|
Mesurer la productivité dans les services tend à être plus difficile que dans la production de biens. Cependant, considérant que le secteur des services représente désormais plus de 70 % du total du PIB et de l'emploi dans les économies de l'OCDE et que ce chiffre continue de croître, il est de plus en plus important de connaître l'impact des différents secteurs de services sur la productivité globale.
Définition
Pour chaque secteur de services, la croissance de la productivité du travail est calculée par la différence entre le taux de croissance de la valeur ajoutée et le taux de croissance de l'emploi total (nombre de personnes occupées).
Comparabilité
Mesurer la croissance de la production et de la productivité dans de nombreuses activités de services n'est pas une tâche facile. Que produit exactement un juriste ou un économiste ? Comment peut-on comparer dans le temps les tarifs éminemment variables des opérateurs de télécommunications ? Et comment mesurer la « quantité » de services de santé fournis par les hôpitaux ? Ces questions et d'autres du même genre se posent aux statisticiens lorsqu'ils veulent mesurer la production des secteurs de services, et l'on ne saurait surestimer la difficulté de la tâche.
D'une façon générale, il est plus difficile pour les services que pour les biens de distinguer les variations de volume et de prix. Les caractéristiques des biens sont normalement identifiées et les variations de quantité et de qualité sont en principe mesurables. Cependant, pour les services, même les variations quantitatives sont souvent difficiles à mesurer, sans parler de la qualité.
Le terme " services marchands " désigne ici les activités de services 50 à 74 de la CITI-Rév3. En d'autres termes, c'est un substitut basé sur l'activité, qui exclut les branches qui tendent à être dominées par une production non marchande telles que la santé, l'éducation et les services sociaux. À noter qu'aucun ajustement n'a été effectué pour éliminer de la valeur ajoutée les estimations des loyers des ménages (réels et imputés), qui ne comportent aucun apport de travail - pratique courante pour calculer la productivité du travail par grande activité économique dans le système OCDE d'indicateurs des coûts unitaires de la main-d'œuvre et des indicateurs associés. D'autre part, étant donné que la série de données relatives au coût unitaire de la main-d'œuvre prend dans toute la mesure du possible comme mesure du facteur travail le nombre d'heures travaillées et non le nombre de personnes employées, il se peut que les estimations de la croissance de la productivité des services marchands présentées ici diffèrent de celles présentées dans le chapitre relatif aux coûts unitaires de la main-d'œuvre.
Dans les graphiques, pour le Japon, le total des services marchands exclut les hôtels et restaurants (CITI-55), et les données se rapportent à 1996-2000 au lieu de 1995-2000 ; pour le Canada, le Portugal et la Suède, c'est la période 2000-04 qui est utilisée au lieu de 2000-05 ; pour la Pologne, c'est 2001-05.
Tendances à long terme
Plusieurs pays de l'OCDE ont accusé un ralentissement de la croissance de la productivité totale de la main-d'œuvre dans les services marchands au cours de la période 2000-05 par rapport à 1995-2000. Les baisses les plus sensibles se situent au Mexique, au Portugal, en République slovaque et en Suisse. Les pays qui ont enregistré une nette augmentation sont la Belgique, la République tchèque, la Hongrie, l'Irlande et le Japon. En Italie et en Espagne, la croissance de la productivité dans les services marchands est restée très faible.
La variation entre secteurs de services et entre pays est considérable. Les secteurs de services dont la croissance de la productivité est la plus forte tendent à être ceux qui investissent davantage dans les TIC et qui possèdent une main-d'œuvre plus hautement qualifiée. Parfois désignés sous le nom de « Services à forte intensité de connaissances », ils comprennent des secteurs comme la poste et les télécommunications (CITI-64) ; les finances et l'assurance ; et certains autres services aux entreprises tels que les services informatiques (CITI-72).
À quelques rares exceptions près, la productivité du travail dans l'hôtellerie et la restauration semble avoir beaucoup baissé dans les divers pays de l'OCDE. Cependant, ces fortes baisses tiennent en partie à l'utilisation, comme mesure du facteur travail du nombre de personnes employées plutôt que du nombre d'heures travaillées - il y a en effet dans ce secteur beaucoup de travailleurs à temps partiel. Pour la plupart des pays pour lesquels on dispose du nombre d'heures travaillées, la productivité estimée baisse aussi, mais dans une moindre mesure. Il faut aussi noter que l'augmentation éventuelle de la qualité de la production n'est pas forcément prise en compte dans ces services.
|
| |
Sources
Pour en savoir plus
Publications méthodologiques
-
Ahmad, N. et al. (2003), Comparing Labour Productivity Growth in the OECD Area: The Role of Measurement, Documents de travail sur la science, la technologie et l'industrie, n° 2003/14, OCDE, Paris.
-
OCDE (2002), Mesurer la productivité - Manuel de l'OCDE : Mesurer la croissance de la productivité par secteur et pour l'ensemble de l'économie, OCDE, Paris.
-
OCDE (2005), Enhancing the Performance of the Services Sector, OCDE, Paris.
-
Wölfl, A. (2003), Productivity Growth in Service Industries: An Assessment of Recent Patterns and the Role of Measurement, Documents de travail sur la science, la technologie et l'industrie, n° 2003/7, OCDE, Paris.
-
Wölfl, A. (2005), The Service Economy in OECD Countries, Documents de travail sur la science, la technologie et l'industrie, n° 2005/3, OCDE, Paris.
Sites Internet
|
|
| Indicateur au format PDF |
|
| 3.8. Valeur ajoutée par personne employée |
|
|
| 3.9. |
|
|
| 3.10. |
|
|
| 3.11. |
|
|
| 3.12. |
|
|
|