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  • Le taux de chômage dans la zone de l’OCDE s’élevait à 7.9 % en mai 2012, ce qui correspond à environ 48 millions de personnes sans emploi – presque 15 millions de plus que lorsque la crise financière a éclaté à la fin de 2007. Les projections économiques de l’OCDE de mai 2012 indiquent que la création d’emploi restera faible dans de nombreux pays de l’OCDE et que le chômage dans la zone de l’OCDE pourrait toujours se situer aux alentours de 8 % à la fin de 2013. Les perspectives sont plus décourageantes encore dans la zone euro où le chômage augmente à nouveau et devrait continuer à augmenter avant de se stabiliser en 2013.

  • La reprise économique a été faible ou inégale et certains pays sont retombés dans la récession. Ce chapitre examine les conséquences du manque de vigueur de la reprise pour les marchés du travail des pays de l’OCDE. Trois grandes conclusions se dégagent. Premièrement, près de trois ans après le début du redressement de l’activité, la croissance économique n’a pas été suffisamment forte pour endiguer la hausse conjoncturelle du chômage dans l’ensemble de la zone de l’OCDE. Deuxièmement, les personnes sans emploi souffrent d’une marginalisation croissante, dont témoigne l’augmentation du nombre des chômeurs de longue durée et de travailleurs découragés qui se retirent de la vie active. Troisièmement, on peut craindre qu’au moins une partie de la progression conjoncturelle du chômage ne devienne structurelle, même si ce risque croissant ne s’est jusqu’à présent matérialisé que dans une moindre mesure. Dans l’optique de l’action des pouvoirs publics, la première des priorités est de stimuler la demande globale, ce qui exige des politiques macroéconomiques appropriées, associées à des réformes structurelles encourageant une reprise prompte et solide de la production et de la création d’emplois. Les politiques du marché du travail ont aussi un rôle clé à jouer pour aider les chômeurs à la recherche d’un emploi à se réinsérer et remédier aux obstacles structurels qui entravent leur réinsertion.

  • Ce chapitre analyse l’incidence de certaines politiques et institutions du marché du travail sur la résilience de ce dernier, définie comme sa capacité à surmonter les crises économiques moyennant des coûts sociaux limités. Il montre notamment qu’en général, les politiques et institutions favorables à une bonne performance structurelle du marché du travail sont aussi positives en termes de résilience. En particulier, des institutions coordonnées de négociation collective peuvent contribuer à la fois à une bonne performance structurelle et à la résilience du marché du travail, alors qu’un recours fréquent aux contrats de travail temporaires va de pair avec une moins bonne performance structurelle et une résilience plus faible.

  • Ces trois dernières décennies, la part du revenu national constituée des salaires et avantages accessoires au salaire – la part du travail – a diminué dans la quasi-totalité des pays de l’OCDE. Ce chapitre, consacré à l’explication de cette baisse, met en évidence le rôle de facteurs tels que la hausse de la productivité et l’accroissement de l’intensité capitalistique, l’intensification de la concurrence nationale et internationale, l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs et l’évolution des institutions de la négociation collective. Le recul de la part du travail est allé de pair avec une augmentation des inégalités de revenu marchand, de nature à mettre en péril la cohésion sociale et à ralentir le rythme de la reprise en cours. L’augmentation des investissements dans l’éducation et un recours accru au système d’imposition et de prestations permettraient de réduire ces risques.

  • Une transition réussie vers une économie sobre en carbone et préservant les ressources aura pour corollaire une transformation du marché du travail qui offrira de nouvelles perspectives aux travailleurs tout en les exposant à de nouveaux risques. Le défi, pour les responsables de l’action publique, consiste à faire en sorte que les politiques relatives au marché du travail et au développement des compétences maximisent les effets positifs de cette transition pour les travailleurs et favorisent une juste répartition des coûts d’ajustement inévitables, tout en soutenant les politiques plus largement destinées à favoriser une croissance verte. Le présent chapitre apporte un éclairage sur ce défi et formule des orientations sur les moyens de le relever.

  • La plupart des statistiques présentées dans les tableaux de l’annexe sont également consultables dans la banque de données de l’OCDE OECD.Stat qui contient des données brutes et des statistiques dérivées.