Chapitre 2. Comment renforcer les chaînes de valeur régionales dans la Zone de libre-échange continentale africaine

Depuis les années 1980, les institutions africaines ont lancé des initiatives pour favoriser l’essor de chaînes de valeur régionales et mondiales dans l’objectif plus large d’enclencher la transformation de la production. Le tableau 2.1 présente ces initiatives, en rappelant leurs principaux objectifs et les écueils rencontrés lors de leur mise en œuvre. En 2003 par exemple, l’Initiative pour le renforcement des capacités productives de l’Afrique a défini deux objectifs pour le développement de CVR, à atteindre d’ici 2015 : i) la production de « marchandises qui répondent aux exigences de qualité des marchés actuels » ; et ii) la nécessité de « monter en gamme pour capter de futurs marchés ». Chaque région s’était alors vu assigner une ou plusieurs chaînes de valeur à développer à l’horizon 2015 (Marti et Ssenkubuge, 2009).

Depuis quelques années, les communautés économiques régionales (CER) ont défini des feuilles de route pour certaines chaînes de valeur régionales. Une approche régionale permet d’identifier les chaînes de valeur en fonction des avantages comparatifs, à l’image de ceux recensés dans l’annexe 2.A1. La feuille de route pour l’industrialisation de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) 2015-63 prévoit ainsi de développer six CVR : agro-industrie, mines et minéraux, produits pharmaceutiques, autres biens de consommation, biens d’équipement et services. Depuis 2014, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) ont adopté le Programme de Compétitivité de l’Afrique de l’Ouest (WACOMP) — un plan de six ans conçu pour soutenir huit chaînes de valeur (manioc, textile et habillement, mangue, technologies de l’information et de la communication, oignon, ananas, cuirs et peaux et cuir) à l’échelon national et régional. Dans le sillage de l’adoption de la stratégie pour le coton, le textile et l’habillement de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), ce secteur est devenu un axe prioritaire des plans de développement national des pays membres dans le but commun de bâtir une industrie textile et de l’habillement compétitive à l’échelle mondiale.

Malgré la multiplication des initiatives, la plupart n’ont jusqu’ici pas obtenu les résultats escomptés. La plupart des économies africaines ne sont pas parvenues à accroître leur participation dans les CVR (chapitre 1). Le commerce intrarégional ne représente toujours que 15 % du total des échanges de l’Afrique. Le manque de respect des nombreux engagements régionaux et continentaux a également suscité des inquiétudes quant à une « crise de la mise en œuvre » (UA, 2017). Mais il faut rappeler que le rythme de l’intégration économique de l’Afrique est semblable à celui observé dans la plupart des autres régions du monde. Le marché unique européen n’est entré en vigueur qu’environ 35 ans après avoir été identifié par la Communauté économique européenne comme un objectif majeur. D’autres difficultés, notamment la lenteur de la transformation productive, ont également freiné les progrès.

Ces expériences rappellent à quel point le recours à une stratégie descendante pour développer des chaînes de valeur régionales peut être contreproductif. Les approches impulsées par le haut risquent de passer à côté de certaines spécificités et de négliger des besoins et des opportunités pour les entreprises qui produisent et commercent d’un pays d’Afrique à l’autre (Hartzenberg, 2011 ; Ndzana Olomo, 2021a). En outre, la non-prise en compte des intérêts et des incitations propres à un pays entraîne souvent des difficultés de mise en œuvre. Des intérêts politiques et commerciaux bien ancrés peuvent faire échouer des initiatives régionales (Byiers et al., 2021).

L’échec relatif de la mobilisation des ressources domestiques a compromis le déploiement des précédents programmes d’industrialisation régionaux. La plupart des initiatives n’ont pas disposé des ressources et des mécanismes institutionnels nécessaires pour suivre et évaluer la mise en œuvre. De nombreux pays n’ont ainsi pas respecté leurs engagements à allouer au moins 10 % des budgets nationaux à l’agriculture, conformément à la déclaration de Maputo (UA, 2016). Quant à la décennie du développement industriel de l’Afrique (DDIA), elle n’a pas été en mesure de formuler une stratégie opérationnelle d’affectation des moyens financiers. De même, de nombreux pays n’ont pas mis en œuvre les programmes du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), trop dépendant d’apports financiers extérieurs imprévisibles. Une mobilisation optimisée des ressources intérieures sera donc indispensable pour financer le déploiement de stratégies de développement régionales. À ce titre, l’Union africaine (UA) prévoit de financer 75 à 90 % des cibles de l’Agenda 2063 grâce à la mobilisation des ressources domestiques, le solde étant assuré par des mécanismes de financement externes.

Les institutions africaines auraient tout avantage à se rapprocher du secteur privé pour concevoir et mettre en œuvre des politiques de CVR. Byiers et al. (2021) proposent une approche adaptative en six étapes et centrée sur les problèmes à résoudre, afin d’améliorer la coopération entre le secteur public et le secteur privé. L’adoption d’un processus ascendant initié par le secteur privé peut entretenir la dynamique politique tout en améliorant l’identification des priorités – réduction des tarifs douaniers, déploiement d’infrastructures, renforcement des compétences et meilleur accès aux financements (OCDE, 2020).

Les CER ont un rôle important à jouer pour faciliter l’implication du secteur privé dans les CVR (ZLECAf/PNUD, 2021). Depuis quelques années, plusieurs programmes régionaux ont vu le jour pour instituer de nouveaux espaces de discussion entre décideurs, représentants des entreprises et acteurs de chaînes de valeur stratégiques. Ainsi, le Salon des banques et des PME, une manifestation annuelle instituée dans l’UEMOA en 2014, a attiré 525 exposants et été à l’origine de quelque 1 200 réunions entre entreprises. Au Ghana, l’antenne locale du WACOMP accompagne depuis 2009 une série de projets pour rapprocher la fédération des exportateurs ghanéens, l’autorité en charge de la promotion des exportations et les responsables du dispositif de soutien aux entreprises à travers des subventions de contrepartie. Ces projets peuvent permettre d’identifier les principaux freins et opportunités dans la production, la transformation, l’application des règles et l’accès aux marchés pour certaines chaînes de valeur (WACOMP Ghana, 2020).

Le renforcement de la représentation des PME peut garantir l’inclusivité de l’intégration dans les CVR, améliorer les relations et créer des emplois supplémentaires. Une meilleure représentation des PME dans les organisations professionnelles peut favoriser la prise en compte de leurs intérêts en renforçant leur pouvoir de négociation et la sensibilisation à la spécificité de leurs besoins lors des discussions sur les politiques à déployer. Ainsi, le Durban Auto Cluster et le South African Automotive Benchmarking Club permettent aux fournisseurs locaux des pôles automobiles de Durban d’interagir et de collaborer afin de satisfaire les attentes des clients (CNUCED, 2010).

À l’échelle nationale, des réformes de l’administration fiscale pourraient améliorer la mobilisation des ressources intérieures et augmenter le volume de fonds disponibles pour les gouvernements africains. Certains pays sont parvenus à accroître considérablement les recettes publiques grâce à des réformes administratives. Au Rwanda, l’informatisation du recouvrement des impôts a amélioré le respect des obligations fiscales par les contribuables. Le ratio moyen impôts/PIB dans 30 pays d’Afrique connaît une hausse depuis dix ans, atteignant 16.6 % en 2019. Mais cette augmentation est inférieure aux performances moyennes observées en Amérique latine et Caraïbes et dans les pays de l’OCDE sur la même période – signe qu’il reste des marges d’amélioration (OCDE/CUA/ATAF, 2021a). Par ailleurs, la lutte contre les flux financiers illicites permet de combattre la corruption financière et de mobiliser des ressources pour le développement de l’Afrique. À cet égard, l’Union africaine (UA) s’emploie activement, avec les gouvernements africains et des partenaires internationaux, à améliorer la transparence et l’échange transfrontalier de renseignements lors des enquêtes fiscales (UA, 2019a ; OCDE/CUA/ATAF, 2021b).

Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, il faut impérativement diversifier les sources de financement (Ndzana Olomo, 2021b). Alors que la lutte contre le coronavirus a singulièrement réduit les marges de manœuvre budgétaires des gouvernements africains, ces pays doivent réussir à attirer des investissements privés (chapitre 1). À ce jour, les partenariats public-privé (PPP) sont encore rares : sept pays (Afrique du Sud, Égypte, Ghana, Kenya, Nigéria, Tanzanie et Ouganda) sont à l’origine de 50.3 % des 759 partenariats mis en place pour développer les infrastructures en Afrique depuis 1990. Certains projets récents de PPP suscitent également des inquiétudes quant à leur impact sur les budgets des États (FMI, 2019).

Une meilleure coordination supranationale augmente la concrétisation des objectifs prioritaires et élargit l’éventail des pays destinataires de PPP (OCDE/ACET, 2020). Elle peut aussi fournir une assistance stratégique en vue d’optimiser les cadres juridiques, réglementaires et institutionnels pour attirer de nouvelles sources de capitaux dans les pays africains. La Banque africaine de développement (BAfD) a ainsi institué l’Alliance financière africaine sur le changement climatique (AFAC), qui réunit des places de marché, des fonds souverains, des banques centrales et d’autres institutions financières. Le but est de mobiliser des capitaux et de rediriger les portefeuilles vers des investissements verts.

Les banques régionales de développement et les partenaires internationaux ont aussi un rôle clé à jouer dans ce processus. Les banques régionales de développement et certaines initiatives dédiées comme le Fonds d’infrastructure Africa50 peuvent faciliter le dialogue et la rencontre d’éventuels partenaires, contribuer à constituer des portefeuilles de projets et fournir des études de faisabilité. La levée de certaines incertitudes, comme la capacité du secteur public à concevoir et suivre les processus de développement de projets, pourrait améliorer la perception du risque des investisseurs privés, encore méfiants vis-à-vis de l’Afrique.

Les gouvernements africains peuvent développer des chaînes de valeur en attirant davantage d’investissements dans les projets d’infrastructures vertes. L’intérêt grandissant des investisseurs publics et privés pour les normes environnementales, sociales et de gouvernance rend les projets d’infrastructures vertes de plus en plus attrayants, ce qui suscite de nouvelles initiatives sur le continent pour récupérer ces financements. Les chefs d’État africains ont mis sur pied l’Initiative pour l’adaptation de l’Afrique, une opération régionale dont l’objectif est de lever 1 milliard de dollars (USD) d’ici 2025 grâce à l’émission d’une obligation verte continentale. La constitution d’un portefeuille visible d’opportunités d’investissement dans les infrastructures respectant les normes environnementales, sociales et de gouvernance peut susciter l’intérêt des investisseurs. En 2021, la BAfD et la Banque européenne d’investissement (BEI) ont ainsi lancé un portefeuille commun de projets d’investissement dédiés à la lutte contre le changement climatique et à la durabilité environnementale. Mais la transparence et les pratiques en matière de rapport sur les impacts obtenus seront cruciales pour éviter tout « écoblanchiment » (le fait d’enjoliver les performances environnementales d’un projet). Très récemment, 16 pays d’Afrique ont rejoint l’initiative des Nations Unies pour des bourses de valeurs durables afin de fixer des normes communes et de créer des plateformes de coopération pour l’émission d’obligations vertes.

Au-delà de la mobilisation des ressources, il faut trouver des moyens plus efficaces pour acheminer les fonds et garantir l’attractivité financière des projets régionaux. La résolution des problèmes de capacités dans les cycles de projets pourrait accélérer le déploiement de projets infrastructurels transfrontaliers de qualité. Pour la première phase du Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA, 2012-20), moins de la moitié des projets ont atteint l’étape de construction ou sont devenus opérationnels. L’application de normes de qualité reconnues, à l’instar du label de qualité du PIDA mis en place par l’Agence de développement de l’UA-Nouveau partenariat pour l’Afrique (AUDA-NEPAD), pourrait accroître la qualité de préparation des projets et rassurer les investisseurs potentiels quant à la faisabilité de l’opération (OCDE/ACET, 2020).

La pandémie de COVID-19 et l’essor des marchés intérieurs accélèrent la transformation digitale de l’Afrique. Les nouvelles solutions dématérialisées, en particulier dans la logistique et les services financiers, pourraient notamment faire baisser les coûts, toujours élevés, de la production et du commerce intra-africains. Cette section s’intéresse à la manière dont les responsables politiques pourraient collaborer avec le secteur privé pour généraliser ces solutions en s’attachant à résoudre les écueils délicats liés à la réglementation, à la coordination et aux infrastructures.

La transformation digitale des réseaux de production crée également des attentes supplémentaires pour une circulation fluide et sécurisée des données à travers les frontières. Plusieurs options sont étudiées ici pour s’atteler à ce défi à l’échelle des pays, des régions et du continent, en particulier dans le contexte de mise en œuvre de la ZLECAf.

Les échanges africains sont souvent freinés par des problèmes liés à la logistique, au financement du commerce ou aux règlements. Les coûts logistiques en Afrique sont ainsi trois à quatre fois plus élevés que la moyenne mondiale (Plane, 2021). Le déficit de financement du commerce de l’Afrique, mesuré de manière grossière par la valeur totale des demandes de financement du commerce extérieur rejetées par les banques, ressortait à 81.8 milliards USD en 2019 – restreignant ainsi la capacité des producteurs africains à être compétitifs sur les marchés internationaux. De même, les paiements transfrontaliers en Afrique sont coûteux et souvent retardés (encadré 2.2). Ces goulets d’étranglement pénalisent particulièrement durement les microentreprises et les PME. Ainsi, alors qu’elles représentent 80 % des entreprises en Afrique, elles n’ont bénéficié que de 34 % du financement du commerce en 2019 (BAfD et Afreximbank, 2020). Ce sont aussi elles qui créent la majorité des emplois.

De nouvelles startups transforment la qualité et les coûts des services d’appui, réduisant les obstacles au commerce transfrontalier. Dans le secteur de la logistique, des startups ont créé des plateformes innovantes pour relier les marchés, réduire le prix du transport et améliorer la prévisibilité et la transparence des services. À Lagos par exemple, Kobo360 a conçu une plateforme qui, grâce au GPS, met en relation les propriétaires de fret et 10 000 propriétaires de camions, chauffeurs et destinataires des marchandises. Cela permet de réduire les coûts le long de la chaîne d’approvisionnement et de garantir la traçabilité des produits. Des startups de fintech comme Asoko Insight, Matchdeck ou Fraym collectent et enrichissent les informations sur les entreprises africaines afin de faciliter l’évaluation du crédit. Grâce à des solutions permettant d’économiser du temps et de l’argent, elles mettent en relation des entreprises africaines avec de potentielles parties prenantes et démocratisent l’accès à des écosystèmes d’investissement, à l’image des plateformes pour les transactions à distance.

Les acteurs traditionnels innovent eux aussi, en particulier dans le secteur financier, pour faire face à la concurrence et aux difficultés induites par la pandémie de COVID-19. Selon une enquête récente, 80 % des banques africaines offrent à leurs clients un accès à leurs services via des dispositifs mobiles ou sur Internet et plus de 50 % proposent des portefeuilles d’argent mobile. À la suite du choc provoqué par la pandémie, la plupart des banques interrogées envisagent de dépenser en moyenne 5 millions USD (ou 1.2 % de leurs actifs) d’ici 2022 pour dématérialiser leurs offres et leurs modèles d’affaires (BEI, 2021). De nouvelles applications de technologies sophistiquées, à l’instar des chaînes de blocs (blockchain) font également leur apparition. Ecobank a ainsi lancé sa plateforme Omni tandis que Standard Bank a créé une plateforme blockchain pour les règlements en devises hébergée par Hyperledger Fabric.

L’application de solutions novatrices nécessite de surmonter trois grands freins à la pénétration du numérique dans les chaînes logistiques (pour une discussion approfondie, voir CUA/OCDE [2021], chapitre 2) :

  • les barrières réglementaires continuent de ralentir l’adoption des technologies numériques dans ces secteurs. Ainsi, seule une poignée de pays d’Afrique (Afrique du Sud, Cameroun, Égypte et Nigéria) autorisent actuellement les signatures et l’authentification électroniques des documents officiels pour les transactions financières (COMESA, 2020) ;

  • l’interopérabilité est un facteur déterminant pour éviter l’enfermement dans des plateformes numériques non compétitives où le plus fort rafle la mise et pour faciliter l’intégration transfrontalière des flux financiers, logistiques et commerciaux. En 2019, 23 pays d’Afrique disposaient de systèmes d’argent mobile interopérables avec, à la clé, une hausse des volumes de transfert pair-à-pair de 25 % et des mouvements entrants et sortants sur les comptes en banque de 32% (GSMA, 2019) ;

  • l’investissement dans les infrastructures physiques reste crucial. La modernisation des infrastructures douanières est indispensable pour introduire des applications numériques dans la logistique (suivi en temps réel), le financement du commerce et les moyens de paiement (contrats intelligents). De même, les coûts logistiques ne pourront pas baisser sans investissements massifs dans la gestion des entrepôts, afin de garantir la qualité des biens et d’atténuer l’impact de la volatilité des prix dans la chaîne d’approvisionnement.

Pour accélérer l’harmonisation des réglementations à l’échelle du continent, les gouvernements africains doivent respecter le protocole de la ZLECAf sur le commerce en ligne. Un dialogue plus suivi entre autorités régionales en charge de la réglementation, banques centrales, intermédiaires financiers numériques et secteur privé peut contribuer à l’harmonisation réglementaire. Dans certains domaines, comme le financement du commerce, les intermédiaires financiers numériques ont un rôle stratégique à jouer pour mettre en relation une variété d’acteurs possédant un capital suffisant. Pour les règlements, un certain nombre d’initiatives sont en train de créer des systèmes régionaux et continentaux intégrés afin de réduire le coût et les délais des règlements transfrontaliers (encadré 2.2).

Les gouvernements peuvent faciliter la coordination entre acteurs du marché afin d’améliorer l’interopérabilité des différentes plateformes. Depuis 2014, les autorités nationales chargées de la réglementation en Tanzanie soutiennent les prestataires d’argent mobile et les banques locales travaillent en partenariat pour coordonner et proposer des services de paiement pair-à-pair interopérables. En 2017, ces types de paiement représentaient 30 % du total des transactions. Le gouvernement du Kenya et l’East Africain Grain Council travaillent ensemble depuis 2008 pour mettre en place un nouveau système de récépissés d’entrepôt, ce qui a permis de certifier 18 entrepôts privés en plus des sites détenus et gérés par l’État. En 2016, le chiffre d’affaires des structures participantes avait augmenté de 14 à 40 % (EAGC, 2016).

L’informatisation des procédures douanières transfrontalières pourrait aider les gouvernements à réduire les coûts et à améliorer la transparence. Le programme de système automatisé pour les données douanières (ASYCUDA) adopté par 27 pays africains a permis d’augmenter et de sécuriser les recettes des douanes, mais aussi de réduire les délais de dédouanement et les coûts commerciaux (CNUCED, 2020). Entre 2019 et 2020, le corridor Abidjan-Ouagadougou en Afrique de l’Ouest a ainsi connu une hausse de 111 % des documents de transit traités. D’autres pays, notamment le Maroc, ont mis en place leur propre système douanier automatisé. Grâce à ce dispositif, la collecte de droits de douane a augmenté de 20 % et les procédures d’exportation, qui nécessitaient deux à trois jours de traitement, ne prennent plus que 15 à 20 minutes (INSME, 2019).

Une circulation fluide et sécurisée des données d’un pays à l’autre est un aspect clé du développement de chaînes de valeur régionales à l’ère de l’industrie 4.0. Toutes les étapes d’une gestion moderne de la production et de la chaîne logistique sont de plus en plus tributaires de la génération, du partage et du traitement des données informatiques (chapitre 1). En outre, le fait de relier les économies numériques nationales en Afrique grâce à un flux de données transfrontalier continu permettra de réaliser des économies d’échelle, d’attirer des investissements dans des domaines essentiels (les centres de données notamment) et de stimuler la compétitivité.

Les économies africaines doivent continuer à déployer des infrastructures matérielles pour permettre la circulation transfrontalière des données. Selon une analyse récente de la bande passante Internet internationale en Afrique, réalisée pour ce rapport, le réseau Internet en Afrique est de plus en plus orienté vers d’autres partenaires africains (mais le niveau de départ était faible). La bande passante intrarégionale a augmenté, passant de 11 % de la bande passante totale en 2015 à 16 % en 2020 (graphique 2.1). Mais la région est toujours à la traîne par rapport à l’Amérique latine et Caraïbes (20 %), l’Asie (56 %) ou l’Europe (75 %). Il est particulièrement important de rattraper ce retard pour relier au câble sous-marin les pays enclavés et réduire les temps de latence du trafic Internet intra-africain. Le PIDA joue là un rôle essentiel, en attirant de nouveaux investissements afin d’étendre le réseau terrestre de fibre optique et de multiplier les points d’échange Internet entre pays africains.

L’Afrique n’a pas encore vraiment adopté de réglementations favorables à la circulation des données. Selon une évaluation récente de 28 pays africains, l’une des premières entraves au commerce dématérialisé sur le continent est liée à la faiblesse des réglementations en matière de protection des données (OCDE/CENUA, à paraître). Une autre étude suggère que les pays africains sont moins susceptibles de s’être dotés d’un modèle ouvert pour les transferts de données nationaux et transfrontaliers que les autres pays en développement (Ferracane et van der Marel, 2021). La réglementation des données ouvertes permet de faciliter le commerce des services et améliore la productivité des entreprises locales (Ferracane et van der Marel, 2018).

Les pays d’Afrique peuvent s’appuyer sur un large éventail de dispositifs facilitant les flux de données transfrontaliers (tableau 2.2) :

  • Les pays africains n’ont pas hésité à utiliser des accords plurilatéraux pour harmoniser leurs stratégies en matière de flux de données transfrontaliers – avec des résultats mitigés. La ratification en 2014 de la Convention sur la cybersécurité et la protection des données personnelles (convention de Malabo) est au point mort et l’adoption de la Loi type de la SADC de 2013 sur la protection des données est limitée. À ce jour, seule la Loi de la CEDEAO sur les données personnelles est entrée en vigueur. Dernière initiative en vue de créer un marché numérique unique sur le continent, la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique (2020-30) de l’UA, adoptée en 2020, est particulièrement ambitieuse.

  • Les accords commerciaux en vigueur en Afrique n’ont introduit que peu de dispositions en matière de commerce en ligne et de données, la priorité ayant tendance à être accordée aux partenaires non-africains. À terme, l’absence relative de dispositions en matière de commerce en ligne dans les accords commerciaux permettrait d’éviter des règles qui font doublon, un frein classique aux efforts d’intégration du commerce de marchandises en Afrique.

  • 32 des 54 pays du continent ont adopté, unilatéralement, des lois sur la confidentialité des données. Environ la moitié d’entre elles ne sont pas encore entrées en vigueur, ne sont pas pleinement efficaces ou, dans la majorité des cas, ne sont pas harmonisées d’un pays à l’autre.

  • En termes de normes et d’initiatives reposant sur les technologies, l’Afrique se conforme largement aux normes internationales régissant le développement des technologies et des infrastructures numériques.

L’institution d’une autorité de protection des données (APD) à l’échelle nationale permet de veiller au respect des lois adoptées par différents mécanismes réglementaires. Les APD peuvent favoriser l’application des lois relatives à la protection des données en repérant, enquêtant et sanctionnant les infractions. Elles peuvent également contribuer à sensibiliser les esprits aux droits et aux obligations en matière de protection des données. À ce jour, 15 pays d’Afrique se sont dotés d’une APD nationale, aux pouvoirs plus ou moins étendus (Greenleaf et Cottier, 2020 ; Ilori, 2020). Pour assurer une meilleure protection des données, il faut que d’autres pays suivent l’exemple et instituent des APD indépendantes soutenues par des cadres législatifs et exécutifs solides.

Les CER peuvent élargir le champ des législations en matière de protection des données nées d’une préoccupation nationale pour en faire un enjeu continental. Le réseau des APD africaines a ainsi vu le jour en 2016 pour partager les pratiques en matière de protection de la vie privée, favoriser la coopération entre ces structures et soutenir les pays n’ayant pas forcément les ressources et les capacités nécessaires pour instituer ce type d’organismes. Mais pour l’instant, onze pays seulement l’ont rejoint. Si elles veulent améliorer la confiance des consommateurs et le sentiment de certitude juridique des investisseurs potentiels, les CER doivent élargir la portée des accords plurilatéraux existants pour atteindre une couverture continentale. En Côte d’Ivoire, le traitement des données personnelles en dehors de la CEDEAO nécessite une autorisation préalable, conformément aux règles fixées par l’APD de la Communauté. Cette approche doit devenir la norme en Afrique si les pays veulent profiter à plein des opportunités créées par l’intégration continentale.

À l’échelle du continent, les gouvernements africains doivent profiter du processus de la ZLECAf pour adopter une approche holistique de la transformation digitale. La négociation accélérée des protocoles sur le commerce électronique permet d’aborder d’autres enjeux transversaux, à l’image du commerce des services, de la concurrence et des investissements. Une approche continentale unique, conjuguée à la mise en œuvre de la Stratégie de transformation numérique pour l’Afrique de l’UA (2020-30), sera également décisive pour donner aux pays africains un poids plus important dans les discussions entourant la gouvernance mondiale des données (CUA/OCDE, 2021). Les gouvernements africains peuvent également préparer l’avenir de la ZLECAf, en y intégrant des engagements explicites relatifs aux accords internationaux sur les données et aux services d’itinérance mobile internationale. Ces points figurent en bonne place dans de récents accords commerciaux, à l’image de l’accord de libre-échange conclu en 2021 entre l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et le Royaume-Uni.

Le renforcement des liens entre travailleurs, fournisseurs et multinationales est crucial pour assurer le développement de réseaux de production locaux. Mais la faiblesse des capacités productives et les barrières à l’investissement continuent de freiner leur essor (chapitre 1).

Cette section identifie les politiques contribuant à renforcer la participation des travailleurs, des producteurs locaux et des entreprises chefs de file dans les CVR. Elle examine d’abord les priorités politiques en matière de développement des compétences, particulièrement dans le contexte de la transformation digitale et des opportunités offertes par les chaînes de valeur écologiques. Elle souligne ensuite la manière dont les marchés publics peuvent alimenter une demande de modernisation industrielle parmi les producteurs régionaux. Enfin, elle analyse le rôle de l’harmonisation des cadres d’investissement nationaux et de la facilitation des investissements entre réseaux existants de pôles industriels pour attirer des entreprises chefs de file.

La présence d’une main-d’œuvre qualifiée est indispensable pour attirer des investissements et resserrer les liens avec les entreprises chefs de file. Les talents et les compétences font partie des quatre facteurs déterminants pour attirer des investissements étrangers dans les économies en développement, aux côtés de la stabilité politique et macroéconomique et de la solidité des cadres réglementaires (Banque mondiale, 2020). La plupart des activités en aval comme la couture (industrie textile) et l’assemblage (électronique) dépendent d’une main-d’œuvre abondante encadrée par des superviseurs, des managers et des contrôleurs de la qualité. La participation à des activités à plus forte valeur ajoutée et intensité de connaissances, comme la recherche et le développement, le design industriel et les services de suivi nécessite de disposer de compétences techniques et avancées. Jusqu’ici, l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) restent limités et un fort décalage persiste entre l’éducation des jeunes et leurs aspirations professionnelles, ce qui restreint le potentiel de modernisation (encadré 2.3).

Les politiques en matière de compétences pour assurer l’essor des chaînes de valeur doivent être adaptées à la spécificité de chaque segment et aux objectifs de montée en gamme. Le graphique 2.2 résume les différentes approches permettant de relever les défis de la modernisation des compétences dans les chaînes de valeur régionales et mondiales. À long terme, cela passe par des réformes des systèmes d’éducation, en particulier pour améliorer la qualité de l’offre et son adéquation aux attentes du marché du travail (BAfD, 2020) et pour l’élargir aux populations défavorisées (femmes et ruraux). À court et à moyen terme, il est essentiel de privilégier le renforcement des compétences et la reconversion, en fonction des besoins du secteur et des attentes sur le plan de la transformation socioéconomique.

Le renforcement de la collaboration entre le secteur privé, les instituts de formation et les responsables politiques à l’échelle sectorielle peut contribuer à repérer les profils requis et à concevoir des programmes de formation adaptés. Au Rwanda, le gouvernement a institué l’Office national de développement des exportations agricoles pour faciliter le dialogue et former les acteurs privés et les coopératives impliqués dans la production de produits agricoles et d’élevage à des fins d’exportation (Banque mondiale, 2015). En Guinée, la Société financière internationale et des sociétés minières internationales ont soutenu plus de 100 fournisseurs locaux dans le secteur extractif par le biais de formations, de renforcement des capacités de gestion et d’un accès facilité aux financements. Grâce à ce programme, ces entreprises locales ont décroché pour 9.1 millions USD de contrats avec les entreprises chefs de file (Banque mondiale/Kaiser Economic Development Partners, 2015). Les pouvoirs publics peuvent aussi promouvoir la formation sur le tas pour perfectionner les travailleurs. Actuellement, 28 % seulement des entreprises africaines proposent une formation formelle à leurs employés (Banque mondiale, 2020). En Afrique du Sud, l’octroi d’avantages fiscaux a incité les entreprises à former les Sud-Africains âgés de 16 à 35 ans, qu’ils aient ou non un emploi (OCDE, 2017).

Les politiques en matière de compétences doivent s’adapter aux exigences découlant de la transformation digitale. La demande grandissante de compétences numériques peut aider les travailleurs à renforcer leurs capacités à tous les échelons d’une chaîne de valeur. Dans l’industrie alimentaire, l’acquisition de compétences numériques de base et de compétences fondamentales (lecture, écriture et calcul) pourrait aider les travailleurs agricoles à tirer parti des nouvelles technologies pour améliorer les rendements et se rapprocher des marchés locaux (BAfD, 2020 ; Jeehye et al., 2020). En 2021, l’UA, l’AUDA-NEPAD et l’UNESCO ont lancé l’Initiative panafricaine pour la transformation digitale de l’EFTP et des systèmes de développement des compétences en Afrique afin de réformer les systèmes formels et informels d’EFTP et de les adapter aux besoins croissants en compétences transversales et numériques (UNESCO, 2021).

Les responsables politiques peuvent également concevoir des politiques en matière de compétences pour exploiter les opportunités offertes par les chaînes de valeur « vertes » et aider des secteurs comme l’agriculture ou les industries manufacturières à s’adapter au changement climatique. Pour réussir la transition vers la durabilité environnementale, il faudra reconvertir et perfectionner la main-d’œuvre actuelle et celle de demain. La stratégie nationale du Sénégal pour la promotion des emplois verts (2015-20) a ainsi accompagné le renforcement des compétences et des capacités dans les industries vertes avec, à la clé, la création de plus de 2 000 emplois, principalement pour des jeunes et des femmes (ONU, 2019). À l’échelle régionale, la CEDEAO a adopté en 2013 sa politique d’efficacité énergétique et sa politique en matière d’énergies renouvelables, insistant sur l’élaboration d’un cadre harmonisé pour les normes de qualification et la certification des compétences dans le secteur des énergies renouvelables.

La mobilité intrarégionale des compétences doit être encouragée pour remédier aux pénuries de profils et favoriser une intégration accrue. La mobilité des compétences détermine la participation des pays africains aux chaînes de valeur mondiales de fabrication (Yameogo et Jammeh, 2019). Les initiatives engagées par les CER ont posé les jalons pour lever les freins à la mobilité intra-africaine de main-d’œuvre qualifiée et remédier aux problèmes d’adéquation des profils sur les marchés du travail du continent. La Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) a ainsi introduit des accords de reconnaissance mutuelle des diplômes dans plusieurs secteurs : comptabilité, architecture, ingénierie et pratiques vétérinaires. Depuis 2011, neuf pays de la SADC ont engagé une harmonisation de leurs cadres nationaux de qualifications dans le but d’améliorer la comparabilité et la reconnaissance des compétences professionnelles (Sawere, 2019).

Les marchés publics peuvent constituer un puissant appel d’air pour les producteurs locaux. Entre 2015 et 2019, la passation de marchés publics (l’achat de biens et de services par les gouvernements et les entreprises publiques) a représenté en moyenne 8.7 % du PIB de l’Afrique, contre 8 % dans les pays en développement d’Asie et 6 % en Amérique latine et Caraïbes (graphique 2.3). Grâce à des outils comme les politiques d’achat auprès de fournisseurs nationaux, les marchés réservés à certains groupes (les PME notamment) ou encore les exigences de transfert de technologie imposées aux soumissionnaires étrangers, les contrats de marchés publics peuvent créer des emplois, contribuer à la modernisation des entreprises et développer des chaînes logistiques régionales (ONUDI, 2017). Les conclusions d’une enquête réalisée dans 19 pays d’Afrique indiquent qu’une hausse de 10 points de pourcentage de la part de la production totale vendue à un gouvernement est associée à une hausse de la productivité de 4 % (Hoekman et Sanfilippo, 2020). Bien consciente de l’importance des marchés publics pour le développement industriel, l’UA a récemment demandé à ses États membres d’allouer au moins 30 % de leurs contrats de marchés publics au secteur privé africain, y compris à des PME et des entreprises détenues par des femmes et des jeunes (UA, 2021).

Les pratiques actuelles en matière de marchés publics en Afrique laissent planer des doutes quant à leur efficacité et leur inclusivité. Selon les enquêtes de conjoncture de la Banque mondiale, 32 % des entreprises africaines verseraient des pots-de-vin pour obtenir un contrat avec le gouvernement. Faute de processus de passation de marchés vraiment ouverts et transparents, les politiques d’achats préférentiels créent des dépendances et des inefficacités tout au long de la chaîne d’approvisionnement, réduisent la disponibilité d’intrants à prix compétitifs et de travailleurs qualifiés et dissuadent les investisseurs étrangers. En outre, bon nombre de producteurs, notamment les PME, ne peuvent pas s’engager dans des marchés publics en raison de la lenteur des délais de règlement, des arriérés de paiement de l’État et du manque d’informations, de connaissances et de compétences adéquates pour soumissionner avec succès. En moyenne, les producteurs africains doivent attendre six mois avant d’être payés pour des contrats publics (Banque mondiale, 2016).

Des investissements dans des systèmes de passation de marchés en ligne peuvent contribuer à améliorer la transparence et les délais de règlement des fournisseurs. Dans la plupart des pays africains, le recours à des systèmes électroniques de passation de marchés ressort à moins de 25 %, contre plus de 75 % dans les pays de l’UE et de l’Association des nations de l’Asie du Sud-est (ASEAN) (Hoekman et al., 2021). Au Cabo Verde, une réforme institutionnelle et l’introduction d’un nouveau système en ligne a favorisé la participation des PME aux appels d’offres publics, qui est passée de 15 entreprises seulement en 2012 à 444 en 2015 avec, à la clé, une hausse moyenne du chiffre d’affaires de 43 % (Banque mondiale, 2016).

Dans le contexte de la ZLECAf, les gouvernements pourraient étendre les dispositifs existants en matière de marchés publics afin d’encourager la participation d’entreprises régionales. Les critères d’éligibilité pour bénéficier d’un traitement préférentiel peuvent être élargis aux acteurs régionaux, au lieu de ne concerner que les producteurs nationaux au sens strict. Très récemment, les acteurs privés de la CEA ont appelé à l’adoption d’une stratégie visant à s‘approvisionner au sein de la région (Buy East Africa, Build East Africa) afin de développer des chaînes logistiques régionales, en particulier dans le secteur pharmaceutique (TMEA, 2021). L’harmonisation des normes pour les produits et des accords de reconnaissance mutuelle permettront aussi de réduire les coûts de la participation aux marchés régionaux pour les producteurs africains (encadré 2.4).

En outre, l’harmonisation des règles en matière de marchés publics peut réduire le coût de la participation transfrontalière et renforcer la qualité et l’intégrité des attributions de marchés. Le COMESA a ainsi adopté un cadre commun pour les marchés publics afin de rationaliser les systèmes nationaux (BAfD, 2018). De même, le projet régional de la CEDEAO pour améliorer les marchés publics cherche à harmoniser les règles afin de lever les obstacles à la participation régionale. Cette initiative a également débouché sur la création d’un observatoire régional des marchés publics en vue de consolider les mécanismes de supervision et la transparence en Afrique de l’Ouest (Nam, 2019).

Un certain nombre d’entreprises africaines ont étendu leur empreinte géographique au-delà de leur marché d’origine mais elles restent concentrées dans quelques secteurs et pays. Le tableau 2.3 propose un aperçu de ces entreprises. Beaucoup sont très orientées sur le continent, avec des filiales africaines représentant plus de 50 % de leurs succursales à l’étranger. Mais les investissements intra-africains restent concentrés dans quelques secteurs : la finance, les télécommunications, l’énergie et les mines et la vente au détail. Les entreprises sud-africaines sont les premières à investir dans d’autres pays d’Afrique, reflétant la place centrale du pays dans les réseaux de production régionaux en Afrique australe (Qiang, Liu et Steenbergen, 2021).

Les pays doivent profiter de l’adoption du Code panafricain de l’investissement et de l’entrée en vigueur de la ZLECAf pour s’atteler au démantèlement des barrières réglementaires sur le continent (chapitre 1). Une analyse des destinations privilégiées pour les investissements directs étrangers (IDE) des grands opérateurs de téléphonie mobile en Afrique montre que, pour la plupart d’entre eux, la présence de cadres institutionnels solides prime sur la proximité géographique (Dike et Rose, 2018). Les négociations autour du protocole d’investissement de la ZLECAf étaient toujours en cours au moment de la rédaction de ce chapitre (novembre 2021), mais de premiers éléments suggèrent que l’adoption de ce protocole et du Code panafricain de l’investissement (validé en 2017) devrait faciliter les investissements en Afrique. Les accords d’investissement peuvent réduire le risque perçu par les investisseurs en améliorant la transparence et la prévisibilité des décisions politiques et de leur mise en œuvre, en alignant les réglementations nationales sur les cadres juridiques internationaux, notamment grâce à l’application de cadres harmonisés sur tout le continent, et en facilitant l’accès aux mécanismes de règlement des litiges.

L’expérience régionale acquise en matière de coordination des cadres d’investissement en Afrique offre des enseignements utiles pour le déploiement d’initiatives continentales. En 2020, la CEDEAO a lancé l’Initiative pour l’amélioration du climat des affaires et des investissements en Afrique de l’Ouest afin d’identifier les freins à l’investissement et de suivre l’efficacité des réformes du secteur privé grâce à la fiche d’évaluation du climat de l’investissement (CEDEAO, 2020). En 2016, la SADC avait élaboré le plan d’action régional sur l’investissement afin de faciliter la coordination régionale et de profiter des économies d’échelle grâce à l’amélioration des cadres et des politiques d’investissement de ses États membres.

L’expérience de la SADC montre que la création de structures de contrôle peut aider à suivre les progrès et à garantir l’adoption dans les pays des réformes décidées à l’échelon régional. En collaboration avec l’OCDE, le secrétariat de la SADC a mis au point un ensemble d’indicateurs pour évaluer et suivre les progrès des États membres dans la mise en œuvre du cadre d’investissement de la SADC (tableau 2.4). S’il assume la fonction centrale de suivi, le secrétariat délègue certaines fonctions de notification à des personnes contacts désignées dans chaque État membre.

La coopération internationale peut également appuyer la mise en œuvre du protocole d’investissement de la ZLECAf et stimuler les investissements en Afrique. De multiples initiatives internationales ont été lancées pour promouvoir les investissements en Afrique (annexe 2.A2). La diversité des plateformes nécessite elle aussi une coordination et un partage d’expériences entre les pays africains et leurs partenaires. C’est tout l’objectif de la plateforme sur l’investissement et la transformation productive de la CUA et du Centre de développement de l’OCDE.

Les réseaux de pôles industriels en Afrique constituent un point d’entrée essentiel pour faciliter le développement de chaînes de valeur. Selon des estimations de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED, 2021), le nombre de zones économiques spéciales (ZES) en Afrique est passé d’environ 20 en 1990 à 237 en 2020, réparties dans 38 pays. Les politiques de regroupements d’entreprises permettent aux gouvernements de concentrer leurs investissements en un lieu unique et de lever certains obstacles à la compétitivité des acteurs locaux. Cette plus forte densité d’entreprises, de prestataires de services et d’instituts de recherche est propice aux transferts de technologie et à l’innovation.

Les stratégies de développement de pôles industriels varient d’un pays à l’autre, en fonction de la disponibilité des facteurs de production, de l’accès aux marchés, de l’implantation et des capacités d’absorption de l’économie locale. L’Éthiopie s’est appuyée sur ses faibles coûts de main-d’œuvre et des incitations fiscales pour attirer des entreprises chefs de file comme Decathlon, H&M, Primark et Tesco afin d’intégrer des réseaux mondiaux de production textile. Au Maroc et en Afrique du Sud, les nouveaux parcs éco-industriels, comme la centrale solaire de Ouarzazate et la ferme éolienne de Cookhouse, permettent d’attirer des investissements verts, d’intégrer les entreprises dans des chaînes de valeur durables et d’atteindre des objectifs sociaux, environnementaux et économiques. En Égypte, le parc écologique de Robbiki pour la filière du cuir entend développer cette industrie locale tout en réduisant l’impact environnemental des tanneries. Dans ce but, le pôle a créé un centre pour le transfert des technologies du cuir réunissant des entreprises locales et étrangères afin de promouvoir l’adoption des technologies vertes et la modernisation des pratiques dans les usines locales (CNUCED, 2021).

La réussite des ZES dépend fortement de la qualité des infrastructures publiques. Notre analyse de l’intensité lumineuse nocturne portant sur 127 pôles industriels africains (ZES, zones franches industrielles pour l’exportation et parcs industriels) met en évidence la progression des activités économiques de pôle, qui a pratiquement doublé entre 2012 et 2019 (encadré 2.5). Si tous les pôles ont connu une baisse de l’intensité lumineuse nocturne en 2020, ceux qui bénéficient d’un meilleur accès aux infrastructures de communication (situés à moins de dix kilomètres d’un réseau dorsal à large bande) ont moins souffert du ralentissement provoqué par la pandémie de COVID-19 que les autres (graphique 2.4). Cette proximité avec un réseau à large bande peut servir d’indicateur d’accès à d’autres infrastructures critiques, comme l’électricité, indispensables pour le développement industriel et la compétitivité.

Des investissements dans les infrastructures permettant de relier ces pôles industriels peuvent faciliter le déploiement de réseaux de production régionaux. Plusieurs corridors régionaux ont vu le jour ces dernières années, comme le LAPSSET entre le Kenya et l’Éthiopie, le Corridor central (Dar-et-Salaam-République démocratique du Congo), le corridor de développement de Maputo (Mozambique-Afrique du Sud) et le corridor de Walvis Bay (cinq pays de la SADC). En Afrique du Nord, le développement des infrastructures routières a favorisé l’émergence et l’attractivité pour les entreprises étrangères de parcs technologiques comme celui des Smart Villages entre Le Caire et Alexandrie ou la zone de haute technologie d’El-Ghazala entre Tunis et Bizerte. De même, en Afrique de l’Ouest, les investissements publics dans le réseau routier pour relier Abidjan au corridor Lagos-Accra ont considérablement stimulé les apports d’IDE (ONU-Habitat, 2018).

Les agences de promotion des investissements (API) peuvent faciliter les investissements des entreprises chefs de file dans des segments clés d’une chaîne de valeur. Les API servent d’interlocuteurs entre les gouvernements et les entreprises étrangères dans des domaines tels que le respect des obligations fiscales (encadré 2.6). Elles peuvent aussi proposer toute une palette de services, allant de la mise en relation au suivi des investisseurs, en passant par l’assistance financière (crédit, assurance), les informations sur le marché ou les stratégies de marque locale. L’expérience d’autres pays en développement montre que, lors de la création d’API, les gouvernements doivent prêter attention aux points suivants : i) garantir un soutien gouvernemental de haut niveau ; ii) définir des objectifs clairs ; iii) consulter les parties prenantes locales publiques et privées pour veiller à un alignement stratégique ; iv) faciliter la collaboration avec d’autres institutions et fonds d’investissement ; et v) apporter des ressources financières suffisantes et durables (Banque mondiale, 2020).

Références

BAfD (2020), Perspectives économiques en Afrique 2020 : Former la main-d’œuvre africaine de demain, Banque africaine de développement, Abidjan, https://www.afdb.org/en/documents/african-economic-outlook-2020

BAfD (2018), « Rationalisation des marchés publics pour l’intégration régionale dans le COMESA », Map Africa – COMESA, Banque africaine de développement, Abidjan, https://mapafrica.afdb.org/fr/stories/P-Z1-K00-014.html.

BAfD et Afreximbank (2020), Survey of Impact of COVID-19 on African Trade Finance, Banque africaine de développement/African Export-Import Bank, Le Caire, https://media.afreximbank.com/afrexim/Survey-of-Impact-of-COVID-19-on-African-Trade-Finance.pdf.

Banque mondiale (2021), Indicateurs du développement dans le monde (base de données), Banque mondiale, Washington, DC, https://databank.worldbank.org/source/world-development-indicators (consulté le 1er novembre 2021).

Banque mondiale (2020), Global Investment Competitiveness Report 2019/2020: Rebuilding Investor Confidence in Times of Uncertainty, Banque mondiale, Washington, DC, https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/33808.

Banque mondiale (2016), Benchmarking Public Procurement 2017: Assessing Public Procurement Regulatory Systems in 180 Economies, Banque mondiale, Washington, DC, https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/32500.

Banque mondiale (2015), “Public-private dialogue for specific sectors: Agribusiness”, Nuts & Bolts, Banque mondiale, Washington, DC, https://documents1.worldbank.org/curated/en/275591504194159650/pdf/119241-BRI-PUBLIC-6p-IFCICNutsBoltsPPDAgribusiness.pdf.

Banque mondiale/KEDP (2015), A Practical Guide to Increasing Mining Local Procurement in West Africa, Banque mondiale, Washington, DC, Kaiser Economic Development Partners, Cape Town, https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/21489

BEI (2021), La finance au service de l’Afrique : un développement vert, intelligent et inclusif du secteur privé, Banque européenne d’investissement, Luxembourg, https://www.eib.org/attachments/publications/economic_report_finance_in_africa_2021_en.pdf.

Blavatnik School of Government/Université d’Oxford (2021), Oxford COVID-19 Government Response Tracker (base de données), https://www.bsg.ox.ac.uk/research/research-projects/covid-19-government-response-tracker (consulté le 1er novembre 2021).

BRI (2020), “Payments without borders”, BIS Quarterly Review, mars, Banque des règlements internationaux, https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt2003h.htm.

Bureau van Dijk (2021), Orbis | Company Information across the Globe (base de données), https://orbis.bvdinfo.com/version-20211118/orbis/1/Companies/Search (consulté le 1er novembre 2021).

Byiers B., A. Cazals, A. Medinilla et J. de Melo (2021), “African regional integration: A problem-driven approach to delivering regional public goods”, FERDI Document de travail P290, mai, https://ferdi.fr/publications/african-regional-integration-a-problem-driven-approach-to-delivering-regional-public-goods.

Casalini, F., J. López González et T. Nemoto (2021), “Mapping commonalities in regulatory approaches to cross-border data transfers”, Documents de travail de l’OCDE sur la politique commerciale, n° 248, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/ca9f974e-en.

CEDEAO (2020), ECOWAS Launches “Improved Business & Investment Climate in West Africa Project” Website, Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, Abuja, https://www.ecowas.int/ecowas-launches-improved-business-investment-climate-in-west-africa-project-website/.

CENUA (2020), “Identifying priority products and value chains for standards harmonization in Africa: Technical study”, Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Addis Abeba, https://hdl.handle.net/10855/43813.

CIIP (2018), “Location of clusters”, Competitive Industries and Innovation SEZ Database, www.theciip.org (consulté le 1er novembre 2021).

CNUCED (2021), Handbook on Special Economic Zones in Africa – Towards Economic Diversification across the Continent, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Genève, https://unctad.org/system/files/official-document/diaeia2021d3_en.pdf.

CNUCED (2020), Activités de la CNUCED en faveur de l’Afrique – Rapport du Secrétaire général de la CNUCED, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Genève, https://digitallibrary.un.org/record/801311/files/TD_B_EX%2861%29_2-FR.pdf.

CNUCED (2010), Integrating Developing Countries’ SMEs into Global Value Chains, Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, Genève, https://unctad.org/system/files/official-document/gdsecidc2021d1_en.pdf.

Colorado School of Mines (2021), VIIRS Nighttime Lights (base de données), https://payneinstitute.mines.edu/eog/nighttime-lights/ (consulté le 1er novembre 2021).

COMESA (2021), New Policies to Promote Digital Financial Services, Marché commun de l’Afrique orientale et australe, Lusaka, https://www.comesa.int/new-policies-to-promote-digital-financial-services/.

COMESA (2020), The Role of Trade Finance in Promoting Trade: The Implications of COVID-19 on Trade Finance in Africa, Marché commun de l’Afrique orientale et australe, Lusaka, https://www.comesa.int/wp-content/uploads/2020/07/The-Role-of-Trade-Finance-in-Promoting-Trade-and-the-Implications-of-Covid-192.pdf.

CUA/OCDE (2021), Dynamiques du développement en Afrique 2021 : Transformation digitale et qualité de l’emploi, Commission de l’Union africaine, Addis Abeba/Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/cd08eac8-fr.

CUA/OCDE (2019), Dynamiques du développement en Afrique 2019 : Réussir la transformation productive, Éditions OCDE, Paris/Commission de l’Union africaine, Addis Abeba, https://doi.org/10.1787/291046f7-fr.

Dike, M.-C. et E.-L. Rose (2018), “Cross-border expansion and competitive interactions of indigenous mobile network operators in sub-Saharan Africa”, Thunderbird International Business Review, 2019; Vol. 61/1, pp. 29-42, https://doi.org/10.1002/tie.21971.

EAGC (2016), A Decade Stronger, Eastern Africa Grain Council, https://eagc.org/wp-content/uploads/2018/01/[email protected]_Milestone.pdf.

Fernandez-Stark, K., P. Bamber et G. Gereffi (2012) “Upgrading in global value chains: Addressing the skills challenge in developing countries”, OECD Background Paper, https://gvcc.duke.edu/wp-content/uploads/2012-09-26_Duke_CGGC_OECD_background_paper_Skills_Upgrading_inGVCs.pdf.

Ferracane, M.-F. et E. van der Marel (2021), “Regulating personal data – Data models and digital services trade”, Policy Research Working Paper 9596, Banque mondiale, Washington, DC, https://documents1.worldbank.org/curated/en/890741616533448170/pdf/Regulating-Personal-Data-Data-Models-and-Digital-Services-Trade.pdf.

Ferracane, M.-F. et E. van der Marel (2018), “Do data policy restrictions inhibit trade in services?”, DTE Working Paper 02, European Centre for International Political Economy, https://ecipe.org/wp-content/uploads/2018/10/Do-Data-Policy-Restrictions-Inhibit-Trade-in-Services-final.pdf.

FMI (2021), Government Finance Statistics Database, avril, Fonds monétaire international, https://data.imf.org/?sk=a0867067-d23c-4ebc-ad23-d3b015045405 (consulté le 1er novembre 2021).

FMI (2019), IMF Country Report No. 19/97 – Ghana, Fonds monétaire international, Washington, DC, https://www.imf.org/~/media/Files/Publications/CR/2019/1GHAEA2019001.ashx.

Greenleaf, G. et B. Cottier (2020), “Comparing African data privacy laws: International, African and regional commitments”, University of New South Wales Law Research Series, http://dx.doi.org/10.2139/ssrn.3582478.

GSMA (2019), “State of the industry report on mobile money”, Global System for Mobile Communications Association, https://www.gsma.com/sotir/wp-content/uploads/2020/03/GSMA-State-of-the-Industry-Report-on-Mobile-Money-2019-Full-Report.pdf.

Hale , H. et al. (2021), Oxford COVID-19 Government Response Tracker, https://www.nature.com/articles/s41562-021-01079-8 (consulté le 1er décembre 2021).

Hartzenberg, T. (2011), “Regional integration in Africa”, WTO Staff Working Paper, No. ERSD-2011-14, Organisation mondiale du commerce, Genève, http://dx.doi.org/10.308f75/fad9df15-en.

Hoekman, B. et al. (2021), “COVID-19, Public procurement regimes and trade policy”, Policy Research Working Paper, No. 9511, Global Indicators Group, Banque mondiale Washington, DC, https://documents1.worldbank.org/curated/en/370161610741846300/pdf/COVID-19-Public-Procurement-Regimes-and-Trade-Policy.pdf.

Hoekman, B. et M. Sanfilippo (2020), “Foreign participation in public procurement and firm performance: Evidence from sub-Saharan Africa”, Review of World Economics, No. 156, pp. 41-73 (2020). https://doi.org/10.1007/s10290-019-00357-y.

Ilori, T. (2020), “Data protection in Africa and the COVID-19 pandemic: Old problems, new challenges and multistakeholder solutions”, site web de la Déclaration africaine des droits et libertés de l’Internet, https://africaninternetrights.org/sites/default/files/Tomiwa%20Ilori_AfDec_Data%20protection%20in%20Africa%20and%20the%20COVID-19%20pandemic_Final%20paper.pdf.

INSME (2019), “Digitalising foreign trade procedures and boosting innovation in Morocco with PortNet”, International Networks for SMEs, Rome, www.insme.org/foreign-trade-customs-import-export-port-ecosystem-logistics-ecosystem/.

Jeehye, J. et al. (2020), “Scaling up disruptive agricultural technologies in Africa”, International Development in Focus, Banque mondiale, Washington, DC, https://dx.doi.org/10.1596/978-1-4648-1522-5.

Lorenceau, A., J. Rim et T. Savitki (2021), « Aspirations des jeunes et réalité de l’emploi en Afrique », Documents d’orientation de l’OCDE sur le développement, n° 38, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/6a14eee9-fr.

Marti, F.-D. et I. Ssenkubuge (2009), “Industrialisation and industrial policy in Africa: Is it a policy priority?”, Research Papers, 20, South Centre, Genève, https://www.southcentre.int/wp-content/uploads/2013/05/RP20_Industrialisation-and-Industrial-Policy-in-Africa_EN.pdf.

Nam, N. (2019), Role of Public Procurement in Regional Integration – Case of WAEMU, Banque mondiale, Washington, DC, https://thedocs.worldbank.org/en/doc/490541557503426718-0090022019/Role-of-public-procurement-in-regional-integration-case-of-WAEMU-April-23-at-0900.

Ndzana Olomo, P. (2021a), Programme minimum d’intégration de l’Union africaine, Éditions Le Manuscrit, Paris.

Ndzana Olomo, P. (2021b), “The African Union private sector development strategy: A catalyser of socio-economic transformation in Africa”, Georgetown Journal of International Affairs, juillet, https://gjia.georgetown.edu/2021/07/15/the-african-union-private-sector-development-strategy-a-catalyzer-of-socio-economic-transformation-in-africa/.

OCDE (2021), Coopération fiscale au service du développement : Rapport d’étape à l’ère du COVID-19, OCDE, Paris, https://www.oecd.org/fr/ctp/fiscalite-internationale/cooperation-fiscale-pour-le-developpement-rapport-d-etape.htm.

OCDE (2020), “The future of production: The case for regional integration”, 2020 Policy Note on Africa, OCDE, Paris, https://www.oecd.org/dev/EMnet-Africa-Policy-Note-2020.pdf.

OCDE (2018), The Future of Rural Youth in Developing Countries: Tapping the Potential of Local Value Chains, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264298521-en.

OCDE (2017), Getting Skills Right: South Africa, Getting Skills Right, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/9789264278745-en.

OCDE/ACET (2020), Quality Infrastructure in 21st Century Africa: Prioritising, Accelerating and Scaling up in the Context of PIDA (2021-30), Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/dev/Africa-Quality-infrastructure-21st-century.pdf.

OCDE/CENUA (à paraître), Digital Services Trade Restrictions in Africa, Éditions OCDE, Paris/Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, Addis Abeba.

OCDE/CUA/ATAF (2021a), Statistiques des recettes publiques en Afrique 2021, Éditions OCDE, Paris, https://doi.org/10.1787/c511aa1e-en-fr.

OCDE/CUA/ATAF (2021b), Transparence fiscale en Afrique 2021 : Rapport de progrès de l’Initiative Afrique, Éditions OCDE, Paris, https://www.oecd.org/fr/fiscalite/transparence/documents/Transparence-fiscale-en-Afrique-2021.pdf.

OCDE/SADC (2017), Role of Monitoring for Implementation: Advancing Investment Policy Reforms in the Southern African Development Community, Éditions OCDE, Paris/Communauté de développement de l’Afrique australe, Gaborone.

OIT (2020), Rapport sur l’emploi en Afrique (Re-Afrique) : Relever le défi de l’emploi des jeunes, Bureau international du travail, Genève, https://www.ilo.org/wcmsp5/groups/public/---africa/---ro-abidjan/documents/publication/wcms_761156.pdf.

ONU (2019), “Senegal’s national strategy for the promotion of green jobs (2015-2020) receives the future policy award 2019”, Partnership for Action on Green Economy, Nations Unies, New York, https://www.un-page.org/senegal%E2%80%99s-national-strategy-promotion-green-jobs-2015%E2%80%932020-receives-future-policy-award-2019.

ONUDI (2017), “The role of public procurement policy in driving industrial development”, Working Paper 8/2017, Organisation des Nations unies pour le développement industriel, Vienne, https://www.unido.org/api/opentext/documents/download/9921981/unido-file-9921981 (consulté le 1er novembre 2021).

ONU-Habitat/HIS-EUR (2018), The State of African Cities 2018: The Geography of African Investment, Programme des Nations unies pour les établissements humains/HIS-Erasmus University Rotterdam, https://unhabitat.org/sites/default/files/download-manager-files/The%20State%20of%20African%20Cities.pdf.

PAQI (2020), “Pan-African Quality Infrastructure”, Stocktaking Document, édition 2020, Pan-African Quality Infrastructure, www.paqi.org/wp-content/uploads/2020/09/PAQI_TBT_Stocktaking_2020_En_WEB.pdf.

Plane, P. (2021), “What factors drive transport and logistics costs in Africa?”, Journal of African Economies, Vol. 30/4, pp. 370-388, Oxford University Press, https://dx.doi.org/10.1093/jae/ejaa019.

PNUD (2016), “National Adaptation Plan – Global Support Programme”, Programme des Nations Unies pour le développement, New York, https://www.globalsupportprogramme.org/sites/default/files/uploaded-images/session_6_discounting_cba_step_5.pdf.

Qiang, C.-Z., Y. Liu et V. Steenbergen (2021), “An investment perspective on global value chains”, Banque mondiale, Washington, DC, https://openknowledge.worldbank.org/handle/10986/35526.

Roy, R. (à paraître), “The case for intra-continental trade: The re-orientation of Africa’s trade and the twin challenges of development and environment”, document de travail pour l’édition 2022 du rapport Dynamiques du développement en Afrique.

Sawere, V. (2019), “Developing mutual recognition agreements for professional skills mobility in the Southern African Development Community”, Working Paper, Tralac, https://www.tralac.org/publications/article/14127-developing-mutual-recognition-agreements-for-professional-skills-mobility-in-the-southern-african-development-community.html.

Swift (2018), “Africa payments: Insights into African transaction flows”, White Paper, https://www.swift.com/swift-resource/170536/download?language=en#:~:text=Intra%2DAfrica%20clearing%20and%20trade%20is%20increasing%20in%20importance%20Almost,2013%20to%2012.3%25%20in%202017.

Telegeography (2021), Global Internet Geography (base de données), www2.telegeography.com/telegeography-report-and-database (consulté le 21 septembre 2021).

TMEA (2021), EAC promotes ‘build, buy East Africa’, TradeMark East Africa, Kigali, Rwanda, www.trademarkea.com/news/eac-promotes-build-buy-east-africa/

TMEA (2019), Contributions of Standards Harmonisation and Certification Towards Reduction in the Conformity Assessment Clearance Time and Testing Cost-the Case of the EAC, TradeMark East Africa, Kigali, https://www.trademarkea.com/stories/contribution-of-standards-harmonisation-and-certification-towards-reduction-in-the-conformity-assessment-clearance-time-and-testing-cost-the-case-of-the-eac/.

UA (2021), Specialized Technical Committee (STC) on Finance, Monetary Affairs, Economic Planning and Integration: Developing Integrated and Complementary Value Chains for Sustainable Recovery and Reinforcing Operationalization of the AfCFTA, Union africaine, Addis Abeba, https://au.int/en/stc-finance-2021.

UA (2019a), Domestic Resource Mobilization: Fighting Against Corruption and Illicit Financial Flows, Union africaine, Addis Abeba, https://au.int/sites/default/files/documents/37326-doc-k-15353_au_illicit_financial_flows_devv10_electronic.pdf.

UA (2019b), Association of African Central Banks (AACB) Terms of Reference Payment Systems Integration Working Group, Union africaine, Addis Abeba https://au.int/sites/default/files/newsevents/workingdocuments/39572-wd-approved_association_of_african_central_banks_payment_systems_integrati_0.pdf

UA (2018), Stratégie continentale pour l’enseignement et la formation techniques et professionnels (EFTP) en faveur de l’emploi des jeunes, Union africaine, Addis Abeba, https://au.int/sites/default/files/pressreleases/35308-pr-tvet-french_-_final.pdf

UA (2017), Report on the Proposed Recommendations for the Institutional Reform of the African Union (rapport Kagame), Union africaine, Addis Abeba, https://au.int/sites/default/files/documents/33273-doc-report-_institutional_reform_of_the_au.pdf.

UA (2016), CAADP Country Implementation under the Malabo Declaration, Union africaine, Addis Abeba, https://au.int/sites/default/files/documents/31251-doc-the_country_caadp_implementation_guide_-_version_d_05_apr.pdf.

UNESCO (2021), Initiative panafricaine pour la transformation digitale de l’EFTP et des systèmes de développement des compétences en Afrique, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture, Paris, https://fr.unesco.org/news/initiative-panafricaine-transformation-digitale-leftp-systemes-developpement-competences.

WACOMP Ghana (2020), “Approach – West Africa Competitiveness Programme”, Programme de compétitivité de l’Afrique de l’Ouest, Accra, https://wacompghana.org/approach/.

Yameogo, N.-D. et K. Jammeh (2019), “Determinants of participation in manufacturing GVCs in Africa: The role of skills, human capital endowment and migration”, Policy Research Working Paper, No. WPS 8938, Banque mondiale, Washington, DC, http://documents.worldbank.org/curated/en/884311562848071755/Determinants-of-Participation-in-Manufacturing-GVCs-in-Africa-The-Role-of-Skills-Human-Capital-Endowment-and-Migration.

ZLECAf/PNUD (2021), “Which value chains for a made in Africa revolution”, The Futures Report 2021, Secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine, Kigali/Programme des Nations Unies pour le développement, New York, https://imanidevelopment.com/wp-content/uploads/2021/11/AFCFTA-Futures-Report-2021_Which-Value-Chains-for-a-Made-in-Africa-Revolution_2021.pdf.

Mentions légales et droits

Ce document, ainsi que les données et cartes qu’il peut comprendre, sont sans préjudice du statut de tout territoire, de la souveraineté s’exerçant sur ce dernier, du tracé des frontières et limites internationales, et du nom de tout territoire, ville ou région. Des extraits de publications sont susceptibles de faire l'objet d'avertissements supplémentaires, qui sont inclus dans la version complète de la publication, disponible sous le lien fourni à cet effet.

© CUA/OCDE 2022

L’utilisation de ce contenu, qu’il soit numérique ou imprimé, est régie par les conditions d’utilisation suivantes : https://www.oecd.org/fr/conditionsdutilisation.