10. Équilibre vie professionnelle-vie privée

Les obligations professionnelles et le travail non rémunéré réduisent parfois à la portion congrue le temps qu’une personne peut consacrer à ses occupations personnelles, à sa famille et à ses amis. Si de nombreuses personnes peuvent avoir le sentiment de manquer de temps, l’indicateur utilisé ici se focalise sur les salariés à temps plein afin de permettre des comparaisons pertinentes entre pays (voir Encadré 10.1). Le temps de loisir (c’est-à-dire le temps consacré aux loisirs et aux occupations personnelles, sommeil compris) s’établit à environ 15 heures par jour en moyenne pour les salariés à temps plein des pays de l’OCDE, allant d’à peine plus de 14 heures au Japon à 16.5 heures en Italie (Graphique 10.2). Dans les pays européens, les salariés à temps plein ont généralement plus de temps libre qu’ailleurs. Les changements survenus dans l’emploi du temps au cours de la dernière dizaine d’années écoulée ne peuvent être étudiés que pour six pays de l’OCDE : Belgique, Canada, Corée, États-Unis, Italie et Japon. Dans ces pays, la durée du temps de loisir a relativement peu varié depuis le milieu des années 2000.

De longues heures de travail ne sont pas sans conséquences sur le bien-être – qu'il s’agisse de travail rémunéré (emploi salarié par exemple) ou non rémunéré (garde d’enfants, cuisine et tâches ménagères par exemple). Les longues heures de travail rémunéré ayant été abordées dans le chapitre consacré au travail et à la qualité de l’emploi, les longues heures de travail non rémunéré sont traitées dans le Graphique 10.3 ci-dessous. L’indicateur considéré mesure les longues heures de travail non rémunéré effectuées aussi bien par les personnes dont la principale activité est la production domestique que par celles qui accomplissent une « double journée », en cumulant travail rémunéré et longues heures de travail non rémunéré (voir Encadré 10.1 pour de plus amples précisions). Les longues heures de travail non rémunéré concernent moins de 10 % de la population d’âge actif en France, aux Pays-Bas et en Turquie, mais plus de 15 % en Irlande et en Autriche.

Si l’on prend en considération le travail rémunéré et non rémunéré, les femmes effectuent un nombre d’heures de travail plus élevé que les hommes dans presque tous les pays de l’OCDE (Graphique 10.4, partie A). Dans les pays de l’OCDE en moyenne, les femmes travaillent 25 minutes de plus par jour que les hommes. C’est en Italie, en Espagne, en Estonie, en Grèce et en Hongrie que les écarts sont les plus marqués : dans ces pays, les femmes effectuent plus d’une heure de plus de travail total par jour que les hommes. A contrario, en Norvège, en Nouvelle-Zélande et aux Pays-Bas, le temps de travail total des hommes est légèrement supérieur à celui des femmes (de 5 à 24 minutes par jour).

La différence de temps de travail total entre les sexes s’explique en majeure partie par les longues heures de travail non rémunéré des femmes (Graphique 10.4, partie B), c’est-à-dire le temps consacré aux tâches ménagères, à la prise en charge des enfants et des adultes, aux courses (produits et services) et aux déplacements associés aux activités du foyer. Dans les pays de l’OCDE, les hommes effectuent davantage d’heures de travail rémunéré que les femmes (presque 1 heure et 40 minutes de plus par jour en moyenne), tandis que les femmes accomplissent davantage d’heures de travail non rémunéré (environ 2 heures de plus par jour en moyenne). Même dans des pays tels que l’Estonie, où les écarts de temps de travail rémunéré entre hommes et femmes sont réduits, ce sont les femmes qui assument l’essentiel des tâches non rémunérées.

La satisfaction à l’égard de l’emploi du temps indique si les individus parviennent à trouver un équilibre qui leur convient entre différentes catégories d’activités. Dans les 29 pays de l’OCDE pour lesquels des données sont disponibles, la satisfaction moyenne à l’égard de l’emploi du temps est de 6.9 sur une échelle de 0 à 10. Les scores les plus élevés sont observés au Danemark (7.8), en Finlande et au Mexique (7.7 chacun) et aux Pays-Bas (7.5), et les plus bas en Hongrie (6.3), en Grèce (6.1) et en Turquie (5.6) (Graphique 10.5).

Parmi les salariés à temps plein, les hommes consacrent généralement plus de temps aux loisirs et aux occupations personnelles que les femmes (Graphique 10.6). Dans les pays de l’OCDE, l’écart moyen de temps de loisir entre les hommes et les femmes est de l’ordre de 45 minutes, mais la différence atteint presque 1 heure et 30 minutes en Italie. La Norvège et les Pays-Bas sont les seuls pays où les femmes salariées à temps plein consacrent davantage de temps aux loisirs et aux occupations personnelles que leurs homologues masculins.

En outre, les femmes d’âge actif sont systématiquement plus susceptibles d’effectuer de longues heures de travail non rémunéré que les hommes du même âge (Graphique 10.7). Ainsi, les femmes sont 1.7 fois plus susceptibles que les hommes d’effectuer de longues heures de travail non rémunéré en Norvège, mais presque 17 fois plus en Turquie. D’un autre côté, les mesures de la satisfaction à l'égard de l’emploi du temps à l’échelle de la population (16 ans et plus) montrent peu de différences marquées entre les sexes, et le sens de l’écart varie d’un pays de l’OCDE à un autre.

Les personnes d’âge moyen sont la tranche d’âge qui a le moins de temps de loisir (Graphique 10.8). Dans les 13 pays de l’OCDE pour lesquels des données harmonisées sont disponibles, par rapport à la tranche d’âge 30-49 ans, les salariés à temps plein plus jeunes ont en moyenne 50 minutes de temps de loisir de plus par jour environ, et les salariés à temps plein plus âgés 25 minutes de plus. Les personnes âgées de 30 à 49 ans sont aussi les moins satisfaites de la façon dont elles occupent leur temps (Graphique 10.9) : dans les pays de l’OCDE, la satisfaction moyenne à l’égard de l’emploi du temps est de 7 pour les 16-29 ans, de 7.4 pour les 50 ans et plus, et de seulement 6.4 pour les 30-49 ans.

Dans les pays de l’OCDE en moyenne, la satisfaction à l’égard de l’emploi du temps diminue légèrement à mesure que le niveau d’études augmente : l’indicateur s’établit à 7.1 sur 10 en moyenne pour les personnes ayant un niveau d’études primaire, à 6.9 pour celles ayant un niveau d’études secondaire et à 6.8 pour les diplômés de l’enseignement supérieur (Graphique 10.10). S’agissant de la satisfaction moyenne à l’égard de l’emploi du temps, le gradient d’éducation est plus prononcé en France, en Suède et au Canada, tandis qu’il est presque plat en Italie et au Mexique.

Références

[1] CEE-ONU (2013), Guidelines for Harmonizing Time-Use Surveys, Commission économique des Nations Unies pour l’Europe, Genève, http://unece.org/index.php?id=34496.

[2] UNSD (2005), Guide to Producing Statistics on Time Use: Measuring Paid and Unpaid Work, Division de statistique des Nations Unies, New York, http://unstats.un.org/unsd/pubs/gesgrid.asp?id=347 (consulté le 12 décembre 2019).

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