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Admission évitable à l'hôpital : maladies respiratoires
Les affections chroniques comme l’asthme et la maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) peuvent être évitées ou traitées par une prévention appropriée ou par des soins primaires. Une bonne gestion de ces affections chroniques dans des structures de soins primaires peut éviter l’aggravation et une hospitalisation coûteuse. Les taux d’admission à l’hôpital présentés ici sont utilisés pour évaluer la qualité des soins primaires et des taux élevés indiquent probablement une mauvaise coordination ou un défaut de continuité des soins. Ils peuvent également indiquer des contraintes structurelles telles que l’offre de médecins de famille (AHRQ, 2009; Starfield et al., 2005).
Admission évitable à l'hôpital : diabète non contrôlé
Au niveau mondial, le diabète est une des maladies non contagieuses les plus importantes ; il est également l’une des principales causes de mortalité. Aux États-Unis, par exemple, où l’on estime à 26 millions le nombre des diabétiques, le diabète a été un facteur contributif dans quelque 230 000 décès en 2007. En Europe, on estime à 55 millions le nombre de personnes souffrant du diabète. Au niveau mondial, la population des diabétiques devrait passer de 285 millions en 2010 à 438 millions à l’horizon 2030 (IDF, 2009) (voir l’indicateur 1.10 « Prévalence et incidence du diabète »).
Mortalité à l'hôpital après un infarctus aigu du myocarde
Si les maladies coronariennes demeurent la principale cause de décès dans la plupart des pays industrialisés, les taux de mortalité due à ces maladies ont baissé depuis les années 70 (voir l’indicateur 1.3). Cette diminution peut être attribuée dans une large mesure à une baisse de la mortalité due à un infarctus aigu du myocarde (IAM) suite à un meilleur traitement en phase aiguë. Les soins dispensés en cas d’IAM ont évolué de manière spectaculaire au cours des dernières décennies avec l’apparition dans les années 60 des unités de soins coronariens (Khush et al., 2005), puis l’apparition dans les années 80 de traitements visant à rétablir rapidement la circulation sanguine (Gil et al., 1999). Les succès obtenus sont d’autant plus remarquables que tout donne à penser que l’incidence de l’IAM n’a pas diminué dans la plupart des pays (Goldberg et al., 1999; Parikh et al., 2009). Toutefois, un grand nombre d’études ont montré qu’une proportion considérable de patients victimes d’un IAM ne reçoit pas les soins appropriés (Eagle et al., 2005).
Mortalité à l'hôpital après un accident vasculaire cérébral
Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et autres maladies cérébrovasculaires sont la quatrième cause la plus courante de décès dans les pays de l’OCDE où ils représentent en moyenne plus de 8 % de l’ensemble des décès (OCDE, 2011a). Des estimations indiquent qu’ils représentent entre 2 et 4 % des dépenses de santé et aussi qu’ils sont à l’origine de coûts importants en dehors du système de santé du fait de leur impact en matière d’incapacité (OCDE, 2003a). Dans les AVC ischémiques, qui représentent environ 85 % des cas, l’irrigation sanguine d’une partie du cerveau est interrompue, ce qui entraîne une nécrose de la partie touchée, tandis que dans les AVC hémorragiques la rupture d’un vaisseau sanguin cause un saignement dans le cerveau, entraînant habituellement des lésions plus étendues.
Traumatisme obstétrical
La sécurité des patients est récemment devenue l’un des principaux problèmes des politiques de santé, car la recrudescence attestée d’un fort taux d’erreurs dans l’administration des soins médicaux a commencé à ébranler la confiance traditionnellement manifestée par les patients et les responsables politiques à l’égard de la profession médicale. Dès 1991, une étude américaine constatait la survenue d’incidents préjudiciables dans 1 à 4 % des admissions à l’hôpital (Brennan et al., 1991). Le US Institute of Medicine a ensuite synthétisé les données disponibles sur les erreurs médicales, et estimé que les décès dus à une erreur médicale étaient plus nombreux que ceux imputables à un accident de la circulation ou un cancer du sein (Kohn et al., 2000). Une étude suédoise récente a montré que plus de 12 % des admissions s’accompagnaient d’incidents préjudiciables qui auraient pu être évités à 70 %, et avaient rallongé le séjour hospitalier de six jours (Soop et al., 2009). Le Conseil de l’Union européenne a adopté en 2009 une Recommandation portant sur la sécurité des patients, y compris la prévention et la maîtrise des infections liées à la dispensation de soins (Union européenne, 2009).
Complications opératoires ou postopératoires
Les efforts visant à améliorer la sécurité des patients ont déclenché un intérêt pour la déclaration des événements sentinelles et des incidents préjudiciables imputables à des soins de santé. Les événements sentinelles sont des accidents rares mais dramatiques dans lesquels une erreur médicale peut occasionner un préjudice sérieux pour le patient. Ces accidents indiquent une défaillance des dispositifs de protection des patients pendant l’administration des soins. L’oubli d’un corps étranger pendant une intervention est l’un de ces événements, qui signale l’existence de graves problèmes procéduraux. L’indicateur retrace les erreurs concernant l’oubli d’un instrument chirurgical (aiguille, lame, gaze) en fin d’intervention. Les facteurs de risques les plus couramment à l’origine de la présence postopératoire de corps étrangers sont l’urgence, la modification procédurale inopinée, les changements d’équipier en cours d’intervention chirurgicale et l’obésité du patient (Gawande et al., 2003). Les mesures de prévention peuvent consister à appliquer des procédures de comptage, à explorer les plaies de manière méthodique et à bien communiquer au sein de l’équipe chirurgicale.
Réadmission à l'hôpital non programmée pour troubles mentaux
Le poids des maladies mentales est considérable : elles représentent entre 3 et 16 % des dépenses totales de santé dans les pays de l’OCDE. Les troubles graves comme la schizophrénie et les troubles bipolaires sont parmi les dix principales causes d’années perdues en raison d’incapacité au niveau mondial (OMS, 2008b).
Dépistage, survie et mortalité du cancer du col de l'utérus
Le cancer du col de l’utérus peut être évité et il est curable s’il est détecté à un stade précoce. La principale cause du cancer du col de l’utérus, qui représente environ 95 % de l’ensemble des cas, est l’exposition sexuelle au papillomavirus humain (CIRC, 1995; Franco et al., 1999). Trois indicateurs sont présentés pour refléter les variations des soins du cancer du col de l’utérus dans les pays de l’OCDE: le taux de dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes de 20 à 69 ans, le taux de survie relatif à cinq ans et le taux de mortalité.
Dépistage, survie et mortalité du cancer du sein
Le cancer du sein est la forme de cancer la plus fréquente chez les femmes ; il a été responsable de près de 460 000 décès dans le monde en 2008 (OMS, 2011d). Une femme sur neuf aura un cancer du sein à un moment de sa vie et une sur trente en décédera. Il existe un certain nombre de facteurs de risque tels que l’âge, des antécédents familiaux de cancer du sein, une oestrogénothérapie et l’abus d’alcool. Les dépenses globales au titre du cancer du sein représentent environ 0.5 à 0.6 % des dépenses totales de santé (OCDE, 2003a). La disparité de traitement du cancer du sein entre les pays de l’OCDE est représentée par les taux de dépistage par mammographie chez les femmes de 50 à 69 ans, les taux de survie et les taux de mortalité.
Survie et mortalité du cancer colorectal
Le cancer colorectal est la troisième forme de cancer la plus couramment diagnostiquée dans le monde après le cancer du poumon et le cancer du sein. Environ un million de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année (Parkin et al., 2005). Plusieurs facteurs exposent certains individus à un risque accru de contracter la maladie. Ces facteurs sont notamment la présence de polypes, une colite ulcéreuse, un régime riche en graisses, et des facteurs génétiques. La maladie est plus répandue aux États-Unis et en Europe, elle est rare en Asie. Dans les pays qui ont adopté un régime alimentaire de type occidental comme le Japon, l’incidence du cancer colorectal est toutefois en augmentation (CIRC, 2011). On estime à environ 610 000 le nombre des personnes décédées des suites d’un cancer colorectal en 2008 (OMS, 2011d). Aux États-Unis, on estime à 14 milliards USD par an les dépenses totales au titre du traitement du cancer colorectal (Mariotto et al., 2011). Deux indicateurs (le taux de survie relatif à cinq ans et le taux de mortalité) sont utilisés pour refléter la variation des résultats pour les patients souffrant d’un cancer colorectal dans les pays de l’OCDE.
Programmes de vaccination des enfants
La vaccination des enfants demeure une des interventions de santé publique offrant l’un des meilleurs rapports coût-efficacité. Tous les pays de l’OCDE ont mis en place des programmes de vaccination reposant sur leur interprétation des risques et des avantages de chaque vaccin. On peut considérer que la couverture de ces programmes est un indicateur de la qualité des soins. La vaccination contre la coqueluche, la rougeole et l’hépatite B sont prises ici comme exemples de l’organisation de la vaccination des enfants.
Vaccination antigrippale des personnes âgées
La grippe est une maladie infectieuse courante dans le monde qui touche les personnes de tous âges. Aux États-Unis, par exemple, entre 5 % et 20 % de la population en moyenne est atteinte de la grippe chaque année (CDC, 2009). La plupart des personnes qui contractent la maladie s’en remettent rapidement mais les personnes âgées et les personnes souffrant d’affections chroniques sont plus exposées au risque de complications, voire de décès. Entre 1979 et 2001, la grippe a entraîné en moyenne plus de 200 000 hospitalisations et 36 000 décès par an aux États-Unis (CDC, 2009). L’impact de la grippe sur la population active est important, même si la morbidité et la mortalité touchent principalement les personnes âgées et les personnes souffrant d’affections chroniques (Keech et al., 1998). En Europe, la grippe est responsable d’environ 10 % des arrêts de travail pour maladie et le coût de la perte de productivité en France et en Allemagne a été estimé entre USD 9.3 et 14.1 milliards par an (Szucs, 2004).
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