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La mesure des taux d'utilisation des
soins de santé, tels que les consultations de médecins, permet de déterminer si certaines
catégories de population sont confrontées à des problèmes d'accès. Les difficultés de
consulter des médecins en raison d'un coût excessif, de longs délais d'attente ou de
l'éloignement, peuvent entraîner une moindre utilisation de ces services et, de ce fait,
un plus mauvais état de santé et des inégalités accrues en matière de santé.
Le nombre moyen de consultations de
médecins par habitant varie grandement d'un pays de l'OCDE à l'autre (voir l'Indicateur 4.1). Il existe également des différences notables entre les
diverses catégories de population à l'intérieur des pays, notamment selon le statut
socioéconomique.
Une étude en cours de l'OCDE sur les
inégalités dans les consultations de médecins selon le revenu actualise, pour un certain
nombre de pays, les résultats d'une étude précédente de van Doorslaer et al. (2004). Les graphiques montrent l'indice d'inéquité
horizontale - une mesure de l'inégalité dans l'utilisation des médecins ajustée selon les
besoins - concernant la probabilité de consulter un médecin, qu'il soit généraliste ou
spécialiste. La probabilité est inégale si l'indice d'inéquité horizontale est
significativement différent de zéro. Il favorise les groupes à faibles revenus quand il
est en dessous de zéro, et les groupes à revenus élevés quand il est au-dessus de zéro.
L'indice est ajusté pour les différences de besoin en soins de santé, de manière à prendre
en compte les problèmes de santé plus fréquents et plus graves chez les personnes à
faibles revenus.
Le Graphique 6.5.1 montre que les visites chez un médecin sont plus probables
chez les personnes à hauts revenus dans douze des quinze pays, la plupart des pays ayant
cependant des niveaux d'inégalité faibles. Seuls les États-Unis présentent un niveau plus
élevé d'inégalité. Dans trois pays de l'OCDE - le Royaume-Uni, la République tchèque et la
Slovénie - à besoin égal, les personnes à hauts revenus n'ont pas significativement plus
de chances de voir un médecin que les personnes à faibles revenus. En Corée, une étude
similaire a constaté également qu'il n'y avait pas d'inégalité significative dans la
consultation de médecins selon le niveau de revenu (Lu et
al., 2007).
Concernant la fréquence des visites,
six pays sur 14 affichent des inégalités en faveur des personnes à hauts revenus (Canada,
France, Finlande, Espagne, États-Unis et Pologne). Dans les huit autres pays, les
personnes à faibles revenus ont vu un médecin aussi souvent que les personnes à revenus
élevés.
Il y a des différences notables par
ailleurs entre les visites chez les généralistes et chez les spécialistes. Dans la plupart
des pays, la probabilité de consulter un généraliste est répartie de façon équitable selon
le revenu (Graphique 6.5.2). Lorsqu'une inégalité existe, elle est
souvent positive indiquant une répartition en faveur des personnes à revenus élevés, mais
le degré d'inégalité est faible. Les personnes à faibles revenus, cependant, sont
susceptibles de consulter un généraliste plus fréquemment.
La situation est toutefois différente
pour les consultations de spécialistes. Dans pratiquement tous les pays, les personnes à
hauts revenus sont plus susceptibles de consulter un spécialiste (Graphique 6.5.3) et, dans la plupart des pays, elles en consultent plus
souvent. C'est le cas en Finlande où le degré élevé de participation des patients aux
coûts, les services offerts sur le lieu de travail qui favorisent les personnes en emploi
en facilitant l'accès aux spécialistes, et l'ampleur du secteur des soins ambulatoires
privés jouent un rôle important dans l'accès aux services des spécialistes. En Italie, des
variations régionales d'accès aux soins expliquent en grande partie les inégalités de
consultations de spécialistes en faveur des personnes à revenus élevés (Masseria et
Giannoni, 2010).
Dans le même ordre d'idée, une étude
antérieure menée dans 13 pays européens montre qu'à besoin égal, les personnes
plus instruites tendent à recourir davantage aux spécialistes, et il en va de même aussi
pour le recours aux généralistes dans certains pays (dont la France, le Portugal et la
Hongrie) (Or et al., 2008). Cette étude donne à penser
que, outre le coût direct des soins, d'autres caractéristiques des systèmes de santé comme
le rôle conféré au généraliste et l'organisation des soins primaires sont importants pour
la réduction des inégalités sociales en matière d'utilisation des soins. Les inégalités
sociales dans le recours aux spécialistes sont moindres dans les pays à
" système national de santé " et où les généralistes ont un
rôle de filtrage. Les pays qui ont des réseaux de soins primaires bien établis mettent
peut-être davantage l'accent sur la satisfaction des besoins des populations démunies, et
le filtrage simplifie souvent l'accès et apporte aux personnes à statut socioéconomique
relativement bas le bénéfice d'une meilleure orientation (Or et
al., 2008).
Définition et comparabilité
Les consultations de médecins
correspondent à la probabilité et à la fréquence de visites auprès des médecins,
incluant les généralistes et les spécialistes (à l'exception des États-Unis où
l'enquête ne fournit pas de ventilation entre ces deux grandes catégories de
médecins).
Les estimations de l'OCDE sont
effectuées à partir d'enquêtes sur la santé auprès des ménages réalisées autour
de 2009. Les inégalités dans les consultations sont évaluées selon le revenu des
ménages, en corrigeant l'utilisation en fonction du besoin de soins sur la base
d'informations autodéclarées sur l'état de santé.
Les différences dans la
formulation des questions et dans les catégories de réponses proposées dans ces
enquêtes peuvent limiter la validité des comparaisons internationales. Les groupes
interrogés peuvent avoir une tranche d'âges variable, et les indicateurs utilisés pour
évaluer le revenu peuvent eux aussi varier. Une certaine prudence s'impose donc dans
l'interprétation des inégalités d'utilisation des soins entre pays.
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| Indicateur au format PDF |
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| 6.5.1 Indices d'inéquité horizontale relatifs à la
probabilité de consulter un médecin (avec un intervalle de confiance de 95 %) dans
15 pays de l'OCDE, 2009 (ou année la plus proche) |
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| 6.5.2 Indices d'inéquité horizontale relatifs à la
probabilité de consulter un généraliste (avec un intervalle de confiance de 95 %) dans
14 pays de l'OCDE, 2009 (ou année la plus proche) |
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| 6.5.3 Indices d'inéquité horizontale relatifs à la
probabilité de consulter un spécialiste (avec un intervalle de confiance de 95 %) dans
13 pays de l'OCDE, 2009 (ou année la plus proche) |
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