fourth-progress-report-countdown-to-2021/.

[1] OCDE (2014), Comment va la vie ? 2013 : Mesurer le bien-être, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/how_life-2013-fr.

[3] Röhn, O. et al. (2015), « Economic resilience: A new set of vulnerability indicators for OECD countries », Documents de travail du Département des affaires économiques de l’OCDE, n° 1249, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/5jrxhgjw54r8-en.

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