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Les patients peuvent devoir patienter
avant de bénéficier de services de santé pour un certain nombre de raisons dont le manque
d'équipements médicaux ou de lits d'hôpitaux disponibles, la pénurie de personnel ou une
organisation inefficace des services. Des délais d'attente excessifs pour voir un médecin
ou bénéficier d'une chirurgie élective peuvent parfois avoir des effets en termes de
stress, d'anxiété et de souffrance préjudiciables pour la santé (Sanmartin, 2003). Les
délais d'attente ont également un impact négatif sur la perception du système de santé par
le public.
Dans la mesure où la plupart des pays
tendent à utiliser leur propre définition, il est difficile de collecter des données
comparables sur les délais d'attente. Les enquêtes multipays auprès des patients peuvent
être utilisées, bien qu'elles reposent sur des autodéclarations, que la taille de
l'échantillon soit souvent limitée, et qu'elles ne soient pas totalement en conformité
avec les données administratives.
Ces enquêtes montrent que les délais
d'attente varient considérablement. En 2010, les délais d'attente pour avoir accès à un
médecin ou à une infirmière étaient faibles dans la plupart des onze pays couverts par
l'enquête du Commonwealth Fund. Le Canada, la Norvège et la Suède sont les seuls pays dans
lesquels un grand nombre de patients doivent attendre six jours et plus (Davis et al., 2010).
Les délais d'attente pour les
consultations de spécialistes étaient également plus longs au Canda, en Norvège et en
Suède, 50 % et plus des enquêtés déclarant qu'il fallait attendre un minimum de quatre
semaines avant d'obtenir un rendez-vous (Graphique 6.8.1). En
Allemagne, en Suisse et aux États-Unis, le temps d'accès était moindre, 80 % et plus des
patients obtenant dans les quatre semaines un rendez-vous chez un spécialiste.
Les délais d'attente pour une
chirurgie programmée étaient également très différents (Graphique 6.8.2). En 2010, au Canada, en Suède, en Norvège, au Royaume-Uni et
en Australie, une forte proportion de patients déclaraient devoir attendre quatre mois et
plus pour une chirurgie programmée (Davis et al., 2004,
2006 et 2010; Schoen et al., 2010).
Les délais d'attente peuvent varier à
l'intérieur d'un même pays. Bien que pour l'ensemble de l'Allemagne les enquêtés fassent
état de délais d'attente très modérés pour une consultation de médecin, les patients de la
partie est du pays font état de délais plus longs (KBV, 2010). Des données de plusieurs
pays, dont l'Angleterre, l'Allemagne et l'Autriche, indiquent que les personnes
appartenant à des groupes socioéconomiques plus élevés ou ayant souscrit une assurance
maladie privée bénéficient de délais d'attente plus courts (Laudicella et al., 2010 ; KBV, 2010 ; Statistik Austria, 2007). Au Canada,
les femmes ont des délais d'attente pour les consultations de spécialistes plus longs que
les hommes, peut-être parce que les hommes consultent à un stade plus avancé ou aigu de la
maladie et ont un besoin plus urgent de traitement (Carrière et Sanmartin, 2010).
Un certain nombre de pays ont pris des
initiatives pour réduire les délais d'attente. En Angleterre, le gouvernement s'est fixé
un objectif en 2000 d'un maximum de 18 semaines entre l'orientation et le traitement pour
des soins électifs, et en 2008 94 % des patients admis à l'hôpital et 98 % des patients
non admis ont été traités dans ce délai (Department of Health, 2009). Ces données
administratives montrent des résultats plus positifs que ceux rapportés par les enquêtes
(Graphique 6.8.2). En Nouvelle-Zélande, où la réduction des
délais d'attente pour une chirurgie élective a été l'un des grands objectifs des
politiques de santé, ces délais ont diminué depuis 2005, tandis que l'accès aux services a
été sérieusement amélioré (MoH, 2010).
An Canada, l'objectif de réduction des
délais d'attente pour un ensemble de chirurgies électives, dont les arthroplasties de la
hanche et du genou et les opérations de la cataracte, a été fixé en 2004 dans le cadre
d'un plan sur dix ans de renforcement des soins de santé. L'évaluation la plus récente
de 2010-11 a montré que 80 % des patients ont reçu des procédures prioritaires selon les
recommandations cliniques. Pour les arthroplasties de la hanche, l'objectif de 75 % de
patients traités dans un délai de 26 semaines était satisfait dans sept provinces sur dix,
tandis que pour les opérations de la cataracte l'objectif de 75 % de patients traités dans
un délai de 16 semaines était satisfait dans six provinces (CIHI, 2011).
L'idéal n'est pas nécessairement
d'abolir les délais d'attente. Il peut être plus efficace d'avoir de petites listes
d'attente pour les candidats à une chirurgie élective car, dans ce cas, les conséquences
pour la santé sont minimes et on peut ainsi faire des économies en termes de capacité
hospitalière (Siciliani et Hurst, 2003). Cela peut également dissuader des patients qui ne
retireront de l'intervention que des avantages minimes au plan de la santé (Laudicella
et al., 2010).
Définition et comparabilité
Dans les enquêtes du Commonwealth
Fund, le délai d'attente pour des consultations de médecins ou d'infirmières désigne
le nombre de jours ou de semaines que le patient doit attendre avant d'obtenir un
rendez-vous. Pour une consultation de spécialistes et pour une chirurgie élective, le
délai d'attente désigne le temps s'écoulant entre le moment où il est conseillé au
patient de se faire soigner et la date du rendez-vous. Seuls les répondants ayant eu
un rendez-vous chez le spécialiste ou une chirurgie élective ont renseigné les délais
d'attente.
Comme il n'y a pas de définition
universellement admise des délais d'attente, des données provenant de sources
différentes peuvent ne pas être comparables.
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| Indicateur au format PDF |
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| 6.8.1 Temps d'attente de quatre semaines ou plus pour un
rendez-vous chez un spécialiste |
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| 6.8.2 Temps d'attente de quatre mois ou plus pour une
chirurgie élective |
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