• L’Estonie peut dynamiser la croissance de sa productivité et tirer davantage parti de l’ouverture de son économie. La productivité est relativement faible dans le secteur manufacturier et dans les grandes entreprises, car l’activité manufacturière est orientée essentiellement vers les exportations de biens à faible intensité technologique à destination d’un petit nombre de marchés. L’impact économique du système de R-D de l’Estonie semble encore limité, en raison pour partie de l’insuffisance des transferts de connaissances. Le pays offrant des conditions favorables à l’activité d’entreprise, la croissance de la productivité pourrait être renforcée en favorisant l’innovation et la spécialisation intelligente ; en supprimant les facteurs qui entravent encore l’entrepreneuriat et la concurrence ; en faisant en sorte que les PME aient accès à des financements ; en rénovant l’infrastructure ; et en améliorant l’efficacité énergétique.

  • L’utilisation de la main-d’œuvre en Estonie reste plus faible qu’avant la crise. Les inadéquations entre les compétences offertes et les compétences demandées contribuent au chômage structurel. L’émigration, notamment celle de jeunes travailleurs salariés, a réduit l’offre de main-d’œuvre. Bien que le gouvernement ait diminué les impôts sur le travail et que de nouvelles réductions soient prévues, les recettes publiques dépendent encore fortement de cette forme de fiscalité. Le régime fiscal pourrait devenir plus favorable à l’emploi si une partie de la charge fiscale pesant sur le travail était reportée sur le secteur immobilier. Les coûts élevés de gestion des fonds de pension nuisent au rendement du système de retraite privé obligatoire, ce qui a pour effet d’accroître la charge fiscale pesant sur la main-d’œuvre. Ces coûts pourraient être réduits. Dans le régime public de retraite, la suppression progressive des dispositifs de préretraite dont bénéficient certains secteurs ou professions libérerait une marge de main-d’œuvre pour abaisser les cotisations de sécurité sociale. L’écart de rémunération entre hommes et femmes est important et d’autres mesures pourraient être envisagées pour le combler. Les réformes destinées à améliorer les qualifications des travailleurs estoniens ont de fortes retombées positives face à une demande de travailleurs qualifiés en augmentation. Les initiatives engagées récemment par les autorités pour encourager l’apprentissage tout au long de la vie et accroître le soutien financier apporté aux étudiants du supérieur issus de familles à faible revenu sont bienvenues. L’apprentissage pourrait être encore amélioré, par exemple en encourageant la coopération entre les entreprises locales et les établissements scolaires locaux, ce qui contribuerait à réduire les inadéquations de compétences. Un soutien financier plus important devrait être fourni aux étudiants, surtout pour assurer l’accès des jeunes au deuxième cycle de l’enseignement secondaire professionnel.