Mesurer les progrès réalisés par les pays
de l'OCDE dans le domaine de la santé ces cinquante
dernières années
L'OCDE a commencé ses travaux sur la
santé au début des années 80 dans un contexte de forte croissance des dépenses de santé à
cette époque. Dans les années 80 et 90, ces travaux ont eu pour principal objectif la
constitution d'une base de données solide, susceptible d'être utilisée pour réaliser des
analyses comparatives des systèmes de santé, et ont d'abord consisté à recueillir des
données comparables sur les dépenses de santé. Ces premiers travaux ont abouti à la
publication, en 2000, de la première version du manuel de l'OCDE " Système de comptes de la santé " . Au cours des dix années qui ont suivi le lancement du Projet de
l'OCDE sur la santé en 2001, l'OCDE a élargi le champ de ses travaux pour s'intéresser à
certains des défis que doivent relever les responsables de l'action publique pour améliorer
les performances du système de santé de leur pays (voir encadré à la page suivante).
Travaux de l'OCDE sur la santé : quelques dates
importantes
1961 : Création de l'OCDE,
qui succède à l'Organisation européenne de coopération économique
1980 : La Conférence de
l'OCDE sur les politiques sociales préconise des travaux pour examiner la croissance des
dépenses de santé, impulsant ainsi le début des activités de l'OCDE sur la santé dans le
cadre du Groupe de travail sur la politique sociale
1985 : Premier rapport de
l'OCDE sur la santé, intitulé La santé en chiffres, 1960-1983 :
Dépenses, coûts, résultats
1991 : Première version
électronique d'Eco-Santé OCDE (la Base de données de l'OCDE sur la santé)
1999 : Premier Cadre de coopération entre l'OCDE et l'OMS
2000 : Publication du manuel
de l'OCDE, Système de comptes de la santé, destiné à
améliorer la comparabilité des données relatives aux dépenses de santé et à leur
financement
2001 : Lancement du Projet de l'OCDE sur la santé, visant à aider les pouvoirs
publics à améliorer la performance des systèmes de santé
2001 : Création du Groupe de l'OCDE sur la santé, chargé de superviser le
Projet de l'OCDE sur la santé (une modification du
nom et du mandat de ce groupe, en 2006, l'a transformé en Comité
de l'OCDE sur la santé)
2001 : Première édition du
Panorama de la santé, présentant les principaux
indicateurs de la base de données sous une forme facile à utiliser
2003 : Lancement du Projet de l'OCDE sur les indicateurs de la qualité des soins de santé,
ayant pour objectif la mise au point d'une série d'indicateurs visant à
mesurer et à comparer la qualité des soins
2004 : Organisation de la
première Réunion des ministres de la Santé de l'OCDE
à Paris pour examiner les principales conclusions du Projet de l'OCDE sur la santé. Parution de la publication Vers des systèmes de santé plus performants et d'une série
d'études sur les politiques de santé
2005 : Renouvellement du
Cadre de coopération entre l'OCDE et l'OMS, avec
extension de son champ d'application, couvrant désormais non seulement les activités
statistiques, mais aussi des travaux analytiques sur différents aspects du financement,
des ressources humaines et de l'efficience des systèmes de santé
2005 : Premier Questionnaire annuel conjoint sur les comptes de la santé
lancé par l'OCDE, l'OMS et Eurostat pour augmenter la quantité de données disponibles
sur les dépenses de santé et améliorer leur comparabilité
2010 : Nouveau Questionnaire conjoint pour la collecte de statistiques sur les aspects
non monétaires des systèmes de santé lancé par l'OCDE, l'OMS (région
Europe) et Eurostat pour augmenter la quantité et la qualité des données disponibles sur
les ressources humaines et autres ressources des systèmes de santé
2010 : Publication de
versions du Panorama de la santé consacrées aux
régions Europe et Asie-Pacifique
2010 : Publication du premier
rapport de l'OCDE sur la prévention, L'obésité et l'économie de
la prévention : Objectif santé, dégageant des tendances dans le domaine de
l'obésité et proposant des mesures pour endiguer l'épidémie d'obésité
2010 : Organisation de la
deuxième Réunion des ministres de la Santé de l'OCDE
à Paris, afin d'examiner les priorités des systèmes de santé au lendemain de la crise.
Parution de la première publication sur les indicateurs de qualité des soins de santé et
d'une série d'études sur des politiques visant à optimiser les dépenses de santé
2011 : Deuxième édition du
manuel Système de comptes de la santé publié
conjointement par l'OCDE, l'OMS et Eurostat afin de promouvoir une amélioration de la
comparabilité des systèmes de comptes de la santé dans les pays développés et en
développement
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À mesure que les travaux sur les
données et sur les politiques de santé se sont développés à l'OCDE, la coopération avec
d'autres organisations internationales, en particulier l'Organisation mondiale de la santé
(OMS) et la Commission européenne, s'est renforcée. Un premier accord de coopération a été
signé entre le Secrétaire général de l'OCDE et le directeur général de l'OMS en 1999 et son
champ a été étendu en 2005 pour couvrir non seulement les activités statistiques, mais aussi
les travaux analytiques sur le financement et la prestation des services de santé. Fin 2005,
l'OCDE, l'OMS et Eurostat (l'Office statistique de l'Union européenne) ont lancé une
première collecte de données conjointe sur la base du Système de
comptes de la santé, afin d'améliorer la disponibilité et la comparabilité des
données sur les dépenses de santé et leur financement. Fortes de ce premier succès, les
trois organisations ont lancé une nouvelle collecte conjointe en 2010 afin de recueillir des
données comparables sur les aspects non monétaires des systèmes de santé. Cette coopération
étroite a pour but d'éviter le chevauchement des travaux et de créer des synergies entre les
trois organisations.
La Base de
données de l'OCDE sur la santé, qui constitue la principale source de données
pour cette publication, a été construite progressivement ces trente dernières années, en
étroite coopération avec des représentants de tous les pays de l'OCDE et d'autres
organisations internationales. Elle constitue une source d'informations sans équivalent pour
comparer l'évolution de la santé et des systèmes de santé des différents pays de l'OCDE,
certaines séries temporelles couvrant l'intégralité des 50 années écoulées depuis la
fondation de l'OCDE.
Un examen rétrospectif de
l'évolution de la santé et des systèmes de santé depuis la création de l'OCDE en 1961 permet
de dégager trois grandes tendances :
-
l'allongement remarquable de
l'espérance de vie ;
-
le caractère changeant des
facteurs de risque pour la santé ;
-
la croissance constante des
dépenses de santé, qui a largement dépassé la croissance du PIB.
L'allongement remarquable de l'espérance de vie
L'état de santé de la
population des pays de l'OCDE s'est considérablement amélioré ces 50 dernières années, les
hommes comme les femmes vivant beaucoup plus longtemps que par le passé. Au sein de la
zone OCDE, l'espérance de vie a, en moyenne, augmenté de plus de 11 ans depuis 1960, pour
atteindre près de 80 ans en 2009. Elle s'est allongée de façon particulièrement
remarquable dans les pays où elle était relativement courte en 1960, comme la Corée, où
elle a connu un fort accroissement, ayant progressé de 28 années entre 1960 et 2009 pour
atteindre 80 ans. D'énormes gains d'espérance de vie ont également été enregistrés en
Turquie, au Mexique et au Chili, l'un des pays qui ont récemment adhéré à l'OCDE. Il en va
de même pour le Japon, qui arrive désormais en tête des pays de l'OCDE, avec une espérance
de vie de 83 ans. Il est suivi de près par plusieurs autres pays. Alors qu'en 2000, seuls
deux pays de l'OCDE affichaient une espérance de vie totale de 80 ans au moins, ils
étaient 22 à atteindre ce chiffre en 2009.
Ces gains d'espérance de vie
s'expliquent par une forte chute de la mortalité à tous les âges. Les taux de mortalité
infantile ont fortement diminué dans l'ensemble des pays. Les décès dus aux maladies
cardiovasculaires (essentiellement aux crises cardiaques et accidents vasculaires
cérébraux) ont connu une baisse spectaculaire. Bien que ces affections demeurent la
première cause de décès dans les pays de l'OCDE, la mortalité cardiovasculaire a diminué
de plus de moitié depuis 1960. La réduction d'importants facteurs de risque de maladies
cardiaques et vasculaires cérébrales, comme le tabagisme, conjuguée aux progrès médicaux,
a fortement contribué au recul des taux de mortalité cardiovasculaire.
En 2009, la différence
d'espérance de vie entre les hommes et les femmes s'établissait à 5.5 ans en moyenne au
sein de la zone OCDE, les femmes vivant en moyenne jusqu'à 82.2 ans comparé à 76.7 ans
pour les hommes. Après avoir eu tendance à se creuser au cours des années 60 et 70, cet
écart s'est comblé dans la plupart des pays de l'OCDE à partir de 1980, la longévité
augmentant davantage pour les hommes que pour les femmes. Cette évolution est imputable en
partie à une diminution de la différence entre hommes et femmes au niveau des
comportements à risque, comme la consommation de tabac, ainsi qu'à une forte baisse de la
mortalité cardiovasculaire parmi les hommes.
L'espérance de vie à 65 ans a
aussi fortement progressé. Dans les pays de l'OCDE, les femmes peuvent désormais espérer
vivre 20 années après 65 ans (contre 15 années en 1960) et les hommes peuvent espérer
vivre 17 années (contre 13 années en 1960). La question de savoir si les populations
vieillissantes restent en bonne santé et conservent un état fonctionnel satisfaisant à
mesure que leur espérance de vie s'allonge a d'importantes implications pour les systèmes
de santé et de soins de longue durée.
Le caractère changeant des facteurs de risque pour la santé dans
les pays de l'OCDE
Bien que l'augmentation de la
longévité s'explique en partie par la diminution de certains grands facteurs de risque,
une grande part des problèmes de santé dans les pays de l'OCDE de nos jours est aussi
imputable à des facteurs liés au mode de vie, principalement au tabagisme, à la
consommation d'alcool, à l'obésité, à une mauvaise hygiène alimentaire et au manque
d'exercice physique. Les individus qui pratiquent une activité physique, ne fument pas,
consomment de l'alcool en quantité modérée et consomment beaucoup de fruits et légumes ont
un risque de décès équivalent à moins d'un quart de celui auquel sont exposés les
individus qui ont un mode de vie préjudiciable à leur santé dans une période donnée
(Sassi, 2010).
Beaucoup de pays de l'OCDE ont
réalisé des progrès remarquables en matière de réduction de la consommation de tabac ces
dernières décennies, même si le tabagisme demeure une des premières causes de décès
prématuré et constitue toujours un problème de santé publique majeur. Une grande partie de
cette réduction est due aux politiques reposant sur des campagnes de sensibilisation du
public, sur l'interdiction de la publicité et l'augmentation des taxes sur le tabac. Dans
bon nombre de pays de l'OCDE, le taux de fumeurs parmi les adultes a diminué de plus de
moitié depuis les années 60, passant de plus de 40 % à moins de 20 % aujourd'hui. Aux
États-Unis et au Canada par exemple, ce taux est passé de 42 % en 1965 à 16 % en 2009.
S'agissant de la consommation
d'alcool, les progrès sont contrastés. Dans beaucoup de pays de l'OCDE, elle a nettement
diminué depuis 1980, les restrictions relatives à la publicité et à la vente et
l'augmentation des taxes se révélant efficaces. En revanche, cette consommation a augmenté
dans certains pays, en particulier dans certains pays nordiques, au Royaume-Uni et en
Irlande. Dans plusieurs pays, le mode de consommation des jeunes suscite des inquiétudes,
la pratique consistant à consommer périodiquement une grande quantité d'alcool ayant
progressé ces dernières années. Une forte consommation d'alcool est lourde de conséquences
pour la santé, les problèmes sociaux ainsi que les systèmes de santé et les coûts sociaux.
Les décès directement ou indirectement causés par la consommation d'alcool peuvent être
dus à des accidents de voiture, à des actes de violence ou à des suicides, et la
consommation d'alcool accroît aussi les risques de nombreuses maladies comme les maladies
cardiovasculaires, le cancer buccal, le cancer de l'œsophage et la cirrhose du foie.
Ces dernières décennies,
l'augmentation alarmante de l'obésité a fait de ce problème une priorité des politiques de
santé publique, non seulement dans les pays de l'OCDE, mais aussi, de plus en plus
souvent, dans les pays en développement. L'obésité est un facteur de risque important de
nombreuses affections chroniques. Ainsi, des travaux de recherche montrent que les
individus qui souffrent d'obésité sévère décèdent huit à dix ans plus tôt que ceux qui ont
un poids normal, un chiffre comparable à celui observé pour les fumeurs. Beaucoup de pays
ont vu leur taux d'obésité doubler, voire tripler depuis 1980 et, dans plus de la moitié
des pays de l'OCDE, 50 % au moins de la population souffre actuellement de surcharge
pondérale, sinon d'obésité. C'est aux États-Unis que le taux d'obésité parmi la population
adulte est le plus élevé, étant passé de 15 % en 1980 à 34 % en 2008. La Corée et le Japon
ont le taux le plus faible, même si l'obésité est aussi en hausse dans ces deux pays.
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Augmentation de la prévalence de l'obésité parmi la
population adulte des pays de l'OCDE, 1990, 2000 et 2009 (ou année la plus
proche)
Les données sont basées sur
des enquêtes de santé avec examen, plutôt que des poids et tailles auto-déclarés.
Source:
Base de données de l'OCDE sur la santé 2011.
Statlink
http://dx.doi.org/10.1787/888932527699
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L'épidémie d'obésité est la
résultante de dynamiques multiples et interdépendantes, qui ont progressivement conduit à
une modification durable des habitudes de la population en termes d'alimentation et
d'exercice physique. Beaucoup de pays de l'OCDE multiplient les mesures destinées à
promouvoir une bonne hygiène alimentaire et la pratique d'une activité physique régulière.
La grande majorité d'entre eux optent pour des mesures visant notamment les enfants d'âge
scolaire. Selon un récent rapport de l'OCDE, trois catégories d'interventions pour
combattre l'obésité - la promotion de la santé et l'éducation à la santé, les
réglementations et les mesures fiscales, et l'accompagnement dans le cadre du système de
soins primaires - sont efficaces en termes d'amélioration de la santé et présentent un
rapport coût-efficacité satisfaisant, comparativement aux scénarios dans lesquels les
maladies chroniques ne sont traitées que lorsqu'elles apparaissent. En outre, lorsque ces
mesures sont associées dans le cadre d'une stratégie qui regroupe plusieurs interventions,
visant simultanément différents publics et différents déterminants de l'obésité, elles
peuvent avoir des effets positifs sur la santé nettement plus importants tout en
conservant un bon rapport coût-efficacité (Sassi, 2010).
La croissance constante des dépenses de santé
La troisième grande tendance
observée ces cinquante dernières années dans les pays de l'OCDE est la croissance
constante des dépenses de santé, qui a généralement été supérieure à la croissance du PIB.
En 1960, les dépenses de santé représentaient moins de 4 % du PIB en moyenne dans les pays
de l'OCDE. En 2009, cette proportion avait atteint 9.6 % et dépassait même 10 % dans une
douzaine de pays. La part des dépenses de santé dans le PIB a connu une hausse
particulièrement rapide aux États-Unis, où elle est passée de 5 % en 1960 à plus de 17 %
en 2009, un niveau qui est de 5 points de pourcentage supérieur à celui observé dans les
deux pays affichant les dépenses les plus élevées après les États-Unis, les Pays-Bas et la
France, qui ont respectivement consacré 12 % et 11.8 % de leur PIB à la santé.
Les dépenses de santé par
habitant ont connu une croissance rapide ces dernières décennies, ayant augmenté en
moyenne dans les pays de l'OCDE de 6.1 % par an en termes réels au cours des années 70,
pour ralentir ensuite à 3.3 % par an dans les années 80, avant d'augmenter de nouveau pour
s'établir à 3.7 % dans les années 90 et à 4 % entre 2000 et 2009. Au cours de chacune de
ces décennies, la croissance des dépenses de santé a été supérieure à celle du PIB. Aux
États-Unis, même si l'on tient compte de la croissance de la population, depuis les
années 70, les dépenses de santé ont augmenté plus vite que dans tous les autres pays de
l'OCDE à revenu élevé, ayant été multipliées par cinq en termes réels.
Dans bon nombre de pays, les
dépenses de santé en part du PIB ont généralement fortement augmenté durant les
récessions, puis se sont stabilisées ou n'ont que faiblement diminué pendant les périodes
d'expansion économique. Durant la récession du début des années 90, certains pays, comme
le Canada et la Finlande, ont sensiblement diminué leurs dépenses publiques de santé pour
réduire leur déficit budgétaire, ce qui a conduit à une baisse notable de la part des
dépenses de santé dans le PIB pendant quelques années. Toutefois, cette baisse des
dépenses publiques de santé a souvent été de courte durée et, après une brève période de
maîtrise des coûts, la hausse de l'offre et de la demande de services de santé a stimulé
la croissance des dépenses, qui a de nouveau dépassé celle du PIB.
Le secteur public est la
principale source de financement de la santé dans tous les pays de l'OCDE sauf au Chili,
au Mexique et aux États-Unis. En 2009, la part des dépenses publiques dans les dépenses
totales de santé s'est établie à 72 % en moyenne dans les pays de l'OCDE. Cette part est
restée relativement stable au cours des 20 dernières années. On observe toutefois une
certaine convergence de l'évolution de la part du financement public des dépenses de santé
parmi les pays de l'OCDE au cours des dernières décennies. Elle a diminué dans bon nombre
des pays où elle était relativement élevée au début des années 90, comme la Pologne et la
Hongrie, tandis qu'elle a augmenté dans certains pays où elle était jusqu'alors faible
comme le Portugal et la Turquie, suite à des réformes du système de santé qui ont étendu
la couverture de l'assurance maladie publique.
Comme il est montré dans la
présente édition du Panorama de la santé, il existe une
certaine corrélation entre des dépenses de santé par habitant plus élevées et une
espérance de vie plus longue, mais cette corrélation tend à diminuer lorsque le budget
consacré à la santé augmente. Beaucoup d'autres facteurs que les dépenses de santé
influent sur l'espérance de vie. La faiblesse de la corrélation observée lorsque les
dépenses sont élevées suggère aussi qu'il est possible d'améliorer l'efficience des
systèmes de santé afin que toute dépense supplémentaire se traduise par des progrès
mesurables en termes de santé.
Perspectives
Ces trois dernières décennies,
l'OCDE a joué un rôle important dans la mise au point et la diffusion de données et
d'indicateurs permettant d'évaluer et de comparer les performances des systèmes de santé.
Si des avancées non négligeables ont été accomplies, il reste encore beaucoup à faire pour
améliorer la comparabilité des données et promouvoir des travaux d'analyse susceptibles de
contribuer à l'élaboration des politiques de santé.
Lors du renouvellement de son
mandat, en juin 2011, le Comité de la santé de l'OCDE a réaffirmé que les travaux de
l'OCDE sur la santé avaient pour objectif primordial de favoriser une amélioration des
performances des systèmes de santé des pays membres et non membres. Conformément à ce
mandat, l'OCDE poursuivra ses travaux dans le but de diffuser des données les plus
comparables possibles et de promouvoir le partage d'expériences et de conseils sur les
questions et problèmes qui se posent dans le domaine de la santé. Le secteur de la santé
occupant une place croissante dans les économies de l'OCDE, il devient de plus en plus
nécessaire de mesurer l'évolution des dépenses, d'examiner leur répartition entre
prévention et soins, et d'évaluer si les effets escomptés en termes d'amélioration de la
santé sont obtenus.
En octobre 2011, l'OCDE a
publié, en coopération avec l'OMS et Eurostat, la deuxième édition du manuel Système de comptes de la santé qui vise à améliorer encore plus
la comparabilité des données sur les dépenses de santé en faisant appel à des normes
internationales reconnues. L'OCDE va encourager les pays membres et non membres à coopérer
pour mettre en œuvre des systèmes de compte de la santé harmonisés. Elle continuera
d'administrer, en étroite coopération avec l'OMS et Eurostat, un questionnaire annuel
destiné à recueillir des données comparables sur la base de ce système de comptes.
L'OCDE va également continuer,
dans le cadre du Projet sur les indicateurs de la qualité des soins de santé, d'élaborer
et de recueillir un ensemble d'indicateurs destinés à mesurer la qualité des soins et les
résultats des services de santé. Les travaux réalisés dans le cadre de ce projet
contribuent à combler des lacunes importantes en matière de mesure des performances des
systèmes de santé. Parallèlement, l'OCDE entend mener davantage d'études analytiques pour
examiner les raisons qui expliquent les différences observées concernant la qualité des
soins dans les pays de l'OCDE et autres pays partenaires, en commençant par les domaines
du cancer et des soins primaires.
Dans un contexte de
vieillissement de la population, il sera aussi de plus en plus nécessaire d'assurer un
suivi du financement, de la prestation et de la qualité des services de soins de longue
durée dans les pays de l'OCDE. À la suite des récents travaux dans ce domaine (Colombo
et al., 2011), l'OCDE a l'intention non seulement de
poursuivre les efforts qu'elle déploie pour collecter davantage de données comparables sur
les systèmes de soins de longue durée, mais aussi d'analyser les politiques en matière
d'accès, de qualité et de viabilité financière de ces systèmes, et de diffuser des bonnes
pratiques.
Fidèle à l'esprit d'ouverture
qui la caractérise depuis sa création, l'OCDE est déterminée à renforcer sa coopération
avec les pays non membres sur des sujets où cette coopération peut être bénéfique pour
toutes les parties. La publication en 2010 de deux nouvelles éditions du Panorama de la santé consacrées à l'Europe et à la région
Asie-Pacifique, témoigne de cette coopération accrue. L'OCDE entend favoriser le partage
des systèmes d'information, de la compétence et de l'expérience des pays membres afin de
promouvoir l'amélioration des performances des systèmes de santé également dans les pays
non membres.
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