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Évaluation et recommandations
Les résultats de l’Islande en matière de croissance ont été impressionnants. Au cours de la dernière décennie, son PIB réel s’est accru de 4 % par an, soit sensiblement plus que le taux enregistré dans la zone OCDE durant cette période. Le PIB par habitant a ainsi récupéré la majeure partie du terrain perdu lors d’une période antérieure de croissance léthargique, faisant de l’Islande le cinquième pays le plus riche de l’OCDE. La majeure partie de la progression de la croissance tendancielle est imputable aux gains de productivité qui ont suivi la mise en oeuvre de réformes structurelles de grande ampleur destinées à ouvrir l’économie et à améliorer la concurrence. La libéralisation du marché financier et la privatisation ont favorisé le dynamisme entrepreneurial. Nombre de sociétés se sont développées à l’étranger et le pays joue désormais un rôle sans commune mesure avec la taille de son économie. Les marchés du travail sont de plus en plus ouverts aux participants étrangers, ce qui contribue à réduire les tensions sur ces marchés.
Maintenir l'amélioration de la performance économique : principaux enjeux
Les résultats de l’Islande en matière de croissance se sont considérablement améliorés depuis le milieu des années 90, grâce à la mise en oeuvre généralisée de réformes structurelles. La libéralisation des marchés financiers et la privatisation, par exemple, ont favorisé l’entrepreneuriat et l’investissement. Dans ces conditions, une partie du déclin relatif antérieur du PIB par habitant a été inversée au cours de la dernière décennie et le niveau de vie du pays est resté parmi les plus élevés de la zone de l’OCDE. Cependant, la croissance a été instable et s’est accompagnée de déséquilibres et de tensions économiques importants et récurrents, ne pouvant qu’être partiellement imputés aux grands projets d’investissement dans le secteur de l’aluminium. En conséquence, un enjeu essentiel de l’action des pouvoirs publics est de renforcer la stabilité macroéconomique en assurant une résorption ordonnée des déséquilibres et des tensions inflationnistes qu’on observe actuellement et en évitant qu’ils ne réapparaissent à l’avenir. Une autre enjeu est de faire en sorte que le secteur financier continue de contribuer à la bonne performance économique, à la fois en minimisant les risques pour la stabilité et en achevant les réformes dans ce domaine. Enfin, l’évolution de la structure de l’économie, avec un recul des activités traditionnelles comme la pêche, exige un regain d’efforts dans le domaine du développement des ressources humaines.
Mettre en oeuvre plus efficacement la politique monétaire
L’objectif de la politique monétaire islandaise consiste à stabiliser l’inflation aux alentours de 2½ pour cent. L’inflation effective dépasse cependant cet objectif depuis 2004 et devrait continuer à le faire dans un avenir proche. La politique monétaire a réagi trop mollement à la détérioration des perspectives. En outre, les relèvements des taux d’intérêt nominaux à court terme ne se sont pas traduits par des augmentations comparables des taux débiteurs réels sur le marché. Il faut conjuguer renchérissement du loyer de l’argent et clarté de la communication pour ramener l’inflation au niveau voulu et renforcer la crédibilité de la Banque centrale d’Islande dans la lutte contre l’inflation.
Améliorer la gestion budgétaire
Le présent chapitre examine les mesures budgétaires sous l’angle de la position budgétaire à plus long terme de l’Islande. Les finances publiques sont à peu près à l’équilibre depuis l’assainissement budgétaire pratiqué au milieu des années 90, si bien que la dette publique a baissé nettement en pourcentage du PIB et est actuellement faible au regard des autres pays. Toutefois, parallèlement, les ratios dépenses publiques/PIB et recettes/PIB ont considérablement augmenté. Cela s’explique en partie par les dépassements des dépenses publiques par rapport aux chiffres budgétés. Une meilleure maîtrise des dépenses conférerait une marge de manoeuvre pour des baisses d’impôts et la politique budgétaire pourrait jouer un plus grand rôle dans la gestion de la demande globale. À cet égard, l’absence de coordination et de coopération entre les collectivités locales et l’Administration centrale pose un problème.
Mettre à profit la réussite de la libéralisation financière
Ce chapitre examine l’évolution récente et les principales questions concernant les marchés de capitaux islandais. Globalement, ce secteur est florissant, tant au regard du passé que par rapport à d’autres pays. Cela est de bon augure non seulement pour les acteurs directement impliqués dans le secteur, mais aussi pour le pays dans son ensemble, car le développement financier est une source importante de croissance économique. Des préoccupations ont récemment été exprimées quant à la stabilité du système financier; toutefois, selon l’évaluation prudente des autorités de surveillance financière et des agences de notation, le système est globalement sain. La vitalité du secteur financier s’explique probablement en grande partie par la politique gouvernementale, notamment l’ouverture du secteur aux marchés internationaux et la privatisation des banques. La libéralisation du marché est jusqu’ici un succès, et elle doit se poursuivre. À cet égard, il est primordial de supprimer les distorsions du marché du crédit hypothécaire au logement. Ainsi, la garantie publique dont bénéficie la Caisse de crédit au logement devrait être supprimée ou neutralisée, par exemple via l’instauration d’une redevance. L’Islande se distingue par un recours marqué à l’indexation des prêts, qui est généralement judicieux pour les emprunteurs et les prêteurs concernés et peut avoir d’autres avantages. Il convient de mettre fin aux restrictions de l’indexation de certains dépôts et prêts bancaires. Le financement des nouvelles entreprises innovantes est une question épineuse pour laquelle il n’existe pas d’orientations claires en termes de « bonnes pratiques ». Il faudrait envisager d’alléger les formalités administratives pour le financement des nouvelles entreprises.
Adapter le système éducatif aux réalités nouvelles
Le présent chapitre passe en revue les résultats des efforts déployés par l’Islande pour développer les compétences de sa population dans un contexte économique en mutation rapide, et examine la voie à suivre pour progresser encore dans ce domaine. Depuis la fin des années 90, les pouvoirs publics ont sensiblement augmenté les dépenses d’éducation, qui figurent aujourd’hui parmi les plus élevées des pays de l’OCDE par rapport au PIB. Toutefois, l’Islande enregistre toujours l’une des plus fortes proportions de personnes d’age actif qui n’ont pas achevé le deuxième cycle de l’enseignement secondaire, et les acquis scolaires des jeunes de 15 ans ne sont pas exceptionnels compte tenu du stade avancé de développement économique du pays. Cette situation est d’autant moins satisfaisante que les dépenses par élève dans le secteur de l’enseignement obligatoire sont très supérieures à la moyenne des pays de l’OCDE, même une fois prises en considération les différences de PIB par habitant. Les mesures requises en vue d’y remédier consistent, entre autres, à ajuster les programmes d’enseignement et à renforcer l’évaluation de l’enseignement et la qualité de ce dernier. Il est possible, tout en veillant à ce que les élèves acquièrent un ensemble suffisant de compétences de base, de réduire la durée moyenne de la scolarité dans l’enseignement primaire et secondaire, qui est assez longue par rapport aux autres pays. À la différence de ce que l’on observe dans le cas du deuxième cycle du secondaire, les personnes qui ont fait des études supérieures sont proportionnellement plus nombreuses que la moyenne des pays de l’OCDE et l’enseignement supérieur doit faire face à une énorme augmentation de ses effectifs. Afin que cette évolution ne soit pas préjudiciable à la qualité, les pouvoirs publics ont adopté des textes de loi que l’on peut saluer. Toutefois, ceux-ci n’abordent pas le problème des droits de scolarité, dont le prélèvement est autorisé dans le secteur privé mais non dans le secteur public.
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