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  • Dans un contexte de ralentissement de l’activité mondiale, la performance économique de la Pologne a été bonne en 2009. Malgré une forte demande excédentaire avant la crise, le déséquilibre externe était relativement peu marqué par rapport à certains pays voisins et la contagion a pu être enrayée. Les mesures de politique macroéconomique qui ont été prises face au recul de l’activité ont été le plus souvent adéquates et la très nette dépréciation du zloty a amorti l’impact du choc extérieur, tout en ayant pour effet de reporter l’adoption de l’euro. Le ralentissement a même fait disparaître les tensions inflationnistes résiduelles et le rapide retournement des salaires a contribué à limiter les pertes d’emploi. Il faudrait néanmoins que les autorités s’attaquent à un certain nombre de problèmes pour renforcer la position de la Pologne face à la mondialisation et lui assurer une croissance durable, dans la perspective de l’adoption future de l’euro, d’un volume de transferts de l’UE qui devrait rester élevé et des entrées souhaitables d’investissements directs étrangers.

  • Malgré un sévère ralentissement, la Pologne a été moins touchée par la récession mondiale que d’autres pays de l’OCDE, surtout d’Europe de l’Est. Elle devrait pour 2009 avoir atteint le meilleur résultat en termes de croissance réelle dans la zone de l’OCDE (1.7 %), avant de retrouver, par une progression régulière, une croissance de 3 % en 2011. La résilience de la demande finale et la solidité du système financier ont contribué à enrayer la contagion de la crise économique, qui a si durement frappé d’autres pays de la région. Au départ, l’économie souffrait d’une forte demande excédentaire, que le ralentissement de l’activité a éliminée, mais les déséquilibres extérieurs n’en étaient pas au point de menacer la stabilité.

  • La Pologne a enregistré la plus forte croissance du PIB réel de tous les pays de l’OCDE pendant la récession mondiale. Alors que le pays abordait la période avec une demande excédentaire, la crise économique a mis un terme aux déséquilibres qui s’accumulaient depuis 2006 en raison du manque de fermeté de la politique macroéconomique. Au milieu de la crise, la crainte d’un effondrement du système financier polonais, essentiellement sous contrôle étranger, et d’une sortie massive de capitaux, suscitée par une plus grande aversion pour le risque au niveau mondial touchant plus particulièrement les pays d’Europe centre et orientale, a déclenché une forte dépréciation du zloty qui a fourni un solide appui à l’activité.

  • L’objectif que constitue l’entrée dans la zone euro est devenu une priorité du gouvernement actuel. Ce chapitre est consacré aux principales réformes structurelles nécessaires à la préparation de l’adoption de la monnaie unique, qui devraient permettre à la Pologne de satisfaire durablement aux critères de Maastricht et de maximiser les différents avantages qu’elle en retirera. Ces réformes sont souhaitables indépendamment de la date effective d’entrée dans la zone euro, compte tenu de la nécessité de restaurer la discipline budgétaire, de maintenir la stabilité des prix et de garantir une croissance équilibrée dans l’avenir. Néanmoins, elles sont d’autant plus cruciales à l’approche de l’adoption de la monnaie unique que le processus de convergence réelle et nominale engagé reste dans une large mesure inachevé, ce qui exige un renforcement sensible d’autres mécanismes d’ajustement que les taux d’intérêt intérieurs et le taux de change.

  • Depuis sa transformation il y a vingt ans, l’économie polonaise n’a cessé de s’intégrer dans l’économie internationale. L’introduction des principes de l’économie de marché et la participation accrue à la mondialisation ont favorisé la convergence vers des niveaux de vie plus élevés et ont induit une modification importante de la spécialisation sectorielle. Pourtant, d’après la plupart des indicateurs de la mondialisation, la Pologne est à la traîne par rapport aux autres pays de l’OCDE dans la région. Elle doit surmonter de nombreux enjeux pour améliorer sa position sur les marchés mondiaux et renforcer ainsi sa performance en termes d’entrées d’investissements directs de l’étranger, les avantages qu’elle tire de l’IDE et le volume comme le contenu technologique de ses exportations.