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L'accès aux soins médicaux nécessite
un nombre suffisant de médecins et une répartition géographique adéquate de ces derniers.
Un manque de médecins dans une région peut accroître la durée des déplacements pour les
patients et augmenter la charge des médecins. La mauvaise répartition des médecins est un
problème auquel sont confrontés de nombreux pays de l'OCDE, en particulier dans les
territoires comprenant des régions reculées à faible densité de population où les temps de
transport jusqu'à la ville la plus proche sont importants.
En mesurant les disparités de la
" densité " de médecins entre les régions d'un même pays,
on obtient une certaine indication de l'accessibilité de leurs services. Toutefois,
certaines régions peuvent avoir une forte densité de médecins, mais les habitants des
zones reculées de cette région peuvent néanmoins avoir à faire de longs déplacements pour
recevoir des soins. Non seulement la densité de médecins doit être adaptée à celle de la
population des régions, mais les services qu'ils offrent doivent également correspondre
aux besoins, aussi bien en généralistes qu'en spécialistes. Les besoins médicaux peuvent
être plus élevés dans les régions reculées où l'âge de la population est supérieur à la
moyenne.
Au niveau national, les pays de l'OCDE
affichent de grandes disparités en termes de nombre de médecins pour 1 000 habitants,
variant entre moins de 2 au Chili, en Turquie et en Corée, à 4 et plus en Norvège, en
Autriche et en Grèce (voir l'Indicateur 3.2
" Médecins " ).
Dans bien des pays, le nombre de
médecins par habitant dans les villes capitales est plus élevé que dans les autres régions
(Graphique 6.4.1). En République tchèque, par exemple, Prague a
une densité de médecins près de deux fois supérieure à la moyenne du pays. L'Autriche, la
Belgique, la Grèce, le Portugal, la République slovaque et les États-Unis ont également
une forte concentration de médecins dans leur capitale nationale. Il existe aussi une
inégalité de la densité de spécialistes, avec une concentration particulièrement visible
dans la capitale dans un certain nombre de pays comme le Mexique, la République slovaque
et la Turquie (OCDE, 2009b). Le Japon fait état d'un plus grand nombre de spécialistes en
milieu urbain (Matsumoto, 2010).
La densité de médecins est plus grande
dans les régions à forte population urbaine, en raison de la concentration de services
tels que la chirurgie et les praticiens spécialisés (Graphique 6.4.2). Au Canada, un peu moins de 16 % des " médecins
de famille " (principalement des généralistes) et seulement 2 % des
spécialistes étaient installés dans des zones rurales ou des petites villes en 2006,
alors que 24 % de la population résidait dans ces zones (Dumont et al., 2008). De même, aux États-Unis, 17 % de la population vivait dans
des zones hors des grandes métropoles en 2004, mais seulement 9 % des médecins en exercice
étaient installés dans ces zones. et près de 50 % des comtés aux États-Unis n'avaient pas
d'obstétriciens ou de gynécologues fournissant des soins directs aux patientes
(NCHS, 2007). La situation est similaire en France, avec 22 % des généralistes et 4 % des
spécialistes qui exerçaient dans des villes de moins de 10 000 habitants en 2010, alors
que 36 % de la population résidait dans ces zones (DREES, 2010).
Un certain nombre de facteurs influent
sur la répartition des médecins, notamment la taille de la population et le développement
économique de la région (en rapport avec la taille du marché et avec le potentiel de
revenus), l'environnement professionnel de la région (les possibilités d'interaction avec
les collègues et l'accès aux hôpitaux et autres établissements médicaux) et l'importance
des équipements collectifs (Huber et al., 2008).
L'expérience montre qu'il faut
associer différentes politiques en vue de résoudre les problèmes d'inégalité de
répartition (Simoens et Hurst, 2006). Au Canada, les médecins formés à l'étranger
représentaient en moyenne 30 % du personnel médical dans les zones rurales ou reculées
en 2006. La télésanté et les infirmiers praticiens aident aussi à fournir des soins
primaires. Des incitations ont été également mises en place pour la formation de
professionnels de santé ayant une origine ou une expérience rurale (Dumont et al., 2008). En Turquie, des nouveaux professionnels de santé
ont été affectés ces dernières années à des zones à faible densité de médecins, même s'il
demeure difficile de doter d'un personnel adéquat les zones présentant les plus grands
besoins (OCDE et Banque mondiale, 2008). En juillet 2010, l'OMS a publié une série de
recommandations sur différentes stratégies de rétention des travailleurs de la santé dans
les régions éloignées et rurales (OMS, 2010).
Définition et comparabilité
L'Indicateur 3.2 fournit une définition générale des médecins. La
répartition géographique des médecins est calculée en rapportant le nombre de médecins
à la population régionale.
L'OCDE classe les régions en deux
niveaux territoriaux. Le niveau supérieur (niveau territorial 2) englobe 362 grandes
régions qui correspondent dans la plupart des cas à des régions administratives
nationales (OCDE, 2011b). Toutefois, ces régions peuvent contenir un mélange de
populations urbaines, intermédiaires et rurales. Une analyse infrarégionale plus
poussée est nécessaire pour avoir une vision plus complète de la répartition
géographique des médecins. Un certain nombre de pays ont élaboré des systèmes de
classification des populations dans des catégories urbaines ou rurales, mais ceux-ci
ne sont pas uniformément utilisés, ce qui rend difficiles les comparaisons
internationales.
Informations sur les données concernant Israël :
http://dx.doi.org/10.1787/888932315602.
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| Indicateur au format PDF |
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| 6.4.1 Densité de médecins, par régions de niveau territorial
2, 2008 (ou année la plus proche) |
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| 6.4.2 Densité de médecins dans les zones rurales et urbaines,
quatre pays de l'OCDE |
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