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Évaluations et recommandations
La Suisse est encore un pays prospère, mais elle se trouve piégée par un problème de faible croissance et se voit confrontée à des problèmes croissants de gestion budgétaire. Cette situation, bien qu’en partie liée à une conjoncture peu favorable en Europe, a des racines structurelles. De fait, la croissance de la production et du revenu par habitant figure parmi les plus basses de l’OCDE depuis maintenant de nombreuses années, ce qui reflète en grande partie une faible hausse de la productivité.
Principaux défis de la politique économique
La Suisse souffre d’un déficit de croissance de la production et du revenu par tête et est confrontée à des problèmes de gestion des finances publiques à moyen et long terme. Cette situation n’est qu’en partie liée à la mauvaise conjoncture en Europe car la croissance tendancielle a aussi ralenti. De plus, en l’absence de redressement significatif de l’efficacité, la croissance tendancielle se ralentira davantage en raison du vieillissement de la population, ce qui renforcera les pressions budgétaires.
Améliorer le cadre budgétaire
Depuis le début des années 90, la Suisse est confrontée à un problème lancinant de gestion budgétaire qui ne paraît qu’en partie lié à sa faible croissance : ceci se traduit principalement par un contrôle insuffisant des dépenses publiques qui a induit une forte poussée des prélèvements obligatoires mais aussi une hausse des déficits et de l’endettement. Les causes de l’expansion du secteur public, qui a été très marquée, sont multiples. Elles incluent des facteurs économiques liés à la forte élasticité de demande de nombreux biens et services publics comme la santé ou l’éducation (loi de Wagner) alors que leur production est caractérisée par de faibles gains de productivité (loi de Baumol).
Réformer les programmes sociaux et accroître l'efficacité des interventions publiques
L’adoption d’un meilleur cadre pour la politique budgétaire devrait être complétée par des réformes modérant la forte augmentation des dépenses publiques. Alors que la croissance des dépenses de tous les niveaux d’administration a dépassé celle du PIB, les plus fortes hausses se sont produites dans le domaine social et médical. De profondes réformes des systèmes d’assurance d’invalidité, de santé et de retraite sont nécessaires, comme le reconnaissent les autorités.
La concurrence contribue à la croissance
Le fonctionnement insatisfaisant de certains marchés de produits et le manque de concurrence nuisent au dynamisme de l’économie, notamment à la croissance de la productivité. Les comparaisons internationales confirment que la Suisse pâtit de la rigueur de sa réglementation relative aux marchés de produits, en particulier dans les secteurs abrités de l’économie. Ces prescriptions tirent en effet les prix vers le haut, lesquels figurent en moyenne parmi les plus élevés du monde.
Marges d'amélioration dans le domaine de l'innovation
Étant donné le coût de main-d’oeuvre élevé, la Suisse doit rester à la pointe de l’innovation pour préserver sa compétitivité et son niveau de vie élevé. En dépit d’un certain fléchissement dans les années 90, dû en partie à une croissance tendancielle morose, la performance suisse dans le domaine de l’innovation a été très satisfaisante. Il existe toutefois des domaines dans lesquels des réformes pourraient renforcer l’innovation.
L'offre de travail peut encore augmenter
Ce chapitre examine comment accroître l’offre de travail pour atteindre une croissance potentielle plus élevée. Les problèmes structurels sur le marché du travail restent limités. L’accord sur la libre circulation des personnes avec l’Union européenne, récemment étendu aux nouveaux membres de l’UE, a eu peu d’impact jusqu’à présent. Cependant, alors que les taux d’emploi sont élevés, il y a néanmoins des marges considérables pour augmenter l’offre de main-d’oeuvre féminine en éliminant les obstacles à leur participation à temps complet au marché du travail.
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