• Compte tenu du vieillissement rapide de la population, l’innovation est essentielle pour stimuler la croissance économique. Le Japon consacre des dépenses considérables à l’éducation et à la recherche-développement (R-D), mais des conditions-cadre appropriées sont indispensables pour qu’il soit possible d’accroître le rendement de ces investissements en renforçant la concurrence, sur le plan tant intérieur qu’international, et en améliorant la répartition des ressources. Une modernisation de la gouvernance des entreprises encouragerait ces dernières à maximiser leurs bénéfices et à investir leurs amples réserves de trésorerie. Afin de promouvoir l’innovation ouverte dans un cadre mondialisé, il est nécessaire de faire porter l’effort sur les universités et de renforcer leur rôle dans la R-D des entreprises, tout en développant la collaboration internationale en matière de R-D, qui est aujourd’hui limitée. Les entreprises financées par le capital-risque et les nouvelles entreprises devraient jouer un rôle clé dans la commercialisation de l’innovation. Pour faire de l’investissement en capital-risque un moteur de croissance, il est important de renforcer le rôle des investisseurs-tuteurs (business angels) et de stimuler l’entrepreneuriat. Enfin, les PME, qui représentent 70 % de l’emploi, devraient contribuer davantage à l’innovation.

  • Avec une dette publique brute équivalente à 226 % du PIB, le Japon est confronté à une situation budgétaire totalement inédite qui constitue une menace pour son économie. Le Japon doit élaborer un programme d’assainissement de ses finances publiques détaillé et crédible, prévoyant des hausses spécifiques de recettes et des mesures visant à contrôler les dépenses, de manière à renouer avec la viabilité budgétaire. Le principal risque du côté des dépenses provient de l’envolée des dépenses sociales liées au vieillissement démographique rapide, qui impose d’engager des réformes. Néanmoins, l’essentiel des efforts d’assainissement devra s’opérer du côté des recettes, principalement par des augmentations du taux de la taxe sur la consommation au-delà des 10 % actuellement prévus en 2017. L’assainissement des finances publiques doit s’accompagner de mesures destinées à promouvoir la cohésion sociale via le système de prélèvements et de prestations et en mettant fin au dualisme du marché du travail. En particulier, la mise en place d’un crédit d’impôt sur les revenus du travail constitue une priorité afin d’aider les travailleurs pauvres.