Belgique

La croissance économique devrait ralentir pour s'établir aux alentours de 1¼ pour cent en 2019 et en 2020 compte tenu du ralentissement des exportations. La consommation privée sera un moteur essentiel de la croissance, grâce à des gains d'emplois et à une augmentation du pouvoir d'achat des ménages. L'investissement public sera vigoureux en 2020, et l'investissement privé soutiendra la croissance pendant la période de prévision. L'inflation globale va ralentir à mesure que les tensions antérieures, liées notamment à la hausse des prix de l'électricité, se dissiperont, mais l'inflation sous-jacente augmentera lentement.

La politique budgétaire apportera un soutien modeste à la croissance en 2019 et en 2020, compte tenu des mesures prévues d'allègement de la fiscalité du travail. La productivité et la compétitivité-coûts extérieure bénéficieraient d'une intensification de la concurrence dans les services professionnels, ainsi que d'une simplification des procédures administratives et des obligations relatives à la création d'entreprise. De nouvelles réductions des taxes sur les transactions immobilières et l'amélioration des infrastructures de transport public permettraient de rendre la croissance plus verte.

La croissance continue de ralentir

La croissance de la consommation privée s'est affaiblie dans un contexte de dégradation de la confiance des consommateurs, en dépit d'une progression régulière de l'emploi, favorisée par un allègement de la fiscalité du travail. La confiance des consommateurs montre toutefois certains signes de stabilisation. Après une forte augmentation de l'investissement des entreprises, la confiance de ces dernières s'est érodée au cours des derniers mois. La croissance des exportations a fléchi en raison d’une croissance plus faible observée sur les principaux marchés extérieurs de la Belgique. L'inflation a diminué, du fait du déclin des prix de l'énergie. La progression des salaires s'est accélérée sur un marché du travail tendu.

Marché du travail et dette publique : Belgique
Marché du travail et dette publique : Belgique

1. Branches marchandes de l'économie

Source : Base de données des Perspectives économiques de l'OCDE, n° 105 ; et Eurostat.

 StatLink https://doi.org/10.1787/888933934052

Belgique : Demande, production et prix
Belgique : Demande, production et prix

 StatLink https://doi.org/10.1787/888933935135

La productivité, l'inclusivité et la viabilité budgétaire à long terme pourraient être renforcées

Le déficit budgétaire s'établissait à 0.7 % du PIB en 2018 et il devrait se creuser pour atteindre 1.5 % du PIB en 2020, la politique budgétaire apportant un soutien modeste à l'activité économique en 2019 et en 2020. La dette publique demeurant élevée, il est important que le gouvernement tienne ses objectifs budgétaires à moyen terme pour permettre une réduction régulière du ratio dette/PIB. Pour améliorer encore le solde structurel, il convient d'encourager une plus grande efficience des dépenses publiques. Afin de stimuler la croissance économique et la création d'emplois, les autorités ont élaboré le Pacte national pour les investissements stratégiques, qui prévoit quelque 150 milliards EUR d'investissements dans les domaines de la transformation numérique, de l'éducation, des soins de santé, de l'énergie et des transports.

Pour mieux tirer parti des gains de productivité découlant de l'essor du numérique, il faudrait favoriser la diffusion des compétences intermédiaires en matière de technologies de l'information et de la communication (TIC) via l'éducation et la formation des adultes, et en généralisant l'accès aux TIC en tant que discipline mineure ou secondaire pour tous les étudiants de l'enseignement supérieur. Un renforcement de la concurrence, de l'innovation et du dynamisme des entreprises serait aussi bénéfique pour la productivité. Il importe tout particulièrement de s'assurer que les jeunes entreprises innovantes disposent d'instruments de financement adéquats pour se développer, et de rationnaliser encore les aides publiques à la recherche-développement (R&D) et à l'innovation. Les obstacles réglementaires à l'entrée et à la sortie des entreprises du marché devraient également être réduits, et le régime d'insolvabilité réformé.

Pour que la croissance soit plus inclusive, la situation des immigrés, des personnes peu qualifiées et des travailleurs âgés sur le marché du travail devrait être améliorée. Il serait utile à cet effet de s'assurer que les entreprises respectent la législation fédérale imposant d'accorder aux travailleurs au moins cinq jours ouvrés d'éducation et de formation par an. Le coin fiscal sur les revenus du travail restant l'un des plus élevés d'Europe, il faudrait alléger encore les prélèvements sur les revenus d'activité. Mettre en place des péages de congestion, élargir le champ d'application du régime fiscal des véhicules de société à d'autres moyens de transport tout en autorisant les salariés à renoncer à une voiture de société en contrepartie d'un paiement en espèces, améliorer les infrastructures de transport public et réduire encore les taxes sur les transactions de logements sont autant de facteurs qui contribueraient à rendre la croissance plus verte.

La croissance devrait se stabiliser

La croissance du PIB devrait se stabiliser aux alentours de 1¼ pour cent en 2019 et en 2020. La consommation privée sera un moteur essentiel de la croissance, portée par les mesures déjà prises ou annoncées d'allègement de la fiscalité du travail et par une forte progression des salaires. Des conditions financières favorables dynamiseront l'investissement privé. L'investissement public contribuera à l'expansion économique en 2020 grâce au lancement de vastes projets d'investissement public. La croissance de l'emploi devrait se poursuivre, bien qu'à un rythme plus modéré, ramenant ainsi le taux de chômage à 5.6 % en 2020. L'inflation sous-jacente se redressera progressivement en raison de tensions sur les salaires dues à un marché du travail tendu. Toutefois, les réformes récentes du système de fixation des salaires visent à mieux prendre en compte la compétitivité-coûts internationale. La croissance économique pourrait être affaiblie par la persistance de l'incertitude liée à la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (« Brexit ») ou par une croissance moins forte qu'on ne l'anticipe dans la zone euro. À l'inverse, la croissance pourrait être plus vigoureuse si les allègements fiscaux entraînent un renforcement de la consommation privée plus marqué que prévu.

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