L’alignement de la finance avec la neutralité carbone et la résilience au changement climatique contribue à la réalisation des objectifs de la politique climatique, réduit l’exposition aux risques liés au climat, favorise l’innovation et accroît la sécurité énergétique. Le changement climatique met les sociétés, les économies et le système financier à rude épreuve. Comme l’indique l’article 2.1c de l’Accord de Paris, la finance joue un rôle crucial pour parvenir à un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques. D’une part, le financement des solutions climatiques doit être renforcé. D’autre part, des investissements et des financements sont nécessaires pour assurer la transition climatique des secteurs à forte intensité d’émission, ainsi que pour réduire l’exposition et la vulnérabilité aux risques climatiques matériels de l’ensemble des secteurs.
Des données fiables sur les avancées et les perspectives sont nécessaires pour informer les responsables de l’action publique et les investisseurs dans les économies qui ont pris l’engagement d’aligner la finance sur les objectifs climatiques. Comme le montrait la première édition du rapport d’examen de l’OCDE sur l’alignement de la finance avec les objectifs climatiques, les données disponibles sont encore très insuffisantes pour évaluer cet alignement. Cette seconde édition offre un récapitulatif des meilleures données disponibles dans trois domaines pouvant aider à orienter l’action publique et les décisions d’investissement en faveur de l’alignement de la finance sur les objectifs climatiques, à savoir : l’évolution de la panoplie des politiques liées au climat applicables au secteur financier ; le suivi du degré d’alignement des flux et des stocks financiers sur les objectifs climatiques ; le panorama des indicateurs climatiques utilisés dans le secteur financier.
Les responsables de l’action publique des différents continents se conforment à des manuels d’action distincts pour inciter à faire évoluer les flux financiers en saisissant les importantes possibilités inexploitées. Les décideurs publics ont globalement continué à élargir le nombre et la panoplie des politiques liées au climat applicables au secteur financier, poursuivant les tendances observées dans la première édition du rapport. C’est ainsi que les pays des différentes régions du globe adoptent des manuels d’action distincts, privilégiant les mesures obligatoires de transparence, les cadres volontaires ou les outils de contrôle et de gestion des risques. Compte tenu de la nouveauté de ces dispositifs, il existe peu de données empiriques sur leur efficacité. Pour stimuler les investissements climato-compatibles, les mesures relevant de l’économie réelle (comme les instruments budgétaires et les normes réglementaires) demeurent des leviers fondamentaux sur lesquels s’appuient les politiques liées au climat applicables au secteur financier, sans pour autant s’y substituer. Depuis la précédente édition, si certains flux financiers sont devenus plus respectueux des objectifs climatiques, d’importantes possibilités d’évolution sont encore inexploitées. Bien que les investissements de l’économie réelle soient en augmentation dans les énergies propres, le financement des combustibles fossiles continue de surpasser celui des énergies bas carbone dans la plupart des catégories d’actifs financiers. L’alignement des instruments de dette d’entreprise avec les objectifs climatiques affiche des tendances divergentes, les prêts syndiqués labellisés verts étant en hausse depuis 2022 alors que l’écologisation des marchés obligataires connaît un fléchissement. Il existe de plus en plus de données et d’indicateurs permettant de suivre l’alignement de la finance sur les objectifs climatiques, mais il en manque encore pour mettre en évidence les possibilités de transition et faire la lumière sur les catégories d’actifs financiers plus opaques.
Les décideurs publics peuvent adopter toute une série de mesures pour mieux gérer l’alignement de la finance sur les objectifs climatiques et saisir les possibilités d’investissement inexploitées provenant de la transition climatique. Les 14 mesures pouvant être prises par les administrations publiques, les autorités de surveillance financière et les banques centrales qui sont recensées ici peuvent être classées dans trois groupes selon qu’elles privilégient : l’élargissement de la panoplie des politiques publiques grâce à l’apprentissage par les pairs ; le développement de cadres de données coordonnés ; le renforcement de l’évaluation des effets des politiques publiques. Étant donné que les approches adoptées par les décideurs publics dépendent du contexte national, de la situation initiale et de leurs missions respectives, les mesures doivent être adaptées aux conditions précitées, notamment en complétant l’analyse globale présentée dans ce rapport par des études de cas propres à chaque pays ou territoire.