|
Beaucoup de pays de l'OCDE ont pris
des mesures ces dernières années pour augmenter le nombre d'élèves dans les filières de
formation des infirmiers en réponse aux inquiétudes suscitées par la pénurie, actuelle ou
prévisible, de personnel infirmier. Il est d'autant plus important d'investir davantage
dans la formation du personnel infirmier que la population infirmière vieillit dans de
nombreux pays et que les infirmiers de la génération du
" baby-boom " approchent de la retraite.
En 2009, on dénombrait 39 infirmiers
nouvellement diplômés pour 100 000 habitants en moyenne au sein de la zone OCDE, contre
36 en 2007 (Graphique 3.8.1). C'est en République slovaque que ce nombre
était, de loin, le plus élevé, puisqu'il s'établissait à 152. Le nombre d'infirmiers
nouvellement diplômés a plus que doublé dans ce pays depuis 2006, passant de 3 732 en 2006
à plus de 8 000 en 2009. En revanche, la densité d'infirmiers nouvellement diplômés a
toujours été faible en Turquie, au Chili, en Grèce et en Italie, quatre pays où le nombre
d'infirmiers par habitant est relativement faible. Au Luxembourg, la densité d'infirmiers
nouvellement diplômés est aussi faible, mais bon nombre d'infirmiers se forment à
l'étranger.
Les dispositifs institutionnels qui
régissent la formation du personnel infirmier diffèrent suivant les pays de l'OCDE. Dans
certains pays, le nombre d'élèves admis dans les filières de formation à la profession
infirmière n'est pas limité. Il en va ainsi en Belgique, au Chili, aux Pays-Bas, en
Norvège, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, bien que, dans ce dernier cas, les
décisions prises au niveau des états en matière de financement public de la formation du
personnel infirmier aient une influence directe sur la capacité des établissements de
formation à accueillir des élèves. Toutefois, dans la plupart des pays, l'entrée dans les
filières de formation du personnel infirmier est régulée (OCDE, 2008a).
L'augmentation des effectifs en
formation transparaît également à travers le nombre de diplômés pour 1 000 infirmiers en
exercice (Graphique 3.8.2). Ainsi, on en dénombrait 58 en moyenne dans
les pays de l'OCDE en 2009, contre 42 en 2007. Le nombre d'infirmiers nouvellement
diplômés en proportion du nombre d'infirmiers en exercice était élevé en République
slovaque, en Corée et au Chili, même si, dans ces deux derniers pays, cette situation
s'explique en partie par le nombre relativement faible d'infirmiers. Le pourcentage le
plus faible s'observait au Luxembourg, situation compensée par le nombre d'infirmiers
formés dans d'autres pays.
Dans beaucoup de pays de l'OCDE, le
nombre de diplômés qui sortent chaque année des filières de formation du personnel
infirmier a augmenté au cours des dix dernières années. Il en va ainsi, par exemple, en
France, où ce nombre a augmenté de 60 % entre 2000 et 2009, et en Suisse, où il a augmenté
de 27 % au cours de la même période (Graphique 3.8.3).
En Italie, les inquiétudes suscitées
par les pénuries actuelles ou futures de personnel infirmier ont conduit à relever
sensiblement le nombre d'élèves admis dans les filières universitaires ces dernières
années, ce qui a entraîné une augmentation du nombre d'infirmiers nouvellement diplômés,
lequel est passé de moins de 6 000 en 2002 à près de 11 000 en 2009. Néanmoins, cette
hausse ne sera peut-être pas suffisante pour répondre à la demande, étant donné que selon
les estimations, entre 13 000 et 17 000 infirmiers quittent la profession chaque année
(Chaloff, 2008).
Au Japon, le nombre annuel
d'infirmiers nouvellement diplômés a baissé entre 2000 et 2006. Toutefois cette tendance à
la baisse des capacités de formation s'est inversée depuis 2006, ce qui devrait se
traduire par une augmentation du nombre de nouveaux diplômés dans les années à venir.
L'impact de l'augmentation des
effectifs en formation sur l'offre de personnel infirmier dépendra aussi des autres
politiques mises en œuvre dans le domaine des ressources humaines. Des réformes, par
exemple des mesures destinées à inciter les infirmiers à rester plus longtemps dans la
profession à travers une amélioration de leur rémunération et de leurs conditions de
travail, pourraient permettre de rentabiliser les investissements réalisés pour former
davantage d'infirmiers (Buchan et Black, 2011).
Définition et comparabilité
Le nombre d'infirmiers
nouvellement diplômés correspond au nombre d'étudiants qui ont obtenu une
qualification reconnue, nécessaire pour devenir infirmier diplômé ou agréé. Il
comprend les diplômés sortant de filières de formation de personnel infirmier à des
niveaux plus ou moins élevés. Il ne tient pas compte des étudiants titulaires de
masters ou de doctorats, pour éviter de comptabiliser deux fois les personnes qui
acquièrent des qualifications supplémentaires.
Les chiffres communiqués par le
Canada, la Grèce, la Corée, la Slovénie et la Suède ne tiennent pas compte des
diplômés issus de filières de niveau inférieur et ceux se rapportant à l'Allemagne ne
tiennent pas compte des infirmiers qui suivent une formation de trois ans et
interviennent auprès des personnes âgées, ce qui entraîne une sous-estimation de la
densité de nouveaux diplômés par habitant. En revanche, le calcul du nombre de
nouveaux diplômés par infirmier en exercice tient compte des mêmes catégories
professionnelles au numérateur et au dénominateur, ce qui évite toute surestimation ou
sous-estimation. Le Royaume-Uni ne tient pas compte des nouveaux diplômés originaires
de l'étranger.
Informations sur les données
concernant Israël : http://dx.doi.org/10.1787/888932315602.
|
| |
|
|
| Indicateur au format PDF |
|
| 3.8.1 Diplômés en études d'infirmier pour 100 000 habitants,
2009 (ou année la plus proche) |
|
|
| 3.8.2 Diplômés en études d'infirmier pour 1 000 infirmiers,
2009 (ou année la plus proche) |
|
|
| 3.8.3 Nombre absolu de diplômés en études d'infirmier pour
quelques pays de l'OCDE, 1990 à 2010 |
|
|
|