7. Chili

Le Chili est l’un des pays de l’OCDE qui soutient le moins son agriculture, les aides s’établissaient à 2.6 % des recettes agricoles brutes en 2018-20, contre 7.3 % en 2000-02. Depuis que le pays a réduit sa protection aux frontières au cours de la première décennie du siècle, le soutien à l’agriculture n’engendre que de très faibles distorsions des marchés agricoles, le soutien des prix du marché étant quasi nul puisque les prix à la production intérieure sont presque complètement alignés sur les prix mondiaux.

Le soutien budgétaire aux exploitations, principalement au titre de l’utilisation d’intrants, vise essentiellement les petits producteurs, en particulier pour soutenir la formation de capital fixe. Plus de la moitié des dépenses publiques consacrées au secteur agricole financent des services d’intérêt général, intéressant en particulier les infrastructures d’irrigation extérieures aux exploitations, l’inspection et le contrôle, l’accès aux terres et la restructuration foncière, et les systèmes de connaissances et d’innovation agricoles. Les dépenses consacrées aux services d’intérêt général s’élevaient à 4 % de la valeur ajoutée agricole en 2018-20, une part légèrement inférieure à la moyenne de l’OCDE. Le soutien total à l’agriculture représentait 0.3 % du PIB en 2018-20, soit la moitié du ratio observé en 2000-02.

En 2020, le Chili s’est attaché à mettre en œuvre les mesures liées aux quatre axes stratégiques de l’administration actuelle : 1) durabilité et eau, 2) modernisation institutionnelle, 3) promotion des associations de producteurs et 4) développement rural. Toutefois, en raison de la pandémie du COVID-19, certaines priorités ont été adaptées, et des programmes ou initiatives existants ont été renforcés ou suspendus. À titre d’exemple, les initiatives de collaboration public-privé ont été renforcées pour garantir la production et la distribution des denrées alimentaires dans l’ensemble du pays.

Toujours en 2020, de nouvelles dispositions ont été appliquées aux programmes PRODESAL et PADIS, axées sur l’amélioration du bien-être des petits propriétaires, et qui prévoient la conclusion d’accords bilatéraux entre les autorités nationales et les 254 municipalités mettant en œuvre ces programmes. L’INDAP (l'organisme au service des petits producteurs) et le ministère des Travaux publics ont signé un accord de collaboration stratégique visant à assurer l’approvisionnement en eau potable des bénéficiaires de l’INDAP dans le but de créer des synergies entre les deux institutions en faveur du développement rural.

Le Service d'inspection de l'agriculture et de l'élevage (Servicio Agrícola y Ganadero - SAG) promeut la certification électronique, qui est désormais disponible pour les exportations vers 34 pays et qui concerne environ 70 % de l’ensemble des certificats phytosanitaires. Il offre également un important potentiel de développement pour la certification sanitaire.

Sur la plan national, le Chili a commencé à actualiser son plan d’adaptation au changement climatique en incluant des engagements pour le secteur agricole dans sa contribution déterminée au niveau national (CDN). Ce plan comprend trois objectifs : 1) la gouvernance et la coordination de la planification de l’adaptation au niveau infranational dans les secteurs agricole et forestier des 16 régions administratives du pays ; 2) l’approche coordonnée de la politique et de la stratégie de développement général ; et 3) la mise en œuvre territoriale d’un projet pilote sur l’adaptation au changement climatique dans la région d’Aysén visant à évaluer son intérêt, voire à l’étendre à d’autres régions.

L’Office des études et des politiques agricoles (Oficina de Estudios y Políticas Agrarias - ODEPA) coordonne les nouvelles activités du ministère de l’Agriculture concernant l’utilisation de l’eau. En 2020, trois actions ont été menées à bien : 1) l’amorce de l’élaboration d'un plan d’action qui devrait donner des lignes directrices sur les ressources en eau aux agences du ministère de l’Agriculture ; 2) la création d'un comité de l’eau qui recense et examine les principales préoccupations en matière d’eau pour l’agriculture ; et 3) la création d’un groupe de travail technique sur les ressources en eau au sein du ministère de l’Agriculture.

  • La politique agricole du Chili ne crée presque aucune distorsion du marché et affiche une ESP moyenne de 2.6 % des recettes agricoles brutes sur la période 2018-20. En outre, le soutien total à l’agriculture pèse moins sur l’ensemble de l’économie au Chili que dans la plupart des pays de l’OCDE, puisqu’il se montait à 0.3 % seulement du PIB en 2020.

  • Le pays met à juste titre l’accent sur la prestation de services publics au secteur agricole. C’est ainsi que les services d’intérêt général absorbent environ la moitié du soutien total au secteur, en grande partie allouée aux infrastructures d’irrigation, à l’inspection et au contrôle, ainsi qu’aux systèmes de connaissances et d’innovation agricoles. Néanmoins, les dépenses sont faibles par rapport à la valeur ajoutée agricole et pourraient potentiellement être augmentées davantage.

  • Les paiements aux agriculteurs ciblent avec raison les petits producteurs et les producteurs autochtones, qui sont potentiellement ceux qui en ont le plus besoin. Si ces paiements visent à améliorer la productivité, la compétitivité, la régénération des sols dégradés et les systèmes d'irrigation au niveau des exploitations, il convient de s’interroger sur leur efficacité. Des évaluations d’impact devraient être réalisées de façon systématique, car ces paiements représentent environ la moitié des dépenses publiques destinées au secteur.

  • Compte tenu du nombre croissant de programmes de soutien ciblant les populations rurales qui ne sont pas directement mis en œuvre par le ministère de l'Agriculture, il est essentiel de mettre en place une meilleure coordination entre les ministères et les agences qui fournissent un soutien au secteur agricole, ainsi que de solides systèmes d'évaluation, pour garantir une utilisation efficace des ressources publiques.

  • En outre, étant donné le nombre croissant de programmes de soutien élaborés par les administrations régionales et ciblant les populations rurales, il est nécessaire d'améliorer les processus de coordination, de communication et de reddition de comptes entre administrations régionales et nationales pour éviter toute redondance de l’action et des soutiens.

  • Le Chili se positionne comme le défenseur d'une action climatique forte. Le pays s’est engagé à réduire de 30 % ses émissions de GES à l’horizon 2030 par rapport à 2007, et a déployé des efforts considérables, tels que l’élaboration du plan d’adaptation au changement climatique pour le secteur agricole. Ces actions atténuent les émissions de GES et permettent au pays de s’adapter au changement climatique en restant dans le cadre de l’engagement pris par le secteur au titre de la contribution déterminée au niveau national (CDN). Cet engagement aura des répercussions non négligeables sur le secteur agricole.

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