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États-Unis
La crise financière a déclenché une profonde récession, qui devrait s’accentuer en 2009. À la faveur d’une ample relance budgétaire et monétaire, la croissance est susceptible de repartir au début de 2010, mais le rythme de la reprise sera freiné par des effets de richesse négatifs substantiels et par le resserrement du crédit qui persiste, tout en se modérant. La possibilité d’une déflation ne saurait être écartée.
Japon
La récession actuelle sera sans doute la plus grave de l’après-guerre au Japon. Suite à la crise financière mondiale, les exportations et l’investissement des entreprises ont chuté, tandis que le yen s’est nettement apprécié et que les prix des actions ont baissé de moitié. La production devrait reculer d’environ 6½ pour cent en 2009, aggravant le chômage et entraînant de nouveau le Japon dans la déflation. Une reprise de la demande intérieure à partir de la mi-2010 devrait ramener la croissance de la production en territoire positif, quoique à un taux très inférieur à son niveau potentiel.
Zone euro
La zone euro est entrée dans une profonde récession, engendrée par des conditions financières très restrictives, une baisse des prix des actifs, une forte contraction de la demande extérieure et une montée de l’incertitude. L’activité devrait faiblir tout au long de 2009 et ne se redresser que lentement en 2010, sur fond de dissipation progressive des tensions observées sur les marchés de capitaux. La montée du chômage et le creusement de l’écart de production négatif atténueront les tensions inflationnistes pendant toute la période considérée, et l’inflation sous-jacente devrait descendre au voisinage de zéro en 2010.
Allemagne
La chute de l’activité économique s’est nettement accélérée, l’effondrement du commerce mondial pesant de manière particulièrement forte sur la croissance en Allemagne. En 2009, le PIB pourrait reculer d’environ 5 % en volume avant d’amorcer un lent redressement en 2010. Une hausse marquée du chômage est attendue en 2009 et en 2010, tandis que l’inflation sera faible et ira en diminuant tout au long de la période considérée.
France
Le PIB réel est attendu en baisse de plus de 3 % en 2009, avec un ralentissement progressif du rythme de la contraction sur toute l’année. L’amélioration des conditions du crédit et les dispositifs de relance mis en place en France et à l’étranger contribueront à une reprise en 2010, même si l’activité restera inférieure à la normale et fragile en raison de la faiblesse des bilans dans le secteur privé. L’inflation pourrait tomber à un niveau proche de zéro d’ici à la fin de 2010.
Italie
La récession devrait s’aggraver en 2009, l’investissement se ralentissant nettement, les marchés à l’exportation se contractant et l’incertitude freinant les dépenses de consommation. Avec son économie ouverte et la composition actuelle de ses exportations, l’Italie subit de plein fouet la récession qui sévit dans les autres pays. La reprise devrait être lente et le chômage augmentera fortement cette année et durant une bonne partie de 2010. L’inflation tombera à un niveau proche de zéro vers la fin de l’an prochain. Le déficit budgétaire se creusera rapidement, s’approchant de 5 % du PIB cette année et de 6 % en 2010.
Royaume-Uni
La situation économique va continuer de se dégrader, avec un recul attendu de la production de 3.7 % en 2009. Les prix des actions et de l’immobilier se sont effondrés, contribuant à l’érosion des bilans dans le secteur financier et restreignant l’offre de crédit, d’où une limitation des dépenses des ménages et des entreprises. Le gouvernement a introduit toute une série de mesures pour pallier le secteur financier, plus récemment en accordant une protection plus importante des actifs afin de répondre aux problèmes de la valeur des actifs dans le bilan des banques. La politique monétaire s’est assouplie de façon spectaculaire et le besoin de financement du gouvernement devrait s'accroître très fortement, reflétant une détérioration structurelle, le fonctionnement des stabilisateurs automatiques et une relance budgétaire discrétionnaire de 1.4% du PIB, dont une grande partie a été mise en place rapidement. Ces interventions, ainsi qu'un taux de change plus faible et une légère amélioration de la conjoncture extérieure devraient étayer une faible reprise en 2010. Le taux de chômage pourrait dépasser 10 %, tandis que l’inflation va sans doute rester en-deçà de l’objectif de 2 % pendant une période prolongée.
Canada
Le ralentissement économique qui s’est amorcé fin 2007 par le biais d’un ralentissement des exportations s’est mué en une véritable récession au quatrième trimestre 2008, la faiblesse de l’activité s’étant étendue et accentuée dans tous les secteurs. La production, l’emploi et l’inflation sont tous en forte baisse. Le marasme devrait s’accentuer et les pressions désinflationnistes persister tout au long de la période couverte par les prévisions.
Brésil
Le PIB devrait se contracter légèrement en 2009. L’activité a perdu beaucoup de son élan au cours du dernier trimestre de 2008, tirée vers le bas par la chute de la production industrielle, mais il semblerait qu’après avoir touché le fond, elle donne actuellement des signes de redémarrage. L’assouplissement en cours de l’action publique, ajouté à l’amélioration probable des conditions de crédit pendant l’année, devrait étayer la reprise d’ici la fin de l’année et au début de 2010.
Chine
La croissance a fortement ralenti en Chine, principalement sous l’effet de la contraction brutale des échanges mondiaux. Grâce à de vigoureuses mesures de relance par voie monétaire et budgétaire, l’activité devrait repartir à la hausse en 2009 et en 2010, même si la croissance pourrait rester en deçà de son potentiel. A cette occasion, un certain rééquilibrage en faveur de la demande intérieure devrait se produire. Les prix vont sans doute continuer à baisser au fur et à mesure de l’élargissement des marges de capacités non utilisées.
Inde
La longue période de croissance économique qu’a connue l’Inde est aujourd’hui achevée, comme en témoigne le fait que la progression du PIB était bien inférieure à son potentiel à la fin de 2008. Après une augmentation marquée des dépenses publiques en 2008, le gouvernement vient d’adopter quelques mesures budgétaires de portée limitée. En 2009, la poursuite de la hausse de la demande intérieure sera probablement annulée par la chute des exportations. Grâce à la reprise progressive de l’économie mondiale, la croissance devrait toutefois repartir en 2010.
Fédération de Russie
La diminution brutale des prix du pétrole a des effets néfastes, directs et indirects, sur la demande intérieure. La croissance du PIB est négative depuis l’été 2008 et ne devrait repartir que faiblement. Malgré une certaine répercussion de la dépréciation du taux de change, l’inflation devrait diminuer en 2009-2010. Le budget, qui affichait de larges excédents, va enregistrer des déficits encore plus larges, tandis que l’impact de la baisse des prix des matières premières sur les exportations sera partiellement compensé par le fléchissement des importations, permettant à la balance courante de rester encore excédentaire.
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