Pologne

Après une baisse de 2.7 % en 2020, le PIB devrait recommencer à croître, en augmentant de 3.7 % en 2021 et de 4.7 % en 2022. La recrudescence des contaminations depuis le début de l’année continuera à peser sur l’activité économique. Néanmoins, une vaccination généralisée et l’assouplissement des mesures d’endiguement au second semestre devraient contribuer à un rebond vigoureux de la consommation et, dans une moindre mesure, de l’investissement. L’inflation devrait se modérer, compte tenu de la persistance de capacités inemployées, qui diminue toutefois. Les perspectives restent cependant incertaines, en raison des risques épidémiologiques et des obstacles logistiques au déploiement des vaccins.

Les pouvoirs publics continuent de soutenir l’activité. Les aides budgétaires se sont poursuivies, même si elles sont devenues plus ciblées, et la politique monétaire est restée accommodante. Cette orientation devrait perdurer jusqu’à ce que la reprise soit bien ancrée. Des politiques structurelles favorisant l’investissement dans l’amélioration des infrastructures et les énergies durables ainsi que le développement des compétences de la main-d’œuvre devraient contribuer à renforcer la reprise et la croissance à moyen terme et faciliter la transition vers une économie plus verte.

La pandémie a pris de l’ampleur, le nombre de nouvelles contaminations et de nouveaux décès ayant augmenté très rapidement depuis le début de l’année. De strictes mesures d’endiguement ont été prises. De ce fait, le nombre de nouvelles contaminations a diminué sensiblement et les autorités ont prudemment commencé à assouplir les restrictions en avril. Parallèlement, le rythme de la campagne de vaccination s’est accéléré. Les autorités ont donné à tous les adultes la possibilité de s’inscrire pour se faire vacciner au début de mai et ont l’intention de vacciner tous ceux qui le souhaitent d’ici à la fin du mois d’août. Cela devrait permettre de poursuivre la levée des restrictions au second semestre.

La vague de contaminations de l’automne 2020 et le durcissement des restrictions qui l’a accompagnée ont entraîné une baisse de la production à la fin de l’année dernière, qui a cependant été moins marquée qu’au premier semestre de 2020. L’économie a mieux résisté au début de 2021, le PIB ayant augmenté au premier trimestre, mais la résurgence des contaminations depuis mars et le maintien des restrictions ont probablement pesé sur l’activité économique. Les indicateurs de mobilité sont bas depuis la fin de 2020, même s’ils se sont redressés il y a peu. De même, malgré de récentes améliorations, la confiance des consommateurs et celle des entreprises demeurent inférieures aux niveaux observés avant la pandémie.

Face à la hausse des contaminations, les autorités ont prolongé les mesures initiales de soutien, et il est prévu que certaines durent jusqu’à la mi-2021. Elles sont néanmoins davantage ciblées, puisqu’elles visent les entreprises et les secteurs les plus éprouvés par la pandémie. Ces aides budgétaires persistantes font augmenter la dette publique, mais la situation des finances publiques reste viable, dans la mesure où la Pologne est entrée dans la pandémie avec des marges de manœuvre budgétaires. La politique monétaire reste accommodante, les taux d’intérêt demeurant faibles et les conditions financières étant favorables.

Le PIB devrait augmenter de 3.7 % en 2021, se redressant au second semestre et retrouvant en fin d’année son niveau d’avant la pandémie. On suppose qu’une vaccination généralisée permettra une levée progressive des mesures d’endiguement, ce qui facilitera le redémarrage de la consommation privée, étayée par un recul du taux d’épargne des ménages, bien supérieur actuellement à son niveau d’avant la pandémie. L’investissement devrait aussi rebondir, mais dans une moindre mesure du fait de l’ampleur de l’incertitude et du volant de capacités inemployées. Le marché du travail devrait rester solide. La progression régulière de la consommation et de l’investissement, alimentée par les fonds pour la reprise et la résilience de l’Union européenne (UE), devrait porter le taux de croissance à 4.7 % en 2022. L’inflation a été forte en 2020, en partie du fait de hausses des prix réglementés et d’augmentations de tarifs temporaires. Les hausses antérieures des prix des produits de base devraient accentuer encore l’inflation globale annuelle en 2021, mais elle devrait diminuer en 2022, sous l’effet des pressions à la baisse exercées par les capacités inutilisées.

Les perspectives restent incertaines. S’agissant des risques à la baisse, malgré les progrès réguliers de la vaccination, de nouvelles vagues de contamination pourraient ralentir la levée des mesures d’endiguement. À l’inverse, un regain de confiance plus rapide pourrait entraîner un rebond vigoureux de l’activité et un resserrement du marché du travail.

Les autorités amélioreraient la perspective d’une reprise durable en mettant l’accent sur la décarbonation, les investissements propices aux gains de productivité et les réformes du marché du travail. L’investissement public devrait se concentrer sur l’amélioration des infrastructures du pays, en particulier dans les transports, l’énergie et les technologies numériques, pour améliorer l’accès des petites entreprises aux marchés étrangers. Dans le domaine énergétique, l’investissement devrait être axé sur les énergies renouvelables, ce qui favoriserait la transition nécessaire vers une économie plus verte. En outre, de nombreux adultes, notamment les plus âgés, ont un faible niveau de compétences de base, et les possibilités de formation tout le long de la vie sont limitées pour les chômeurs et les personnes peu qualifiées. Même si le marché du travail reste solide, il sera important, pour faciliter les transitions professionnelles, de renforcer la formation et les compétences de ces catégories, d’aider les travailleurs ayant perdu leur emploi à en retrouver un par des mesures de placement, et de faciliter le redéploiement des ressources vers les secteurs en expansion.

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