• Par comparaison avec d’autres pays de l’OCDE, il fait relativement bon vivre aux États-Unis grâce à une croissance économique soutenue et des progrès technologiques qui ont porté le revenu moyen à un niveau élevé. Néanmoins, des éléments indiquent que les avantages tirés de cette réussite ne sont pas répartis de manière suffisamment large. L’appréciation subjective du bonheur croît avec les revenus, et ce point prend une résonnance particulière dans un pays où les inégalités de revenus sont parmi les plus élevées de l’OCDE et où le modèle de répartition des revenus semble évoluer vers une concentration encore plus forte à l’extrémité supérieure de la fourchette, au détriment de la classe moyenne et des pauvres. La durée du travail aux États-Unis reste en outre l’une des plus longues de la zone OCDE, ce qui accentue les difficultés rencontrées par les Américains pour concilier vie professionnelle et vie privée, élever leurs enfants et se libérer du temps pour leurs loisirs et activités personnelles. Ces pressions contribuent à une augmentation des tensions et du stress au travail, qui ont des effets négatifs sur la santé, y compris mentale, ainsi que des conséquences néfastes sur l’employabilité et les coûts médicaux. S’il est difficile d’inverser ces tendances, plusieurs moyens d’action utiles sont actuellement mis en œuvre,tandis que d’autres initiatives sont à l’étude : politiques fédérales améliorant l’accès aux soins de santé et à l’éducation préscolaire, initiatives menées par les États en faveur de la flexibilité au travail, investissements consentis par les entreprises pour améliorer la qualité des emplois et attention accrue accordée aux effets du stress au travail sur la santé. Si ces mesures sont effectivement adoptées, elles pourraient grandement contribuer à améliorer le bien-être des ménages américains qui travaillent.

  • Depuis 2007 environ, le pays connaît une « renaissance énergétique » grâce à ses abondantes réserves d’huiles et de gaz de schiste. Le nouvel essor de la production pétrolière et gazière commence à avoir des effets économiques perceptibles et a changé la situation des prix du gaz naturel aux États-Unis, stimulant la compétitivité. Pour tirer pleinement parti de cette évolution, il faudra des investissements significatifs. Le gouvernement fédéral et les États captent une partie des rentes des ressources, mais il existe des possibilités d’augmenter la fiscalité et de mettre ces recettes au service de l’amélioration du bien-être futur. Alors que la taxation des rentes des ressources naturelles via l’impôt sur les bénéfices peut être moins distorsive que d’autres formes de fiscalité, seul un État y a recours. La production de ressources en hydrocarbures de schiste, à l’instar d’autres modes d’extraction de ressources, s’accompagne d’un certain nombre de défis environnementaux. Pour respecter les demandes d’utilisation des ressources en eau, il faut veiller à l’existence de droits sur l’eau appropriés, et les autorités chargées de la réglementation au niveau fédéral et à celui des États doivent surveiller de près les répercussions environnementales de la fracturation hydraulique et renforcer la réglementation autant que nécessaire.Le gaz naturel peut être une « énergie relais » dans la transition vers une économie sobre en carbone et contribuer à réduire les émissions en entraînant le remplacement du charbon. Des mesures d’accompagnement seraient souhaitables pour empêcher que le gaz naturel entrave le développement des énergies renouvelables et que la faiblesse des prix paralyse l’innovation.