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  • Le Maroc est un pays d’émigration depuis son indépendance en 1956, voire avant, et ce, grâce à une politique de plus en plus ouverte à l’émigration comme outil d’intégration internationale et de développement. À partir de 1990, avec la création de deux institutions publiques chargées d’améliorer ses relations avec sa diaspora, le Maroc a commencé à envisager l’émigration comme vecteur de développement. À bien des égards, il a été un chef de file mondial dans le domaine, produisant plusieurs des premiers projets innovants liant les migrations au développement. L’émigration et les transferts de fonds du Maroc se poursuivent : en 2015, les émigrés représentaient environ 8 % de la population du pays, tandis que les transferts de fonds représentaient environ 7 % du PIB.

  • Le Maroc est un pays d’émigration nette depuis au moins son indépendance, en 1956 ; les émigrés représentaient environ 8% de la population au Maroc en 2015. Les transferts de fonds, qui représentent une partie importante de l’économie marocaine (environ 7% du produit intérieur brut), ont augmenté à mesure que la taille de la diaspora augmentait. Compte tenu de l’importance de ces flux, le Gouvernement marocain a, au fil du temps, mis en place des politiques et des institutions novatrices destinées à tirer parti des migrations pour développer le pays. Cependant, faute de données suffisantes, il demeure difficile d’apporter des réponses politiques éclairées et cohérentes sur la question des migrations dans le pays.

  • Le Maroc ne tire pas suffisamment parti du potentiel de développement offert par les niveaux élevés d’émigration et de transferts de fonds qui caractérisent le pays. Le projet Interactions entre politiques publiques, migrations et développement (IPPMD) a été mis en oeuvre au Maroc entre 2013 et 2017 afin d’étudier, au travers d’une analyse quantitative et qualitative, la relation bilatérale entre les migrations et les politiques publiques dans quatre secteurs clés : marché de l’emploi, agriculture, éducation et investissement et services financiers. Le présent chapitre propose un aperçu des conclusions du projet, en mettant l’accent sur le potentiel de promotion du développement qu’offrent les migrations dans bon nombre de leurs dimensions (émigration, transferts de fonds et migration de retour) et en analysant les politiques sectorielles nationales qui en permettront la réalisation.

  • Le Maroc est essentiellement un pays d’émigration, bien que l’immigration soit à la hausse. Le phénomène d’émigration à partir du Maroc s’est amplifié ces dernières années, alors que le flux de transferts de fonds a toujours été élevé et relativement stable. Depuis les années 90, le Maroc s’efforce d’assurer la sécurité et un niveau de vie décent pour les émigrés, tout en cherchant à rapatrier les connaissances et l’épargne ainsi accumulées en vue d’une utilisation productive au Maroc. Le présent chapitre présente un aperçu des migrations au Maroc : leurs moteurs et leur incidence, qui sont les migrants et où ils sont allés, et ce que dit la littérature sur les répercussions des migrations pour ceux qui restent au pays. Il se conclut par une présentation des migrations dans les stratégies de développement et du cadre institutionnel régissant les migrations au Maroc.

  • Afin de fonder empiriquement l’analyse des liens entre politiques et migrations, le projet Interactions entre politiques publiques, migrations et développement (IPPMD) au Maroc s’attache à recueillir des données au moyen de trois outils : des enquêtes auprès des ménages ; des enquêtes auprès des communautés ; et des entretiens avec des représentants d’organisations publiques, internationales et locales, permettant d’obtenir des informations qualitatives supplémentaires à propos des migrations au Maroc. Ce chapitre explique les outils utilisés, la méthode d’échantillonnage de l’enquête et décrit les approches statistiques employées dans les chapitres suivants pour analyser les effets de l’émigration, de la migration de retour et des transferts de fonds sur les principaux secteurs étudiés. Il comprend une synthèse des résultats d’enquête, y compris des différences entre les régions rurales et urbaines, et entre les ménages migrants et non-migrants. Il met en évidence des disparités hommes/femmes, en particulier en ce qui concerne le pays d’accueil et les raisons du départ et du retour.

  • Les migrations sont un phénomène inscrit de longue date dans l’histoire du Maroc. Cependant, les liens entre leurs différentes dimensions et le développement ne sont pas très bien compris. Ce chapitre utilise des données d’enquêtes du projet Interactions entre politiques publiques, migrations et développement (IPPMD) afin de démêler certains liens complexes entre, d’une part, l’émigration, les transferts de fonds et la migration de retour et, d’autre part, quatre secteurs essentiels en matière de développement : le marché de l’emploi, l’agriculture, l’éducation, ainsi que l’investissement et les services financiers. Une analyse des importants flux d’émigration et de transferts de fonds à destination du Maroc met en lumière la dynamique des migrations, ainsi que leurs liens avec l’économie et les différents secteurs. Le chapitre conclut en évaluant le degré réel de réalisation du potentiel de développement des migrations et des transferts de fonds au Maroc.

  • Les politiques sectorielles adoptées dans des domaines clés du développement - marché de l’emploi, agriculture, éducation, et services financiers et investissement - peuvent influer sur les décisions de migration et sur le lien entre migrations et développement. Les enquêtes du projet Interactions entre politiques publiques, migrations et développement (IPPMD) intégraient un large éventail de programmes politiques menés dans ces quatre secteurs clés dans l’objectif d’identifier quelques-uns des liens existant entre les politiques sectorielles et les migrations. Ce chapitre présente les résultats de l’enquête, ainsi qu’une analyse de l’influence des programmes déployés dans ces secteurs au Maroc sur les décisions individuelles d’émigrer, de transférer des fonds et de revenir au pays.