3. Méthodes quantitatives et outils de diagnostic de l’internationalisation et de l’attractivité régionales – Application aux régions françaises

La recherche de données de l’internationalisation et de l’attractivité infranationales, comparables au niveau international, oriente la recherche d’indicateurs. Si ceux-ci doivent correspondre aux exigences de qualité formulées par l’OCDE (voir encadré 3.2), la recherche de données infranationales se portera en priorité sur les indicateurs ayant une bonne couverture spatiale, ce qui incite à utiliser des indicateurs non-conventionnels lorsque les données officielles ne couvrent pas le domaine ou le font avec une période de latence. Il est important aussi de privilégier les données permettant la comparaison internationale.

Comme indiqué dans l’encadré 3.3 plus haut, l’attractivité territoriale est définie par « la capacité d’un territoire à offrir aux agents économiques et humains internationaux les éléments qui les décident à se localiser en son sein » adapté de (Bourdeau-Lepage and Gollain, 2015[3]). Cette définition générique de l’attractivité recouvre d’autres définitions plus spécifiques telles que  la capacité d’un territoire à attirer des ressources mobiles : à des fins de production – les capitaux et travailleurs qualifiés (Business France, 2021[4]); – ou de consommation, par exemple grâce au tourisme, à la présence de résidents étrangers ou de travailleurs transfrontaliers (Sourd, 2012[5]). .

Au-delà des exportations qui figurent dans les données d’internationalisation (et concernent la capacité des entreprises de la région à répondre à la demande de marchés extérieurs), l’attractivité d’une région peut donc se penser vis-à-vis de trois cibles étrangères : investisseurs, talents et visiteurs :

  • Par investisseur, on entend une entreprise ayant ou non la personnalité morale, résidente ou étrangère qui acquiert un intérêt durable dans une entreprise afin de détenir une influence dans sa gestion. Par convention, concernant les investissements étrangers, un investissement est direct dès lors que l'investisseur acquiert au moins 10 % du capital social de l'entreprise investie ; définition adaptée de (OCDE, 2008[6]).

  • Par talent, on entend les personnes dotées des compétences (diplômées ou pas) correspondant aux besoins des marchés régionaux du travail et des stratégies publiques et privées de développement économique et social. La définition des talents dans le cadre de ce travail va ainsi au-delà de la notion développée dans les travaux de l'OCDE sur l'attractivité des talents qui est définie comme la capacité à attirer et à retenir trois catégories spécifiques de migrants : les travailleurs hautement qualifiés (titulaires d'un master ou d'un doctorat), les entrepreneurs étrangers et les étudiants universitaires

  • Par visiteur, on entend toute personne qui se rend dans une région autre que celle où elle a sa résidence habituelle et en dehors de son environnement habituel pour une période n'excédant pas 12 mois et dont le but principal de la visite est autre que l'exercice d'une activité rémunérée par le pays visité, et qui peut tout aussi bien ne séjourner qu’un jour (excursionniste), ou rester au moins une nuit dans un logement collectif ou privé dans la région visitée ; définition adaptée de (UN-WTO, 2008[7]).

Cette section propose de comparer différents concepts proches afin de mieux comprendre le champ de l’attractivité régionale et de caractériser les spécificités de l’approche retenue par l’OCDE.

La compétitivité régionale est usuellement attachée à la notion de performance économique comparée et plus largement « la capacité d’un territoire à faire face à la concurrence étrangère » (Ministère de l'économie, des finances et de la relance, n.d.[8]) . Cette notion couvre aujourd’hui un champ plus large, en considérant « la capacité d'une région à offrir un environnement attrayant et durable aux entreprises et aux résidents pour vivre et travailler » (Annoni and Dijkstra, 2019[9]). Ce qui la distingue de l’attractivité tient au fait que la compétitivité n’est pas spécifiquement tournée vers des cibles mobiles, en particulier étrangères, mais considère plutôt la situation des entreprises et la main d’oeuvre d’une région notamment leur productivité. Elle constitue un outil de comparaison par rapport aux autres régions et vise souvent à établir des classements. Enfin, la compétitivité n’est pas adaptée à l’analyse du potentiel régional en matière de tourisme.

De par leur définition, l’attractivité et l’internationalisation sont deux concepts étroitement liés (OECD, 2021[1]). Mettre l’accent au départ sur la mesure de l’internationalisation permet de fournir une « photo » de la position internationale des régions, et notamment de l’état des flux marchands d’exportations. Cette vision demeure cependant partielle puisqu’elle ne permet pas de donner à voir l’ensemble des facteurs œuvrant pour l’attractivité d’un territoire et expliquant son profil international. Par exemple, certaines caractéristiques qui n’interviennent pas directement dans l’internationalisation du territoire, telles que la qualité de la vie, l’accès aux services essentiels, la protection de l’environnement, sont d’importants leviers pour l’attractivité vis-à-vis de cibles extérieures (OCDE, 2016[10]) (OECD, 2018[11]). Il convient d’intégrer ces différents facteurs - dont l’importance peut varier selon la cible visée (Tuccio, 2019[12]); (Ahlfeldt et al., 2020[13])) – dans l’analyse produite. Afin de donner à voir la dimension multidimensionnelle et multi-cibles, l’OCDE adopte une définition large de l’attractivité internationale d’un territoire, indiquée plus haut, comme « la capacité d’un territoire à offrir aux agents économiques et humains internationaux les éléments qui les décident à se localiser en son sein » (Bourdeau-Lepage and Gollain, 2015[3])1.

Cependant, l’attractivité des territoires ne constitue pas uniquement un enjeu international, privilégié dans le cadre de cette étude. En effet, face au vieillissement de la population et/ou à la délocalisation des activités de production et l’exode des talents, certaines Régions agissent en priorité pour le maintien (ou l’ancrage) des actifs existants dans leur territoire. Ce défi prend une importance particulière dans le contexte de la crise sanitaire, dont les conséquences économiques et sociales invitent à repenser les modèles de production et de consommation, y compris en termes de localisation. Cette approche est par exemple reflétée dans l’indice d’attractivité globale de The European House Ambrosetti qui évalue l’attractivité externe (vis-à-vis d’investisseurs étrangers) et interne – soit la capacité à retenir les ressources locales – d’un pays (The European House Ambrosetti, n.d.[14]). Cette approche a pour objectif de produire un indicateur synthétique permettant les classements internationaux des pays (et non pas de leurs régions).

Les leviers de l’attractivité territoriale auprès des cibles principales – investisseurs, talents, visiteurs - sont multiples. En économie standard, l’arbitrage utilité/coût est censé appuyer les agents dans la sélection de leur localisation optimale. Une fiscalité et des coûts de travail élevés expliquent par exemple en partie le phénomène de délocalisation observé depuis la fin du XXème siècle dans l’ensemble des économies développées, au bénéfice de pays à bas coût de production (France Stratégie, 2020[15]). Le salaire – souvent plus élevé dans les grandes villes pour tenir compte du coût de la vie – participe également à la décision de localisation des salariés. Cependant, et malgré leur portée explicative, ces incitations financières relèvent essentiellement de la dimension nationale de l’action publique et se sont dans le passé révélées insuffisantes pour expliquer les décisions de localisation des agents économiques (Ministère du redressement productif, 2013[16]). Divers facteurs jouent en effet un rôle important dans les décisions d'implantation des entreprises étrangères. On peut distinguer (OCDE, 2020[17]), (Business France, 2021[4]) et (Ministère du redressement productif, 2013[16]) :

  • la présence d’infrastructures (énergie, numérique, etc.) et de services; les politiques régionales d’investissement ;

  • les effets d’agglomération (présence d’autres investisseurs, de clients et fournisseurs) ;

  • la disponibilité du foncier ;

  • La qualification et la productivité de la main d’œuvre disponible ;

  • le dynamisme des activités de recherche et d’innovation

Ce dernier facteur participe aussi à l’attractivité des talents étrangers, tout comme :

  • l’accès à des services publics de qualité (notamment la santé et l’éducation) et l’attention portée au bien-être (y compris les préoccupations environnementales et la cohésion sociale), qui constituent des arguments de poids parfois plus incitatifs que les avantages financiers (Tuccio, 2019[12]).

  • La qualité des ressources naturelles (tout comme la richesse du patrimoine culturel) sont également des vecteurs d’attractivité considérables pour les visiteurs (Dupeyras and MacCallum, 2013[18]).

Si l’importance de ces facteurs peut varier selon les populations ciblées2, ils demeurent souvent communs à plusieurs des cibles identifiées. Il est intéressant de noter que ces différents leviers d’attractivité – parfois identiques à ceux qui contribuent au bien-être régional – concernent aussi les populations locales. C’est par ce biais que les politiques d’attractivité peuvent agir à la fois en tant que leviers d’internationalisation et comme moteurs du développement local. La construction de logements à loyers abordables peut ainsi servir à attirer des étudiants étrangers tout comme elle peut stimuler l’attractivité d’offres d’emploi locales pour des jeunes talents locaux. C'est précisément de cette manière que la région de Schenzen, en Chine, a cherché à attirer des talents internationaux tout en augmentant la compétitivité de l'économie locale et l’accès au logement. Après avoir connu une importante fuite des cerveaux au cours de la première décennie du millénaire, elle a augmenté ses investissements dans des domaines portant sur la qualité de vie des habitants (services sociaux, logement, conditions fiscales) afin d'attirer et de retenir les talents. Cela a entraîné un revirement majeur dans le développement économique de la ville, surnommée depuis la "Silicon Valley East" (Morrison, 2013[19])

De manière générale, un ensemble de facteurs participant à la qualité de la vie locale semblent jouer un rôle croissant dans la décision de localisation des agents économiques, phénomène qui semble s’amplifier dans le contexte de la crise actuelle. La crise a par exemple renforcé la prise de conscience des enjeux environnementaux, qui jouent un rôle de plus en plus décisif dans la décision de localisation des acteurs économiques. Cette réorganisation des facteurs influant sur les choix de localisation des acteurs économiques pourrait bénéficier à des territoires moins denses, au détriment des grandes zones urbaines. En perturbant les interactions sociales, les mesures sanitaires et de confinement mises en place pour répondre à la crise du Covid-19 ont en partie érodé les bénéfices économiques et sociaux liés aux effets d’agglomération et de proximité dans les grandes villes (OECD, 2020[20]). Par ailleurs, l’adoption massive du télétravail imposée par les mesures de confinement pourrait contribuer à redessiner la répartition spatiale des emplois et des compétences. Il semblerait cependant que les travailleurs qualifiés soient plus susceptibles de rester dans les grandes zones urbaines (Ahlfeldt et al., 2020[13]). Enfin, si les territoires urbains ont été fortement touchés par la crise, leur dynamisme économique pourrait permettre une reprise de l’activité économique plus rapide (Hendrickson and Muro, 2020[21]).

Ces éléments ne permettent pas de distinguer de manière optimale les futurs territoires « gagnants de la crise et des transitions ». Ils sensibilisent en tout cas à la multitude des leviers possibles sur lesquels l’acteur public, et singulièrement les responsables régionaux, peuvent agir. Ils donnent aussi à voir des modes de localisation moins binaires, traditionnellement fondés sur la densité de population avec des « gagnants » au cœur des grandes métropoles et les autres ailleurs, et donc la possibilité pour des territoires qui jusqu’à présent n’avaient pas bénéficié de la globalisation d’en faire l’une des dimensions de leur développement inclusif et durable. Cette évolution n’est pas seulement liée à la crise récente : les données du Bureau de recensement américain montrent que ce mouvement de désaffection des métropoles était déjà bien entamé avant la crise et qu'il s'accélère aujourd'hui, au profit des régions de taille moyenne dont les trajectoires de croissance étaient historiquement plus lentes (Brookings, 2020[22]).

Les facteurs de localisation « nouvelle génération » sont ancrés dans la géographie et ses composantes physiques, économiques, sociales et environnementales. La diversité des réalités locales offre donc la possibilité pour l’ensemble des territoires au sein des régions et des régions au sein d’un même pays de se positionner de manière plus complémentaire vis-à-vis de cibles étrangères.

Les facteurs macroéconomiques propres au contexte national participent bien entendu au choix de localisation et contribuent à l’attractivité des régions vis-à-vis de cibles étrangères, par exemple :

  • le traitement efficace des visas et des douanes est par exemple un levier important pour attirer visiteurs et talents et IDE liés à l’import et l’export (Tuccio, 2019[12]) (OECD, 2020[23]),

  • les conditions du marché national du travail, la fiscalité, l’environnement financier, administratif et réglementaire vis-à-vis des investisseurs et des talents (Delbecque, Méjean and Patureau, 2014[24]) (OCDE, 2015[25]) (OECD, n.d.[26]).

  • la stabilité du régime politique, la sécurité physique et économique (en 2020, 53% des investisseurs internationaux interrogés dans 27 pays considèrent qu’un régime politique stable est un facteur décisif dans le choix de localisation de leur projets d’investissements (Ernst & Young, 2021[27])

  • le contexte géopolitique international perturbé par des évènements comme le Brexit ou les conflits commerciaux entre les États-Unis et la Chine ont également un impact sur l’attractivité (de la France) aux yeux de cibles étrangères (Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France, 2020[28])

Cependant, cet ensemble de caractéristiques nationales et internationales ne suffisent pas à définir le territoire retenu in fine pour une installation ou un voyage. Ils n’expliquent pas à eux seuls la variété des profils d’attractivité observés au sein d’un même pays, auxquels s’attachent les outils de diagnostic d’internationalisation et d’attractivité proposés par l’OCDE.

Plusieurs approches méthodologiques ont été mises en place pour rendre compte de l’attractivité des territoires. Ces initiatives permettent de saisir une image partielle de l’attractivité régionale, et parfois de la comparer avec d’autres territoires étrangers. Plusieurs limites demeurent cependant :

  • Les méthodologies utilisent souvent les investissements directs étrangers comme proxy de l’attractivité. Le baromètre EY propose par exemple chaque année une analyse de l’attractivité dans 44 pays européens, à partir du nombre de projets d’IDE complétés de données de perception collectées auprès d’investisseurs étrangers (Ernst & Young, 2021[27]). Business France a développé un baromètre national qui comprend un ensemble de leviers d’attractivité, des exports et des IDE aux atouts de la main d’œuvre (Business France et DG Trésor, 2020[29]). Ces approches, tournée vers l’attractivité des investissements présentent des informations stratégiques utiles mais qui gagneraient à être complétées. En particulier, en se limitant aux IDE, elles peuvent inciter les gouvernements à multiplier les mesures financières d’attractivité aux effets potentiellement négatifs sur le revenu fiscal et les services publics locaux. Par ailleurs, les incitations fiscales peuvent favoriser les comportements opportunistes et attirer des entreprises mobiles, au risque d’aboutir à des localisations non pérennes (Ministère du redressement productif, 2013[16]). L’intégration des autres dimensions de l’attractivité – et notamment celles qui se déclinent à l’échelle régionale – est donc nécessaire au développement d’une approche pertinente. À titre d’exemple, l’indice d’attractivité mondiale développé par the European House Ambrosetti propose une vision de l’attractivité plus holistique, mesurée sur la base de quatre attributs : l’ouverture, l’innovation, l’efficacité et les ressources de l’économie, et dynamique, puisqu’elle permet de suivre son évolution dans le temps. Cet indice, disponible seulement à l’échelle nationale, ne donne cependant à voir qu’une vision synthétique de l’attractivité, utiles aux entrepreneurs et aux investisseurs. Les tableaux de bord pour le diagnostic de l’internationalisation et de l’attractivité proposés par l’OCDE en Annexe (Tableaux A1 et A2) ont l’ambition d’appuyer la décision des acteurs publics en proposant une vision multidimensionnelle de ce phénomène.

  • L’attractivité est souvent mesurée vis-à-vis d’un seul type de cible. La notion usuelle de talent peut conduire à ne considérer que les facteurs attractifs vis-à-vis des entrepreneurs, travailleurs très qualifiés et étudiants. Comme évoqué plus haut cette approche néglige : i) le rôle des travailleurs moins qualifiés dont « le métier » est néanmoins crucial pour le développement économique et ; ii) l’existence de synergies entre attractivité des investisseurs, des talents, des visiteurs. Ainsi, les territoires urbains bénéficiant d’une forte renommée auprès des touristes sont également plus attractifs vis-à-vis des entreprises et des talents, en particulier très qualifiés (Carlino and Saiz, 2019[30]). Une réponse intéressante à ce défi est proposée dans le cadre du projet Attractive Danube qui mesure l’attractivité vis-à-vis des entreprises, des investisseurs, des touristes, des migrants et des résidents (Interreg Danube transnational programme, n.d.[31]).

  • L’attractivité est souvent mesurée à l’échelle d’un pays, négligeant ainsi la variété des dynamiques territoriales d’attractivité à l’œuvre au niveau régional. Des études montrent que c’est par exemple dans les zones métropolitaines que sont créés la majorité des emplois (OCDE, n.d.[32])3, et les travailleurs qualifiés se concentrent de plus en plus dans des régions spécifiques (OECD, 2018[33]). En France, l’Ile-de-France concentrait 28% des investissements directs étrangers en 2020, contre seulement 3% dans les Régions Normandie, Centre-Val de Loire et Bretagne (Business France, 2021[34]). Ces très grandes disparités territoriales appellent des réponses qui ne sont pas d’ordre macroéconomique mais renvoient plutôt aux domaines d’action pour lesquels les Régions sont compétentes avec l’appui de l’État (économie régionale, accès aux services publics, qualité de vie, ainsi que d’autres facteurs culturels et environnementaux).

  • Enfin, plusieurs de ces indices ne considèrent que la dimension subjective de l’attractivité exprimée par les décideurs privés. Si ces outils permettent de refléter un levier fondamental d’attractivité, à savoir la perception qu’en ont les investisseurs, ils ne suffisent pas à éclairer l’ensemble des mécanismes de décision à l’œuvre. L’indice de l’attractivité du territoire des Conseillers du Commerce Extérieur de la France (CCEF) mesure par exemple chaque année depuis 2015 la perception de l’attractivité de la France à l’étranger selon 12 critères4. Cet indice propose une analyse à l’échelle régionale et métropolitaine, qui met notamment en évidence l’absence de relation entre l’attractivité perçue des régions et celle de leur métropole5. Si cet outil permet de dresser un portrait intéressant de l’attractivité française, il s’appuie cependant sur la seule opinion des CCEF interrogés, et n’évalue que l’attractivité des investisseurs.

Cette section présente un tableau de bord pour le diagnostic de l’attractivité régionale. Cet outil unique s’appuie sur un premier travail de l’OCDE (voir (OECD, 2021[1])), complété des observations tirées de l’enquête de terrain et d’une revue de la littérature théorique existante sur l’attractivité des régions. À l’encontre des indicateurs d’attractivité composites ou synthétiques, un tableau de bord des indicateurs simples n’agglomère pas les données et permet justement de préserver la possibilité d’une lecture multidimensionnelle de l’attractivité pour identifier les priorités de l’action publique plutôt que de procéder à des classements qui ne disent rien de la variété des options sur un territoire donné (Musson, 2010/2[37]). Le « classement » des régions n’est en effet pas l’objectif des outils de diagnostic ici proposés.

La constitution d’un cadre analytique de l’attractivité régionale a pour objectif de fournir des indicateurs au niveau infranational sur un ensemble de domaines d’intérêt pour les trois cibles de l’attractivité territoriale que sont les investisseurs, les talents et les visiteurs. Les flux d’exportations sont quant à eux caractéristiques de l’internationalisation des régions évoquée précédemment. L’approche vise à fournir un cadre d’analyse pour soutenir l’action publique afin de répondre :

  • aux préoccupations des investisseurs de disposer d’un territoire propice au développement de leur activité, à l’innovation, mais aussi en termes de disponibilité foncière, d’infrastructures, notamment digitale et de talents.

  • aux attentes des talents en termes d’emploi, mais également en termes plus large de «bien-être », tels que l’accès aux soins et à l’éducation pour eux-mêmes et leur famille ;

  • aux aspirations des visiteurs, concernant les biens et services culturels, les aménités environnementales et la qualité de l’infrastructure touristique.

Dans le cadre de son approche holistique, l’OCDE distingue six thèmes majeurs ventilés en 14 dimensions qui permettent de caractériser l’attractivité régionale vis-à-vis des différentes cibles.

Les thèmes retenus sont: les dynamiques économiques ; les atouts touristiques ; la disponibilité foncière et de logement ; le bien être des résidents et la cohésion sociale ; l’accès efficace aux infrastructures de réseau (connectivité) ; et la qualité de l’environnement naturel. Ce choix est fondé à la fois sur la revue de la littérature présentée plus haut et sur le partage d’expériences des acteurs de l’attractivité régionale interviewés dans le cadre de ce travail.

Les six grands thèmes sont eux-mêmes subdivisés selon 14 dimensions de l’attractivité. La relation entre thèmes et dimensions est représentée dans le Graphique 3.1. Chaque dimension comprenant plusieurs indicateurs, ce niveau intermédiaire entre thèmes et indicateurs permet de clarifier la représentation visuelle tout en conservant la variété multidimensionnelle. L’objectif de chacune des dimensions est détaillé dans le Graphique 3.2.

Les données sur l’attractivité régionale de l’OCDE regroupent 52 indicateurs au niveau des régions de l’OCDE (TL26),répartis dans les 13 dimensions. La liste complète des 52 indicateurs, leur description, leur source et les cibles qu’ils concernent, sont détaillées en annexe (voir Annexe A).

Ces indicateurs proviennent d’une variété de sources pour couvrir l’ensemble des 433 grandes régions de l’OCDE (voir la grille territoriale de l’OCDE7), et a minima les régions européennes. Ils sont issus en premier lieu de la base de données régionales de l’OCDE8, qui fournit un vaste ensemble d’indicateurs infranationaux comparables au niveau international. Les données sont collectées via les sources officielles telles que les offices statistiques nationaux et Eurostat9. Cette base de données s’appuie notamment sur le réseau d’experts que constitue le Groupe de travail sur les indicateurs territoriaux de l’OCDE (acronyme anglais WPTI) qui mène des travaux statistiques sur la mesure et l'analyse des économies régionales. Les données de la base de données régionales sont validées et publiées notamment dans le rapport ‘Panorama des Régions et des Villes’10. Des données infra-annuelles sont également disponibles à partir d’Eurostat concernant les volumes de passagers et de fret transportés à partir des ports et aéroports. Ces données sont régionalisées par l’OCDE au niveau des régions TL2.

Certains des indicateurs retenus pour établir les diagnostics de l’attractivité régionale et de l’internationalisation sont identiques car ils sont à la fois une image de l’intégration de la région dans la mondialisation et un indicateur de son attractivité auprès de cibles étrangères. Les domaines où il y a recoupement des deux diagnostics concernent les indicateurs inclus dans les connexions d’infrastructure (notamment infrastructure d’internet et modalités de transport) et les connexions humaines (surtout les indicateurs de tourisme). Ce chevauchement est issu de la double nécessité d’illustrer l'interaction entre les connexions mondiales observées dans une région et sa capacité à attirer des cibles internationales.

Des données moins conventionnelles sont ajoutées aux sources officielles. Elles permettent de les compléter avec des éléments de comparaison internationale fiables mais retraçant d’autres types de phénomènes, et s‘appuient souvent sur des enquêtes. Par exemple, les données d’enquête Gallup World Poll fournissent des indicateurs subjectifs infranationaux comparables au niveau international et dont la robustesse est validée par l’OCDE dans le cadre du traitement statistique des données relatives au Bien-être régional (telles que l’évaluation de la satisfaction de la vie et la perception du soutien du réseau social). Ces données sont robustes au niveau régional dès lors qu’elles sont regroupées sur un ensemble d’années afin que l’échantillonnage soit représentatif. Des intervalles de confiance sont joints aux estimations afin de compléter l’interprétation des résultats. Une autre source non conventionnelle utilisée sur le plan de l’environnement est l’imagerie satellitaire qui fournit des séries chronologiques sur l’utilisation des terres ainsi que sur la pollution de l’air. L’indice de connexion sociale de Facebook permet également de mesurer l’importance des liens que peuvent entretenir les populations de différentes régions et contribuer ainsi à l’évaluation du degré d’attractivité que peut avoir une région par rapport aux autres régions du monde. D’autres sources de données permettent d’évaluer les tendances avec une fréquence de temps plus rapprochée, telles que les données trimestrielles d’Ookla qui mesurent le temps de téléchargement à partir d’équipements fixes ou mobiles (et fournissent donc un indicateur particulièrement pertinent de la qualité de l’accès à Internet).

L’objectif de ce travail est non seulement de nourrir les décideurs d’informations utiles relatives à leur région mais aussi de pouvoir la comparer à d’autres régions françaises ou étrangères, sans pour autant établir un classement. Un certain nombre d’indicateurs ne sont cependant disponibles que pour les régions françaises et n’ont pu être informés pour les autres pays de l’OCDE. Ils figurent néanmoins dans le tableau 2 en annexe A et pourraient inspirer les décideurs publics de régions et pays pairs. D’autres indicateurs auraient été souhaitables mais aucune source n’a permis de les construire, ceux-ci font l’objet d’une description dans la section plus bas sur les indicateurs manquants.

Un indicateur peut refléter spécifiquement les attentes d’une ou plusieurs de ses cibles. Ainsi, l’activité logistique intéresse plus particulièrement les investisseurs, alors que l’accès aux aéroports répondra aux attentes des trois cibles, investisseurs, talents et visiteurs. Afin de proposer une représentation graphique de l’attractivité régionale sous forme de graphiques radars, une sélection parmi les indicateurs est effectuée. Le principe de sélection des indicateurs utilisés pour la représentation graphique s’appuie sur les critères suivants :

  1. i. la sélection d’un indicateur par dimension (un indicateur pour chacune des quatorze dimensions proposées) afin de couvrir l'ensemble du spectre de l'attractivité de manière visuellement accessible ;

  2. ii. la représentation graphique ayant ici pour objectif de comparer les régions françaises entre elles et aux autres régions européennes, une préférence est donnée aux indicateurs disposant d’une couverture géographique suffisante pour effectuer ces comparaisons ;

  3. iii. en complément des données officielles : des données non-conventionnelles qui peuvent notamment produire des informations avec une plus grande périodicité ; des données subjectives pour savoir si les changements qui affectent la société ont un impact sur la population - et intégrer ce retour d’expérience dans les processus de planification et d’évaluation ;

  4. iv. la sélection en premier lieu d’indicateurs qui peuvent faire l'objet de suivi opérationnel, en s’appuyant sur des mesures tant objectives que subjectives.

Chaque indicateur est ici sélectionné sur la base de son caractère pratique pour identifier les priorités de l’action publique dans les différents domaines de l’attractivité, et leur cohérence (certains sont aussi utiles au suivi des politiques comme cela sera précisé dans le chapitre 5 de ce rapport).

  • Économie - PIB par habitant (base de données régionale de l’OCDE) : indicateur clef pour suivre le développement économique des régions. Il mesure la richesse produite par habitant exprimée en parité de pouvoir d’achat constant afin de pouvoir effectuer des comparaisons internationales et à prix constants pour éliminer l’effet de l’inflation lors de comparaisons temporelles. La limite d’usage de cet indicateur est sa disponibilité : alors qu’au niveau national les données trimestrielles sont disponibles dès les trois mois qui suivent le trimestre de référence, au niveau régional les données annuelles ne sont publiées qu’avec un délai de deux ans. Ainsi, cet indicateur ne sera pas le plus adéquat pour mesurer rapidement la résilience lors de chocs économiques (effets des mesures contre la pandémie, crise sectorielle). En revanche, dans le cadre de comparaisons internationales, cet indicateur peut être utilisé comme filtre de sélection pour comparer les performances de régions ayant une structure économique similaire.

  • Le PIB par habitant et la Valeur Ajoutée Brute par travailleur sont des indicateurs très fortement corrélés (coefficient de corrélation de 0.86 pour les régions européennes, avec un intervalle de confiance à 95%11, noté par la suite *). Le PIB par habitant est également corrélé avec l’indicateur de diversité sectorielle de l’emploi au niveau des régions françaises (0.75*). Le PIB par habitant est très fortement corrélé avec les indicateurs d’innovation ; tels que la ‘part de personnel employé en R&D’, ainsi que la ‘demande de brevets par million d'habitants’ (coefficients respectifs 0.68* et 0.57*), ce qui suggère que l’activité d’innovation va de pair avec le niveau de richesse d’une région. Parmi les autres indicateurs de l’attractivité, le PIB par habitant est également fortement corrélé (de 0.50 à 0.57) avec divers aspects du bien-être, tels que ‘la part d’emploi dans la culture et les industries créatives’, ‘le recyclage des déchets’, ‘la satisfaction de la vie’, ‘la présence d’étudiants internationaux dans le supérieur’ et la ‘perception des soins de santé’.

  • Innovation et entrepreneuriat - Part de personnel employé en R&D (source Eurostat, table rd_p_persreg) : le nombre de personnes employées en R&D est directement lié à l’effort d’investissement public et privé en R&D. Cet indicateur met en relief le climat favorable à l’innovation dans la région, facteur important pour les investisseurs et les talents. Cet indicateur peut être utilisé par les Régions pour communiquer sur leur dynamisme dans le secteur de l’innovation.

  • Concernant les autres indicateurs de l’innovation et de l’entrepreneuriat, l’indicateur subjectif mesure l’opinion favorable au lancement de nouvelles entreprises dans la région, est quant à lui fortement corrélé aux demandes de brevets (0.50*), innovation et entrepreneuriat sont donc liés en ce qui concerne ces indicateurs.

  • Emploi - Taux d’emploi des jeunes (base de données régionale de l’OCDE) : rapport entre le nombre de jeunes de 15 à 24 ans en emploi et le nombre total de jeunes dans la population de même tranche d’âge, ces données proviennent d’enquêtes sur la population active et dont la mesure correspond aux recommandations de l’Organisation Internationale du Travail. Cet indicateur peut aider les investisseurs à comprendre les caractéristiques démographiques et la disponibilité de la main-d'œuvre locale qu'ils pourraient embaucher. Il s'agit également d'une mesure importante du tissu social d'une région.

  • Le taux d'emploi des 15-64 ans est très fortement corrélé avec le taux d’emploi des jeunes (0.83*). Il est intéressant de noter que le ‘taux d’emploi des migrants en différence avec celui des natifs’ est corrélé avec l’indicateur subjectif de l’innovation et entrepreneuriat (0.57*) et très fortement avec l’indice de qualité de gouvernement (0.69*). Cela suggère que la capacité d’intégrer les migrants dans le marché du travail est un levier d’attractivité pour les régions et diffuse une opinion positive de la population sur la capacité d’entreprendre.

  • Transport - Part de la population accessible par route en 90 min dans un rayon de 120km (European Regional Competitiveness Index, CE) : Population accessible dans un délai de 1h30 par la route, en proportion de la population dans un voisinage de 120 km de rayon. Le transport routier est un service essentiel, cet indicateur permet de mesurer le nombre de destinations qui peuvent être atteintes dans un temps et une distance limités. Cependant, cet indicateur n’est pas un indicateur de performance du réseau (en terme de vitesse, ou de flux) puisqu’il reflète principalement la distribution spatiale de la population ou des destinations et non la performance, il ne peut donc pas être utilisé pour évaluer ou comparer les performances des transports (Dijkstra, 2019[39]). Cet indicateur peut cependant révéler des opportunités d'investissement pour les acteurs publics et privés.

  • Cet indicateur est négativement corrélé aux émissions de gaz à effet de serre produites par l'industrie du transport pour la France (-0.71*), mais très peu au niveau européen (-0.18*). Cet indicateur est également assez naturellement corrélé au nombre de vols passagers accessibles en 90 minutes en voiture (0.60* au niveau des régions européennes).

  • Digitalisation - Temps de téléchargement internet depuis des appareils fixes (base de données régionales de l’OCDE) : les vitesses haut débit annoncées peuvent différer des vitesses réelles rencontrées par les utilisateurs. L'OCDE s'appuie souvent sur des sources externes pour mesurer les vitesses « réelles » du haut débit telles qu'elles sont expérimentées par les utilisateurs afin d'obtenir des vitesses moyennes12. Une de ces sources externes est Ookla13 qui fournit des données spatiales très granulaires sur les vitesses réelles du haut débit, ce qui permet une analyse territoriale. Il est cependant souhaitable que cette mesure soit complétée par d’autres sources, car les différences de données (par exemple : Ookla, M-Lab, Steam) mesurent la vitesse des connexions internet en utilisant leur propre méthodologie. Cet indicateur de la rapidité de l’usage des infrastructures internet de la région, peut être utile pour les investisseurs afin de les aider à mieux comprendre les modes d’implantation possibles dans les marchés locaux. C'est également un facteur d'attractivité pour les talents qui valorisent la dynamique des connexions dans leur profession et leur vie personnelle.

  • L’indicateur de temps de téléchargement est corrélé avec la part d’emploi en R&D (0.51*). À noter que l’indicateur sur la part des bâtiments connectés à la fibre optique est négativement corrélé avec le taux d’emploi des jeunes (-0.54*), ce qui n’est pas le cas concernant la part des ménages ayant accès au très haut débit (+0.48). Cela suggère que la connexion des bâtiments n’est pas un indicateur suffisant pour évaluer l’accès à internet, facteur important pour la recherche d’emploi, mais afin de développer cette piste il faudrait aussi évaluer l’usage d’internet des jeunes à partir des supports mobiles.

  • Tourisme - Nombre de lits dans des établissements d'hébergement touristique pour 1000 habitants (données Eurostat, table tour_cap_nuts2) : le secteur touristique est important en lui-même en termes d’offre économique et d'emploi, il a aussi été le secteur le plus durement touché par la pandémie. L'hébergement touristique est défini selon la Division CITI 55 et recouvre les établissements touristiques suivants : hôtels; vacances et autres hébergements de courte durée; camping, parcs14. Cet indicateur permet d’évaluer le dynamisme du secteur du tourisme en termes d'opportunités d'investissement, par ailleurs il montre la capacité des services d'accueil pour les visiteurs potentiels.

  • L’indicateur sur l’occupation touristique (nombre de nuitées dans des hébergements touristiques pour 1000 habitants) est très fortement corrélé avec cet indicateur de capacité touristique (0.93*).

  • Capital culturel - Part d'emploi dans la culture et les industries créatives (calculs sur la base des données régionales, publiés dans la note OECD Policy Responses to Coronavirus15) : Les secteurs culturels et créatifs sont importants en eux-mêmes en termes d’offre économique et d'emploi16. Ils stimulent également l'innovation dans l'économie et contribuent à de nombreux autres leviers positifs sur le tissu social positif (bien-être et santé, éducation, inclusion, régénération urbaine, etc.). Cet indicateur permet d’évaluer la contribution du secteur culturel au développement économique, un atout sur lequel les régions peuvent chercher à communiquer auprès des visiteurs potentiels, ainsi que pour attirer talents et investisseurs qui souhaitent disposer d’une offre dynamique dans ce domaine.

  • Concernant les autres indicateurs du capital culturel, le ‘Nombre de sites UNESCO patrimoniaux culturels et naturels’ est corrélé avec la population (0.56*). Les indicateurs ‘Nombre de lieux sport, loisir et culturel’ et ‘Nombre de lieux et établissements culturels’ sont utiles pour penser l’offre culturel au-delà d’une vision strictement patrimoniale, mais ne sont disponibles pour les régions françaises.

  • Environnement – Part des déchets municipaux recyclés (base de données régionale de l’OCDE) : la gestion des déchets municipaux et leur recyclage joue un rôle important pour contrôler la pollution, en aidant en particulier à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, de même il dénote d’une bonne gouvernance des institutions publiques. Cette gestion durable des déchets est notamment un attrait pour l’établissement des talents et pour proposer un environnement sain aux visiteurs.

  • L'intensité du recyclage des déchets municipaux va de pair avec le PIB par tête (corrélation 0.50*), il aurait pu être remplacé par un autre indicateur, mais il est intéressant de la conserver car il est également corrélé avec le taux de participation aux élections générales et l’indice de qualité de gouvernement (coefficient de 0.59* sur les deux indicateurs).

  • Capital naturel - Taux de couverture arborée (base de données environnement de l’OCDE) : Contenir la déforestation et la perte de couvert arboré contribue à préserver les écosystèmes naturels. La couverture arborée réduit également considérablement les pics de température de surface lors des vagues de chaleur, contribue au bien-être de la population et répond aux goûts de ceux qui apprécient la nature et les loisirs de plein air (visiteurs, talents), tandis que son évolution représente également une mesure clé de la préservation de l'environnement, qui est importante pour les trois cibles.

  • Il est intéressant de noter que parmi les autres indicateurs du capital naturel, la croissance des surfaces artificielles est négativement corrélées avec le taux d’emploi de jeunes (-0.64*). Il faudrait explorer plus en détail les raisons de cette relation négative, en lien notamment avec le sujet de l’habitat et les disparités sociales.

  • Cohésion sociale - Indice de qualité de gouvernement (European Quality of Government Index, CE) : L'indice est fondé sur une vaste enquête européenne auprès des citoyens où les répondants sont interrogés sur les perceptions et les expériences de la corruption dans le secteur public, ainsi que sur la mesure dans laquelle les citoyens pensent que divers services du secteur public sont fournis impartialement et en bonne qualité. En tant qu'outil reposant sur les perceptions, il aide les décideurs à améliorer prestations de services en s’appuyant sur le vécu des bénéficiaires. Il permet également aux talents et investisseurs potentiels d'évaluer l'intégrité institutionnelle.

  • Accès aux établissements d'éducation du primaire (Access and Cost of Education and Health Services joint EC & OECD report17) : Cet indicateur est estimé sur la base de la distance routière moyenne parcourue par les élèves jusqu'à leur école. La répartition des écoles et l'affectation des élèves à chaque école s’appuient sur un modèle qui prend en compte la partie des élèves qui préfère fréquenter des écoles plus éloignées que celle de proximité. L'indicateur est exprimé en kilomètres par élève du primaire et permet de mettre en relief les disparités d’accès à l’éducation primaire, en fonction des spécificités des territoires.

  • Santé - Nombre de médecins pour 1000 habitants (base de données régionale de l’OCDE) : Garantir un accès équitable est essentiel pour une société inclusive et un système de santé performant. La densité des médecins par habitant offre une évaluation de l'accès aux soins, une mesure importante pour ceux qui cherchent à emménager, en particulier pour les familles ou les personnes âgées. Lorsqu'il s'agit d'une lacune, elle peut représenter un important domaine d'opportunité pour l'investissement public afin d'assurer aux talents potentiels la disponibilité des services essentiels, et ce particulièrement dans le contexte pandémique.

  • Il est intéressant de noter que parmi les autres indicateurs de la santé, la ‘Part de la population subissant un seuil de pollution supérieur à 10 µg/m³’ est négativement corrélé avec l’indice de qualité de gouvernement (-0.51*), alors que l’indicateur subjectif de la population satisfaite de la disponibilité ou de la qualité des soins de santé est très fortement corrélé avec de dernier (0.76*). Cet indicateur souligne l'importance de la qualité du gouvernement pour contribuer aux questions clés pour le développement régional inclusif et durable, telles que la santé et l'environnement.

Les indicateurs d’attractivité sont exprimés dans différentes unités, par exemple le PIB par habitant est exprimé en unité monétaire alors que l’accès aux écoles primaires est estimé sur la base de la distance routière moyenne exprimée en kilomètres parcourus par les élèves jusqu'à leur école. Afin de comparer les indicateurs sur une même échelle, ils ont été normalisés en deux étapes : 1) en divisant la valeur régionale par la moyenne des régions françaises d’une part, et la moyenne des régions européennes d’autre part, et 2) en répartissant les valeurs par centiles étalonnés de 0 à 200. Ainsi, les valeurs régionales peuvent être comparées aux moyennes nationales et européennes sur le même graphique, ces dernières étant représentées par la même ligne de valeur 100.

Les régions françaises sont ainsi comparées dans un premier temps aux moyennes, afin de positionner leur profil d’attractivité par rapport aux régions françaises et aux régions européennes.

Les indicateurs d’attractivité des régions françaises sont représentés par le moyen de graphiques radars. Chaque région figure ainsi selon deux courbes : l’une compare sa performance à la moyenne des régions françaises et l’autre la compare à la moyenne des régions européennes. Si ces courbes sont au-delà de 100, cela signifie que la performance de la région est supérieure à celle de la moyenne, par rapport aux autres régions françaises et aux autres régions européennes (Graphique 3.3).

L’analyse de ces profils d’attractivité régionale, qui figurent en annexe pour toutes les régions françaises et quelques régions frontalières (voir Annexe A), permet de mettre en évidence quelques observations générales, cohérentes avec l’analyse de l’internationalisation des régions françaises :

  • L’attractivité économique de la France est dominée par l’Ile-de-France…

    En France, l’Ile-de-France demeure une destination privilégiée par les cibles étrangères. En 2020, la région est la première région française pour l’attractivité des investissements direct étrangers, avec 288 projets d’IDE (soit 29% à l’échelle de la France) (Ernst & Young, 2021[27]). Le rayonnement de Paris, capitale internationale, participe également à l’attractivité touristique de la région, qui concentre en France le plus grand nombre de nuitées par kilomètre carré. La région est également relativement attractive vis-à-vis des étudiants étrangers, qui représentaient en 2017 plus de 15% de la population estudiantine totale (deuxième région française après La Réunion). L’attractivité de la région se caractérise - vis-à-vis de ses pairs français et frontaliers - par ses atouts économiques, en terme de ressources productives et de revenus. La région affiche par exemple – relativement à ses pairs français et limitrophes, une forte concentration de personnel R&D et d’étudiants diplômés du supérieur, et d’une productivité de la main d’œuvre et un produit intérieur brut par habitant élevés. Cette vision de l’attractivité économique est partagée par les citoyens, qui considèrent que la région dispose d’un environnement favorable à l’entrepreneuriat. L’Ile-de-France se positionne également favorablement sur les dimensions liées à l’environnement et l’inclusion sociale. En particulier, elle figure parmi les premières régions sur les indicateurs de gestion des déchets, de sécurité, d’accès à l’internet très haut débit et de capital culturel. Le taux de participation aux élections générales, de 79,9% en 2019, est également un indicateur de cohésion sociale participant à l’attractivité de la région (OCDE, n.d.[32]).

  • … mais d’autres régions font preuve d’une grande dynamique en mobilisant avec succès leurs ressources foncières et humaines pour étendre et diversifier leur attractivité

    Face au rayonnement de l’Ile-de-France, certaines régions s’emparent avec succès de leurs atouts humains et fonciers pour se positionner comme alternatives intéressantes notamment vis-à-vis des cibles étrangères. Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France figurent avec l’Ile-de-France parmi les principales destinations pour l’attractivité des IDE en 2020 (Ernst & Young, 2021[27]). Bien qu’elles affichent un nombre de projets d’IDE plus modeste, les Régions Bourgogne-France-Comté, Grand Est, et Occitanie, respectivement 7ème, 4ème et 5ème régions françaises pour l’attractivité des IDE en 2020, affichent une bonne attractivité vis-à-vis des investisseurs étrangers lorsque ce chiffre est rapporté à leur taille économique (Business France, 2021[34]). Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes, deux grandes régions exportatrices, démontrent également d’une forte attractivité vis-à-vis des étudiants étrangers.

    Le développement de la logistique, secteur qui représentait environ 10% du PIB français en 2019 (Ministère de la Transition écologique et solidaire, 2019[40]), participe à l’attractivité de ces régions, notamment vis-à-vis des investisseurs et marchés étrangers. Les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France concentrent par exemple le plus grand nombre d’entrepôts de plus de 5000 mètres carrés. La part de l’emploi dans l’entreposage, plus élevée en Région Normandie, et la part du (dé-) chargement étranger dans les entrepôts de la Région Centre-Val-de-Loire (10,7% en 2014) sont des atouts permettant de positionner ces territoires vis-à-vis de la Région-capitale (OCDE, n.d.[32]). Les deux façades portuaires du Havre et de Marseille sont également des atouts majeurs participant à la fois à l’internationalisation et l’attractivité des Régions Normandie et Provence-Alpes-Côte-D’Azur, tout comme des régions de l’hinterland.

    La disponibilité d’une main d’œuvre qualifiée – mesurée par la part d’étudiants diplômés du supérieur et la part d’employés R&D dans l’emploi total – contribue également à l’attractivité des Régions. La présence d’un environnement de compétences dynamique est vecteur d’attractivité vis-à-vis des talents étrangers (Tuccio, 2019[12]). L’attraction et la rétention des talents servent de nombreux objectifs pour le développement régional ; c’est un levier pour soutenir l’innovation régionale, et ainsi la participation des entreprises locales dans les chaines de valeurs stratégiques et l’attractivité vis-à-vis de grandes multinationales. Par exemple, en France, les régions qui affichent une part élevée de l’emploi en R&D, relative aux moyennes françaises et européennes, telles que l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Ile-de-France, l’Occitanie, et Provence-Alpes-Côte-D’Azur, sont aussi celles qui affichent des indicateurs d’attractivité performants dans le domaine du développement économique (Graphique 3.3.).

  • La qualité de la vie et l’inclusion sociale, des vecteurs d’attractivité pour les talents et les visiteurs

    Les indicateurs d’attractivité liés au développement inclusif caractérisent un troisième groupe de Régions qui affichent parfois un certain dynamisme en termes d’attractivité économique. La qualité de la vie élevée est un atout pour attirer des cibles étrangères, et en particulier les visiteurs et les talents. Ces régions où « il fait bon vivre » – comme par exemple la Bretagne, Pays-de-la-Loire, Nouvelle Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse (OECD, 2014[41])– affichent des scores élevés – par rapport à leurs pairs françaises et européennes - sur des dimensions objectives et subjectives liées à la qualité de la vie. La qualité de d’éducation, la santé, et le niveau d’innovation également à l’attractivité des talents (Tuccio, 2019[12]) et des visiteurs en Provence-Alpes-Côte-D’Azur, première région française en nuitées touristiques par habitant (OCDE, n.d.[32]). De même, la Bretagne figure parmi le premier décile des régions de l’OCDE en ce qui concerne la sécurité, et affiche un niveau d’engagement civique élevé (OCDE, n.d.[32]). En Corse, les indicateurs relatifs à la cohésion sociale et au capital naturel sont identifiés comme des leviers d’attractivité vis-à-vis des visiteurs.

  • Le développement durable et l’accès aux infrastructures et aux services, levier pour le développement international des Régions d’Outre-mer

    Les profils d’attractivité des Régions d’Outre-mer (Guadeloupe, Guyane française, La Réunion, Martinique, Mayotte) sont moins fournis et souffrent de l’absence de données liées aux indicateurs subjectifs. Ces territoires font face à un taux de chômage élevé des 15-24 ans – plus de 30% des jeunes en 2020 – et un niveau de pauvreté relativement plus élevé que les autres régions européennes. En Guadeloupe et Guyane française, le nombre d’homicides intentionnels par habitant est très élevé comparé à leurs pairs (alors qu’à Mayotte et à La Réunion, ce chiffre était en 2017 l’un des plus faibles parmi l’ensemble des régions françaises et européennes étudiées). L’inclusion numérique – mesurée par la part des ménages ayant accès au très haut débit ou à la fibre – est également un enjeu pour ces régions, à l’exception de La Réunion, dont l’intégralité du territoire est couvert par le Très Haut Débit (1ère région française), malgré des indicateurs d’usage d’internet qui demeurent faibles.

    La présence d’un patrimoine naturel riche permet à ces territoires d’offrir cependant un environnement attractif aux cibles étrangères, en particulier dans le contexte de la crise sanitaire et de son possible effet sur l’exode urbain. Les cinq Régions d’Outre-Mer accueillent près de la moitié de la superficie forestière française, dont plus de 8 millions d’hectares situés en Guyane (IGN, n.d.[42]). La Réunion et Mayotte sont également les régions françaises avec le niveau de pollution le plus faible. Enfin, l’accès aux services publics, et en particulier de santé, sont également vecteurs d’attractivité pour les régions La Réunion et Martinique, leur permettant d’offrir une qualité de vie élevée à la fois aux populations locales et étrangères, et en particulier visiteurs (OCDE, n.d.[32]). À l’instar des autres Régions d’Outre-mer, l’accès à des services de santé et le niveau élevé de sécurité - auxquels s’ajoutent des indicateurs environnementaux- sont également des atouts pour positionner La Réunion comme territoire attractif dans l’Océan Indien (OCDE, n.d.[32]).

Ces profils d’attractivité confirment et complètent les profils d’internationalisation des régions françaises que met en évidence la base de données de l’OCDE (OECD, 2021[1]) (voir Annexe A). En effet, à l’exception de l’Ile-de-France, on observe généralement : d’une part, des régions affichant un profil d’attractivité diversifié et un fort dynamisme économique à l’international (export et IDE) ; et d’autre part, des régions pour lesquelles une, parfois deux, dimension(s) de l’attractivité est plus développée - en lien notamment avec la qualité de vie.

La carte proposée plus bas synthétise ces informations en donnant à voir les forces des régions françaises comparativement aux régions européennes.

Certains indicateurs, jugés pertinents dans l’évaluation du diagnostic régional de l’attractivité, ne sont pas disponibles, incomplets ou parfois trop anciens pour pouvoir les traiter. Il est cependant intéressant de les mentionner pour orienter la recherche future d’informations utiles à cet exercice. Il serait ainsi souhaitable de développer des données dans les domaines suivants:

  • Innovation et entrepreneuriat : des données territorialisées sur les clusters d’innovation, les incubateurs et pépinières sont des éléments qui permettent d’évaluer l’attractivité régionale fondée sur des territoires innovants, manifestant la force de la coopération entre entreprises comme avec les universités et les centres de recherche publics. De plus, la présence d’équipements dans les laboratoires ou l’accompagnement à la création et au développement des entreprises seraient des indicateurs à suivre pour évaluer les dynamiques d’innovation et d’entrepreneuriat.

  • Foncier : les informations sur les zones d’activités économiques, et la disponibilité de foncier économique permettraient aux investisseurs et talents de jauger l'attractivité du territoire en termes d’infrastructures industrielles et commerciales.

  • Logement : Les données de l’OCDE permettent de suivre l’indice des prix des logements dans de nombreux pays de l'OCDE, et donnent ainsi un aperçu de l'évolution trimestrielle des prix. Cette information est utile pour informer les décideurs notamment concernant les enjeux d’accès au logement dans les régions. Les données infranationales ne sont pas disponibles actuellement pour une grande partie de la France.

  • Marché du travail : un indicateur sur les personnes en sous-emploi (en activité partielle non voulue et/ou en contrat précaire) aiderait les investisseurs à mieux connaître la dynamique du marché local. En outre, il existe une possibilité d'exploiter les données de LinkedIn pour identifier les compétences qui sont les plus recherchées (et, inversement, celles qui font défaut qui sont manquants) dans une territoire selon les annonces d’embauche.18

  • Transport : la durée de transport moyen domicile-travail et son évolution par mode de transport pourrait être un indicateur à suivre au niveau des régions, mais également au niveau des aires urbaines et dans les relations urbain-rural.

  • Logistique : les données concernant l’offre régionale d’entreposage sont disponibles pour la France, avec l‘Atlas des entrepôts et des aires logistiques en France en 2015, mais ne sont pas accessibles pour les autres pays. Obtenir des données internationales annuelles permettraient de mieux comprendre comment s’organise les chaînes logistiques dans le temps.

  • Tourisme : l’usage de données des plateformes de service d’hôtellerie permettrait d’obtenir des données en temps réel sur l’évolution de ce secteur, et enrichir ce domaine avec des informations sur la satisfaction des visiteurs. Des indicateurs de valeur suivi régulièrement, tels que les recettes touristiques générées, le poids du secteur dans le PIB régional et la part des emplois touristiques permettraient également de compléter les indicateurs de flux proposés ici. La densité des logements partagées (du type Airbnb), aiderait aussi les régions à déterminer si ce type de logement constitue une opportunité de développement pour la région (ou une offre de substitution à l’offre classique existante) et assurer le développement d’un tourisme durable (OECD, 2021[43]). La présence d’équipements touristiques et d’évènements structurants (par exemple : parcs de loisirs, festivals, etc.) est également un indicateur utile pour évaluer l’offre touristique de la Région.

  • Tourisme d'affaires : le tourisme d'affaires est une opportunité pour les régions en s’appuyant sur l’évènementiel du type foires internationales ou congrès. Les données de fréquentations hôtelières liées au tourisme d’affaires permettraient de mieux valoriser la région auprès des investisseurs notamment. Cet indicateur serait aussi utile à l’évaluation de l’impact de la crise sanitaire sur les comportements professionnels liés aux voyages d’affaires et missions.

  • Éducation : un indicateur de la présence d’écoles internationales (primaires et secondaires) permettrait de mesurer l’attractivité de la région, notamment auprès des talents et des investisseurs étrangers. De même, le nombre d’établissements d’enseignement technique peut compléter les autres indicateurs liés à l’éducation, ce qui fournirait une information sur l’offre globale en matière d’enseignement supérieur et de formation.

  • Social : une information sur l’écart d’évolution entre le prix de logement et les salaires permettrait aux régions d’évaluer si le coût de la vie reste une caractéristique attrayante ou s’il faut lui accorder de l’attention.

L’identité digitale qu’affichent les régions françaises est un troisième outil proposé, révélateur de la manière dont les régions se présentent vis-à-vis de cibles extérieures.

L’analyse des sites officiels de l’ensemble des régions françaises et de leurs pairs frontaliers permet notamment de dresser les constats suivants :

  • La dimension européenne figure parmi les sujets internationaux les plus visibles. Les connexions internationales humaines et de connaissance, en lien avec les enjeux liés à l’emploi, la jeunesse, la culture, et l’innovation sont fréquemment mentionnées par l’ensemble des régions françaises et leurs pairs frontaliers. Les enjeux liés aux infrastructures sont également mentionnés, mais la connectivité numérique est un sujet souvent absent. De manière générale, l’attractivité vis-à-vis du secteur privé semble moins présente. Cette observation s’explique sans doute par l’existence de sites régionaux dédiés à l’attractivité des investisseurs et l’internationalisation des entreprises (par exemple : site de l’agence régionale en charge du développement économique, de l’attractivité et/ou de l’innovation ; site internet Team France Export régional ; site de la Chambre du commerce et de l’industrie régionale, etc.). De la même façon, plusieurs régions (dont l’ensemble des Régions d’Outre-Mer) disposent de sites internet dédiés à l’attractivité touristique auprès des visiteurs. Ce dernier constat explique sans doute en partie pourquoi seulement un tiers des sites analysés présentent un contenu s’adressant à la fois aux investisseurs, talents et visiteurs.

  • Si l’ensemble des régions métropolitaines publient du contenu susceptible d’intéresser au moins deux types de cibles étrangères, dans le cas des Régions d’Outre-mer19 le contenu publié semble s’adresser en priorité aux visiteurs et aux populations locales, les enjeux internationaux faisant souvent référence aux dispositifs disponibles pour les résidents plutôt que pour des cibles étrangères. A La Réunion, le mot « transport » par exemple est utilisé pour faire mention des réseaux de transports en commun et mobilités douces, mais rarement pour ce qui concerne les infrastructures physiques et virtuelles connectant le territoire à l’international.

  • Seulement trois régions françaises disposent de sites internet traduits en d’autres langues que le français – notamment en anglais et en allemand pour le Grand Est et en langues régionales pour la Bretagne et la Corse -, laissant à penser que ces plateformes s’adressent avant tout à des cibles locales et nationales. Ces observations contrastent avec les Régions limitrophes sélectionnées, qui disposent toutes d’un site disponible au moins en deux langues étrangères, à l’exception de la Ligurie, des Seychelles et de Madagascar. Le site touristique dédié de la Région Corse est toutefois traduit en huit langues – français, anglais, allemand, italien, néerlandais, danois, suédois et norvégien.

  • 16 des 18 Régions françaises disposent d’un logo, mais seulement quatre d’entre elles y associent un slogan. Le patrimoine historique et géographique des territoires est souvent mis en avant dans les logotypes des Régions, représentant parfois les anciennes armoiries du territoire (par exemple pour les Régions Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Baden-Wurtenberg, Rhénanie-Palatinat, Piémont, Ligurie, Seychelles et Maurice), des symboles historiques (Bretagne), ou illustrant les ressources naturelles présentes dans le territoire (Auvergne-Rhône-Alpes, Centre-Val-de-Loire, Guadeloupe, La Réunion, Martinique et Pays-de-la-Loire). Les Régions Bourgogne-France-Comté, Grand Est, Hauts-de-France, et Ile-de-France insistent quant à elles sur le capital social de leur territoire, valorisant la variété de leurs territoires ou la qualité de la cohésion sociale. Il est intéressant de noter les exemples particuliers du Grand Est, seule région française qui fait figurer l’Europe dans son slogan, et de la Guyane, dont le logo représente la spécialisation sectorielle (les activités spatiales) de la Région.

Références

[13] Ahlfeldt, G. et al. (2020), “Quality of Life in a Dynamic Spatial Model”, CESifo Working Papers 8767, https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3751857.

[9] Annoni, P. and L. Dijkstra (2019), Indice européen de compétitivité régionale pour la compétitivité régionale, https://ec.europa.eu/regional_policy/fr/information/maps/regional_competitiveness/.

[47] Banque Mondiale (2021), Commodity Market’s Outlook: Urbanization and Commodity Demand, a World Bank Report, https://openknowledge.worldbank.org/bitstream/handle/10986/36350/CMO-October-2021.pdf.

[3] Bourdeau-Lepage, L. and V. Gollain (2015), Attractivité et compétitivité des territoires, théories et pratiques.

[22] Brookings (2020), Even before coronavirus, census shows U.S. cities’ growth was stagnating, https://www.brookings.edu/research/even-before-coronavirus-census-shows-u-s-cities-growth-was-stagnating/.

[34] Business France (2021), Bilan 2020 des investissements internationaux en France, https://investinfrance.fr/wp-content/uploads/2021/03/Bilan-des-investissements-internationaux-en-2020-2.pdf.

[4] Business France (2021), Tableau de bord de l’attractivité 2021, https://investinfrance.fr/wp-content/uploads/2017/08/TBA_FR_2021.pdf.

[29] Business France et DG Trésor (2020), Tableau de bord de l’attractivité de la France, https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/365e4239-683f-42d0-88b0-5060378cf4ea/files/f774bce1-8ee8-4771-8f87-ace1bc0d0cc4.

[30] Carlino, G. and A. Saiz (2019), “Beautiful cities : leisure amenities and urban growth”, Journal of Regional Science, Vol. 59/3, pp. 369-408, https://doi.org/10.1111/jors.12438.

[56] Commission Européenne (2021), Access and Cost of Education and Health Services, https://urban.jrc.ec.europa.eu/thematic-analyses/edu-health-services/.

[49] Commission Européenne (2021), “Statistiques régionales par classification NUTS”, Eurostat, https://ec.europa.eu/eurostat/web/main/data/database.

[53] Commission Européenne (n.d.), Métadonnées, https://ec.europa.eu/eurostat/cache/metadata/en/tour_occ_esms.htm.

[35] Commission Européenne (n.d.), Tableau de bord de la résilience, https://ec.europa.eu/info/strategy/strategic-planning/strategic-foresight/2020-strategic-foresight-report/resilience-dashboards_fr.

[24] Delbecque, V., I. Méjean and L. Patureau (2014), “Labor market institutions and firms’ location choices”, Review of World Economics, Vol. 150/1, pp. 115-148, https://www.jstor.org/stable/44211763.

[39] Dijkstra, L. (2019), Road transport performance, https://doi.org/DOI:10.2776/046835.

[18] Dupeyras, A. and N. MacCallum (2013), “Indicators for Measuring Competitiveness in Tourism: A Guidance Document”, OECD Tourism Papers, No. 2013/2, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/5k47t9q2t923-en.

[27] Ernst & Young (2021), Attractivité : la France dans la course, https://www.ey.com/fr_fr/attractiveness/barometre-de-l-attractivite-de-la-france-2021/la-france-dans-la-course.

[46] ESPON (2013), Annex 10 - (Draft) final reports template, http://www.espon.com.

[55] EY (2019), Panorama des Industries Culturelles et Créatives, https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Industries-culturelles/Etats-Generaux-des-industries-culturelles-et-creatives/Etude-Panorama-des-Industries-Culturelles-et-Creatives.

[15] France Stratégie (2020), Les politiques industrielles en France - évolution et comparaisons internationales (synthèse), https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2020-ns-politiques-industrielles-decembre.pdf.

[21] Hendrickson, C. and Muro (2020), Will COVID-19 rebalance America’s uneven economic geography, https://www.brookings.edu/blog/the-avenue/2020/04/13/will-covid-19-rearrange-americas-uneven-economic-geography-dont-bet-on-it/.

[42] IGN (n.d.), La forêt en France: portrait-robot, https://www.ign.fr/reperes/la-foret-en-france-portrait-robot.

[31] Interreg Danube transnational programme (n.d.), Attractive Danube, improving capacities for enhancing territorial attractiveness of the Danube region.

[28] Les Conseillers du Commerce Extérieur de la France (2020), Indice d’attractivité du territoire 2020, https://www.cnccef.org/publication/indice-dattractivite-du-territoire-2020/.

[44] Messely, L., J. Dessein and L. Lauwers (2010), “Regional identity in rural development: three case studies of regional branding”, Applied Studies in Agribusiness and Commerce, Vol. 4, pp. 19-24, https://doi.org/10.19041/APSTRACT/2010/3-4/3.

[40] Ministère de la Transition écologique et solidaire (2019), France Logistique 2025, https://www.ecologie.gouv.fr/france-logistique-2025.

[8] Ministère de l’économie, des finances et de la relance (n.d.), “Faciléco”, La compétitivité, https://www.economie.gouv.fr/facileco/competitivite# (accessed on  octobre 2021).

[16] Ministère du redressement productif (2013), Relocalisations d’activités industrielles en France, https://www.entreprises.gouv.fr/files/files/directions_services/etudes-et-statistiques/etudes/industrie/2013-12-relocalisation-synthese.pdf?fbclid=IwAR1rF6vwlbK8Npkj3Z5I7I6Hg26DxlJwWPqszWKQTJcN8my-S1ghenKyR1c.

[45] Morgana, L. and P. Pupion (2017), Stratégies de marque et fusions régionales: le cas de la Région Aquitaine.

[19] Morrison, N. (2013), “Building talented worker housing in Shenzhen, China, to sustain place competitiveness”, Urban Studies, Vol. 51/8, pp. 1539-1558, https://doi.org/10.1177/0042098013510955.

[36] Musolino, D. and S. Volget (2020), “Towards a multidimensionnal approach to the study of territorial attractiveness”, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02501582/document.

[37] Musson, A. (2010/2), “Revue de littérature sur les indicateurs d’attractivité et de développement durable : Vers un indicateur d’attractivité durable”, Lavoisier, Vol. 12, pp. 181-223, https://www.cairn.info/revue-geographie-economie-societe-2010-2-page-181.htm.

[17] OCDE (2020), Conférence internationale sur l’attractivité régionale pour un développement durable et inclusif.

[10] OCDE (2016), “Regional Well-being (edition 2016)”, Statistiques régionales de l’OCDE, https://doi.org/10.1787/d147c81c-en (accessed on 24 February 2022).

[25] OCDE (2015), Cadre d’action pour l’investissement, édition 2015, Éditions OCDE, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/9789264235441-fr.

[6] OCDE (2008), Définition de référence de, OECD Publishing, https://doi.org/10.1787/9789264048768-fr.

[32] OCDE (n.d.), Base de données régionales, https://stats.oecd.org/Index.aspx?datasetcode=REG_DEMO_TL2 (accessed on  2021).

[48] OCDE (n.d.), “Grille territoriale de l’OCDE”, Statistiques régionales de l’OCDE, https://www.oecd.org/regional/regional-statistics/territorial-grid.pdf.

[38] OCDE (2022 à paraitre), “Mesurer l’attractivité des régions : une approche innovante de l’attractivité territoriale”, OECD Regional Development Paper.

[1] OECD (2021), Les Régions dans la Mondialisation: Une approche originale de l’internationalisation des régions et son application au cas français, https://www.oecd-ilibrary.org/docserver/5c76db6f-fr.pdf?expires=1627893107&id=id&accname=ocid84004878&checksum=B82F227EAFC24B013613C7DA8213BEE1.

[43] OECD (2021), “Managing tourism development for sustainable and inclusive recovery”, OECD Tourism Papers, Organisation for Economic Co-Operation and Development (OECD), https://doi.org/10.1787/b062f603-en.

[54] OECD (2020), “Culture shock: COVID-19 and the cultural and creative sectors”, OECD Coronavirus Policy Responses, https://www.oecd.org/coronavirus/policy-responses/culture-shock-covid-19-and-the-cultural-and-creative-sectors-08da9e0e/.

[20] OECD (2020), Les mesures adoptées par les villes face au COVID-19, https://www.oecd.org/coronavirus/policy-responses/les-mesures-adoptees-par-les-villes-face-au-covid-19-aebdbf1c/.

[50] OECD (2020), Regions and Cities at a Glance 2020, OECD Publishing, https://doi.org/10.1787/959d5ba0-en.

[23] OECD (2020), Tourism Policy Responsesto the coronavirus (COVID-19), https://read.oecd-ilibrary.org/view/?ref=124_124984-7uf8nm95se&title=Covid-19_Tourism_Policy_Responses.

[33] OECD (2018), International Migration Outlook 2018, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/migr_outlook-2018-en.

[11] OECD (2018), OECD Tourism Trends and Policies 2018, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/tour-2018-en.

[41] OECD (2014), How’s Life in Your Region, https://www.oecd.org/cfe/regionaldevelopment/hows-life-country-facts-france.pdf.

[2] OECD (2011), Quality framework and guidelines for OECD statistical activities, https://www.oecd.org/officialdocuments/publicdisplaydocumentpdf/?cote=std/qfs(2011)1&doclanguage=en.

[26] OECD (n.d.), OECD Working Papers on International Investment, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/18151957.

[51] OECD (à paraitre), “Promoting high-quality broadband networks in G20 countries”.

[52] Ookla (2021), Ookla’s Open data initiative, https://www.ookla.com/ookla-for-good/open-data.

[5] Sourd, C. (2012), L’attractivité économique des territoires : attirer des emplois, mais pas seulement, https://www.insee.fr/fr/statistiques/1281062.

[14] The European House Ambrosetti (n.d.), Global Attractiveness Index, https://www.ambrosetti.eu/en/global-attractiveness-index/.

[12] Tuccio, M. (2019), “Measuring and assessing talent attractiveness in OECD countries”, OECD Social, Employment and Migration Working Papers, No. 229, OECD Publishing, Paris, https://dx.doi.org/10.1787/b4e677ca-en.

[7] UN-WTO (2008), Recommendations on Tourism Statistics. Series M, No. 83. (United Nations publication, Sales No. E.94.XVII.6). (para. 29)..

Notes

← 1. Inspiré et adapté de la définition proposée par CNER, 2015.

← 2. Les avantages non pécuniaires semblent par exemple jouer un rôle plus important pour les personnes les plus qualifiées (Tuccio, 2019[12]), qui peuvent accepter parfois un salaire plus bas en échange d’un cadre de vie plus confortable. De même, une étude sur l'attractivité régionale dans l'Union Européenne a révélé une préférence des jeunes travailleurs pour les lieux dotés d'infrastructures connectées alors que les travailleurs d'âge moyen sont plus attirés par les régions dotées culturellement (ESPON, 2013[46]).

← 3. Les données de l’OCDE sur l’évolution de l’emploi régional entre 2015 et 2018 confirment le dynamisme des aires métropolitaines (3,9% sur la période indiquée). Il est intéressant de noter que les régions avec des villes petites et moyennes sont les seules à conserver un taux de croissance de l’emploi industriel sur cette même période (OCDE, n.d.[32])

← 4. La charge administrative et réglementaire ; la fiscalité ; la qualité de la main d’œuvre ; le coût de la main d’œuvre ; la flexibilité du travail et le climat social ; la sécurité juridique ; l’approvisionnement énergétique et le coût de l’énergie ; la qualité des infrastructures, les capacités d'innovation et de recherche ; la qualité de vie et environnement ; sûreté des personnes ; et l’environnement culturel (Indice de l’attractivité du territoire des CCEF, 2021)

← 5. Par exemple, en 2021 l’Ile-de-France est perçue comme la région la plus attractive, principalement grâce à son accessibilité pour les cibles internationales, mais la métropole du Grand Paris ne figure que troisième métropole attractive, après Lyon et Bordeaux (Indice de l’attractivité du territoire des CCEF, 2021)

← 6. Équivalent NUTS 2 dans la taxonomie européenne soit les entités régionales en France (à titre d’exemple TL3 décrit l’échelle départementale).

← 7. Grille territoriale de l’OCDE, disponible ici : https://www.oecd.org/regional/regional-statistics/territorial-grid.pdf.

← 8. Grille territoriale de l’OCDE, disponible ici : https://www.oecd.org/regional/regional-statistics/territorial-grid.pdf

← 9. Commission Européenne (2021), Eurostat, Regional statistics by NUTS classification, disponible ici : https://ec.europa.eu/eurostat/web/main/data/database

← 10. OECD (2020), OECD Regions and Cities at a Glance 2020, OECD Publishing, Paris, https://doi.org/10.1787/959d5ba0-en.

← 11. Mesure des relations entre les variables : plusieurs outils existent pour tester la force des associations entre les variables, celui le plus couramment utilisé est le coefficient de corrélation de Spearman. Pour une forte association entre deux variables, le non-rejet de l'hypothèse nulle selon laquelle le coefficient de Spearman est égal à 0 - ce qui implique l'absence d'association - est adoptée au niveau de signification de 5%, autrement dit la corrélation est statistiquement significative à un seuil de 95.

← 12. OECD (à paraitre), Promoting high-quality broadband networks in G20 countries.

← 13. Ookla’s open data initiative, 2021, https://www.ookla.com/ookla-for-good/open-data

← 14. Metadonnées sur la capacité d’accueil dans les établissements touristiques, disponible ici : : https://ec.europa.eu/eurostat/cache/metadata/en/tour_occ_esms.htm.

← 15. Culture shock: COVID-19 and the cultural and creative sectors, OECD (2020) https://www.oecd.org/coronavirus/policy-responses/culture-shock-covid-19-and-the-cultural-and-creative-sectors-08da9e0e/

← 16. Etude : Panorama des Industries Culturelles et Créatives, rapport EY 2019 pour le Ministère de la Culture https://www.culture.gouv.fr/Sites-thematiques/Industries-culturelles/Etats-Generaux-des-industries-culturelles-et-creatives/Etude-Panorama-des-Industries-Culturelles-et-Creatives

← 17. Access and Cost of Education and Health Services, European Commission (2021) https://urban.jrc.ec.europa.eu/thematic-analyses/edu-health-services/

← 18. Le Groupe de la Banque mondiale et LinkedIn ont mené ensemble une étude mondiale pour examiner comment ces données peuvent informer les politiques au niveau national et municipal (Banque Mondiale, 2021[47]).

← 19. Guadeloupe, Guyane, Martinique et La Réunion, le département de Mayotte ne disposant pas de site internet dédié.

Mentions légales et droits

Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région. Des extraits de publications sont susceptibles de faire l'objet d'avertissements supplémentaires, qui sont inclus dans la version complète de la publication, disponible sous le lien fourni à cet effet.

© OCDE 2022

L’utilisation de ce contenu, qu’il soit numérique ou imprimé, est régie par les conditions d’utilisation suivantes : https://www.oecd.org/fr/conditionsdutilisation.