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Ces dernières décennies, les dépenses
de soins de longue durée ont progressé dans la plupart des pays de l'OCDE, et devraient
encore augmenter dans les années à venir du fait du vieillissement de la population et de
l'accroissement du nombre de personnes ayant un besoin continu de services de santé et
d'aide sociale. La prise en charge de longue durée est à cheval sur les deux domaines des
soins de santé et des services sociaux. Pour les comparaisons internationales, la partie
de cette prise en charge qui est considérée comme étant du ressort de la santé englobe les
soins médicaux et les aides pour les activités de la vie quotidienne comme s'alimenter,
s'habiller et se laver. Les dépenses sociales comprennent, quant à elles, les services
visant à aider les personnes à vivre de manière aussi indépendante que possible
(c'est-à-dire les aides pour les services d'hébergement ou l'accomplissement des
activités instrumentales de la vie quotidienne telles que la préparation des repas ou la
gestion des finances personnelles).
Une part significative des dépenses de
soins de longue durée est financée par des deniers publics. Ces dépenses publiques
conviennent mieux aux comparaisons internationales, car on observe de forts écarts dans la
déclaration des dépenses privées d'un pays à l'autre. En 2009, les dépenses publiques de
prise en charge des soins de longue durée (volets sanitaire et social) représentaient
1.5 % du PIB en moyenne dans les pays de l'OCDE (Graphique 8.8.1). Les Pays-Bas et la Suède y ont affecté plus de 3.5 % de leur
PIB, tandis que la Corée, l'Estonie, la Hongrie, le Mexique, la Pologne, le Portugal, la
République slovaque et la République tchèque y consacraient moins de 0.5 % de leur PIB.
Ces disparités traduisent non seulement des différences de structure démographique mais
aussi des différences de développement des programmes de prise en charge de la dépendance
(par rapport à des dispositifs plus informels reposant essentiellement sur l'implication
des membres de la famille).
Les dépenses privées de prise en
charge de soins de longue durée, quoique sous-déclarées, jouent un rôle important en
Suisse (environ 1.3 % du PIB) et aux États-Unis (environ 0.4 % du PIB).
Les délimitations internationales
entre le volet sanitaire et le volet social des dépenses de soins de longue durée ne sont
pas appliquées de manière stricte dans tous les pays. Il en résulte d'importants écarts,
entre certains pays de l'OCDE, dans l'ampleur des dépenses publiques de prise en charge de
la dépendance des deux volets. Les Pays-Bas et la Norvège consacrent ainsi 2 % de leur PIB
au volet sanitaire de cette dépense publique, alors que la moyenne avoisine 1 % du PIB.
Par ailleurs, le Portugal, le Mexique et la République slovaque y affectent moins de 0.1 %
de leur PIB. S'agissant des dépenses à caractère social, la Suède affiche le ratio le plus
élevé - 3 % du PIB -, très au-delà de la moyenne de l'OCDE qui s'établit à 0.6 %. À
l'opposé, la Pologne, le Luxembourg, l'Espagne, la Nouvelle-Zélande et la Corée indiquent
dépenser moins de 0.1 % du PIB dans ce domaine.
Les ressources publiques affectées à
la prise en charge de la dépendance ont rapidement progressé ces dernières années et sont
un facteur non négligeable de la croissance globale des dépenses de santé (Graphique 8.8.2). La Corée et l'Espagne ont récemment mis en œuvre des mesures
visant à renforcer leur dispositif de prise en charge de la dépendance, et ont affiché le
taux de croissance des dépenses publiques le plus élevé dans ce domaine depuis 2000. Pour
plus de la moitié des pays de l'OCDE, le volet sanitaire des dépenses publiques de prise
en charge de la dépendance a progressé plus vite que l'ensemble des dépenses publiques de
santé (elles se situent au-dessus de la ligne oblique à 45° dans le Graphique 8.8.3). Toutefois, dans d'autres pays tels que l'Australie, le
Canada, les États-Unis, la Finlande et la Suède, ce volet a progressé moins vite que les
dépenses publiques de santé.
Certaines projections laissent
présager au moins un doublement des dépenses publiques affectées à la prise en charge de
la dépendance en part du PIB, à l'horizon 2050. Le défi consistera donc à trouver le bon
équilibre entre une protection appropriée face à la dépendance et la viabilité budgétaire
de cette protection sur le long terme (Colombo et al.,
2011).
Définition et comparabilité
Les dépenses de prise en charge de
la dépendance englobent les services de santé et d'aide sociale fournis aux individus
qui souffrent de maladies chroniques et d'incapacités, et qui ont un besoin continu de
soins. Conformément aux définitions du Système des comptes de la santé, le volet
sanitaire comprend les soins de santé prodigués aux patients souffrant d'affections
chroniques et assistés pour l'accomplissement des activités de la vie quotidienne
(consistant par exemple à s'alimenter, se laver et s'habiller). Il comprend les soins
palliatifs et les soins de santé dispensés en établissement de long séjour, ainsi que
les services de santé et d'aide à la personne assurés à domicile. Les dépenses
sociales comprennent : les aides aux services d'hébergement fournies dans des formules
de vie adaptées et dans d'autres types d'hébergements protégés ; l'aide à
l'accomplissement des activités instrumentales de la vie quotidienne (consistant par
exemple à faire les courses, préparer les repas et gérer les finances personnelles) ;
les services d'accueil de jour de type activités sociales pour personnes dépendantes ;
les services de transport vers et depuis ces centres d'accueil de jour et autres
services sociaux similaires. Toutefois, les données fournies par les pays sur
l'affectation des dépenses au volet sanitaire ou au volet social peuvent différer de
ces définitions. Selon le Système des comptes de la santé, seules les dépenses du
volet sanitaire sont incluses dans les dépenses globales de santé décrites au Chapitre 7.
Dans les Graphique 8.8.2 et Graphique 8.8.3, les dépenses publiques de prise en charge
de la dépendance ne font référence qu'au volet sanitaire.
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| Indicateur au format PDF |
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| 8.8.1 Dépenses publiques de soins de longue durée
(composantes médicale et sociale), en pourcentage du PIB, 2009 (ou année la plus
proche) |
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| 8.8.2 Taux de croissance des dépenses publiques liées aux
soins de longue durée (composante médicale), 2000-09 (ou année la plus
proche) |
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| 8.8.3 Croissance des dépenses publiques liées aux soins de
longue durée et dépenses publiques totales de santé, 2000-09 (ou année la plus
proche) |
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